21 Novembre – Christkindelsmärik
En français : Marché de l’enfant Jésus (et non pas marché de Noël).
Il a traditionnellement lieu tous les ans à l’Alliance française et même s’il n’est pas vraiment comparable à celui de Strasbourg, on y trouve tout de même des “Bredele”, du foie gras et autres saveurs typiques de ma région natale (oui, le foie gras est d’origine alsacienne !!) qui sont cependant rarement compatibles avec le Som Tam.
C’est aussi l’occasion pour certaines sociétés françaises présentes à Bangkok de faire la promotion de leur activité et le Centre Acacia, le club de langue où vont les filles tous les samedis était lui aussi présent.
19 Novembre – Mariage
Petite sortie ce soir au mariage du fils d’une amie. Nous étions invités au dîner, c’est à dire la dernière partie de la cérémonie qui en compte 3, étalées sur 2 jours.
1ère partie – La bénédiction des moines
2ème partie – Le procession et la dote
3ème partie – Le dîner
Les festivités avaient lieu à l’hôtel Sukothai, près de l’alliance française, en plein quartier d’affaire et en pleine heure de pointe !!
Et comme tout dîner de mariage thaï qui se respecte, le plus important n’est pas ce qu’il y a dans l’assiette, mais la mise en scène et le nombre d’invités. Les 90 minutes de cette fête (si, si, vous avez bien lu : un dîner festif de mariage qui dure en tout et pour tout 90 minutes !! Amazing Thailand !!) ont donc pour l’essentiel été consacrées à écouter deux animateurs et à observer les mariés se déplacer entre la scène et les différentes tables, couper la pièce montée et boire une coupe de champagne.
Sachant que nous avons passé à peu près le double du temps en voiture (aller/retour), nous avons heureusement pu avaler déguster quelques-uns des mets proposés : assortiment de sushis, spaghettis sauce tomate, nuggets de poulet (ils ont osé) boulettes au ??? avec sauce pimentée et autres substances indéfinissables (à moment donné j’ai cru qu’ils allaient servir des Mc Do !!).
Comme j’avais été désigné volontaire pour faire le discours d’ouverture et au vu des prénoms des jeunes mariés (voir ci-dessus à gauche – je rappelle que Ph se prononce comme un P), j’étais très content qu’il n’y ait pas d’autre français dans la salle afin d’éviter tout jeu de mot incompréhensible pour l’assistance, mais extrêmement perturbant quand on se retrouve devant 300 personnes silencieuses qui attendent ce que vous allez dire alors qu’on est sur le point d’éclater de rire.
18 Novembre – Joyeux anniversaire
Ben oui, ça y est !! Un an de plus depuis ce matin et j’y ai droit moi aussi !!
Pour l’instant, c’est uniquement pour lire lorsque les conditions d’éclairage sont médiocres, genre à la lueur d’une bougie dans les villages montagnards ou le soir à la maison. C’est vrai qu’une autre solution pour repousser encore plus l’inévitable aurait été l’abstention… de la lecture le soir !!.
Ceci dit, comme nous sommes en 2552, ce qui veut dire que je suis aujourd’hui âgé de 592 ans. Certains de mes amis ont commencé à porter des lunettes bien plus jeunes !!
16 Novembre – Scout toujours…
En Thaïlande, tous les écoliers dès les classes primaires sont initiés au scoutisme. Le scoutisme a été introduit en Thaïlande en 1911 par le Roi Rama VI, en faisant ainsi le 3ème pays au monde à instaurer cette discipline. La Thaïlande est également l’un des membres fondateurs de l’organisation mondiale du scoutisme.
Les scouts en Thaïlande (site en anglais)
La spécificité ici est que le scoutisme fait partie intégrante de la scolarité et dès la quatrième année de primaire les élèves participent au moins une fois par an à un “camp” de quelques jours. Et ce camp de quelques jours commence aujourd’hui…
Maeva en parle depuis des mois, c’était même l’une des premières idées qui lui était venue à l’esprit en abordant sa nouvelle année scolaire en mai dernier : “cette année, il y aura un camp scout !!”. Il va sans dire que le degré d’impatience a connu une croissance exponentielle à mesure que la date du départ se rapprochait.
