30 Janvier – Il fait toujours aussi froid
Lors de notre séjour en pays Shan, en octobre dernier, les montagnards avaient prédit un hiver exceptionnellement froid et long. La saison qui vient de s’écouler – et qui n’est pas encore terminée ! – leur a largement donné raison, et même à Bangkok la période fraîche a été particulièrement longue.
Cette vague de froid persistant a touché l’ensemble du pays, puisque 35 provinces ont été déclarées “zone sinistrée” pour la période du 5 novembre au 9 janvier (soit plus de 2 mois !!) et les dernières prévisions pour la région qui nous intéresse plus particulièrement, à savoir Tam Lod, n’annoncent pas vraiment un réchauffement : Prévisions semaine du 30/01 au 05/02. Celles-ci concernent essentiellement Pang Mapha – Tam Lod, à environ 700 mètres d’altitude, mais le village de Ban Huoi Haeng se situe 200 m plus haut et Loi Tai Laeng, du sommet de ses 1400 m, et exposé à tous les vents.
Certes, la température monte allègrement à 25-30 °C dans la journée grâce au soleil, mais ceux qui ont eu l’occasion de séjourner en montagne pendant cette période ont pu apprécier par eux-même la froideur vivifiante de l’air matinal après une nuit passée à greloter malgré les couvertures et l’environnement privilégié d’une construction en dur.
Il est vrai que les habitations locales ne sont pas vraiment conçues pour de telles conditions et si le feu de camp allumé au milieu du salon par les montagnards peut sembler sympathique et convivial aux voyageurs de passage, il ne représente pas une source de chaleur particulièrement efficace et dans tous les cas à durée très limitée (à moins de veiller toute la nuit !!).
Vient ensuite les matins brumeux, surtout à 1400 mètres d’altitude, avec son cortège de nez qui coule et d’articulations qui grincent, pas vraiment l’idéal lorsqu’il faut aller à l’école ou, moins drôle, lorsqu’il faut essayer de guérir d’un paludisme ou d’une tuberculose !
Nous avions organisé une collecte de vêtements chauds et, surtout, une collecte de fonds pour ce qui nous semble être la solution la plus rationnelle, à savoir acheter directement sur place les vêtements qui sont généralement fabriqués… sur place !!
Un premier lot, constitué pour l’essentiel de vêtements collectés auprès de notre entourage, avait été envoyé début novembre, un deuxième chargement à la mi-décembre (voir ici) et nous venons aujourd’hui d’expédier une troisième cargaison (ci-contre) que nous avons pu constituer d’une part grâce à plusieurs voyageurs qui ont profité de leur passage à Bangkok pour nous apporter des sacs, mais surtout grâce à la vente des cartes de voeux et calendriers et à d’autres dons reçus récemment.
(pour info, le sac jaune au sommet de la pile contient des chaussures, elles aussi très appréciées).![]()
Nous avons ainsi “raflé” le restant du stock de la marchande de blousons qui, sa saison terminée, nous a fait un prix pour l’ensemble en ramenant ainsi le coupe-vent avec sa doublure et son capuchon à moins de 1,50 Euro !! (il en restait plus d’une centaine)
Un nouveau voyage est prévu fin mars, juste avant les grandes vacances qui commenceront un peu plus tard chez les montagnards que pour les écoles de Bangkok, ce qui nous permettra de revoir les enfants avant leur départ de l’école. Une étape chez les Shans est également prévue, notamment pour leur apporter certains médicaments de base ainsi que des médicaments contre le paludisme que des voyageurs de passage m’ont récemment confiés.
Je vous en dirai plus à ce sujet prochainement.
28 Janvier – Réflexions du matin…
… et puis du soir, et de l’après-midi aussi, en résumé réflexions récurrentes, omniprésentes, obnubilantes, parfois obsessionnelles.
La dernière semaine de janvier vient de s’achever : nous allons maintenant entamer le dernier mois de l’année scolaire, lequel sera suivi d’une petite semaine d’examens début mars avant les 2 mois de “grandes vacances”. Maeva aura ainsi achevé l’équivalent du CM2 français et Naomi le CE2.
Mais comme le système scolaire thaïlandais compte 6 années de primaire (au lieu de 5 en France) et aussi 6 années de secondaire (au lieu de 7 en France), il reste donc 1 année de primaire pour Maeva avant ???? et c’est là l’objet de mes/nos réflexions.
