28 Février – Voyage dans les îles, Jour 1
Départ
Arrivée
Après-midi et soirée
J’essaierai d’écrire un peu plus demain, parce que là il fait un peu sombre et je ne vois plus les touches de mon clavier.
26 Février – Rituel annuel
Si les mois de février et de mars marquent chaque année le début des grandes vacances scolaires, le début de la saison chaude et aussi le passage à l’heure d’été Européenne qui réduit d’une heure le décalage horaire avec la Thaïlande, il existe un autre phénomène qui se produit tous les ans à la même période : la déclaration de revenus !!
Inscrit auprès du fisc thaïlandais depuis mon expatriation en 2004, je commence à être rôdé à la procédure locale et c’est donc en toute confiance que nous nous sommes rendus au bureau du Revenue Department en ayant préalablement complété (en partie seulement) le formulaire PND 90 ci-dessous.
Oui, comme vous pouvez le voir, j’ai l’immense privilège de recevoir chaque année de la part de l’administration fiscale un formulaire à mon nom sur lequel je dois reporter mes revenus. Cette courte expérience m’a permis de vérifier ce que j’aurais tendance à qualifier de lapalissade, à savoir que les administrations en général, et l’administration fiscale en particulier, ont pour préoccupation essentielle de rester les plus impénétrables possible aux yeux de leurs administrés (ben oui, quoi, il ne manquerait plus que les administrés se mettent à comprendre !!). L’une de leurs méthodes de prédilection pour arriver à ces fins consiste à édicter des règles dont l’unique motivation semble être la justification du salaire de celui ou celle qui l’a pondue. En résumé : “Je viens d’être nommé chef et maintenant les choses vont changer !!”. Il va sans dire que plus la règle est opaque et indéchiffrable pour le commun des mortels, plus le chef se sent valorisé dans sa course pour atteindre l’étagère immédiatement supérieure.
Ceci est l’une des raisons pour lesquelles je ne remplis jamais ma déclaration de revenus en entier, mais préfère toujours aller rencontrer mon inspectrice des impôts en personne. C’est elle qui avait procédé à mon inscription au moment de mon expatriation et j’ai remarqué qu’elle possède une qualité rare : la remise en question. En effet, contrairement à beaucoup de fonctionnaires enfermés dans les certitudes inhérentes à l’environnement poussiéreux de leur bureau gris, elle n’hésite pas prendre son téléphone pour se renseigner ou demander un complément d’information lorsqu’elle a un doute sur l’une ou l’autre règle. Et comme lesdites règles changent chaque année, nous passons en moyenne 2 heures à compléter la quatrième page du formulaire, celle où l’on reporte toutes les déductions et autres abattements généreusement accordés.
Cette inspectrice (qui était au départ simple employée fiscale) est en poste depuis longtemps et elle est à son tour devenue “chef” (ou sur le point de le devenir) du bureau local. C’est elle aussi qui nous avait accompagné pour soutenir ma bonne fois auprès de la direction générale des impôts au moment de mon redressement fiscal il y a 2 ans.
La description ci-dessus de la situation, un peu sarcastique je j’avoue, est largement compensée par l’amabilité et la “thaï-itude” des fonctionnaires du bureau de Don Tum auquel je suis rattaché. La photo ci-dessus illustre parfaitement l’état d’esprit local que j’apprécie tant. Imaginez, en France, votre inspecteur des impôts qui porte un T-shirt “j’aime les contribuables”.
Nous avons donc passé près de deux heures à bien examiner tous les détails de ma déclaration, deux heures ponctuées de quelques coups de téléphones pour constater que, comme chaque année, certaines règles avaient changé. Mais peu importe, nous savons que tout est fait conformément auxdites règles et, après cette partie formalités, nous sommes allés déjeuner avec deux autres fonctionnaires du bureau. Et là, je vous demande de vous asseoir et de poser votre tasse de café pour éviter tout accident fâcheux : c’est mon inspectrice des impôts qui nous a invité !!
