21 Novembre – Semaine thaïlandaise
Escargots
Mardi 16
Langue de boeuf
sauce aux échalottes
Filet mignon de boeuf aux champignons
Vendredi 19
Crêpe suzette
Samedi 20 En balade avec les dinosaures
Le thème du spectacle où nous avons emmené les filles ce samedi. Très bien présenté, à la fois ludique et spectaculaire, des reproductions grandeur nature et animées de mouvements très réalistes.
Euh… ben oui, c’est sérieux ce que j’écris, et alors ?
Dimanche 21
Après une semaine aussi chargée en symboles de la culture thaïlandaise, il serait peut-être temps de penser aux cartes de voeux et autres calendriers en prévision de l’approche des fêtes.
Si vous connaissiez les cartes et calendriers de l’UNICEF, cette année je vous propose les cartes et calendrier SERGE : >cliquez ICI<.
18 Novembre – Comptez les balais
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Des balais tous différents, comme les années passées sur cette sympathique planète.
Au fait, je n’ai pas de Rolex (j’ai d’ailleurs horreur de ce genre de bling-bling).
C’est grave docteur Ségéla ?
16 Novembre – Communiqué de presse
Je viens d’avoir la confirmation : un article devrait paraître prochainement dans les DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace). Comme j’en suis l’auteur, voici en exclusivité ce que je leur ai envoyé, en plus de quelques photos :
Un médecin alsacien au cœur
de la résistance Shan en Birmanie
Des dizaines de boîtes d’antalgiques, d’antipyrétiques (anti-fièvre) et d’antipaludéens, sans oublier des centaines de pansements et sa trousse d’examen médical : lorsque le Docteur Olland de Mommenheim s’apprête à partir en voyage, l’inventaire de ses bagages ressemble plus à la check-list d’une mission médicale d’urgence qu’aux valises de quelqu’un qui est supposé être en congé !!
À mille lieues de l’imaginaire collectif qui associe les vacances d’un médecin aux plages de sable fin bordées de cocotiers sur fond d’hôtels de luxe, c’est dans les régions montagneuses et difficiles d’accès qui délimitent une frontière imprécise entre la Thaïlande et la Birmanie que ce médecin voyageur a choisi de se rendre pour la troisième année consécutive. Il sera accompagné par Serge Israel, alsacien lui aussi et vivant en Thaïlande depuis plusieurs années, qui a organisé cette tournée peu ordinaire de celui qui était son médecin de famille.
Avec son épouse thaïlandaise, Serge mène régulièrement depuis quatre ans des projets auprès de différentes écoles de la région, un engagement personnel qui a séduit le Docteur Olland dont l’autorité médicale vient ici en parfait complément des opérations de fourniture d’équipements et de soutien logistique déjà réalisées par Serge.
Au programme cette fois : visite médicale dans 2 écoles de réfugiés et une petite semaine au quartier général de la rébellion Shan, l’un des plus importants groupes ethniques à combattre la junte militaire birmane. Bien que cette région soit officiellement interdite aux étrangers, le Docteur et Serge sont en contact régulier avec les Shans et disposent des autorisations nécessaires auprès de l’armée thaïlandaise qui leur apporte un soutien non officiel. La plus haute instance médicale de cette bourgade montagnarde de 3500 habitants est une infirmière et les nombreuses familles avec enfants qui y ont trouvé refuge peuvent rester plusieurs mois sans recevoir la visite d’un médecin.
Assisté par des aides-soignants qui pratiquent un anglais élémentaire mais suffisant et assurent ainsi la traduction, le Docteur a passé plusieurs jours à examiner des soldats arrivés récemment de l’intérieur du pays et sur lesquels il a été amené à diagnostiquer des pathologies peu courantes sous nos latitudes telles que la malaria ou encore la tuberculose et la gale. Il a également remis à l’infirmière deux énormes sacs remplis de médicaments et de pansements, des produits fortement appréciés lorsqu’il faut parcourir plusieurs heures de pistes défoncées jusqu’à la première pharmacie digne de ce nom.