Hier soir, préparation du sac en s’aidant de la liste fournie. L’hébergement a généralement lieu dans une école publique, un gymnase ou près d’un temple.

Ce matin, fin prête. Rendez-vous à l’école entre 6H30 et 7H00, départ prévu à 7H15. Le camp se tiendra dans la province de Saraburi, retour prévu mercredi en fin d’après-midi.
15 Novembre – Ethnique et Éthique
Bon, c’est dimanche, je suppose que vous avez un peu de temps devant vous pour lire ce qui suit. Promis, mes prochains billets seront plus courts !! S’il est une minorité ethnique du Sud-est Asiatique qui stimule les passions, ce sont bien les Krajans, plus connus sous le nom de Padongs, ou encore femmes girafes ou femmes au long cou. Nous leur avions rendu visite pour la 3ème fois au cours de notre dernier voyage dans le Nord : rappelez-vous.
Alors, faut-il systématiquement boycotter les tour-operators sans scrupules qui proposent de visiter ce que certains journaux occidentaux qualifient de zoo humain ? Ou, au contraire, faut-il y aller coûte que coûte pour contribuer à leur subsistance ? Comme je l’indiquais précédemment, la situation est relativement complexe et si ces populations se trouvent aujourd’hui en Thaïlande, c’est surtout et avant tout en raison des persécutions dont elles sont victimes en Birmanie. Elles ont trouvé refuge en Thaïlande où elles peuvent mener une vie à peu près normale sans craindre de se faire dépouiller ou même pire en allant aux champs ou au marché. Elles bénéficient de soins médicaux et leurs enfants peuvent aller à l’école. Certes, la Thaïlande aurait pu faire comme les pays occidentaux “civilisés” (si, si, ils le disent !!), à savoir créer des centres d’accueil dans le genre de celui de Sangatte en France et, surtout, interdire toute visite pour respecter leur intimité (et entretenir leur isolement du reste de la population). Et puis quelle horreur, pourquoi ces pauvres femmes sont-elles obligées de se déformer ainsi les Cette exagération volontairement sarcastique de certains arguments évoqués et/ou ressentis par les opposants systématiques à toute visite de ces populations a surtout pour but d’amener à la réflexion. Nous sommes ici en présence d’un groupe ethnique qui possède un mode de vie qui lui est propre et, contrairement aux premières impressions ressenties à travers le filtre culturel occidental, il n’existe ici aucune forme d’asservissement de la femme. Certes, la visite au pas de charge par un groupe de 50 personnes à la descente d’un bus qui n’accorde que 30 minutes pour faire le tour du village n’est pas le meilleur moyen de comprendre ce que l’on a la chance de voir. Mais ceci est une question de choix personnel, notamment de choix de mode de voyage, et pour ceux qui ont recours à ce genre de prestation j’estime qu’il est ici de la responsabilité des organisateurs de ces voyages d’éduquer leurs ”clients” pour que leur visite soit réellement enrichissante et aille au-delà du simple spectacle. Pour ceux qui ont l’habitude du voyage individuel, il faut faire abstraction de ses inhibitions et considérer qu’il s’agit tout simplement d’aller à la rencontre de populations ayant un mode de vie différent. Après tout, c’est bien ce qu’ils sont venus chercher en voyageant. Passez quelques heures dans ces villages, discutez avec les gens, montrez que vous vous intéressez à eux/elles. Les questions qui peuvent sembler indiscrètes en occident (âge, religion, marié ou/non, etc.) sont ici un signe de politesse. Je vous invite à présent à lire une traduction d’un texte de Pimook, le directeur de l’école de Ban Huoi Haeng qui est aussi anthropologue et qui a passé plusieurs jours dans un village de Kajangs (le nom qu’ils se donnent). La vie derrière les anneaux : ou comprendre les Padongs
épaules ? Il faut lutter pour leur émancipation, leur permettre de choisir librement les bijoux qu’elles ont envie de porter (voir ci-contre), leur accorder le droit de participer à des émissions de télévision où elles devront manger des lombrics ou s’allonger sur un lit de blattes pour gagner un bon d’achat de chez carouf ou encore leur faire bénéficier des congés payés pour qu’elles puissent exposer leur corps au soleil et attraper des mélanomes comme tout le monde.
