Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

6 Décembre – Aérostier…

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Bientôt la suite…

6 décembre 2009 Posté par thailsacien | Voyages | | Pas encore de commentaires

5 Décembre – Voyages à Chiang Mai

provinces1 Suite de la série des voyages dans les différentes provinces de Thaïlande avec aujourd’hui celle que l’on surnomme la Rose du Nord, je veux parler de Chiang Mai (au Nord-Ouest, le n° 4 sur la carte ci-contre).

Une province elle aussi très étendue et très riche tant sur le plan historique que sur le plan culturel et assurément l’une des provinces où nous nous sommes rendus le plus souvent depuis que nous vivons en Thaïlande.

C’est aussi la province dans laquelle se trouve le plus haut sommet de Thaïlande : le Doi Inthanon qui culmine à 2565 mètres.

Chiang Mai Mon premier voyage date de … 1988 !! J’avais alors passé quelques jours dans la ville de Chiang Mai à visiter les incontournables tels que le Doi Sutep et le marché de nuit (encore relativement authentique à l’époque) avant une semaine de  trekking en forêt. C’était d’ailleurs ce trek qui avait motivé le choix de cette formule et j’en ai gardé un excellent souvenir.

Peut-être une piste pour expliquer mon intérêt marqué pour les minorités ethniques ?

C’est vrai que j’avais été à la fois impressionné et admiratif en découvrant, à l’époque, la réalité de ces cultures ancestrales relativement préservées. Je me souviens de l’une de mes réflexions : “C’est comme à la télé, mais en vrai”.

Chiang Mai (2) Nous étions un petit groupe de 14 personnes environ, accompagnés d’un guide et de 4 porteurs (des provisions pour 6 jours). Et comme ça se passait au mois d’août, en pleine mousson, les sentiers étaient boueux à souhait et les ruisseaux transformés en torrents déchaînés quasiment impossibles à traverser sans s’aider d’un tronc d’arbre couché en travers.

Nous dormions chaque soir dans un village différent, à raison de 4 à 7 heures de marche par jour (si, si, il s’agissait bien de vacances !!).

Une anecdote qui me revient est celle du chant du coq dans les villages montagnards. Quoi de plus banal me direz-vous, mais attendez de connaître la suite !!

Les maisons étaient en majorité construites en bambous, sur pilotis, avec la ménagerie (poules, canards, cochons, chiens, etc.) qui venait s’abriter en dessous pour la nuit. Comme toute personne de la gente féminine qui se respecte, l’une des filles du groupe a eu une envie pressant en pleine nuit, il devait être 2-3 heures du matin. Elle se lève, prend sa lampe de poche, essaie de sortir … aïe ! … de la … pardon ! … maison … ouille ! … sans faire trop de bruit … grouiiiiiiik (bruit de porte qui grince) … pour ne pas nous réveiller, sans grand succès il faut dire, commence à descendre l’échelle et allume alors sa lampe de poche dont le rayon lumineux vient éclairer un coq qui somnolait tranquillement sans rien demander à personne.

Cocoricoooooooo !!!

Eh oui, ce rogntudjuuuuu d’animal, en voyant la lumière, a cru que c’était le matin. Et bien évidemment TOUS les autres coqs du village ont suivi le mouvement, imités par d’autres plus loin dans la forêt, un concert qui a duré jusqu’au vrai lever du soleil, soit environ 3 heures plus tard. Il va sans dire que toutes les lampes de poche ont été confisquées la nuit suivante !!

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Après 6 jours et 5 nuits en montagne, nous sommes finalement retournés à Chiang Mai pour y passer une nuit de vrai sommeil, sans chant du coq et avec des vraies toilettes !!

Allez, pour terminer, une fois n’est pas coutume, je vais vous donner une bonne adresse d’hébergement à Chiang Mai : http://www.sirihouse.com/

Il s’agit d’une maison traditionnelle dont la propriétaire propose une formule “Bed & Breakfast” (café couette en France). Contrairement aux guest-house classiques ou autres hôtels, il n’y a ici ni bar ni restaurant, simplement des chambres décorées avec goût organisées autour d’une pièce commune dont l’aménagement reflète la convivialité du lieu.