Les autres étapes de cette tournée décidément peu ordinaire pour un médecin de campagne alsacien étaient 2 écoles, fréquentées en majorité par des réfugiés qui ont vu leurs villages brûlés ou leurs familles enlevées par les militaires birmans. L’objectif était ici de faire passer à chaque enfant un contrôle dit de dépistage visant à identifier d’éventuelles pathologies ou autres problèmes qui pourraient nécessiter un examen plus approfondi. Ce sont ainsi près de 200 enfants qui ont été examinés, certains voyant un médecin pour la première fois de leur vie.
En résumé, des vacances peu ordinaires pour ce docteur décidément pas comme les autres qui a choisi l’une des formes d’exercice les plus nobles de son métier : le volontariat humanitaire.
Cette aventure a commencé un peu par hasard il y a un peu plus de quatre ans, lorsque Serge et son épouse ont fait appel à la générosité de leurs familles et de quelques amis pour participer à la construction d’un dortoir dans une école de montagne. D’autres projets ont alors suivi, notamment l’installations de panneaux solaires et la construction de nouvelles salles de classe avec leurs équipements, du matériel pédagogique et même des ordinateurs. Cette année, c’est un village entier qui s’est vu doter d’un réseau d’approvisionnement en eau et n’aura ainsi plus à subir 3 à 4 mois de sécheresse annuelle.
Il convient de souligner ici que toutes ces actions sont exclusivement le fruit d’initiatives personnelles de Serge, du Docteur et d’un groupe d’amis qu’ils ont su fédérer à leur cause, et ne dépendent d’aucun organisme ni association. Les projets dépendent entièrement de la générosité des donateurs et cette continuité dans l’engagement a valu cette année la reconnaissance et le soutien de l’association Action Rotary Est qui a ouvert un compte spécialement dédié à ces actions et qui permet aux donateurs de bénéficier d’un abattement fiscal.
Dans l’immédiat, Serge essaie de collecter un maximum de vêtements chauds pour ce qui s’annonce être l’un des hivers les plus froids des 30 dernières années. Les températures dans ces régions montagneuses peuvent en effet frôler le 0 °C pendant les mois d’hiver, des conditions contre lesquelles les habitations traditionnellement à base de bambou n’offrent qu’une protection dérisoire aux populations qui y vivent. Le plus difficile sera de trouver une compagnie de transport qui acceptera de prendre en charge le convoyage de la France vers la Thaïlande. Peut-être que l’un de nos lecteurs…
Bien évidemment le style est ici un peu plus formel que le ton léger que j’ai l’habitude d’employer, public du style Ménagère de moins de 50 ans" oblige. Mais que mes fidèles lecteurs se rassurent : je suis en train de préparer un récit un peu plus consistant dont le titre sera un truc du genre “En voyage avec le Docteur Ting Tong” et dans lequel je laisserai libre cours à ma verve.
En attendant, les collectes de vêtements chauds ont commencé, j’ai écrit à une dizaine de sociétés de transports internationaux en Alsace, mais je n’ai pas encore eu de réponse. Euh… le blocage des routes c’est fini ou bien ?
14 Novembre – La semaine en vrac
Lundi 8 – Bon, la grippe c’est fait !
Retour à l’école pour Naomi qui a passé une petite semaine à la maison dont 2 nuits à l’hôpital pour cause de bronchite. Elle n’était pas la seule dans ce cas, Maeva a elle aussi eu le droit à sa prescription d’antibiotiques, mais n’a manqué l’école qu’une seule journée.
Si l’hospitalisation peut surprendre, elle n’est pas exceptionnelle en Thaïlande où l’on va consulter le médecin non pas dans un cabinet, mais directement à l’hôpital. Il dispose ainsi de toutes les ressources nécessaires à d’éventuels examens complémentaires (radio, prise de sang, etc.) et même la pharmacie est intégrée à l’hôpital. Le patient peut ainsi accomplir l’intégralité des démarches liées à sa consultation au même endroit et en repartir avec précisément les médicaments dont il a besoin (un sachet de 8 pilules, pas une boîte de 24 !!).
Une semaine à la maison pendant que la grande soeur est à l’école c’est parfois long, même s’il y a eu deux nuits d’hôpital au début.
Mais nos filles ne sont pas du genre à s’ennuyer et encore moins à passer des heures à se goinfrer de chips et de coca devant la télé (de toute façon il n’y a ni chips ni coca à la maison !!), et après avoir fait quelques devoirs qui lui permettent de rattraper les jours d’école manqués, Naomi a réalisé un superbe dessin d’un endroit que plusieurs lecteurs de ce blog devraient pouvoir reconnaître sans difficultés.