Oui, vous avez bien lu !! Non seulement elle s’évertue à rechercher toutes les astuces possibles et imaginables pour que je paie moins d’impôts, mais en plus elle nous invite à déjeuner. Il faut que j’avoue que cela devient presque un plaisir de payer ses impôts dans ces conditions !!
25 Février – Dernier jour de l’année scolaire
Ça y est, les grandes vacances ont commencé. Après une dernière série d’examens (maths et thaï), un pot de fin d’année était organisé après le déjeuner, pot qui s’est prolongé jusqu’à la séance d’entraînement de touch-rugby, des séances qui se poursuivront aussi pendant les vacances.
Petite série de photos, je me suis amusé avec mon 70-200/2.8.
Encore quelques progrès à faire en cadrage.
23 Février – Voyages à Krabi
Après une petite série “sur le continent”, je vous invite aujourd’hui à descendre au sud dans la province de Krabi et plus précisément sur l’île de Koh Phi Phi. Non, ça ne se prononce pas “fifi”, mais “j’ai une envie pressante” – enfin vous voyez ce que je veux dire !!
La province de Krabi porte le N° 67 sur la carte ci-contre. Elle se trouve du côté de la mer Andaman, juste en face d’un haut lieu du tourisme en Thaïlande : Phuket (un haut lieu du tourisme où ne nous sommes jamais allés !!).
Notre première visite remonte à 2001, l’année de notre premier voyage en famille en Thaïlande. Maeva était alors âgée de 13 mois et nous avions parcouru environ 4000 km en bus, minibus et train entre Nakhon Pathom, Phichit, Koh Chang et Trang. Nous nous étions arrêtés à Koh Phi Phi pour quelques jours avec bien évidemment pour intention d’aller admirer la fameuse Maya Bay, l’un des lieux de tournage du film ‘”La Plage”. Prévoyants, nous avions affrété un bateau individuel en lui demandant de partir vers 7H30 – 8H00 pour arriver sur site pendant qu’il reste encore un peu d’eau.
En effet, cet endroit était et reste toujours la destination privilégiée et incontournable de TOUS les touristes et voyageurs qui passent dans le coin et il fallait donc arriver tant que la surface de la mer était encore visible !!
Vers 9H00, ce sont les bateaux individuels ou collectifs en provenance de Koh Phi Phi qui viennent déverser leurs groupes de touristes, pour être suivis vers 10 H00 par les “cliques en bus” ayant opté pour des excursions tout compris depuis Phuket ou Krabi. Il va sans dire que l’intérêt du lieu est inversement proportionnel au nombre de personnes qui y sont présentes et que cet endroit tient parfois beaucoup plus d’un lieu d’étude socio-ethnologique des différents types de vacanciers que d’un espace naturel enchanteur.
Oui, Koh Phi Phi et les îles qui l’entourent est un très haut lieu du tourisme et, comme vous l’aurez compris, ce n’est pas vraiment le genre d’endroit qui nous attire outre mesure. Nous y sommes allés, nous avons vu et j’ai réussi l’exploit de faire monter toute la famille jusqu’au View Point pour admirer la vue sur la baie.
Il faut dire que j’avais porté Maeva sur mon dois pendant tout le trajet et que Pong n’était qu’à son 2ème mois de grossesse. Une telle excursion serait impossible aujourd’hui (par pour moi !!).
Une pensée quand même pour le tsunami du 26 décembre 2004 qui a complètement ravagé cette région.
Si je parle de la province de Krabi, c’est aussi parce que nous prévoyons d’un retourner très prochainement, plus précisément ce dimanche. Il devrait y avoir quelques photos la semaine prochaine…
21 Février – Révisions
Demain commence la dernière semaine de l’année scolaire, celle des examens. Ambiance studieuse à la maison, les filles sont en pleine révision.