Si l’école qu’elles fréquentent actuellement semble d’un excellent niveau (elle figure parmi les 10 premiers établissements du pays aux derniers tests nationaux, à côté des écoles les plus prestigieuses comme Assumption College ou St Joseph Convent), nous ne savons pas aujourd’hui s’il sera possible d’y poursuivre le cycle secondaire. Il semble en effet que ce dernier soit plus ou moins laissé à l’abandon et que la direction favorise le développement du cycle primaire qui représente aujourd’hui déjà 80% des effectifs.
Soucieux d’offrir à notre progéniture la meilleure éducation possible (ce qui ne veut pas forcément dire la plus chère, voir plus bas*), nous sommes actuellement à la recherche d’une solution de substitution, ce que d’autres appelleraient un “Plan B”, dans l’hypothèse où l’année scolaire qui débutera en Mai prochain soit la dernière que puisse accomplir Maeva à l’école Daroonpat.
L’école est une chose, l’environnement de vie en est une autre et celui-ci me semble tout aussi important dans le développement d’un enfant/adolescent (ou là !! c’est vrai que le temps passe et qu’il va bientôt falloir faire face aux crises d’acné !!) que le milieu scolaire proprement dit.
Bangkok est une ville gigantesque qui présente de très nombreuses possibilités d’activités et où l’éventail de choix des établissements scolaires est le plus large. Mais du fait de sa taille, Bangkok souffre aussi d’un mal chronique appelé “embouteillages”, un facteur qu’il faut impérativement intégrer dans tout projet de sortie et aussi, plus important, dans toute recherche d’établissement scolaire si on veut éviter d’imposer plusieurs heures de transport quotidien à des élèves/lycéens dont l’énergie devrait être consacrée essentiellement à l’épanouissement de leurs esprits et de leur personnalité dans un environnement propice plutôt qu’au développement de leurs mollets en courant après un bus !!
Nos réflexions nous ont donc conduit jusqu’à Chiang Mai, la grande ville du nord que nous apprécions tant et qui semble présenter tous les avantages de Bangkok en matière d’infrastructures et de ressources, mais en offrant une meilleure qualité de vie du fait de sa dimension plus humaine et de la proximité de la nature. Il s’agit à présent de trouver un établissement scolaire de qualité, idéalement bilingue (thaï/anglais), sans classes surchargées (il n’est pas rare de trouver 40 ou 50 élèves par classes dans certains établissements), si possible fréquenté par d’autres Luk Krung (enfants métis), avec des enseignants professionnels dévoués à leur mission et une direction qui vise l’excellence pédagogique au moins tout autant que les performances financières de son entreprise (ben oui, n’oublions pas que l’éducation est avant tout un commerce !).
Plusieurs écoles ont retenu notre attention et l’étape suivante consistera à présent d’aller vérifier sur place si la bonne impression dégagée par un site Internet et émanant d’une certaine réputation se confirme dans la réalité. Cette étape suivante est prévue en avril prochain, puisque nous avons décidé de passer un mois à Chiang Mai pour ‘”ressentir” la ville et aussi visiter les 4 établissements retenus.
J’arrête là l’exposé de mes réflexions et, pour vous détendre un peu, vous propose de réaliser l’exercice de géométrie élémentaire qui faisait partie des devoirs de Naomi (CE2) hier soir.
* Il existe en Asie et notamment en Thaïlande une tradition très discutable selon laquelle de nombreux établissements au nom prestigieux acceptent des pots de vin pour accueillir les élèves qui n’ont pas passé les tests d’entrée. La “face” étant l’un des aspects les plus importants de la vie d’un asiatique, certains n’hésitent pas à dépenser des sommes astronomiques, parfois en s’endettant, pour payer le droit de passage de leur descendance vers l’un de ces établissements tant convoités. Le résultat est que ces écoles n’ont de prestigieux que le nom, leurs classes sont surchargées (40-50 élèves en primaire !!) et tout redoublement ou échec y est impossible puisque les parents paient pour que leurs enfants réussissent. On peut légitimement se poser de sérieuses questions quant à la validité des diplômes qui y sont délivrés et il m’arrive de demander à certains autres parents, adeptes presque malgré eux de ce système, ce qu’ils penseraient d’un chirurgien sur le point d’opérer leur enfant s’ils savaient qu’il a acheté son diplôme. Les seules réponses obtenues jusqu’à présent ont été un sourire embarrassé. Il est vrai que ma vision occidentale est diamétralement opposée aux habitudes locales : j’estime en effet que ce qui peut être acheté n’a aucune valeur puisqu’accessible à tout le monde.