Un indice : nous nous y rendons régulièrement depuis 4 ans. J’attends vos suggestions !
Mercredi 10 – Reprise du Touch Rugby
Toujours dans le contexte de l’école, reprise des séances hebdomadaires de Touch Rugby avec Keith et Graham, les entraîneurs.
Tout le monde n’avait pas encore réassimilé le concept d’entraînement sportif certaines tenues étaient disons… improvisées !
Mais heureusement la météo semble plutôt clémente depuis deux bonnes semaines et le terrain était suffisamment sec pour éviter que les chaussures de ville que portaient encore certains ne les entraînent dans spectaculaires glissades, généralement à proximité immédiate d’une accueillante flaque de boue ravie de pouvoir ainsi s’occuper d’un bel uniforme tout neuf !
Jeudi 11 – Passage à Nakhon Pathom
Les deux écoles auxquelles nous avions apporté des offrandes (voir mon billet de jeudi) se trouvant à proximité de notre maison, nous sommes passés vérifier l’avancée des travaux de peinture engagés au début du mois.
Le bois demande en effet un entretien régulier (en réalité même les constructions dites modernes en dur demandent beaucoup d’entretien sous nos conditions climatiques) et un rafraîchissement des lasures extérieures est nécessaire environ tous les deux ans. C’est Thuan, notre jardinier et homme d’entretien qui s’en occupe, ravi de pouvoir ainsi bénéficier d’un complément de revenu.
L’occasion pour nous aussi de vérifier si tout est en bon état (nous avons des locataires depuis fin juin) et de découvrir une curieuse excroissance au sommet de notre arbre du voyageur en plein épanouissement à côté de la piscine.
Oui, c’est vrai, nous n’avons quasiment jamais de chips ou de coca à la maison, mais cela ne nous empêche pas d’apprécier certaines friandises et, parfois, de grignoter en prenant un apéritif ou en regardant un film. Mais le grignotage n’est pas nécessairement associé à ce que l’on a pris l’habitude de qualifier de “malbouffe” et peut même être prétexte à des expériences gustatives nouvelles. Je suppose que la photo ci-contre vous laisse déjà imaginer de quelle type d’expérience gustative nouvelle il s’agit !
Malgré l’offre déjà fabuleusement diversifiée du marché près de chez nous, les commerçants parviennent toujours à proposer quelques originalités. Cette semaine, une variété d’insectes que je n’ai pas vraiment réussi à identifier et qui fait penser un état intermédiaire entre une grosse larve et une petite abeille, mais aux ailes non encore formées.
Le goût est comparable à celui des chenilles que nous avons l’habitude de manger (ben oui, il y en a bien qui mangent des chips !!), avec une texture un peu plus consistante.
La cour de l’école a aujourd’hui été transformée en salle de réception à l’occasion du mariage d’une enseignante avec… un prof de musique !
Bon, l’avantage du prof de musique c’est que nous avons pu profiter de l’expression de son art pendant une partie de la soirée. J’imagine que si elle avait épousé un prof de maths il aurait été un peu plus difficile d’organiser deux heures d’animation autour du théorème de Pythagore ou autre transformée de Fourier…
Environ 300 convives (un chiffre moyen pour un mariage en Thaïlande), dont plusieurs élèves avec leurs parents ainsi que l’ensemble des professeurs, un bon moment de détente qui permet aussi d’entretenir les relations déjà excellentes au sein de la communauté liée à cette école.
Dimanche 14 – Aung San Suu Kyi a été libérée
Sujet un peu plus sérieux, mais qui se justifie par un évènement majeur dans le paysage politique de la région, évènement qui m’intéresse tout particulièrement puisqu’il concerne nos amis les Shans.
Ceux-ci font en effet partie des groupes ethniques qui, aux termes des accords de décolonisation signés avec les britanniques en 1947, auraient du bénéficier d’une relative autonomie dans le cadre de la Fédération de Birmanie telle qu’elle avait été imaginée par Monsieur Aung San (photo ci-contre), le père d’Aung San Suu Kyi, mais qui a malheureusement été assassiné par des ultranationalistes.