Les journaux rapportent régulièrement des histoires de "Femmes girafes" qui sont amenées à proximité des centres touristiques tels que Chiang Mai pour être exhibées. Le principal objectif de ceux qui exploitent l’image de ces populations atypiques est bien évidemment le profit et ils n’ont que faire des considérations éthiques et humanistes. Ils cherchent encore moins à comprendre la culture de ces femmes qui portent des anneaux autour de leur cou et ont tendance à oublier qu’il s’agit avant tout d’êtres humains et que le fait de les transporter comme des marchandises que l’on amène à la foire est un manque de respect caractérisé.
J’ai un jour été contacté par un journaliste d’un magazine thaïlandais spécialisé dans le tourisme qui m’a demandé si j’accepterais de l’accompagner pour réunir des informations au sujet de cette minorité ethnique. Nous avons alors passé plusieurs jours au village de Huay Sua Tao, près de Mae Hong Son, une durée suffisante pour acquérir la confiance des villageois et collecter autant d’informations culturelles que possible. Ce groupe ethnique originaire de Birmanie, qui a du fuir la terre de ses ancêtres devant les exactions de la junte militaire, est appelé "Karens au long cou" par les Thaïlandais de la plaine. Leur principal trait distinctif est, en effet, un empilage d’anneaux en laiton porté par les femmes, ce qui donne l’impression d’un cou allongé. Ils résident essentiellement dans les villages de Nam Piang Ding, Nai Soi et Huay Sua Tao, dans la province de Mae Hong Son. Les Shans et les Birmans les appellent Padongs et ils se nomment eux-mêmes les Kajangs. Ils ne se considèrent pas appartenir au même groupe ethnique que les Karens. Maja, une jeune Padong de 14-15 ans qui parle le Thaï, nous a raconté à quel point la vie était difficile et éprouvante en Birmanie. Elle n’y possédait qu’une seule robe, pas de chaussures et la majorité du temps elle devait se contenter d’un seul repas par jour. Il n’existait aucun hôpital ni dispensaire médical à proximité en cas de maladie et les militaires birmans les dévalisaient régulièrement ou les forçaient même parfois à transporter leur équipement. S’ils résistaient, ils étaient battus par les soldats. Les femmes et les jeunes filles n’osaient pas s’aventurer seules hors des villages, de peur d’être violées par une patrouille de militaires qui passerait par là. Sa famille a alors décidé de trouver refuge en Thaïlande. Il existe une légende selon laquelle les femmes portent des anneaux en laiton autour de leur cou pour se protéger des tigres. Une autre version affirme que dans le passé, la principale monnaie d’échange était l’or et les femmes gardaient ainsi les économies de la famille autour de leur cou, ce qui leur permettait de s’enfuire en les emportant avec elles en cas d’attaque. Il était impossible de leur retirer les anneaux en or tant qu’elles étaient en vie. Si cette dernière histoire est vraie, cela démontre que groupe ethnique fait plus confiance aux femmes pour conserver ses trésors, car je n’ai jamais vu aucun homme porter des anneaux autour de son cou. Mon étude de cette population semble confirmer cette hypothèse, car ce sont les femmes qui gèrent les biens des familles. Elles ne dépensent que ce qui est nécessaire, tout le contraire des hommes qui sont plus attirés par la fête et la boisson. On raconte que dans le passé, seules étaient autorisées à porter des anneaux les filles nées un mercredi pendant la semaine de la pleine lune. Mais en pratique, même les filles nées les autres jours en portent. C’est la mère qui passe les anneaux autour du cou de sa fille. Lorsque celle-ci a atteint l’âge de 5 ans, ses anneaux pèsent au total 1 kg. à 7 ans, ils pèseront 2 kg et le poids augmente alors progressivement jusqu’à 6-9 kg. Lorsque les anneaux sont trop serrés et que la mère n’arrive plus à les passer elle-même, elle fait alors appel à un artisan qui lui demandera environ 1000 Bahts (20 Euros) par anneau. Ces anneaux en laiton, appelés "Tue", viennent