23 Janvier – Voyages à Sukhothai
Après mon billet précédent consacré à l’histoire et me rendant compte qu’il y avait bien longtemps que je n’avais plus rien publié sur nos voyages en Thaïlande, il m’a semblé opportun de parler de ce qui a été la première capitale du Siam, à savoir Sukhothai (N° 10 sur la carte ci-contre).
En résumé, Sukhothai est devenue la puissance dominante dans la région après le déclin de l’empire Khmer d’Angkor, au début du XIIIème siècle. Sukhothai est restée célèbre pour son roi Ramkhamhaeng qui est reconnu comme l’inventeur de l’écriture thaïe actuelle et qui a aussi fortement inspiré l’évolution de la monarchie thaïlandaise dans laquelle le souverain est considéré être le “père” de ses sujets.
Le principal centre d’intérêt de cette province est directement lié à cette histoire et se présente sous la forme d’un parc historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, parc où a lieu chaque année un superbe spectacle sons et lumières à l’occasion du festival de Loy Krathong, à la pleine lune de novembre.
Notre première visite à Sukhothai remonte à 2001 et nous avions passé l’une des journée les plus chaudes de l’année à parcourir ce parc où les lieux ombragés sont aussi nombreux que les Winstub à Bangkok (oui, je sais – on ne se refait pas !!).
Nous avions en effet profité de notre court séjour à Phichit (se prononce pi-tchitt et non pas fichitte !!) pendant la période de Songkran pour venir découvrir ce haut lieu de l’histoire et nous étions accompagnés par une partie de la famille de Pong qui n’avaient pas vraiment compris l’intérêt de venir visiter un tas de vieux cailloux où l’on ne pouvait pas même trouver un stand de Som Tam. Ils se sont ensuite rattrapés au retour en demandant au chauffeur de notre minibus de s’arrêter dans l’une des destinations favorites des thaïlandais pendant les weekends, à savoir un supermarché avec sa galerie marchande bien bruyante et ses petites boutiques où l’on peut très facilement trouver de quoi prendre sa dose quotidienne de cholestérol et de glucose imposée par le régime MacDo.
Si j’évoque cette anecdote, c’est qu’il m’arrive occasionnellement d’être contacté par des voyageurs potentiels qui souhaitent découvrir la Thaïlande “authentique” et notamment savoir ce que font les Thaïlandais le dimanche. Je suppose que l’évocation de ces hauts lieux de la malbouffe et de ces temples de la consommation n’est pas vraiment la réponse qu’ils attendaient.
Allez, une petite photo souvenir pour terminer : ![]()
la position favorite de Maeva pendant son premier voyage en Thaïlande.
Rappel:
Ce billet vient s’inscrire dans la série des “Voyages en Thaïlande” que vous pouvez retrouver sur la page du même nom, accessible en cliquant sur le lien en haut de cette page.
16 Janvier – L’histoire franco-thaïlandaise
Pour la majorité des français, l’histoire commune de notre pays avec l’Asie du Sud-Est est généralement associée à l’Indochine et aux trois pays qui la composaient, à savoir le Viêt-Nam, le Cambodge et le Laos, ainsi qu’aux conflits qui y ont sévi.
Mais les relations avec le grand voisin siamois, devenu aujourd’hui la Thaïlande, sont elles aussi très riches, très mouvementées, parfois chaotiques, alternant entre les périodes où régnait une entente harmonieuse et celles de conflit parfois violent, périodes entre lesquelles venaient s’intercaler des époques plus ou moins longues que je qualifierais de cordialité diplomatique.