Madame Thong, la propriétaire, vous accueille avec toute l’hospitalité caractéristique du nord et sera très heureuse de contribuer à améliorer votre thaï. Rassurez-vous, elle parle aussi un peu l’anglais.

5 décembre 2009 Posté par thailsacien | Voyages | | 2 commentaires

2 Décembre – Bonne fête papa

Si la fête des pères est célébrée un peu partout dans le monde, il n’existe pas de date officielle internationale et chaque pays adapte le jour en fonction de ses propres critères. En Thaïlande, c’est le 5 décembre que tout les thaïlandais rendent hommage à leur « papa », à savoir Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej qui fêtera ce jour là son 82ème anniversaire.

Des festivités sont organisées dans tout le pays et chaque école prévoit une journée en l’honneur des papas. Pour nous, ça se passait ce mercredi.

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La règle cette année a été tout le monde en rose, la nouvelle couleur fétiche du Roi qu’il portait lors de sa première apparition en public après son hospitalisation l’année dernière. Le jaune n’est plus vraiment de rigueur depuis qu’il a été récupéré à des fins politiques.

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Naomi était ravie : elle a gagné le prix de la plus belle carte de vœux

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J’ai été agréablement surpris par le nombre de papas présents, la majorité ayant pris une demie journé de de congé pour assister à l’événement.

L’ambiance est très conviviale et nous avons même fait circuler une urne pour recueillir des dons pour nos projets : près de 3000 Bahts ont ainsi été récoltés. Même les élèves des classes supérieures ont mis la main à la poche !!
L’urne restera à l’école jusqu’à la fin de la semaine et nous la remettrons pour la fête de Noël le 18 décembre.

Le gag du jour (il faut bien qu’il y en ait un !!) :
Le club des mamans avait décidé d’organiser un goûter pour les enfants. Elles ont apporté le nécessaire pour préparer des pizzas ainsi qu’un four. Quelques minutes après avoir enfourné la première pizza, une odeur de plastique brûlé commence à se propager dans l’air : elles avaient utilisé un plat en plastique spécial micro-ondes !!
La raison à cela est que très peu de gens en Thaïlande savent se servir d’un four, car aucun plat de la cuisine traditionnelle n’y est préparé. Les fours à micro-ondes sont très courants et il n’y a bien évidemment aucune raison de ne pas pouvoir utiliser les mêmes récipients dans les différents types de four.
Il faudrait d’ailleurs se plaindre chez le fabricant du four qui n’a pas précisé dans sa notice qu’il ne fallait pas y placer de plat en plastique.

3 décembre 2009 Posté par thailsacien | Histoire et tradition | | 2 commentaires

1er Décembre – Toujours à la bourre

Et cette semaine encore le programme est très chargé, jugez plutôt :

Normalement, après tout ça, je devrais pouvoir publier quelques photos.

Et à tout cela viennent se rajouter les préparatifs pour les festivités en fin d’année (rappelez-vous) avec encore quelques achats à faire, dont des ordinateurs portables.

Allez, c’est l’heure du Rôôti à la sortie de l’école :

1 décembre 2009 Posté par thailsacien | Divers | | 2 commentaires

25 Novembre – Photo

Un peu à la bourre cette semaine, pas trop le temps d’écrire (enfin si, mais pas sur le blog !!).

Alors une petite photo pour patienter :

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25 novembre 2009 Posté par thailsacien | Voyages | | Pas encore de commentaires

21 Novembre – Christkindelsmärik

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En français : Marché de l’enfant Jésus (et non pas marché de Noël).

Il a traditionnellement lieu tous les ans à l’Alliance française et même s’il n’est pas vraiment comparable à celui de Strasbourg, on y trouve tout de même des “Bredele”, du foie gras et autres saveurs typiques de ma région natale (oui, le foie gras est d’origine alsacienne !!) qui sont cependant rarement compatibles avec le Som Tam.

C’est aussi l’occasion pour certaines sociétés françaises présentes à Bangkok de faire la promotion de leur activité et le Centre Acacia, le club de langue où vont les filles tous les samedis était lui aussi présent.