de Birmanie où ils coûtent environ 2000 Bahts (40 Euros) le kilo. Une fois adolescente, la jeune fille placera un anneau dit de base sur lequel prendront appui les autres. Celui-ci contribuera aussi à faire paraître le cou plus allongé, ce qui rendra sa porteuse plus belle. Les femmes et les hommes aiment danser et chanter pour encourager les relations sociales et créer une atmosphère de détente. Mais d’après les traductions de Maja, leurs chants expriment plutôt le tristesse et la nostalgie. Certaines chansons parlent des hommes qui sont obligés d’abandonner leurs familles pour aller combattre l’armée birmane, laissant les enfants et les vieillards en pleurs. D’autres évoquent les persécutions que leur font subir les militaires, la perte de leurs proches et leur impuissance. Leurs chants sont accompagnés d’un instrument à 4 cordes similaire à une guitare appelé "ta-yo". La société Padong est traditionnellement monogame. L’adultère est sévèrement puni et le couple coupable peut être banni de la communauté. Lorsque quelqu’un décède, les villageois creusent un tronc d’arbre et y placent le corps. Ils le transportent ensuite jusqu’au lieu de la cérémonie et lui donnent de la nourriture pour son dernier voyage. Ils croient que si l’âme n’a pas suffisamment à manger, elle viendra tourmenter les vivants en fouillant dans les réserves de nourriture et en faisant beaucoup de bruit pour les empêcher de dormir. La principale activité des Padongs lorsqu’ils étaient en Birmanie était l’agriculture. La base de leur nourriture se compose de riz, de piment et de sel. En Thaïlande, au village de Huay Sua Tao, chaque famille reçoit par mois 4 seaux de 20 kg de riz de la part de la responsable Thaïlandaise du village. Chaque jeune fille qui porte les anneaux reçoit en plus un salaire mensuel de 1500 Bahts (30 Euros), un argent qui provient des recettes encaissées pour la visite du village. Les touristes doivent payer un droit d’entrée de 250 Bahts, mais l’accès est libre pour les thailandais. Les Padongs ont aussi accès aux soins médicaux, lesquels sont pris en charge par la responsable du village, et leurs enfants peuvent suive une éducation dans les écoles publiques. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le directeur de l’école de Huay Sua Tao qui m’a expliqué que les Padongs n’envoyaient que les garçons à l’école. Les filles préféraient rester au village et porter leurs anneaux, ce qui leur assurait un salaire mensuel pour leurs familles. Cette anecdote illustre parfaitement l’usage détourné d’une valeur culturelle dans un but exclusif de profit économique. Que ces jeunes filles aient conscience ou non d’être exploitées à des fins économiques, le résultat est qu’elles ont déjà fait l’impasse sur leur éducation et ont ainsi manqué une occasion d’apprendre le monde extérieur, le monde au-delà des anneaux. Malgré les rapides changements socio-économiques, ces innocentes jeunes filles ne prendront peut-être jamais conscience que leur particularité culturelle est une source de profits, mais pour d’autres. Tout ce qu’elles savent, c’est qu’en portant ces anneaux, elles apportent 1500 Bahts par mois à leur famille, suffisamment de riz et un accès gratuit aux soins médicaux. En comparaison de leur situation en Birmanie, cette nouvelle vie leur semblait assurément plus agréable ! J’ai un jour croisé le chemin d’une toute jeune fille qui portait des anneaux. Je me suis senti littéralement hypnotisé par son regard innocent et suis resté, silencieux, à observer son visage rieur. Je me suis surpris à me demander à moi-même si elle comprenait réellement la valeur de ses anneaux en laiton, une tradition suivie par sa communauté depuis plusieurs siècles. Que se passerait-il si elle refusait de les porter et revendiquait le droit d’étudier comme les garçons ? Parmi les touristes avides de curiosités et les commerçants qui en encaissaient les bénéfices, lesquels se sentiraient les plus heureux et/ou les plus désemparés devant cette émancipation ?
