15 Août – Rencontre avec une BALC*
La rédaction de mon billet d’hier ayant été entrecoupée de très nombreux aller-retour entre le fauteuil sur lequel je m’étais confortablement installé au bord de la piscine et ce lieu privé connu de tous, mais dont tout le monde parle avec discrétion, la platitude générale du style ne me donnait pas vraiment satisfaction au vu de la fabuleuse richesse du sujet traité. Il est vrai que non seulement il a été rédigé en un temps “record” (presque 3 heures !!), mais mon inspiration était constamment distraite par des gargouillis intestino-stomacaux dont l’intensité croissait avec l’heure, gargouillis auxquels se superposaient régulièrement les onomatopées des filles qui essaient désespérément de communiquer en anglais/français/thaï avec deux enfants hollandais qui étaient venus nous rejoindre à la piscine.
Le temps passé à contempler le lavabo installé à hauteur du visage de celui qui est assis sur la cuvette se prolongeant à chaque visite pour finalement dépasser ce que pouvais raisonnablement consacrer à la rédaction d’un billet digne de ce nom, et la batterie de mon eeeeeeeeeeeePC (je ne sais plus combien il y a d’”e”) commençant à donner des signes de faiblesse, j’ai décidé d’abandonner devant cette accumulation d’obstacles qui avaient en fait une seule et même origine : une BALC* !!
Cette même BALC* avec qui j’ai lutté une bonne partie de la nuit, me faisant voyager plusieurs fois entre les draps détrempés de sueur et le même endroit très privé dans lequel j’ai même, à deux reprises, été obligé de détourner mon regard du lavabo pour prendre une position accroupie à contempler le fond de la cuvette, la capacité de débit de ma voie d’évacuation inférieure s’avérant insuffisante pour faire face à ce que je pourrais appeler une sacré réaction de rejet multidirectionnel !! Les réserves étant arrivées d’autant plus vite à épuisement que j’ai sauté le dîner du fait d’une incapacité totale à avaler autre chose que de l’eau ou du coca (excellent pour se réhydrater !!), les rejets se sont finalement arrêtés d’eux-mêmes, me laissant seul avec une équipe de réparateurs du système digestif totalement dépourvu de délicatesse et qui prenait un malin plaisir à faire essayer à mes intestins des positions dont je me suis résigné à accepter la douleur en essayant de me persuader qu’elles avaient pour but de dissuader la BALC de revenir.
Cette courte description étant suffisamment expressive pour vous laisser vous imaginer sans peine la scène dont j’ai été l’acteur autant improvisé qu’involontaire, j’estime maintenant être en devoir de vous expliquer le résultat de mon enquête sur l’origine de cette satanée BALC*, une enquête que j’ai pu mener grâce à une partie de mon esprit qui avait su garder tout ses facultés analytiques pendant que le reste s’occupait de synchroniser les mouvements de mes jambes et de mes bras pour, simultanément, ouvrir la porte et s’asseoir sur la cuvette.
C’est ma troisième ou peut-être quatrième rencontre avec une BALC* depuis que vis en Thaïlande et j’ai toujours su à peu près en identifier l’origine. Une seule a nécessité le recours à une arme extérieure sous la forme d’antibiotiques. Comme la réaction a commencé environ 2 heures après notre repas de midi et que nous avions tous mangé à peu près la même chose à une exception près : je suis le seul à avoir mangé le légume de la famille des aubergines qui accompagnait le poisson façon Ayutthaya “Pla Pao” et, en examinant la photo de près, on y reconnaît assez facilement ce qui pourrait être une BALC* (n’oubliez pas de cliquer sur l’image pour l’agrandir).
Mais assez parlé de mes petits ennuis, revenons-en à Ayutthaya et son marché flottant reconstitué, principal sujet de mon billet d’hier. Comme je l’indiquais, la richesse dudit sujet avait de quoi laisser libre cours à ma verve, par exemple en comparant les extincteurs, les poubelles et les boîtes aux lettres du Disneycomusée avec ceux de Disneyland Hong Kong, ce qui m’a permis de constater que quel que soit le pays, un original qui s’arrête pour photographier une poubelle provoque toujours l’apparition de la même nuée de points d’interrogation au-dessus de la tête des autres visiteurs présents à ce moment-là.
La nature des visiteurs du lieu, à savoir en grande majorité des citadins purs pour qui une sortie à Ayutthaya s’apparente facilement à une expédition dans la jungle, aurait elle aussi pu être une source d’inspiration qui mériterait un billet séparé à elle seule. Je me contenterai ici d’évoquer l’un des personnages les plus marquants et rencontré sous différentes formes, parfois difficilement associables avec la morphologie d’origine. Je veux parler de Pudding (photo ci-contre), qui est généralement accompagné d’une maîtresse filiforme aux yeux cachés derrière un masque de mouche et à la peau d’une blancheur quasi-transparente, résultat de l’application obsessionnelle de crème éclaircissante et de séjours prolongés dans les gigantesques centres commerciaux climatisés de la capitale, à l’abri de tout rayon de soleil.
L’aspect bon enfant de l’ensemble et une observation attentive des alentours permet d’identifier d’autres points communs avec Disney, en plus de l’originalité des toilettes qui dénote non seulement une certaine recherche esthétique, mais aussi une volonté de rendre cet endroit “sanouk” (amusant), endroit dont je n’ai pas eu l’occasion de visiter l’intérieur, la BALC* ne s’étant pas encore manifestée à ce moment-là..
Laissant derrière nous cette ville chargée d’histoire (et depuis hier des déchets provoqués par la BALC* !!), nous rentrons à Bangkok en longeant le fleuve Chao Praya. Et comme vous avez eu la patience de lire ma prose jusqu’ici, je vais maintenant ralentir ma prolifération textuelle pour laisser la place à quelques photos.
À environ 20 km au sud de la ville, à l’endroit où se trouvait au XVIIème siècle le comptoir et point de contrôle de Khanogluang, a été reconstitué un autre marché antique ou “Boran” (se prononce “boranne”, mais en faisant rouler le “r” du bout de la langue et pas en se raclant la gorge comme pour évacuer un résidu de BALC*) : le marché de Kong Khong, un charmant petit ensemble d’étals tenus pas des vendeurs de nourritures en tous genres, façonneurs de verre et autres artisans en tenus d’époque. Ce marché est lui aussi fréquenté en grande majorité par des thaïs de Bangkok (mais je n’ai pas vu Pudding !!).
La présence de plusieurs stands musulmans rappelle que les commerçants perses étaient parmi les premiers étrangers à avoir tissé des relations économiques durables avec le royaume du Siam.
Et comme les thaïs ne lisent pas Figaro/Libération et ne regardent pas TF1, personne ne trouve à redire de la présence d’une mosquée au milieu des temples bouddhistes et aucune femme musulmane n’aurait l’idée saugrenue de se voiler des pieds à la tête.
Un peu plus tard, nous nous arrêtons à Bang Pa In, un autre site incontournable de la région, palais royal d’été datant du XVIIème siècle, mais aux constructions successives et disparates qui portent chacune les caractéristiques de leur époque, jusqu’au XIXème siècle.
Nous ne pouvons bien évidemment pas quitter la province d’Ayutthaya sans déguster la spécialité locale : le “Kwae Thiao Rue” (Kwae Thiao classique, mais servi sur un bateau), déjeuner qui permet de confirmer que la BALC* a définitivement quitté mon organisme.
* BALC = Bactérie à la con






