25 Juillet – Rétrécissement
Au vu du temps gnamifique (!!) qui nous attend à notre réveil, la journée s’annonce disons … de saison (ben oui, fin juillet c’est la mousson).
Après avoir contemplé la plage le temps du petit déjeuner, direction un endroit très particulier sur la carte de la Thaïlande : un peu au sud de la ville de Prachuap Khiri Khan se trouve le point le plus étroit du pays, un peu plus de 10 km de largeur entre la mer et la frontière birmane.
Ce point de rétrécissement sur la carte de la Thaïlande peut sembler une curiosité, voire une singularité politico-historique, mais il correspond bel et bien à une réalité géographique, à savoir la montagne qui matérialise la frontière avec le voisin Birman. Et il existe bel et bien un poste de frontière, mais qui est semble-t-il strictement réservé aux populations locales.
Et comme à toute frontière, il existe un marché proposant divers produits en provenance “de l’autre côté” et dégageant de ce fait un parfum d’aventure, en plus de l’agréable odeur émanant des nombreuses orchidées sauvages sont la cueillette est strictement interdite en Thaïlande (mais pas “de l’autre côté”).
La météorologie du jour tenant ses promesses, une soudaine averse abrège notre flânerie entre les étals. Direction la cité des sciences de Waghor où se trouve un gigantesque aquarium ainsi qu’un musée de l’espace.
Il est vrai que la transition entre un poste de frontière avec la Birmanie où se trouve un marché de produits de contrebande et une cité de l’espace d’inspiration futuriste est des plus étranges et mérite quelques explications.
Prêts pour une petite leçon d’histoire ? Alors permettez-moi de vous présenter sa Majesté le Roi Rama IV, souverain du Siam de 1851 à 1868.
Vous le connaissez peut-être sous les traits de Yul Brynner ou, plus récemment, sous ceux de Chow Yun Fat puisqu’il s’agit du Roi du Siam du célèbre roman de Margaret Landon “Anna et le roi”.
Passionné de science et de technologie, il avait calculé avec précision la date et l’heure de l’éclipse solaire du 18 août 1868 ainsi que la position d’observation optimale, à l’endroit précis où a maintenant été construit cette cité des sciences, quelques kilomètres au sud de la ville de Prachuap Khiri Khan. Il y avait invité de nombreux dignitaires étrangers, en faisant ainsi une formidable opération de communication qui consolida la position du Siam parmi les nations modernes, mais aussi face aux deux puissances coloniales qui se massaient à ses frontières : la France et l’Angleterre.
Ce voyage lui fut malheureusement fatal, puisqu’il contracta un paludisme mortel qui mit fin à son règnes quelques semaines plus tard. Mais son fils, Rama V, repris le flambeau et est devenu l’un des souverains les plus respectés, mais aussi l’un des plus modernisateurs de l’histoire du Siam.
Après cette leçon d’histoire, place à la religion avec la visite d’un magnifique temple perché sur une colline dominant la mer.
Chose rare : les différents événements marquants de la vie du Bouddha sont illustrés par des vitraux et non des fresques murales comme dans la majorité des temples qu’il m’a été donné de visiter jusqu’à présent en Asie. La partie chapelle qui se trouve à l’intérieur est magnifique et très richement décorée, mais les photos y sont malheureusement interdites.
La vue depuis le toit est superbe et doit être encore plus belle quand il fait beau…
Bon, demain sera un autre jour, avec ou sans soleil.
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