Le point de départ de cette histoire commune franco-thaïlandaise, ou plus exactement franco-siamoise, remonte au XVIIème siècle sous l’impulsion d’un grec, Constantin Phaulkon, qui, grâce à son habileté diplomatique, son don pour les langues et aussi un extraordinaire concours de circonstances, s’est retrouvé premier ministre du Siam sous le règne du roi Naraï. Ce dernier s’est laissé convaincre d’engager des relations avec le monarque français de l’époque, Louis XIV, qui enverra non seulement une première ambassade, mais aussi un corps expéditionnaire de plus d’un millier d’hommes. Pour connaître la suite, je vous invite à découvrir l’ouvrage ci-contre, écrit par l’historien Alain Forest qui a animé récemment une conférence à ce sujet à l’Alliance Française de Bangkok. Il existe également la trilogie dite “du Faucon du Siam” d’Axel Aylwan, une approche un peu plus romancée mais très intéressante.
Un autre moment d’histoire commun, un peu moins reluisant, a été la bataille dite de Koh Chang en janvier 1941. Après plusieurs années de voyages réguliers à Koh Chang, j’ai d’ailleurs quand même trouvé le temps récemment d’aller découvrir le petit monument érigé à l’extrême sud-est de l’île en mémoire de cet évènement.
Pour faire simple, la Thaïlande est sous la domination du dictateur militaire Plaek Pibulsongkram qui essaie de profiter de la confusion générale qui règne alors en Asie (nous sommes à quelques mois du début de la guerre dite du Pacifique) et, surtout, de la défaite de la France pour essayer de récupérer des morceaux de territoire qui avaient été perdus par le Siam pendant le règne du roi Rama V.
Des manifestations ultra-nationalistes et anti-françaises à Bangkok sont suivies par des escarmouches frontalières de plus en plus fréquentes qui évoluent finalement en un véritable conflit armé, terrestre, aérien et finalement naval sous la forme de la bataille de Koh Chang qui marque la fin du conflit. Le paradoxe est que cette bataille a été gagnée par la flotte française, très inférieure en nombre, mais considérée comme une victoire Thaïlandaise, d’une part parce qu’il s’agissait de la France de Vichy, donc pas vraiment légitime, et d’autre part parce l’intervention du Japon en tant que médiateur a définitivement mis fin à ce qui pouvait être considéré comme une “bagarre de cour d’école” aux yeux d’un Japon impérial qui était en train d’assujettir l’ensemble de l’Asie et qui était sur le point de déclencher la guerre du Pacifique.
Pour en savoir plus sur la bataille de Koh Chang, je vous conseille le livre paru récemment “Koh Chang, La victoire perdue” par Éric Miné qui, avec un style agréable et fluide (j’ai presque réussi à le lire d’une seule traite) nous replonge dans l’ambiance du Saïgon colonial et du Bangkok d’entre deux règnes.
Bien évidemment l’histoire commune franco-siamoise puis franco-thaïlandaise est loin de de se limiter à ces deux épisodes que j’ai évoqué ici suite à de récentes lectures. J’ai aussi découvert il y a peu un nouveau blog né à l’initiative de trois retraités passionnés d’histoire qui ont décidé d’approfondir cette partie peu connue de notre histoire, un blog que je vous invite à découvrir ici : Grandes et petites histoires de la Thaïlande.
13 Janvier – Éducation asiatique
« …les parents chinois considèrent que leurs enfants leur doivent tout, et que toute leur vie doit être consacrée à rembourser cette dette qu’ils ont envers leurs parents, en leur obéissant et en les rendant fiers… »
Je suis tombé sur cette phrase dans un article de Rue89 et n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec la société thaïlandaise où ce concept de “remboursement de la dette à ses parents” est omniprésent et peut même, dans certaines situations, devenir obsessionnel au point de faire perdre toute dignité à ceux qui l’appliquent à la lettre.
En Thaïlande, cela s’appelle la Gatdanyu (voir ici) et cela inclut notamment le fameux sinsot, ou dote, que verse traditionnellement le futur marié aux parents de la jeune fille qu’il veut épouser. Une coutume qui est souvent mal interprétée par les occidentaux et qui a aussi donné lieu à de nombreux abus par des familles thaïlandaises, mais je ne m’étendrai pas là dessus. En résumé, certains vont jusqu’à considérer leurs enfants comme un simple investissement que l’on abandonne lorsqu’il ne rapporte plus rien.
Il m’est arrivé d’aborder ce sujet avec d’autres parents, thaïlandais, et il est vrai que même ceux qui ont eu la chance de pouvoir suivre une éducation supérieure ou d’étudier à l’étranger tiennent encore ce genre de raisonnement et ont du mal à faire la distinction entre le concept de “face” (la leur) et de bonheur (celui de leur progéniture). La limite entre le devoir légitime et l’asservissement aveugle reste ici très floue, avec toutes les frustrations refoulées que cela implique.