13 Novembre – Voyages à Kanchanaburi
Kanchanaburi est assurément l’une des province des Thaïlande qui offre la plus grande diversité d’attractions, tant au niveau des sites historiques que de l’éco-tourisme, de la faune, de la flore, des minorités ethniques, etc.
Un site très intéressant qui contient énormément d’informations :
http://www.kanchanaburi-info.com/en/
Cette province très étendue (il faut plus de quatre heures de route pour la traverser d’est en ouest) porte le N° 37 sur la carte ci-contre et est surtout connue des touristes pour le fameux pont de la rivière Kwai (non, je ne ferais pas la trop facile contrepèterie, d’ailleurs je ne connais aucune rivière du nom de Pouaille !!).
Ce site peut être considéré comme incontournable dans tous les sens du terme, puisque l’on passe forcément à côté en traversant la capitale provinciale, à savoir la ville de Kanchanaburi. Mon premier voyage date de 1988, j’avais alors passé 3 jours sur place à dormir sur un radeau à me bagarrer contre les moustiques entre les différentes visites, dont les fameuses cascades d’Erawan (en haut à droite).
La proximité de notre maison de Nakhon Pathom aidant, nous y sommes retournés à plusieurs reprises, parfois seulement pour la journée.
L’un de mes endroits préférés est une petite ville à l’extrême ouest de la province, Sanklaburi. En plein territoire Mon (une minorité ethnique très ancienne), on y trouve le plus long pont en tek de Thaïlande qui enjambe la rivière qui vient alimenter un immense lac artificiel.
Juste à côté, le col des trois pagodes, endroit très connu dans l’histoire thaïlandaise puisqu’il s’agissait du point de passage privilégié des armées birmanes venant envahir (ou au moins essayer) le Royaume du Siam.
11 Novembre – Projet salle de classe
Le moment me semble opportun pour vous part de la progression de notre projet dont vous trouverez un rappel en cliquant ici.
Pour anecdote, nous avions commencé à étudier ce projet depuis presque un an. À l’époque, Pimook nous avait dit qu’il avait fait appel à une école de Bangkok dont les étudiants ont démarché les entreprises pour essayer de trouver des fonds. À la même époque, il avait fait un rapport à l’équivalent thaïlandais du rectorat pour signaler que le bâtiment commence à s’effondrer.
Les étudiants sont venus courant novembre et ont passé une dizaine de jours sur place à construire un morceau de bâtiment. Je dis morceau, parce qu’il n’y avait que les murs. Pas de toit, pas de porte ni de fenêtres. Ils ont ensuite demandé à Pimook un reçu « en blanc », c’est-à-dire sur lequel ne figure aucun montant. Il va sans dire que Pimook était très gêné, il nous avait même téléphoné dans les heures qui ont suivies pour nous en parler.
Comme les dons que nous recevons nous permettent de le soutenir régulièrement, il a pu construire un toit et acheter des tables/chaises neuves pour commencer à utiliser ce bâtiment. Mais le problème n’était résolu qu’à moitié, car l’autre bâtiment continuait de s’effondrer et abritait toujours 2 salles de classe. Comme toute administration qui se respecte, le rectorat n’avait toujours pas répondu et comme le bâtiment est propriété de l’état, il est interdit de le démolir sans l’autorisation de son propriétaire.