Il faut savoir qu’il n’existe pas vraiment de calendrier scolaire fixe en Thaïlande et que chaque école est plus ou moins libre de choisir elle-même les dates des congés et de la rentrée. Le seul dénominateur commun est que les grandes vacances commencent généralement début mars ou mi-mars et que la rentrée des classes a lieu mi-mai. Ajoutons à cela 3 ou 4 semaines de congé en milieu d’année scolaire, à savoir en octobre, à partir de là il appartient à chaque chef d’établissement de gérer l’emploi du temps en fonction du programme éducatif.
À l’école Daroonpat, par exemple, si les grandes vacances commencent dès fin février, des cours de rattrapage et/ou de consolidation des connaissances sont tout de même prévus pendant l’été (avril).
La grande majorité des écoles publiques du Royaume ne seront en congé qu’à partir du 12 mars, certaines écoles privées à partir du 5. Les petits montagnards de l’école de Ban Huoi Haeng, par exemple, pourront rentrer chez eux le vendredi 12.
L’une des principales raisons à ce décalage est que dans l’enseignement thaï traditionnel, beaucoup de temps est consacré à la préparation de cérémonies diverses et variées : préparation de la visite d’une personnalité locale, participation à une fête dans la grande ville voisine, visite du temple, etc. Il faut donc combler ces périodes d’activités extra-scolaires par des jours d’école supplémentaires. Mais je pense qu’il existe également une raison sociale. Pour beaucoup de familles pauvres, l’école représente un endroit où leurs enfants sont “gardés” et, dans le cas précis de l’école de Ban Huoi Haeng, plusieurs enfants préfèrent même rester à l’école le plus longtemps possible car là au moins, il sont sûrs d’avoir 3 repas par jour !! Mais ceci est une autre histoire.
En attendant, une semaine d’examen de 3 jours se prépare, avec un supplément le samedi matin où Maeva passera le “Cambridge test”, un examen de connaissance de l’anglais du British Council, l’équivalent britannique de l’Alliance française.
Au programme ensuite, quelques jours en colonie de vacances, un mois de classe verte anglophone et plusieurs heures d’avion à commencer par dimanche prochain.
À suivre…
17 Février – Touch Rugby
Ce sport que j’ai découvert très récemment est en fait une variante du rugby un peu moins “virile” qui est accessible à tous. Il s’agit d’une nouvelle activité périscolaire qui a vu le jour sur l’initiative d’un petit groupe de parents, notamment un britannique dont le fils joue tous les samedis dans un grand club de Bangkok et d’un thaï qui a passé plusieurs années en Nouvelle-Zélande.
Pour en savoir plus : voici le site de Touch France qui contient plein d’informations sur cette discipline également pratiquée dans l’hexagone, notamment la réponse à la question C’est quoi le Touch ?
Outre le fait de pratiquer un sport et d’acquérir certaines notions de discipline et d’esprit d’équipe, l’intérêt réside dans le fait que toutes les séances d’entraînement se déroulent en anglais, ce qui permet aux enfants de perfectionner leur niveau, et parallèlement à cela dans la consolidation des relations entre les parents, puisque toute l’organisation est entièrement assurée et encadrées par les parents d’élèves, l’école servant uniquement de “tampon” pour demander les autorisations d’utiliser le stade, etc.
Petit briefing avant de commencer la séance du jour. Graham, l’entraîneur Néo-Zélandais, tient plus de Vin Diesel que de la maîtresse d’école primaire, mais les enfants l’apprécient énormément. Peut-être apprendront-ils à faire le Haka ??
Passes de balle, il paraît que ce n’est pas très évident avec un ballon ovale.
Deux heures d’entraînement tous les mercredis à partir de 16H00.
Sans oublier l’indispensable point de ravitaillement pour la mi-temps et la fin de la séance. Et comme tout le monde a l’air emballé autant par l’ambiance conviviale que par le jeu lui-même, il a été décidé que les séances se poursuivront même pendant les grandes vacances, grandes vacances qui commencent bientôt !!