Leur enfant est-il heureux parce qu’il rend ses parents fiers ou est-il heureux parce qu’il accomplit quelque chose qu’il aime vraiment ?
Le slogan “nous n’héritons pas de la planète, nous l’empruntons à nos enfants” qui apparait régulièrement dans des campagnes de sensibilisation au respect de l’environnement est très difficile à intégrer dans une culture asiatique. En simplifiant à l’extrême, personne ne serait choqué ici de laisser à ses enfants une maison à moitié effondrée et remplie d’immondices, en leur faisant comprendre qu’ils peuvent s’estimer heureux que leurs parents leur laissent quelque chose, alors qu’à côté de ça ces mêmes parents auront dépensé une petite fortune pour bâtir un temple ou une statue en l’honneur de leurs propres ancêtres.
Pour ma part, je me vois très mal perdre la face en demandant à mes filles de subvenir à mes besoins une fois que je serai dans l’incapacité d’y subvenir par moi-même, car j’estime que les parents ont un devoir d’exemplarité et que les enfants ne doivent en aucun cas supporter les conséquences de l’irresponsabilité de leurs géniteurs. Le respect est une disposition qui doit se mériter et non pas devenir une contrainte institutionnalisée, ce qui lui fait perdre toute sa valeur.
Dans mon raisonnement d’occidental, je considère aussi qu’il sera beaucoup plus profitable à mes filles de choisir une voie dans laquelle elles se sentiront vraiment bien et où elles pourront pleinement s’épanouir (même si elles veulent être des saltimbanques !!) et, surtout, ELLES NE ME DEVRONT RIEN, car leur existence est le résultat d’une décision prises il y a plusieurs années par deux personnes supposées être adultes.
Cela ne veut bien évidemment pas dire qu’il faut laisser ses parents à l’abandon comme c’est trop souvent le cas dans les sociétés occidentales résolument individualistes où trop de personnes âgées se retrouvent esseulées dans des instituts avec, pour principale activité, l’attente devant un bol de soupe tiède de l’hypothétique visite d’une famille dont le souvenir s’estompe de jour en jour.
À chacun de trouver sa voie du milieu…
Bon, je vais arrêter là ces questions existentielles, je suis sûr que Taeng ne s’en pose pas autant !!
12 Janvier – La confusion de la diversification…
… ou comment se diversifier en évitant la confusion.
Je fais ici allusion aux différents blogs/sites que j’ai créés depuis notre migration en Thaïlande en juin 2004 et aussi à mes centres d’intérêt que j’essaie de partager un maximum en évitant le plus possible de tomber dans le répétitif ennuyeux.
L’Internet est un outil de communication fabuleux auquel je me suis connecté pour la première fois vers 1994 ou 1995 (ma première adresse électronique – que je possède toujours ! – date de cette époque) et c’est en grande partie grâce à cet outil que nous avons pu, ma famille et moi-même, nous expatrier en 2004, le même Internet ayant rendu l’exercice de ma profession totalement indépendant géographiquement.
Un autre intérêt de l’Internet pour les émigrés, immigrés, expatriés et autres voyageurs ponctuels ou chroniques (oui oui, ça existe aussi des voyageurs chroniques), en résumé pour tout ceux qui se retrouvent pendant des périodes plus ou moins longues éloignés de leurs familles et de leurs proches, est qu’il permet de rester en contact très facilement (je ne compte plus le nombre de cartes postales jamais arrivées à destination) et aussi d’envoyer régulièrement à tante Adèle une photo des premières dents du petit dernier ou même une vidéo des vacances à la plage (ou sous in igloo, tout dépend du lieu d’expatriation !).
J’ai donc moi aussi étendu l’usage presque exclusivement professionnel que je faisais de l’Internet à une première ébauche de site à vocation essentiellement familiale en utilisant un éditeur simple mis à disposition par mon fournisseur d’accès originel Wanadoo, devenu par la suite Orange. D’une sobriété exemplaire, “Bienvenue chez nous” se voulait avant tout une vitrine de notre nouvel environnement de vie, mais cette solution a très vite atteint ses limites.