Si tout le monde peut se réjouir de la libération de celle qui est devenue l’icône de la résistance passive contre la junte, je ne peux m’empêcher de rester relativement dubitatif au sujet de cette “libération” qui semble si opportune après les … euh …. élections ?
N’oublions pas en effet que les populations de Birmanie subissent les exactions de l’un des régimes totalitaires les plus répressifs de la planète et que l’une des caractéristiques dudit régime est que les généraux qui sont à sa tête ont depuis toujours su faire preuve d’une imagination extraordinairement diabolique pour justifier de l’immoralité cynique de leurs décisions.
En suivant ce raisonnement et sachant que les candidats de la junte au pouvoir sont tous des anciens généraux qui se sont habillés en civil pour “faire bien” aux yeux de la communauté internationale, on peut très bien imaginer un plan machiavélique ayant pour étapes les élections bidons (ça, tout le monde l’aura compris), puis la libération d’Aung San Suu Kyi que l’on laisse “gesticuler” pendant quelques temps, puis, lorsque les gesticulations prennent un plus d’ampleur et deviennent des manifestations pacifiques, engager quelques casseurs pour se mêler à la foule et provoquer les forces de l’ordre.
Version officielle : une foule déchaînée qui lance des projectiles sur les policiers et au sein de laquelle se cachent même des groupes armés qui n’hésitent pas à tirer, un gouvernement élu démocratiquement qui n’a d’autres choix pour défendre “sa” démocratie que d’envoyer les militaires pour arrêter et enfermer ceux qu’il désigne comme les fauteurs de trouble (et au passage tirer sur tout ce qui bouge).
Résultat : retour à la case départ avec une déclaration du style “vous voyez, le pays n’est pas prêt pour la démocratie !!” fièrement adressée à la communauté internationale.
Note : toute ressemblance avec des évènements ayant eu lieu en avril/mai dernier dans un pays voisin ne serait bien évidemment que pure coïncidence.
11 Novembre – Joyeux Anniversaire
Oui, je sais ! Le mien n’est que dans une semaine et celui de Pong était la semaine dernière. Mais nous avions décidé de fêter les deux en même temps aujourd’hui et avions convié à cette occasion plus de 200 invités non triés sur le volet !!
Il est vrai que ceci mérite une petite explication.
En Thaïlande, il est d’usage pour celui ou celle qui fête son anniversaire de faire des offrandes afin d’acquérir des mérites, un peu comme des “bons points” en vue d’une vie meilleure lors de la prochaine réincarnation. La solution de facilité adoptée par l’immense majorité des Thaïlandais consiste à aller au temple pour y faire un don à un ou plusieurs moines. Les voisins y vont, la famille y va, donc il faut y aller aussi et puis ça évite de se poser trop de questions.
Pour notre part, dans la série “ne surtout pas faire comme les autres”, nous avions décidé il y a quelques années déjà de profiter de cette occasion pour offrir des repas aux enfants des écoles les plus défavorisées autour de chez nous. Et comme cette année il s’agit pour moi d’un chiffre “rond” (je suis né en 2054 au calendrier Shan !), nous avons décidé de marquer le coup en nous rendant dans deux écoles dont celle fréquentée par la fille de Noye, notre bonne depuis que nous habitons en Thaïlande.
Nous avons donc partagé un repas avec les 70 enfants et leurs professeurs et sommes ensuite allés dans une autre école où nous avons distribué des sachets de friandises (nouilles déshydratées, boîtes de maquereau à la sauce tomate, algues séchées, yaourt à boire et quelques biscuits), en bref des vraies friandises !!
Les réactions des intéressés semblent d’ailleurs indiquer que nos choix étaient bons, nous avons même été les témoins d’une explosion de joie ponctuée par un tonitruant “MI PLA KAPONG” (il y a du maquereau !) de la part d’un bambin hyper-excité dont l’empressement à aller découvrir son butin a été trop rapide pour le déclencheur de mon appareil photo.
Je me suis vengé sur une scène statique, à savoir le bâtiment principal de l’école qui présente une architecture typique de la première moitié du vingtième siècle et qui est admirablement bien conservé. Autre détail intéressant : l’allée centrale est bordée par des bustes de scientifiques célèbres de toutes les époques. Newton y côtoie ainsi Galilée et en face d’eux se trouve Einstein.
Un dernier passage devant la classe des maternelles avant de repartir : c’est l’heure de la sieste.