16 Février – Voyages à Prachin Buri
Suite de notre exploration des régions de Thaïlande que nous avons visitées avec une province peu connue pas très loin de Bangkok qui porte le Numéro 40 sur la carte ci-contre.
Coincée sous l’immense Nakhon Ratchasima (ou Korat), que nous avions visitée >ici<, Prachin Buri permet toutefois d’accéder au parc national de Kao Yai par l’entrée sud et certains de ses paysages feraient plutôt penser au Bordelais qu’à un pays tropical.
Cette région surprenante était la première étape d’un grand tour de la région Issan (Nord-Est de la Thaïlande) pendant 2 semaines en octobre 2005, notre premier voyage “sérieux” depuis notre installation en Thaïlande.
Anecdote : en préparant notre trajet, je montrais la carte à Pong qui semblait inquiète. Comme toute Thaïlandaise du centre qui se respecte, elle n’était jamais allée dans l’Issan et, les clichés ayant la vie dure, elle était persuadée que cette région était remplie de gens primitifs et barbares prêts à dévaliser tous les voyageurs qui viendraient s’aventurer près de leur village dans une voiture un peu trop neuve.
Depuis, nous y sommes retournés à plusieurs reprises et nous sommes bien décidés à parcourir la totalité des 16 provinces qui composent cette région où les gens parlent Khmer au sud et Lao au nord.
Nous nous étions arrêté dans un charmant Resort qui organisait aussi des sorties à la journée vers la principale attraction de la région, à savoir le parc national de Kao Yai. Les trucs blancs que portent les filles aux jambes sont des guêtres pour se protéger contre les sangsues. Un accessoire simple mais très efficace qui présente l’avantage supplémentaire de ne pas gêner la course pour se protéger contre les crocodiles !!
Un parc immense à la faune et flore d’une grande diversité au milieu de paysages superbes qui raviront tous les amateurs de randonnées et de nature. Ci-dessus la cascade où ont été tournées certaines scènes d’un film avec Leonado Capriciosa (ou Quatre saisons ? je ne suis pas sûr …)
Je vous parlais du Bordelais ? Ça a été la surprise du voyage !!
Au détour d’une route, en contournant le parc de Kao Yai, nous apercevons des panneaux indiquant une “Village Farm”. Nous les suivons et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, niché au milieu des vignes, un domaine viticole ayant pour nom “Château des brumes”.
Nous nous arrêtons pour en savoir plus et j’aperçois un européen faisant visiblement partie de la maison. Renseignements pris, il s’agit d’un jeune diplômé en oenologie de l’université de Bordeau qui est en stage pendant quelques mois dans le cadre d’un partenariat de ce jeune domaine avec un grand producteur de vins bordelais.
C’est au cours de ce voyage également que j’ai découvert la raison pour laquelle les grandes marques de matériel électrique européennes avaient du mal à percer sur le marché Thaïlandais.
Si Hager, Sarel et autres Legrand offrent des produits extrêmement performants et parfaitement conformes aux normes de sécurité les plus sévères, les fabricants Thaïlandais ont trouvé un argument de vente imbattable : avec chaque coffret électrique pour installation à l’extérieur, le client reçoit gratuitement 2 litres d’huile moteur pour sa voiture !!
12 Février – En hauteur
Petite soirée au Baiyoke, le plus haut immeuble de Bangkok et accessoirement de Thaïlande. Les filles sont toujours ravies de venir ici et nous leur avions fait la surprise d’y rester pour la nuit. Enfin pas seulement aux filles, à la maman aussi parce qu’elle est incapable de garder un secret !!
Arrivée en fin d’après-midi, notre chambre est au 61ème étage.
La tour en compte 84, le dernier étant une plate-forme en perpétuelle rotation (pas trop vite !!).