J’ai ensuite fait une tentative de site un peu plus sophistiqué en utilisant un éditeur local (Frontpage) et en téléchargeant ensuite les pages composées vers un serveur. Le résultat >ICI<. L’objectif de ce site était totalement différent : il s’agissait initialement d’une simple page de présentation de notre premier projet avec les montagnards (Fichier PDF). Le site a ensuite évolué avec les projets et là aussi cette forme d’espace de communication s’est très vite avérée inadaptée, à moins d’opter pour un éditeur sophistiqué pour l’apprentissage duquel le temps me manquait.
J’ai finalement démarré mon premier blog “La vie quotidienne d’une famille thailsacienne” en juillet 2007 et suis resté fidèle à cette plate-forme pendant 2 ans 1/2, jusqu’à ce que de petits soucis techniques me décident à rechercher une solution plus fiable, recherche qui a abouti à l’actuel www.thailsacien.org, hébergé par WordPress, l’un des leaders mondiaux des éditeurs/publieurs de blog.
Parallèlement à ça et dans le cadre des projets de plus en plus nombreux que nous menions avec les écoles, j’avais décidé de créé un blog spécifiquement consacré aux Écoles en Thaïlande, mais avec un autre hébergeur, cette-fois ci blog4ever, qui offrait des possibilités d’édition intéressantes et bien adaptées à ce que je souhaitais réaliser. Bien alimenté au début, je l’ai ensuite laissé plus ou moins à l’abandon après la réalisation de l’un de nos projets majeurs : les salles de classe. À cette série déjà conséquente est venu se rajouter un autre blog, lui aussi sur blog4ever, mais essentiellement consacré aux Shans. C’était suite à mon premier séjour à Loi Tai Laeng en Mai 2009.
Il va sans dire que tout cela commence à faire beaucoup et que cette éparpillement dans le cyberespace n’est pas pour faciliter la mise à jour et la maintenance de ces différents sites. J’ai donc décidé de rationnaliser tout ça sous la forme de trois blogs/sites distincts, bien évidemment avec des renvois/liens des uns vers les autres.
EN RÉSUMÉ :
BLOG PRINCIPAL
Celui que vous êtes en train de lire qui restera mon lieu d’expression central où se retrouveront, pèle-mêle, nos voyages en famille, les aventures scolaires de Maeva et Naomi, la recette de la salade aux fourmis ou encore les tribulations administratives de l’européen au pays du sourire.
LES SHANS
Un autre, créé récemment, sera exclusivement consacré aux Shans. Plus étoffé que ma première ébauche, mentionnée ci-dessus et qui devrait disparaitre à terme, il a pour ambition de regrouper un maximum de ressources francophones (quasiment inexistantes actuellement) et de fournir de nombreuses informations sur ce qui pourrait bien un jour devenir un pays indépendant.
Il sera actualisé régulièrement par des informations, parfois exclusives, qui me sont communiquées par mes différents contacts auprès des Shans et j’y parlerai aussi des divers projets que nous avons engagé depuis quelques temps avec les écoles et les hôpitaux/dispensaires de cette région officiellement interdite aux étrangers.
Ma troisième plate-forme d’expression sera toujours consacrée aux écoles, j’hésite cependant entre conserver l’hébergeur actuel, dont l’éditeur n’est pas très performant et qui présente parfois quelques petits problèmes techniques, et un basculement sur Blogger qui m’obligerais à transférer manuellement l’intégralité des billets/articles mais qui présenterait ensuite l’énorme avantage de pouvoir être actualisé localement.
En attendant, pour vous remercier de la patience dont vous avez fait preuve en lisant jusqu’ici mes réflexions, voici une nouvelle série de photos de nos récentes vacances à Koh Chang.
Le diaporama est réalisé avec une fonction très intéressant de mon éditeur de blog Windows Live Writer : l’insertion d’album photo. C’est ce genre de détail qui me fera certainement opter pour Blogger ou WordPress comme hébergeur de blog sur les écoles, car blog4ever ou d’autres hébergeurs franco-français ne donnent pas accès à ces fonctions.
10 Janvier – Jour des enfants
Une preuve supplémentaire que les Shans sont réellement les cousins des Thaïlandais : comme eux, ils fêtent le jour des enfants le deuxième samedi de janvier.
Et cette année, le jour des enfants a été particulièrement heureux pour les 70 élèves de l’école de Kong Mung Mong auxquels ont été remis les survêtements neufs que nous leur avons envoyé récemment.