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22 novembre 2009 Posté par thailsacien | Vie quotidienne | | Un commentaire

19 Novembre – Mariage

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Petite sortie ce soir au mariage du fils d’une amie. Nous étions invités au dîner, c’est à dire la dernière partie de la cérémonie qui en compte 3, étalées sur 2 jours.
1ère partie – La bénédiction des moines
2ème partie – Le procession et la dote
3ème partie – Le dîner

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Les festivités avaient lieu à l’hôtel Sukothai, près de l’alliance française, en plein quartier d’affaire et en pleine heure de pointe !!

Et comme tout dîner de mariage thaï qui se respecte, le plus important n’est pas ce qu’il y a dans l’assiette, mais la mise en scène et le nombre d’invités. Les 90 minutes de cette fête (si, si, vous avez bien lu : un dîner festif de mariage qui dure en tout et pour tout 90 minutes !! Amazing Thailand !!) ont donc pour l’essentiel été consacrées à écouter deux animateurs et à observer les mariés se déplacer entre la scène et les différentes tables, couper la pièce montée et boire une coupe de champagne.

Sachant que nous avons passé à peu près le double du temps en voiture (aller/retour), nous avons heureusement pu avaler déguster quelques-uns des mets proposés : assortiment de sushis, spaghettis sauce tomate, nuggets de poulet (ils ont osé) boulettes au ??? avec sauce pimentée et autres substances indéfinissables (à moment donné j’ai cru qu’ils allaient servir des Mc Do !!).

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Comme j’avais été désigné volontaire pour faire le discours d’ouverture et au vu des prénoms des jeunes mariés (voir ci-dessus à gauche – je rappelle que Ph se prononce comme un P), j’étais très content qu’il n’y ait pas d’autre français dans la salle afin d’éviter tout jeu de mot incompréhensible pour l’assistance, mais extrêmement perturbant quand on se retrouve devant 300 personnes silencieuses qui attendent ce que vous allez dire alors qu’on est sur le point d’éclater de rire.

19 novembre 2009 Posté par thailsacien | Vie quotidienne | | 3 commentaires

18 Novembre – Joyeux anniversaire

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Ben oui, ça y est !! Un an de plus depuis ce matin et j’y ai droit moi aussi !!

Pour l’instant, c’est uniquement pour lire lorsque les conditions d’éclairage sont médiocres, genre à la lueur d’une bougie dans les villages montagnards ou le soir à la maison. C’est vrai qu’une autre solution pour repousser encore plus l’inévitable aurait été l’abstention… de la lecture le soir !!.

Ceci dit, comme nous sommes en 2552, ce qui veut dire que je suis aujourd’hui âgé de 592 ans. Certains de mes amis ont commencé à porter des lunettes bien plus jeunes !!

18 novembre 2009 Posté par thailsacien | Vie quotidienne | | 3 commentaires

16 Novembre – Scout toujours…

En Thaïlande, tous les écoliers dès les classes primaires sont initiés au scoutisme. Le scoutisme a été introduit en Thaïlande en 1911 par le Roi Rama VI, en faisant ainsi le 3ème pays au monde à instaurer cette discipline. La Thaïlande est également l’un des membres fondateurs de l’organisation mondiale du scoutisme.

Les scouts en Thaïlande (site en anglais)

La spécificité ici est que le scoutisme fait partie intégrante de la scolarité et dès la quatrième année de primaire les élèves participent au moins une fois par an à un “camp” de quelques jours. Et ce camp de quelques jours commence aujourd’hui…

Maeva en parle depuis des mois, c’était même l’une des premières idées qui lui était venue à l’esprit en abordant sa nouvelle année scolaire en mai dernier : “cette année, il y aura un camp scout !!”. Il va sans dire que le degré d’impatience a connu une croissance exponentielle à mesure que la date du départ se rapprochait.

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Hier soir, préparation du sac en s’aidant de la liste fournie. L’hébergement a généralement lieu dans une école publique, un gymnase ou près d’un temple.