Slogan du jour :
Pla Kapong, le poisson des gastronomes en culottes courtes !
7 Novembre – Élections en Birmanie
Ou plus exactement obligation de se rendre au bureau de vote pour confirmer la position des guignols en uniforme (ayant pour l’occasion tombé leurs uniformes !!) qui dirigent d’une main de fer l’un des régimes les plus répressifs de la planète. Tout ceci avec la bénédiction de la World Company aux yeux bridés, vous savez, celle qui a accepté que la France lui rembourse sa dette sous forme d’Airbus et autres centrales nucléaires. Mais bon…
Nous nous étions rendus récemment au village de réfugiés de Kong Mung Mong, à l’extrême nord de la province de Mae Hong Son, mais de l’autre côté de la frontière. Ce village a été monté de toutes pièces en 2007 par l’armée Shan pour y accueillir les civils fuyant les exactions de ceux qui veulent aujourd’hui faire croire que la population va voter pour eux. Il compte environ 250 habitants, un temple (avec un moine !!), un dispensaire médical et une école fréquentée par 70 enfants.
Un camp militaire de la SSA est installé sur la colline qui le surplombe et la colline en face cache un camp retranché de l’armée birmane. Seule une rivière les sépare au fond de la vallée.
Voici le témoignage de l’un des enfants de l’école, traduit depuis le Shan avec l’aide de Kwangkham, le professeur d’anglais.
“J’ai été obligé de quitter mon village dans l’état Shan lorsque j’avais 6 ans. Nous n’avions pas d’école dans notre village, et comme les autres enfants je gardais les buffles avec mes frères et soeurs. Mon village s’appelait Koong Moung, il était dans les champs très loin de la ville de Muong Nai. En décembre de l’année dernière, les militaires birmans sont soudain arrivés et ont attaché tous les garçons aux arbres et emmené les filles dans la forêt. Les filles avaient 8 ou 10 ans, les plus grandes avaient réussi à s’enfuir. Nous les entendions crier, mais nous étions attachés aux arbres et nous ne pouvions pas bouger. Les soldats birmans nous ont dit qu’ils nous tueraient si on essayait de s’échapper.
Nous sommes restés attachés pendant trois jours, puis des villageois nous ont trouvé. Ils nous ont demandé où étaient les filles, mais nous ne savions pas. Nous leur avons dit qu’elles avaient été emmenées par les militaires birmans dans la forêt. Leurs familles étaient très tristes.
Deux jours plus tard, les militaires sont revenus et ont brûlé le village. Certains villageois ont été tués, les autres ont réussi à s’enfuir dans la forêt. Il fallait faire très attention, car si les soldats nous voyaient ils nous tueraient immédiatement. Ma famille et moi sommes restés presque deux mois dans la jungle, loin du village. Nous ne pouvions pas allumer de feu ni faire de bruit, sinon les soldats nous auraient trouvés.
Nous n’avions pas à manger tous les jours et mon père essayait de trouver des racines et des fruits. Mon petit frère est mort parce qu’il n’avait pas assez à manger et parce qu’il est tombé malade. Les moustiques nous piquaient tous les jours et moi aussi j’ai été malade. Il n’y avait pas de médicaments dans la jungle.
Nous avons alors marché pendant un mois et nous sommes arrivés en Thaïlande, dans le village de réfugiés Karens de Na Soi près de Mae Hong Son. Nous avons alors entendu parler du village de Kong Mung Mong où je vis aujourd’hui avec ce qu’il reste de ma famille. Je suis content parce que je peux aller à l’école et nous pouvons manger tous les jours.”
6 Novembre – À la bourre
Pas trop le temps, toujours dans le tri des photos et dans la rédaction de récits. En attendant, une photo que j’aime bien : mon ami le docteur Pilou en plein examen médical dans un dispensaire de brousse en pays Shan.
Il a ainsi été amené à diagnostiquer des maladies qui ont totalement disparu des pays modernes : la gale et même la tuberculose. Le soldat au masque blanc à gauche fait partie de l’équipe des paramédicaux et assure la traduction.
2 Novembre – Il va faire froid…
…très froid !!