Les photos viennent de me parvenir, très rassurantes quand je pense que ce même village a subit des tirs de l’armée birmane il y a moins d’un mois (information ICI). Je suis toujours admiratif devant la faculté des asiatiques et des Thaïs en particulier à profiter pleinement de l’instant présent sans vraiment se soucier (en apparence !) de ce qui a bien pu se passer 1 semaine avant ou ce qui se passera une semaine après.
Et de me remettre à réfléchir à ce qu’avait répondu le Dalaï Lama à quelqu’un qui lui demandait ce qui le surprenait le plus dans l’humanité. Sa réponse :
« Les hommes, parce qu’ils perdent leur santé pour accumuler de l’argent et ensuite ils perdent leur argent pour retrouver la santé, sans jamais profiter de l’instant présent »
9 Janvier – Le roi et les scouts
Une première semaine de l’année qui démarre sur les chapeaux de roue non seulement avec une avalanche de boulot pour mapomme, mais aussi une pléthore d’activités diverses et variées pour les filles.
À peine l’école avait-elle repris (non pas lundi le 3, mais mardi le 4, puisque le 1er janvier tombait un samedi !) que Maeva se préparait pour 3 jours en camp scout.
Le scoutisme fait en effet partie intégrante du cursus scolaire en Thaïlande et a été instauré en 1911 par le Roi Rama VI, faisant alors de la Thaïlande le 3ème pays dans le monde à intégrer ce mouvement. À titre d’information, il existe aujourd’hui environ 1,4 millions de scouts en Thaïlande et chaque école, publique ou privée, prévoit au moins une heure de “scoutisme” par semaine.
Cette sortie ne concernant que les “grandes” classes” (primaire 4 à secondaire 6), Naomi a suivi un emploi du temps à peu près normal jusqu’à vendredi après-midi où étaient organisées différentes activités en rapport avec la journée des enfants (Wan Deck) qui a lieu chaque année le 2ème samedi de janvier. Un dicton Thaï dit “Les enfants représentent l’avenir de la nation, si les enfants sont intelligents, le pays sera prospère”. Je ne ferai bien évidemment aucun commentaire sur la mise en application de cet adage, surtout au vu des derniers résultats du test PISA. Il n’en demeure pas moins que cette journée, qui a été instaurée en 1955, permet aux enfants de bénéficier de tarifs réduits (parfois même la gratuité) aux zoos, parcs d’attraction cinémas, etc. et représente aussi une formidable opportunité d’aller visiter certains bâtiments officiels tels que la maison du gouvernement et même le bureau du 1er ministre qui ouvrent leurs portes à cette occasion.
Autre date particulière de cette première semaine de l’année, mais qui n’a aucun rapport avec la Thaïlande : la fête des rois. Une tradition plutôt paradoxale dans un pays qui reste aujourd’hui encore extrêmement attaché à son monarque et où le concept de “tirer les rois” semble aussi surréaliste que la neige en décembre (!).
Bien qu’ayant acheté la traditionnelle galette à la frangipane chez un boulanger français de Bangkok, je n’ai pu m’empêcher de noter que certains centres commerciaux proposaient des “Twelfth Night Cake” (ou Gâteau de la 12ème nuit), une variante anglo-saxonne , mais sans la couronne. Bon, d’après ce que j’ai pu voir (de loin !!), ça ressemble plus à un espèce d’agglomérat plus ou moins circulaire et de couleur sombre qui semble aussi appétissant qu’un pudding rose fluo surmonté d’un cornichon (un truc bien anglais, quoi !!).
Aller, pour terminer, encore quelques photos de notre récent séjour à Koh Chang :
3 Janvier – C’est reparti !!
Oui, je sais, ça fait une éternité (depuis l’année dernière en fait !!) que je n’ai plus écrit de billet mon blog. Il faut dire, à ma décharge, que les derniers jours de l’année qui vient de se terminer sur le calendrier grégorien étaient des plus chargés, d’autant plus qu’ayant prévu une petite semaine de “pause” il m’a fallu abattre en trois semaines le travail généralement accompli en quatre.