Restaurant au 82ème étage, un endroit convivial pour un dîner en famille ou entre amis. Bon, cette-fois ils s’étaient loupé dans la préparation des tables. Nous aurions du être 19, nous n’étions en définitive que 15, mais la table n’avait que 12 places ?!? Un peu de bricolage, quelques serveuses appelées à la rescousse et le problème a été résolu.
Vue sur la ville de nuit.
9 Février – Projets écoles
Plus d’un mois que nous sommes rentrés de Ban Huoi Haeng et mon emploi du temps ne m’a toujours pas permis de finaliser le récit/rapport sur les projets réalisés en 2009 et sur les projets en cours. Alors pour faire patienter tous ceux qui y ont généreusement contribué (et les autres aussi !!), voici un petit résumé simplifié avec un rappel du contexte.
Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec ce dernier, je vous invite à vous installer confortablement et à prendre connaissance des actions que nous avons menées au cours des 3 dernières années avec cette école défavorisée du Nord de la Thaïlande : 3 ans de projets.
Depuis plus d’un an (fin 2008), le bâtiment principal de l’école de Ban Huoi Haeng menace de s’effondrer. Pimook, conscient du problème, avait soigneusement préparé un dossier à présenter à l’équivalent Thaïlandais du rectorat et avait même fait appel pour le constituer à l’un de ses collègues professeur d’architecture à l’université de Chiang Mai qui avait dessiné un plan très détaillé du projet. La lenteur administrative étant une caractéristique commune à toutes les nations du monde, celle-ci n’a pas failli à sa réputation et aucune réponse n’avait encore été reçue à la mi-mai, lorsque nous y étions passés. La situation s’était même aggravée, puisque l’affaissement se poursuivait et une partie des élèves était trop effrayée pour entrer dans la salle de classe et préférait suivre les cours à l’extérieur du bâtiment.
Nous avons donc décidé de lui apporter une nouvelle fois notre soutien en lançant l’opération “Liste de mariage”. De fil en aiguille, les dons ont commencé à arriver et nous avons finalement réuni la somme nécessaire et même plus encore, à tel point que nous avons même pu offrir à Pimook un lot de 5 ordinateurs portables qui lui permettront d’initier les enfants à l’informatique, une initiation qui fait normalement partie du programme scolaire des 2 dernières années de primaire mais pour laquelle bien évidemment aucun budget n’a été prévu !!
La quiétude de ce petit village montagnard a ainsi été perturbée par le débarquement en grandes pompes d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui avait profité de la période de Noël pour aller découvrir de leurs propres yeux ce à quoi ils avaient participé depuis plusieurs années pour certains.
Ils ont ainsi pu constater que le fameux bâtiment était toujours debout (enfin… disons qu’il n’a pas encore fini de s’effondrer !!) et qu’une nouvelle salle de classe en dur est en cours de construction, en plus d’un autre bâtiment neuf qui abrite lui aussi deux salles de classe et dont la construction avait été achevée en octobre 2009.
Le fait est que si Pimook a obtenu – après plus d’un an – l’autorisation du rectorat de détruire l’ancien bâtiment en bois qui menace de s’effondre, il n’a toujours pas eu de budget pour en construire un neuf !!
Je vous le disais, l’administration est la même dans tous les pays du monde.
Les décisions sont prises, mais après avoir loooooooooooongtemps étudié le dossier !
Mais Pimook, avec presque 20 ans dans l’enseignement dont 15 dans les écoles de montagne, a l’habitude des bureaucrates de l’éducation nationale et de leur… vivacité (sic) et a décidé d’appliquer une méthode que je trouve très astucieuse pour essayer de faire bouger les choses : il a utilisé notre budget pour construire des salles de classe neuves, ce qui était bien évidemment prévu, à la différence qu’il a laissé l’ancien bâtiment débout !!