 

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Ce matin, fin prête. Rendez-vous à l’école entre 6H30 et 7H00, départ prévu à 7H15. Le camp se tiendra dans la province de Saraburi, retour prévu mercredi en fin d’après-midi.

16 novembre 2009 Posté par thailsacien | L'école des filles | | Pas encore de commentaires

15 Novembre – Ethnique et Éthique

Bon, c’est dimanche, je suppose que vous avez un peu de temps devant vous pour lire ce qui suit. Promis, mes prochains billets seront plus courts !!

S’il est une minorité ethnique du Sud-est Asiatique qui stimule les passions, ce sont bien les Krajans, plus connus sous le nom de Padongs, ou encore femmes girafes ou femmes au long cou. Nous leur avions rendu visite pour la 3ème fois au cours de notre dernier voyage dans le Nord : rappelez-vous.

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Alors, faut-il systématiquement boycotter les tour-operators sans scrupules qui proposent de visiter ce que certains journaux occidentaux qualifient de zoo humain ? Ou, au contraire, faut-il y aller coûte que coûte pour contribuer à leur subsistance ?

Comme je l’indiquais précédemment, la situation est relativement complexe et si ces populations se trouvent aujourd’hui en Thaïlande, c’est surtout et avant tout en raison des persécutions dont elles sont victimes en Birmanie. Elles ont trouvé refuge en Thaïlande où elles peuvent mener une vie à peu près normale sans craindre de se faire dépouiller ou même pire en allant aux champs ou au marché. Elles bénéficient de soins médicaux et leurs enfants peuvent aller à l’école.

Certes, la Thaïlande aurait pu faire comme les pays occidentaux “civilisés” (si, si, ils le disent !!), à savoir créer des centres d’accueil dans le genre de celui de Sangatte en France et, surtout, interdire toute visite pour respecter leur intimité (et entretenir leur isolement du reste de la population).

Et puis quelle horreur, pourquoi ces pauvres femmes sont-elles obligées de se déformer ainsi lespiercing épaules ? Il faut lutter pour leur émancipation, leur permettre de choisir librement les bijoux qu’elles ont envie de porter (voir ci-contre), leur accorder le droit de participer à des émissions de télévision où elles devront manger des lombrics ou s’allonger sur un lit de blattes pour gagner un bon d’achat de chez carouf ou encore leur faire bénéficier des congés payés pour qu’elles puissent exposer leur corps au soleil et attraper des mélanomes comme tout le monde.

Cette exagération volontairement sarcastique de certains arguments évoqués et/ou ressentis par les opposants systématiques à toute visite de ces populations a surtout pour but d’amener à la réflexion. Nous sommes ici en présence d’un groupe ethnique qui possède un mode de vie qui lui est propre et, contrairement aux premières impressions ressenties à travers le filtre culturel occidental, il n’existe ici aucune forme d’asservissement de la femme.

Certes, la visite au pas de charge par un groupe de 50 personnes à la descente d’un bus qui n’accorde que 30 minutes pour faire le tour du village n’est pas le meilleur moyen de comprendre ce que l’on a la chance de voir. Mais ceci est une question de choix personnel, notamment de choix de mode de voyage, et pour ceux qui ont recours à ce genre de prestation j’estime qu’il est ici de la responsabilité des organisateurs de ces voyages d’éduquer leurs ”clients” pour que leur visite soit réellement enrichissante et aille au-delà du simple spectacle.

Pour ceux qui ont l’habitude du voyage individuel, il faut faire abstraction de ses inhibitions et considérer qu’il s’agit tout simplement d’aller à la rencontre de populations ayant un mode de vie différent. Après tout, c’est bien ce qu’ils sont venus chercher en voyageant. Passez quelques heures dans ces villages, discutez avec les gens, montrez que vous vous intéressez à eux/elles. Les questions qui peuvent sembler indiscrètes en occident (âge, religion, marié ou/non, etc.) sont ici un signe de politesse.

Je vous invite à présent à lire une traduction d’un texte de Pimook, le directeur de l’école de Ban Huoi Haeng qui est aussi anthropologue et qui a passé plusieurs jours dans un village de Kajangs (le nom qu’ils se donnent).