Lors de notre passage en octobre dernier, j’ai constaté qu’une partie des élèves suivait les cours à l’extérieur. La raison est qu’il y a eu un affaissement soudain au cours d’une forte pluie en août, affaissement qui a provoqué un mouvement de panique parmi les élèves présents à ce moment là. Depuis, la moitié de la salle de classe préfère rester dehors où elle se sent plus en sécurité. Et toujours pas d’autorisation de démolir un an après la demande…
Il a donc été décidé de construire encore un autre bâtiment et les travaux de nivellement du terrain avaient déjà démarré lors de notre passage. 2 semaines plus tard, nous recevons un coup de téléphone de Pimook : il vient – enfin !! – de recevoir l’autorisation de démolir le bâtiment. J’ignore où en sont les travaux, nous le découvrirons lors de notre visite fin décembre.
En attendant, le budget semble maintenant suffisant pour la partie construction (à vérifier, car nous ne savons pas encore réellement ce qui a été accordé par le rectorat) et un surplus non négligeable nous permet même d’envisager un projet complémentaire, à savoir l’acquisition de plusieurs ordinateurs portables. L’enseignement, ou plutôt l’initiation à l’informatique fait en effet partie du programme scolaire standard et Pimook ne dispose actuellement que d’un seul et unique PC pour toute l’école. La source d’énergie ne pose pas vraiment de problème grâce aux panneaux solaires dont est équipée l’école (voir ici Projet panneaux solaires) et les leçons ne concerneraient, dans un premier temps, que les élèves les plus âgés.
Une autre idée qui à déjà été évoquées plusieurs fois est l’extension de l’école aux 3 premières années du cycle secondaire. En effet, les élèves qui quittent l’environnement aux dimensions humaines de Ban Huoi Haeng (125 élèves) se retrouvent soudainement dans des internats de 700-800 élèves et l’adaptation est souvent très difficile. Outre l’aspect de la promiscuité à laquelle les montagnards ne sont pas du tout habitués, il se pose des problèmes de délinquance. L’idéal serait donc de pouvoir les garder 3 ans supplémentaires après lesquels ils seront plus âgés et plus aptes à affronter la “vie dans la plaine”.
9 Novembre – Un peu de photo
Je ne suis pas vraiment ce que l’on peut appeler un expert en photo, disons plutôt un amateur informé qui pourrait, s’il avait un peu plus de temps, devenir averti, voire même éclairé.
La photo faisant, à mon sens, partie intégrante de tout voyage, j’ai toujours eu au moins un appareil photo depuis l’âge de 13-14 ans.
Mon tout premier a été un cadeau de mon père, un appareil qu’il avait lui-même reçu en cadeau dans sa jeunesse : un Zeiss Ikon à soufflet. Je ne souviens plus du modèle, mais il ressemblait à celui ci-contre. Il utilisait des pellicules de 12 poses au format 6×9 et on pouvait tirer jusqu’à 18 poses en rabattant 2 caches pour faire des tirages en 6×6.
J’appréciais ses mécanismes d’horlogerie, notamment une minuterie de prise de vue à ressort. Je me servais aussi d’un pose-mètre pour mesurer les paramètres d’éclairage et réglais l’appareil en fonction de ses indications. Je ne me souviens plus de ce qu’il est devenu, mais il était de toute façon devenu inutilisable par manque de pellicule.
J’ai acheté mon premier appareil 24×36 en 1987 en prévision d’un voyage au Sénégal : un Ricoh TF900.
Il s’agissait d’un compact autofocus à zoom 2 positions, 35 et 70 mm, que j’ai complété un peu plus tard d’un doubleur de focal, ce qui me permettait de disposer d’un 35 – 70 – 140 mm.