Une fois les travaux terminés, il affichera les noms des donateurs devant les bâtiments neufs et pourra ainsi montrer à tous les visiteurs, surtout aux officiels, que c’est grâce à la générosité des étrangers qu’il peut accueillir ses élèves dans des conditions décentes et que le gouvernement devrait un peu mieux s’occuper de ses administrés. Son but est de les piquer là où ça fait mal, à savoir leur amour-propre (la face en Asie !!) afin d’obtenir un supplément de budget pour construire un bâtiment neuf à la place de celui qui, tôt ou tard, finira par s’effondrer.
L’objectif est ici double, car un autre projet que nous rêvons depuis longtemps de voir se concrétiser est l’extension de l’école aux 3 classes du premier cycle secondaire, c’est-à-dire jusqu’à 15 ans ou l’équivalent de la 3ème en France. En ayant ce budget supplémentaire du gouvernement, Pimook disposera alors un “excédent” de salles de classes et pourra ainsi faire accepter plus facilement sont dossier d’agrandissement.
Si l’espace disponible est maintenant suffisant, il est un autre point crucial pour à la concrétisation de ce nouveau projet : l’eau !!
En effet, le village de Ban Huoi Haeng, du fait de sa situation au sommet d’une colline, souffre de sécheresse environ 2-3 mois par an, dont les 3-4 dernières semaines de l’année scolaire. Pour accueillir plus d’élèves, il faudra donc aussi trouver un nouveau point d’approvisionnement en eau. C’est maintenant chose faite sous la forme d’une source très abondante qui se trouve sur une montagne voisine à environ 4 km du village. J’ai appris il y a quelques jours que l’autorisation de puiser a été obtenue auprès de la communauté montagnarde qui gère ce point d’eau et le prochain objectif sera maintenant de poser des conduites jusqu’à la citerne principale du village, citerne qui sert aussi à l’approvisionnement de l’école. L’achat de citernes comme celles ci-dessus est également prévu.
Voila, en résumé, où nous en sommes. Les grandes vacances scolaires commencent dans un peu plus d’un mois et de nombreux travaux vont être réalisés pendant les 2 mois de fermeture. De plus, une fois le nouveau bâtiment entièrement terminé, il faudra aussi l’équiper en tables, chaises, tableau noir, etc. pour qu’il soit fin prêt pour la rentrée qui devrait avoir lieu dans la semaine du 17 mai. Si vous souhaitez vous aussi participer à ce projet, vous pouvez faire un don très facilement en cliquant sur le bouton “Faire un don” en haut à droite ce cette page.
À bientôt j’espère pour le récit complet.
7 Février – Shan National Day
Aujourd’hui est une journée très particulière pour une population peu connue du Sud-Est asiatique : la fête nationale des Shans.
Ce sont plus de 10 millions de personnes qui vivent sur un territoire dont la surface est approximativement égale au quart Nord-Est de la France, un pays essentiellement montagneux à la beauté naturelle époustouflante et possédant de nombreuses ressources.
Bien que faisant officiellement partie du Myanmar, la base culturelle et linguistique est beaucoup plus proche de la Thaïlande dont ils reçoivent un soutien discret. Les Shans bénéficiaient d’une relative autonomie de gestion pendant la colonisation britannique et subissent la répression de la junte militaire depuis l’assassinat du général Aung San en 1947. En 1956 a vu le jour un mouvement de résistance dont l’objectif est de faire respecter les accords de Panglong (cliquez ici pour un rappel historique).
J’avais initialement prévu d’aller passer quelques jours en leur compagnie à cette occasion, mais mon emploi du temps ne le permettant malheureusement pas j’ai décidé de publier quelques photos que j’avais prises en mai dernier pendant les journées d’anniversaire de la résistance.
Une autre raison est que l’histoire de l’école de Ban Huoi Haeng est étroitement liée à celle des Shans, puisque plusieurs enfants qui la fréquentent appartiennent à l’ethnie Shan, des personnels de l’école sont des Shans et Pimook est depuis plusieurs années en relation avec le RCSS (Conseil de Restauration de l’État Shan).
