Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

12 Décembre – Cartes et calendriers, c’est fait !


J’avais lancé il y a 3 semaines environ une opération Cartes de voeux et Calendriers et il faut dire que j’ai été agréablement surpris du résultat.

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Les calendriers sont en effet partis comme des… calendriers !!, il ne m’en reste que 2 en anglais et près de la moitié des lots de cartes de voeux a trouvé acquéreur. Si vous souhaitez vous aussi envoyer vos voeux sur des cartes SERGE (à la place des cartes UNICEF) et participer ainsi activement à nos projets, la procédure est décrite en détail ici : (Fichier PDF).

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Les bénéfices de cette opération ont servi à acheter des blousons coupe-vent avec doublure que nous faisons parvenir aujourd’hui même à nos amis les Shans qui viennent de fêter leur nouvel an (qui était le 6 décembre cette année). Leur contact à Bangkok vient d’ailleurs de tourner le coin de la rue avec son chargement au moment même où j’écris ce billet. En plus de 300 kg de vêtements de couvertures, deux cartons de médicaments dont une partie a été achetée sur place par nous-mêmes (j’ai trouvé les grossistes qui approvisionnent tous les hôpitaux de Bangkok), le reste m’étant parvenu ce samedi par un ami en visite qui a aimablement accepté de transporté le colis que lui avait remis le Docteur Pilou.

Un Docteur Pilou qui, comme je n’annonçais dans un billet précédent, a fait récemment l’objet d’un article dans le quotidien régional “Les Dernières Nouvelles d’Alsace” dont je vous livre ici le contenu :

Au chevet des rebelles shans

imageMédecin généraliste en Alsace, Pierre-Louis Olland est l’un des rares à avoir été admis au chevet de la résistance shan. Une ethnie engagée dans une guerre sans fin contre la junte birmane. Il est rentré peu avant des élections redoutées des rebelles.
Impressions d’un franc-tireur médical.

Traduction pendant examen_01 Soldat malaria_01

Près des frontières de la Thaïlande, Pierre-Louis Olland a passé plusieurs jours à examiner des soldats rebelles après avoir gagné la confiance des chefs shans, toujours en lutte contre la junte birmane au lendemain des récentes élections. (Photo Serge Israel).

Là-bas, son nom est « le docteur ». Sans plus. Aucun risque de le confondre avec un autre médecin. Il n’y en a pas. Le premier toubib que certains ont vu de leur vie, c’est lui. Généraliste établi habituellement à Mommenheim. Happé presque par hasard par la guérilla des Shans.

Le décor n’est pas reluisant, fait de dénuement et de boue,
« d’une simplicité extrême »

Il ne pouvait s’y attendre, lorsque l’un de ses anciens patients, établi depuis 2004 en Thaïlande, l’a invité à le rejoindre. Et pourtant, ce premier voyage fin 2008 va l’emmener bien loin des plages de rêve et des hôtels de luxe.

Sur place, Serge Israel, traducteur technique marié à une Thaïlandaise, conduit le praticien bas-rhinois jusqu’à un lieu un peu paumé. Là se trouve une école qu’il a prise sous son aile, à 1 400 m d’altitude, pour y installer un dortoir, des commodités. Pierre-Louis Olland découvre le revers de la carte postale. Proche de situations aperçues lors de précédentes missions au Sénégal ou au Cambodge. Il ouvre sa mallette de docteur et devient une personnalité : « Aucun médecin ne se rend dans ces endroits. En cas de besoin les habitants doivent se déplacer vers des hôpitaux ou des dispensaires ». Du coup, il est jugé tellement précieux que le chef du village s’agace de le voir s’éloigner dans la jungle : pas digne de son rang. L’aventure l’y attend, pourtant. De rencontres en recommandations, d’un périple au suivant, Pierre-Louis Olland a fini par atterrir dernièrement du côté de la frontière birmane, en pays Shan. Un secteur de repli pour une guérilla opposée au régime de la junte birmane. Inspirant visiblement confiance à cet État clandestin, il est accepté par le Commandeur shan dans sa capitale militaire et politique. Officiellement, un lieu interdit aux étrangers. Le décor n’est pas vraiment reluisant. Panorama fait de dénuement et de boue. « D’une simplicité extrême », résume le Dr Olland. La plus haute autorité médicale est une infirmière. Dans ces contrées, la médecine est administrée par des aides paramédicaux. Des moyens très sommaires, quoique « d’une grande efficacité sur les pathologies qui leur sont connues ».

Le contraste est rude, avec la pratique de la médecine en Alsace

Le sous-Etat Shan connaît un évident sous-développement sanitaire. Pour le Dr Olland, retour à la mallette de soins. Dans des conditions épiques. Des lits pleins de bon matin, avec en prime des poules ou un chat perdus. Peu de médicaments (et pas toujours très récents). Le casse-tête des fièvres à causes multiples, et celui de la langue. Sans autre soutien que son ami, le médecin de campagne retrouve un exercice de base. Loin de toute logistique hospitalière. Un franc-tireur de la médecine, au sein d’une armée rebelle. Joli cas d’école, pour les facultés de médecine et les passionnés d’humanitaire, sur fond de malaria, de tuberculose, de parasitoses et de gale. Dans ce monde de militaires, où la vie nocturne n’offre qu’obscurité et pluie, le Dr Olland côtoie des ministres et un chef de guerre plutôt affables. Préoccupés. Les dernières élections birmanes risquent, selon eux, de légitimer une répression que le médecin alsacien a pu mesurer : dans une école, sur 650 élèves, près de la moitié sont orphelins. Le contraste est rude, avec la pratique de la médecine en Alsace. Mais Pierre-Louis Olland retournera en Thaïlande, pour la quatrième fois, l’an prochain. D’autres projets pour des écoles, d’autres soins l’attendent. Peut-être, à nouveau, auprès de l’armée des Shans. « Il reste tellement de choses à faire ». L’une au moins s’annonce ambitieuse : parvenir à convaincre les Shans incrédules que l’occidental à casquette qui vient les soigner durant ses congés, dormant sur le sol, mangeant du riz et se douchant au baquet, a vraiment l’âge qu’il prétend, canonique pour eux, de 60 ans. (Didier Rose – D.N.A.)

12 décembre 2010 - Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng

2 Commentaires »

  1. Pour avoir commandé deux jeux de cartes et un calendrier, je voudrais signaler l’excellente qualité des produits proposés à l’achat dans un but humanitaire.
    Peut-être pour 2012 aurons-nous comme autre choix, un agenda de type Quo Vadis [format 16,5 x 9,5 cm] ?

    Commentaire par Chris | 3 janvier 2011 | Répondre


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