Cet appareil a fini avec plusieurs dizaines de milliers de kilomètres “au compteur” (et plusieurs milliers de diapos aussi !!) et il m’a notamment accompagné lors de mon premier voyage en Thaïlande en 1988.
Quelques années plus tard, j’ai commencé à avoir un peu plus de moyens et je me suis offert mon premier appareil à visée reflex. Il s’agissait d’un Minolta 500 SI qui était vendu en offre promotionnelle avec un zoom Vivitar 28-300. Je l’ai toujours, le bouton de déclenchement est cassé et tient avec un morceau de sparadrap, ce qui m’a amené à le remplacer par son grand frère, le Minolta 600. Je me suis très vite rendu compte que l’objectif est un composant primordial dans la chaîne optique et ai remplacé le “cul de bouteille” fourni avec le kit par un Sigma, il me semble que c’était un 28-70. Il y a ensuite eu un grand angle et aussi une série de filtres et compléments optiques Cokin, notamment une bonnette macro.
Mon premier appareil numérique a été un HP Photosmart 720. Il s’agissait surtout de faire mes premiers pas en photo numérique (fin 2002) et, surtout, d’éviter le prix du développement + tirage de 2 x 36 poses chaque mois depuis la naissance de nos filles.
Il s’agissait des débuts de la photo numérique et on avait le temps d’aller prendre en café entre le moment où on allumait l’appareil et le moment où il était prêt à prendre une photo. Pour moi, la photo numérique était encore au stade du gadget et mon Minolta était toujours fidèle au poste lorsqu’il s’agissait de prises de vue un peu plus sérieuses. Mais plus pour longtemps…
Pendant une période, j’effectuais régulièrement des traductions pour une société japonaise, notamment des notices d’appareils Olympus et Pentax, ce qui m’a permis de découvrir une multitude de nouvelles fonctions sur les derniers modèles d’appareil et de choisir en toute connaissance de cause un modèle qui était très performant à cette époque (mars-avril 2003), à savoir l’Olympus C5050.
Évolution technologique (et aussi un peu mon côté geek) oblige, il aura fallu moins de 18 mois avant que je ne change de nouveau, surtout que la FNAC proposait alors de reprendre mon ancien appareil à un prix tout à fait raisonnable. Mon nouveau choix s’était porté sur un Sony DSC F828, que je possède toujours et qui fonctionne toujours. Je l’ai complété par un complément optique “Fisheye” qui permet d’obtenir des images extrêmement déformées englobant un champ de vision de 180°, comme celle de mon billet précédent sur le voyage à Hua Hin, par exemple.
Les premiers reflex numériques venaient de faire leur apparition sur le marché, mais je “traînait” encore une collection d’objectifs à monture Minolta et j’attendais la disponibilité d’un modèle compatible.
Celui-ci est apparu 2 ans plus tard sous la forme du Sony Alpha 100, le premier reflex numérique de Sony et dont la monture est compatible avec mes anciens objectifs Sigma et Vivitar pour Minolta.
Mais le résultat n’était pas vraiment à la hauteur de mes attentes et même après avoir changé l’objectif du kit pour un Sigma 18-200, j’ai continué à me servir pendant longtemps de mon ancien modèle bridge que je trouvais plus performant à différents niveaux.
J’ai finalement décidé de le revendre pour m’offrir, il y a quelques mois, un Nikon D90, petit bijou technologique, équipé d’un zoom 18-105.
Les résultats superbes sont très stimulants et il ne m’a pas fallu longtemps avant de compléter par un téléobjectif digne de ce nom : le Sigma 70-200/2.8.
De sympathiques portraits spontanés dans un marché montagnard, pleinement mis en valeur par la faible profondeur de champ de ce “caillou” qui pèse presque 1,5 kg quand même.
Mais pourquoi un billet sur la photo ?
En fait ça me trottait en tête depuis longtemps et l’élément déclencheur a été une nouvelle acquisition faite ce week-end (oui, encore une !!) : un objectif grand angle à ouverture constante Tokina 11-16/2.8.
