Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

7 Février – Shan National Day

Aujourd’hui est une journée très particulière pour une population peu connue du Sud-Est asiatique : la fête nationale des Shans.

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Ce sont plus de 10 millions de personnes qui vivent sur un territoire dont la surface est approximativement égale au quart Nord-Est de la France, un pays essentiellement montagneux à la beauté naturelle époustouflante et possédant de nombreuses ressources.

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Bien que faisant officiellement partie du Myanmar, la base culturelle et linguistique est beaucoup plus proche de la Thaïlande dont ils reçoivent un soutien discret. Les Shans bénéficiaient d’une relative autonomie de gestion pendant la colonisation britannique et subissent la répression de la junte militaire depuis l’assassinat du général Aung San en 1947. En 1956 a vu le jour un mouvement de résistance dont l’objectif est de faire respecter les accords de Panglong (cliquez ici pour un rappel historique).

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J’avais initialement prévu d’aller passer quelques jours en leur compagnie à cette occasion, mais mon emploi du temps ne le permettant malheureusement pas j’ai décidé de publier quelques photos que j’avais prises en mai dernier pendant les journées d’anniversaire de la résistance.

Une autre raison est que l’histoire de l’école de Ban Huoi Haeng est étroitement liée à celle des Shans, puisque plusieurs enfants qui la fréquentent appartiennent à l’ethnie Shan, des personnels de l’école sont des Shans et Pimook est depuis plusieurs années en relation avec le RCSS (Conseil de Restauration de l’État Shan).

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Leur quartier général est installé à quelques dizaines de km de Ban Huoi Haeng et compte une population à la fois civile et militaire de 3 à 4000 personnes. Il existe aussi un hôpital (vous avez peut-être lu le récit dans mon billet précédent consacré au paludisme) et une école qui accueille plus de 700 élèves !!

Oui, vous avez bien lu : 700 élèves provenant en majorité de l’intérieur de l’état Shan et qui ont fuit leurs villages où les écoles sont brûlées par la junte militaire birmane, cette même junte militaire qui enrôle de forces les garçons à partir de 10 ans pour qu’ils servent de porteurs aux militaires dans la jungle. Depuis quelques temps, nos actions de soutien se sont étendues à cette école et aussi à l’hôpital grâce à mon ami le docteur Pilou.

Voici donc quelques photos à l’occasion de cette fête nationale et en l’honneur de nos amis shans :

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À gauche, Aung Lat, avec sa petite famille, qui nous avait généreusement accueilli chez lui. À droite, Kwangkam, le professeur d’anglais de l’école qui a déchiré sa carte d’identité birmane le jour où il a acquis la nationalité thaïe.

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Tong Orn, notre guide éclaireur tout à fait à gauche à côté de Pimook, et à droite Paw Shar Gay, l’infirmière en chef admirablement dévouée de l’hôpital sans médecin de Loi Tai Laeng avec une partie de son équipe.

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Ici, d’autres amis dont j’ai oublié les noms au cours d’un dîner mémorable qui se voulait “comme dans la jungle” (brochettes de viande, riz gluant, le tout dégusté assis sur des feuilles de bananier).

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Mais s’il y a des militaires, résistance armée oblige, il y a aussi une forte proportion de population civile qui n’aspire qu’à la paix. Cet aspect “civils qui entretiennent une armée” est d’ailleurs un message très important que veulent faire passer les dirigeants en se démarquant nettement de l’image un peu simpliste d’un n-ième groupe de rebelles aux revendications obscures, une image peu valorisante qui pourrait en outre être perçue négativement par l’opinion publique internationale (en clair : ce n’est pas Tintin et les Picaros !!).

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Nous avons d’ailleurs pu le constater pas nous-mêmes dans les faits : la SSA (Shan State Army) est au service du RCSS (civils) et Loi Tai Laeng ressemble beaucoup plus à une petite ville de montagne qu’à un camp militaire retranché. On y trouve des boutiques, des familles avec des enfants, des moines et un temple, une école et aussi un hôpital. Hôpital dont vous pouvez découvrir quelques photos en cliquant ici et dont vous pouvez lire un témoignage de l’infirmière en cliquant sur le lien de mon billet de hier consacré au paludisme.

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C’est cet aspect “population civile” qui nous a d’ailleurs décidé à leur apporter notre modeste soutien, notamment à l’école et à l’hôpital. Nous leur procurons ainsi régulièrement du matériel scolaire de base (crayons, cahiers, livres usagés en anglais) et nous leur avons récemment apporté deux ordinateurs portables, le même modèle que pour Ban Huoi Haeng. D’autres projets sont en cours, mais il est évident que les ressources nécessaires sont d’une toute autre ampleur tant ces populations manquent de tout. Il est cependant un trait caractéristique qui force l’admiration : malgré leur immense dénuement, leur déracinement et la séparation des familles, ces personnes ont su garder une dignité exemplaire et j’irais même jusqu’à dire qu’il est très difficile d’imaginer, en les observant au quotidien, qu’ils sont en train de lutter pour leur survie.

Si vous voulez en savoir plus sur ces cousins des Thaïlandais :
Page Wikipédia sur les Shans (en anglais)
Le site du RCSS (en anglais, thaï et shan)
Informations et actualités (en anglais)

7 février 2010 Publié par | Loi Tai Laeng | 6 Commentaires

   

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