J’imagine déjà le sourire intrigué, peut-être même un peu moqueur, de certains de mes lecteurs bien calfeutrés derrière le double vitrage de leur logement isolé et chauffé qui – en toute bonne foi – ont de la Thaïlande l’image d’un pays au climat uniformément tropical où il fait beau toute l’année et où, ça semble évident, il ne peut donc pas faire froid !!
Oui mais voilà : l’image entretenue par les cartes postales et les brochures des agences de voyage est loin de la réalité géoclimatique d’un pays aussi vaste que la France et les montagnes du nord connaissent chaque année des vagues de froid capables de faire greloter n’importe quel alsacien. De plus, les services météo annoncent l’un des hivers les plus froids des 3 dernières décennies, un paradoxe en cette période où tout le monde parle de réchauffement climatique !!
La réalité, c’est que les températures frisent régulièrement le 0 °C pendant plusieurs jours en janvier et février, parfois même avec des gelées blanches au petit matin, notamment entre 1000 et 1500 m d’altitude, là où vivent traditionnellement les populations montagnardes auxquelles nous rendons régulièrement visite et dont les habitations aux murs en bambou et aux toits en paille de riz ne sont pas vraiment conçues pour ces conditions extrêmes (vous vous imaginez en train d’allumer un feu de camp au milieu de votre salon ??).
Pong et moi-même avons donc une nouvelle fois décidé de collecter des vêtements chauds : pulls, vestes, pantalons, sweatshirts et même gants et chaussettes, principalement pour adultes. Si nos expériences précédentes nous ont permis de constater que la collecte elle-même ne pose pas vraiment de problèmes, la principale difficulté réside dans l’acheminement de la France vers la Thaïlande. Il existe ici plusieurs possibilités :
- La solution idéale : le transport gratuit par une compagnie qui accepte de s’engager dans l’aventure !
Une compagnie de transports internationaux accepte, dans le cadre d’une action humanitaire, de prendre en charge l’intégralité ou une partie du transport et du dédouanement jusqu’à Bangkok des vêtements qui auront été collectés en France.
On pourrait alors imaginer un ou plusieurs points de collecte et une date limite à laquelle une caisse (ou un conteneur marine – rêvons un peu !) serait envoyé en Thaïlande. Bien évidemment une telle opération s’accompagnerait d’une couverture médiatique extrêmement valorisante pour l’entreprise en question. -
Autre solution : un exportateur accepte de faire “une petite place” dans l’une de ses cargaisons.
De nombreuses entreprises françaises et européennes expédient régulièrement des marchandises vers Bangkok, parfois dans des containers maritimes où il reste très souvent de la place. Sachant que le coût du transport est déterminé par le volume et qu’un container occupe le même volume quel que soit son taux de remplissage, on pourrait imaginer qu’une entreprise accepte de remplir les vides avec des cartons de vêtements usagés que nous viendrions alors récupérer à leur arrivée à Bangkok. Là aussi, l’entreprise qui s’impliquerait bénéficierait d’une image très positive au travers des communiqués de presse associés. - Les voyageurs qui se rendent prochainement en Thaïlande
N’hésitez pas à en parler autour de vous, je suis sûr que chacun connait au moins un ami ou un collègue de travail qui prévoit de se rendre prochainement en Thaïlande. Il lui suffirait de mettre 2-3 pulls et quelques chaussettes au fond du sac et, en arrivant à Bangkok, s’arrêter au premier bureau de poste pour me les envoyer. J’ai ainsi reçu récemment un colis de 5 kg de vêtements. Pour information, l’affranchissement au tarif économique coûte environ 2 Euros (95 THB), plus environ 1 Euro pour le carton fourni par la poste.
Bien évidemment si quelqu’un débarque avec 50 kg de vêtements, je me ferai un plaisir de venir le chercher en personne à l’aéroport !! - Les personnels des compagnies aériennes
Ils ont généralement la possibilité d’emporter plusieurs dizaines de kg de bagages supplémentaires, éventuellement en combinant avec leurs collègues. Je sais que des PNC et même des pilotes me lisent parfois, alors je vous invite à faire passer le message : si vous-mêmes ou vos collègues sont prochainement sur un vol vers la Thaïlande, prenez un (ou plusieurs !!) petit sac de vêtements chauds en plus.
Et même cause même conséquence : si vous apportez 50 kg de vêtements, je me ferai un plaisir de venir le chercher en personne à l’aéroport !!
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