Il existe à Bangkok un centre commercial appelé Pantip Plaza qui est surtout connu pour le matériel informatique, mais on y trouve également les grandes marques de la photographie à des prix 10 à 30 % inférieurs à ceux des magasins standard et aussi aux prix pratiqués en France. L’appareil D90, par exemple, était proposé à environ 900 Euros avec son objectif de 18-105, à Pantip je l’ai payé l’équivalent de 700 Euros. L’objectif Tokina que je viens d’acquérir est proposé à 650 Euros sur les sites Web français. Je l’ai payé 20 000 THB, soit 400 Euros au cours actuel.
Ci-dessus un essai comparatif, à gauche une photo prise avec une focale de 18 mm et à droite avec le Tokina à 11 mm. Et pour finir, un essai avec le soleil en face, en fin d’après-midi. Je dois dire que ces premiers essais semblent prometteurs.
Pour terminer, je voudrais adresser un remerciement tout particulier à Philippe pour ses précieux conseils.
Bon, avec tout ce matériel il faut maintenant que je trouve le temps de faire des photos. Mais ça, c’est une autre histoire…
5 Novembre – Voyages à Hua Hin
Suite de nos escapades en Thaïlande, aujourd’hui direction Hua Hin, une station balnéaire située dans la province de Prachuap Kirikan (N° 62 sur la carte).
Hua Hin est une ville particulière à plus d’un titre.
Il s’agit de la résidence quasi-permanente de Sa Majesté le Roi qui a toujours préféré son atmosphère paisible de petite ville de province et son environnement naturel à l’agitation de Bangkok. C’est là aussi que pendant des années, tous les vendredi soirs, il avait l’habitude de retrouver ses amis musiciens pour des séances de jazz qui duraient parfois toute la nuit.
Hua Hin est aussi une ville qui se trouve à l’extrême nord d’une province tout en longueur qui héberge le point le plus étroit de Thaïlande (moins de 20 km), coincé entre le Myanmar et la Golf du Siam.
Il est également question depuis quelques temps d’en faire une 77ème province, justement en raison de son caractère particulier et de sa situation géographique.
Notre premier voyage à Hua Hin remonte à octobre 2004. Nous y avions été invités par la commerciale d’une compagnie d’assurance auprès de laquelle Pong avait souscrit un contrat d’épargne. Elle nous avait hébergé chez sa sœur qui tient une petite maison d’hôte en plein centre ville (sans place de stationnement à moins de 500 m), sans fenêtres et sans petit déjeuner et elle nous avait invité dans un restaurant du genre Pizza Hut. Il faut dire que les Thaïs assimilent généralement toutes les cuisines occidentales à KFC, Mc Do et Pizza Hut et sont persuadés de nous faire plaisir en nous invitant dans ce genre … d’endroit !! Un peu comme si en France, vous vouliez inviter un Thaï dans l’un des restaurants Chinois/Vietnamien/Cambodgien/Thaï et lui faire servir des “nems” (je ne sais toujours pas d’où vient ce nom) et du riz dit “cantonais”.
Hua Hin est aussi un endroit très fréquenté par les touristes occidentaux, essentiellement d’Europe du Nord, et la looooooongue plage est réputée pour ses ballades à cheval, ses petites échoppes où l’on déguste de succulents fruits de mer, son festival de jazz (tous les ans en juin) et ses hôtels de luxe.
Un luxe qui reste quand même relativement abordable, surtout en comparaison de la Côte d’Azur en France. Nous avons plusieurs fois logé au Sofitel, dans un un bungalow constitué de 2 chambres à coucher, 2 salles de bain et un petit salon, le tout style 1900 avec boiseries et directement sur la plage, pour moins de 150 Euros la nuit. Le bâtiment principal, qui est en fait l’ancienne gare et date du début du XXème siècle, a servi de décor à plusieurs films.
Du coup ça me donne envie d’y retourner un de ces jours…