En résumé : fête scolaire, visite de plusieurs voyageurs de passage, préparation de notre séjour balnéaire à Koh Chang, sans oublier l’incontournable tradition d’échange des cadeaux. Et au milieu de tout ça, je n’ai bien évidemment pas oublié nos amis les montagnards, notamment les enfants du village de réfugiés Shans de Kong Mung Mong, qui sont à des années-lumière de ce genre de déchaînement mercantile et à qui j’ai fait parvenir un lot de survêtements en prévision des journées du sport qui se tiendront fin janvier.
Certains recevront ainsi des vêtements neufs pour la première fois de leur vie et auront l’inestimable chance de pouvoir terminer une année scolaire à peu près normale, sans se faire tirer dessus ni voir leur maison incendiée (désolé si je casse l’ambiance, mais il me semble approprié de rappeler occasionnellement qu’il n’y a pas que les huitres et le foie gras).
Pour revenir à la nouvelle année, je dois dire que tout ça me semble un peu confus. Les Shans sont fêté leur nouvel an le 7 décembre et sont maintenant en 2105. Les occidentaux qui emploient majoritairement le calendrier grégorien viennent de passer en 2011, les chinois fêteront leur nouvel an le 3 février prochain pour passer dans l’année du lapin et les Thaïlandais sont en 2554 et fêteront leur nouvel an le 13 avril.
Alors devant ce feu d’artifice de dates et de méthodes de comptage différentes, j’ai opté pour des voeux que j’essaie d’exprimer de la manière la plus neutre possible.
Avertissement préalable
Ce message concerne des vœux de nouvel an. Si vos croyances, ou pratiques laïques vous interdisent d’en recevoir, veuillez ne pas lire ce message. De même, le lecteur doit s’assurer, avant de poursuivre la lecture, que ce sujet ne heurte pas ses convictions personnelles et qu’il est conforme aux lois de son pays.
Veuillez accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite, mes meilleurs vœux pour un environnement plus sain, une société plus responsable, une vie heureuse et sans stress, dans le respect des pratiques et traditions de la religion de votre choix (ou de vos pratiques laïques) et dans le respect des traditions (ou pratiques laïques) des autres, ou même l’absence de traditions ou pratiques.
Ces vœux concernent aussi votre accomplissement personnel, votre réussite professionnelle, votre bonne santé, pour la survenance de ce nouvel an (suivant le calendrier généralement accepté, sans que cette acceptation puisse être considérée comme un manque de respect pour le calendrier de votre religion ou de toute autre calendrier laïque).
Ces vœux vous sont adressés sans considération de votre race (ou de son absence), religion (ou de son absence), de votre âge, nationalité (ou de son absence), sexe (ou de son absence), couleur de peau (ou autre), orientation sexuelle ou aptitude physique.
Ces vœux se limitent exclusivement au lecteur et pour une période d’un an ou jusqu’à la survenance d’une autre période de souhaits.
Cette occasion de souhaits n’est et ne doit pas être considérée comme limitée aux célébrations judéo-chrétiennes ou aux célébrations de quelque organisation, groupe, communauté ou individualité que ce soit (ou même à leur absence).
Conditions générales de voeux
En acceptant mes vœux, vous acceptez les termes suivants :
- Ces vœux peuvent être repris à tout moment à ma seule initiative, pour quelque raison que ce soit, ou même sans raison aucune. Le lecteur ne saurait en aucun cas en réclamer la reprise ou l’échange.
- Ils peuvent être transférés sans licence a condition de ne pas altérer le message original, et pour des vœux à usage non commercial d’une durée inférieure à 30 jours.
- Ces vœux au lecteur ne comportent aucun engagement de leur rédacteur qui ne saurait être tenu pour responsable de tout évènement (ou absence d’évènement) qui ne serait pas conforme aux souhaits adressés.
- Les deux parties conviennent que tout différent juridique concernant ces vœux relève des tribunaux de Kapingaramangi (FSM) et des seules lois présentes sur http://www.fsmlaw.org
- Ces vœux étant adressés par voie électronique, vous disposez d’un droit de retour de 7 jours. En cas de retour, vous disposerez d’un droit rectification ou de modification du fichier nominatif des retours.
- Conformément à la législation européenne, nous vous informons que ce texte ne comprend que des termes d’origine naturelle ayant été rédigés en respectant l’environnement et qu’aucun animal n’a été utilisé comme cobaye lors de l’élaboration de ce texte et lors des essais de lecture.