La vie derrière les anneaux : ou comprendre les Padongs

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Les journaux rapportent régulièrement des histoires de "Femmes girafes" qui sont amenées à proximité des centres touristiques tels que Chiang Mai pour être exhibées. Le principal objectif de ceux qui exploitent l’image de ces populations atypiques est bien évidemment le profit et ils n’ont que faire des considérations éthiques et humanistes. Ils  cherchent encore moins à comprendre la culture de ces femmes qui portent des anneaux autour de leur cou et ont tendance à oublier qu’il s’agit avant tout d’êtres humains et que le fait de les transporter comme des marchandises que l’on amène à la foire est un manque de respect caractérisé.

J’ai un jour été contacté par un journaliste d’un magazine thaïlandais spécialisé dans le tourisme qui m’a demandé si j’accepterais de l’accompagner pour réunir des informations au sujet de cette minorité ethnique. Nous avons alors passé plusieurs jours au village de Huay Sua Tao, près de Mae Hong Son, une durée suffisante pour acquérir la confiance des villageois et collecter autant d’informations culturelles que possible.

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Ce groupe ethnique originaire de Birmanie, qui a du fuir la terre de ses ancêtres devant les exactions de la junte militaire, est appelé "Karens au long cou" par les Thaïlandais de la plaine. Leur principal trait distinctif est, en effet, un empilage d’anneaux en laiton porté par les femmes, ce qui donne l’impression d’un cou allongé. Ils résident essentiellement dans les villages de Nam Piang Ding, Nai Soi et Huay Sua Tao, dans la province de Mae Hong Son. Les Shans et les Birmans les appellent Padongs et ils se nomment eux-mêmes les Kajangs. Ils ne se considèrent pas appartenir au même groupe ethnique que les Karens.

Maja, une jeune Padong de 14-15 ans qui parle le Thaï, nous a raconté à quel point la vie était difficile et éprouvante en Birmanie. Elle n’y possédait qu’une seule robe, pas de chaussures et la majorité du temps elle devait se contenter d’un seul repas par jour. Il n’existait aucun hôpital ni dispensaire médical à proximité en cas de maladie et les militaires birmans les dévalisaient régulièrement ou les forçaient même parfois à transporter leur équipement. S’ils résistaient, ils étaient battus par les soldats. Les femmes et les jeunes filles n’osaient pas s’aventurer seules hors des villages, de peur d’être violées par une patrouille de militaires qui passerait par là. Sa famille a alors décidé de trouver refuge en Thaïlande.

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Il existe une légende selon laquelle les  femmes portent des anneaux en laiton autour de leur cou pour se protéger des tigres. Une autre version affirme que dans le passé, la principale monnaie d’échange était l’or et les femmes gardaient ainsi les économies de la famille autour de leur cou, ce qui leur permettait de s’enfuire en les emportant avec elles en cas d’attaque. Il était impossible de leur retirer les anneaux en or tant qu’elles étaient en vie.

Si cette dernière histoire est vraie, cela démontre que groupe ethnique fait plus confiance aux femmes pour conserver ses trésors, car je n’ai jamais vu aucun homme porter des anneaux autour de son cou. Mon étude de cette population semble confirmer cette hypothèse, car ce sont les femmes qui gèrent les biens des familles. Elles ne dépensent que ce qui est nécessaire, tout le contraire des hommes qui sont plus attirés par la fête et la boisson.

On raconte que dans le passé, seules étaient autorisées à porter des anneaux les filles nées un mercredi pendant la semaine de la pleine lune. Mais en pratique, même les filles nées les autres jours en portent. C’est la mère qui passe les anneaux autour du cou de sa fille. Lorsque celle-ci a atteint l’âge de 5 ans, ses anneaux pèsent au total 1 kg. à 7 ans, ils pèseront 2 kg et le poids augmente alors progressivement jusqu’à 6-9 kg. Lorsque les anneaux sont trop serrés et que la mère n’arrive plus à les passer elle-même, elle fait alors appel à un artisan qui lui demandera environ 1000 Bahts (20 Euros) par anneau. Ces anneaux en laiton, appelés "Tue", viennent de Birmanie où ils coûtent environ 2000 Bahts (40 Euros) le kilo. Une fois adolescente, la jeune fille placera un anneau dit de base sur lequel prendront appui les autres. Celui-ci contribuera aussi à faire paraître le cou plus allongé, ce qui rendra sa porteuse plus belle.

