21 Mai – DSK remplace Ben Laden
J’imagine les points d’interrogation qui apparaissent au-dessus de la tête des habitués de ce blog à la lecture de ce titre pour le moins…. abracadabrantesque !!
La raison est toute simple : se servir des mots-clés parmi ceux les plus fréquemment tapés dans les moteurs de recherche, actualité oblige, pour faire découvrir ce blog à un maximum de nouveaux lecteurs et multiplier ainsi les chances d’aboutissement de notre actuel projet EAU.
Alors avant d’aller plus loin, si vous venez ici pour la première fois suite à une recherche sur “DSK” ou sur “Ben Laden” ou encore sur “FMI”, je vous souhaite la bienvenue. J’espère que vous me pardonnerez ce petit subterfuge “Googlien” et que vous consacrerez quelques instants de votre précieux temps à la lecture de ce billet. Et qui sait, peut-être serez-vous vous aussi intéressé et/ou séduit par les différentes actions et les nombreux projets que nous menons depuis plusieurs années auprès des minorités ethniques du Nord-Ouest de la Thaïlande et aurez envie de participer activement ?
Pour en savoir un peu plus, je vous invite à cliquer sur l’onglet “Nos Projets” en haut à droite de cette page.
Nous menons actuellement un nouveau projet EAU dont les bénéficiaires seront principalement les 800 élèves de l’école des réfugiés Shans de Loi Tai Laeng (pour en savoir un peu plus sur les Shans et leur histoire : http://www.freeshan.org).
Le budget nécessaire est de 3500 Euros et aujourd’hui, samedi 21 mai, nous avons déjà réuni plus de 2000 Euros !!
Le samedi 21 mai est la date anniversaire de la résistance des Shans contre l’envahisseur birmans et la date butoir pour réunir la somme nécessaire à la réalisation de ce projet est elle aussi une date qui est elle aussi hautement symbolique pour tout français : le 18 juin !!
Vous souhaitez participer activement en cliquant sur le lien <Faire un don> à droite, paiement totalement sécurisé.
Pour vous donner une petite idée de ce que peut être la vie, ou plutôt la survie des Shans sous le régime d’occupation birman, je vous invite à lire ce nouveau témoignage qui m’a été remis récemment par une jeune fille de la petite ville de Wiang Haeng, au nord de Chiang Mai. Nous avons participé financièrement à l’organisation d’une classe verte pendant les vacances scolaires en avril dernier, c’est à dire les “grandes vacances”. Ces enfants ont maintenant la chance de fréquenter une école publique thaïlandaise et suivent pendant les vacances d’été des cours de culture et de langue Shan afin de préserver leurs traditions malgré tous les efforts de “birmanisation” engagés par la junte :
Le rêve d’une enfant migrante (texte traduit de l’anglais)
Nous vous souhaitons la bienvenue à l’école de Wiang Heng et vous remercions d’être venus nous rendre visite, vous-même et votre famille.
J’ai été volontaire parmi tous les élèves pour vous lire ce texte que nous avons préparé pendant nos cours d’été. Nous sommes tous des enfants Shans (ou Tai Yai) réfugiés de l’état Shan (Birmanie). Lorsque je vivais dans l’état Shan, j’étais une fille de la campagne et j’habitais un petit village très loin de la ville. Il n’y avait pas d’école et je n’avais aucune chance de recevoir une éducation.
Le 27 mai 2003, mon père a été tué par les militaires birmans. J’étais alors âgée de 5 ans. Les soldats du SPDC (armée birmane) sont venus dans notre village pendant la nuit après avoir combattu contre la SSA (Shan State Army). Tous les hommes du village ont été faits prisonniers, dont mon frère et mon père, et environ 20 femmes et enfants, dont moi, ont réussi à fuir dans la jungle. Mon frère a réussi à s’échapper de la prison du SPDC après plusieurs semaines et il est vivant. Il nous a dit que le SPDC avait tué presque tous les hommes du village en les accusant d’aider la SSA et ont jeté leurs corps dans la rivière Num Tiang. Le 1er juillet de la même année, les soldats sont revenus pour forcer les villageois à quitter leurs maisons et les emmener dans la ville de Khun Hiang. Ils ont ensuite brûlé toutes les maisons du village.
Plusieurs personnes du village qui ne voulaient pas aller en ville ont quand même réussi à s’enfuir. Nous avons marché plusieurs semaines dans la jungle et nous sommes finalement arrivés en Thaïlande. Ici, nous sommes considérés comme des migrants, pas comme des réfugiés. Nous (les enfants) pouvons aller à l’école thaïlandaise, mais très peu peuvent continuer au-delà du collège par manque d’argent.
C’est la première fois cette année que nous avons une classe verte pendant les vacances d’été. Cela faisait très longtemps que nous l’attendions et nous sommes tous très heureux de pouvoir apprendre ainsi notre culture et notre langue. Dans notre pays, ce n’est pas possible car le SPDC a brûlé beaucoup d’écoles et nous interdit d’apprendre notre culture.
Ici, nous pouvons apprendre librement, aller à l’école librement et nous vous sommes très reconnaissants d’avoir aidé notre professeur, Monsieur Kwangkham, dans l’organisation de cette classe verte. Nous vous remercions aussi pour les équipements de sport que vous nous avez apportés et nous espérons que nous vous reverrons l’année prochaine.
Note : les grandes vacances scolaires en Thaïlande vont de mi-mars à mi-mai et cette classe verte avait été organisée à l’initiative de mon ami Kwangkham du 8 avril au 8 mai.