Leur quartier général est installé à quelques dizaines de km de Ban Huoi Haeng et compte une population à la fois civile et militaire de 3 à 4000 personnes. Il existe aussi un hôpital (vous avez peut-être lu le récit dans mon billet précédent consacré au paludisme) et une école qui accueille plus de 700 élèves !!
Oui, vous avez bien lu : 700 élèves provenant en majorité de l’intérieur de l’état Shan et qui ont fuit leurs villages où les écoles sont brûlées par la junte militaire birmane, cette même junte militaire qui enrôle de forces les garçons à partir de 10 ans pour qu’ils servent de porteurs aux militaires dans la jungle. Depuis quelques temps, nos actions de soutien se sont étendues à cette école et aussi à l’hôpital grâce à mon ami le docteur Pilou.
Voici donc quelques photos à l’occasion de cette fête nationale et en l’honneur de nos amis shans :
À gauche, Aung Lat, avec sa petite famille, qui nous avait généreusement accueilli chez lui. À droite, Kwangkam, le professeur d’anglais de l’école qui a déchiré sa carte d’identité birmane le jour où il a acquis la nationalité thaïe.
Tong Orn, notre guide éclaireur tout à fait à gauche à côté de Pimook, et à droite Paw Shar Gay, l’infirmière en chef admirablement dévouée de l’hôpital sans médecin de Loi Tai Laeng avec une partie de son équipe.
Ici, d’autres amis dont j’ai oublié les noms au cours d’un dîner mémorable qui se voulait “comme dans la jungle” (brochettes de viande, riz gluant, le tout dégusté assis sur des feuilles de bananier).
Mais s’il y a des militaires, résistance armée oblige, il y a aussi une forte proportion de population civile qui n’aspire qu’à la paix. Cet aspect “civils qui entretiennent une armée” est d’ailleurs un message très important que veulent faire passer les dirigeants en se démarquant nettement de l’image un peu simpliste d’un n-ième groupe de rebelles aux revendications obscures, une image peu valorisante qui pourrait en outre être perçue négativement par l’opinion publique internationale (en clair : ce n’est pas Tintin et les Picaros !!).
Nous avons d’ailleurs pu le constater pas nous-mêmes dans les faits : la SSA (Shan State Army) est au service du RCSS (civils) et Loi Tai Laeng ressemble beaucoup plus à une petite ville de montagne qu’à un camp militaire retranché. On y trouve des boutiques, des familles avec des enfants, des moines et un temple, une école et aussi un hôpital. Hôpital dont vous pouvez découvrir quelques photos en cliquant ici et dont vous pouvez lire un témoignage de l’infirmière en cliquant sur le lien de mon billet de hier consacré au paludisme.
C’est cet aspect “population civile” qui nous a d’ailleurs décidé à leur apporter notre modeste soutien, notamment à l’école et à l’hôpital. Nous leur procurons ainsi régulièrement du matériel scolaire de base (crayons, cahiers, livres usagés en anglais) et nous leur avons récemment apporté deux ordinateurs portables, le même modèle que pour Ban Huoi Haeng. D’autres projets sont en cours, mais il est évident que les ressources nécessaires sont d’une toute autre ampleur tant ces populations manquent de tout. Il est cependant un trait caractéristique qui force l’admiration : malgré leur immense dénuement, leur déracinement et la séparation des familles, ces personnes ont su garder une dignité exemplaire et j’irais même jusqu’à dire qu’il est très difficile d’imaginer, en les observant au quotidien, qu’ils sont en train de lutter pour leur survie.
Si vous voulez en savoir plus sur ces cousins des Thaïlandais :
Page Wikipédia sur les Shans (en anglais)
Le site du RCSS (en anglais, thaï et shan)
Informations et actualités (en anglais)