Les femmes et les hommes aiment danser et chanter pour encourager les relations sociales et créer une atmosphère de détente. Mais d’après les traductions de Maja, leurs chants expriment plutôt le tristesse et la nostalgie. Certaines chansons parlent des hommes qui sont obligés d’abandonner leurs familles pour aller combattre l’armée birmane, laissant les enfants et les vieillards en pleurs. D’autres évoquent les persécutions que leur font subir les militaires, la perte de leurs proches et leur impuissance. Leurs chants sont accompagnés d’un instrument à 4 cordes similaire à une guitare appelé "ta-yo".

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La société Padong est traditionnellement monogame. L’adultère est sévèrement puni et le couple coupable peut être banni de la communauté. Lorsque quelqu’un décède, les villageois creusent un tronc d’arbre et y placent le corps. Ils le transportent ensuite jusqu’au lieu de la cérémonie et lui donnent de la nourriture pour son dernier voyage. Ils croient que si l’âme n’a pas suffisamment à manger, elle viendra tourmenter les vivants en fouillant dans les réserves de nourriture et en faisant beaucoup de bruit pour les empêcher de dormir.

La principale activité des Padongs lorsqu’ils étaient en Birmanie était l’agriculture. La base de leur nourriture se compose de riz, de piment et de sel. En Thaïlande, au village de Huay Sua Tao, chaque famille reçoit par mois 4 seaux de 20 kg de riz de la part de la responsable Thaïlandaise du village. Chaque jeune fille qui porte les anneaux reçoit en plus un salaire mensuel de 1500 Bahts (30 Euros), un argent qui provient des recettes encaissées pour la visite du village. Les touristes doivent payer un droit d’entrée de 250 Bahts, mais l’accès est libre pour les thailandais. Les Padongs ont aussi accès aux soins médicaux, lesquels sont pris en charge par la responsable du village, et leurs enfants peuvent suive une éducation dans les écoles publiques.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le directeur de l’école de Huay Sua Tao qui m’a expliqué que les Padongs n’envoyaient que les garçons à l’école. Les filles préféraient rester au village et porter leurs anneaux, ce qui leur assurait un salaire mensuel pour leurs familles. Cette anecdote illustre parfaitement l’usage détourné d’une valeur culturelle dans un but exclusif de profit économique. Que ces jeunes filles aient conscience ou non d’être exploitées à des fins économiques, le résultat est qu’elles ont déjà fait l’impasse sur leur éducation et ont ainsi manqué une occasion d’apprendre le monde extérieur, le monde au-delà des anneaux. Malgré les rapides changements socio-économiques, ces innocentes jeunes filles ne prendront peut-être jamais conscience que leur particularité culturelle est une source de profits, mais pour d’autres. Tout ce qu’elles savent, c’est qu’en portant ces anneaux, elles apportent 1500 Bahts par mois à leur famille, suffisamment de riz et un accès gratuit aux soins médicaux. En comparaison de leur situation en Birmanie, cette nouvelle vie leur semblait assurément plus agréable !

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J’ai un jour croisé le chemin d’une toute jeune fille qui portait des anneaux. Je me suis senti littéralement hypnotisé par son regard innocent et suis resté, silencieux, à observer son visage rieur. Je me suis surpris à me demander à moi-même si elle comprenait réellement la valeur de ses anneaux en laiton, une tradition suivie par sa communauté depuis plusieurs siècles. Que se passerait-il si elle refusait de les porter et revendiquait le droit d’étudier comme les garçons ? Parmi les touristes avides de curiosités et les commerçants qui en encaissaient les bénéfices, lesquels se sentiraient les plus heureux et/ou les plus désemparés devant cette émancipation ?

15 novembre 2009 Posté par thailsacien | Voyages | | Pas encore de commentaires