6 Juillet – Un tour en montagne
Voici plusieurs mois que j’en parle, il a été évoqué çà et là au détour de mes billets, il est maintenant sur le point d’aboutir et j’irais même jusqu’à dire qu’il a abouti puisque les matériaux ont été livrés à leur destination il y presque 2 semaines.
Je veux bien entendu parler de notre nouveau projet EAU qu’il me semble à présent opportun de décrire plus en détail, notamment en exposant le contexte.
Mais je souhaite avant de continuer, au nom des 800 élèves (dont 300 orphelins) et de tous les autres bénéficiaires de cette nouvelle réalisation, adresser mes plus sincères remerciements à nos généreux donateurs pour la confiance qu’ils nous ont une nouvelle fois accordée, certains étant à nos côtés depuis le début de cette aventure en octobre 2006 (cliquez sur l’onglet “Nos Projet” en haut de cette page pour un récapitulatif de nos principaux accomplissements).
Alors, de quoi s’agit-il exactement ?
Ce nouveau projet, conçu sur le modèle désormais éprouvé de Ban Huoi Haeng que nous avions réalisé l’année dernière (cliquez ICI pour le descriptif au format PDF), a pour principal objectif d’assurer l’irrigation régulière d’un ensemble de cultures maraichères à flanc de montagne, cultures maraichères dont les produits viendront compléter et – assurément – améliorer le quotidien des 800 élèves de l’école de Loi Tai Laeng, capitale non officielle de l’état Shan. Les Shans sont l’une des minorités ethniques persécutées par la junte militaire birmane et ont ceci de particulier qu’ils sont très proches des Thaïlandais, aussi bien du point de vue culturel que linguistique. Le terme Shan est en fait une déformation birmane du nom “Siam”, ancien nom de la Thaïlande, et les Shans se nomment eux-mêmes “Tai Yai” (les Thaïs hauts). Si vous souhaitez en savoir plus sur cette ethnie trop peu connue mais dont la population compte tout de même plusieurs millions de personnes, je vous invite à consulter mon autre blog http://www.freeshan.org/.
Entrés en résistance depuis plus de 50 ans, les Shans ont bâti leur quartier général près de la frontière Thaïlandaise, dans la même région que les écoles de Ban Huoi Haeng et de Tam Lod avec qui nous sommes en contact régulier. Près de la moitié des enfants de l’école de Ban Huoi Haeng sont d’ailleurs des Shans réfugiés en Thaïlande et le village de Tam Lod est à dominante Shan. Ces populations ont vu leurs écoles et leurs villages brûlés par le SPDC (les militaires birmans) et essaient tant bien que mal de recréer ici, près de la frontière et avec le soutien non officiel mais bien réel de la Thaïlande, un semblant de vie normale en accordant une importance toute particulière à l’éducation et à la santé. L’école accueille ainsi plus de 800 élèves, de 5 à 18 ans, les meilleurs ayant ensuite la possibilité d’aller poursuivre leurs études en Thaïlande. Ces élèves sont en réalité des réfugiés dans leur propre pays (des “IDP” – Internally Displaced People selon la désignation officielle de l’ONU), tout comme les milliers de personnes civiles présentes sur ce site, et il faut bien évidemment les héberger et les nourrir !!
Les Shans sont extrêmement dépendants de la Thaïlande pour leur approvisionnement et les pistes de montagne qui mènent aux marchés les plus proches sont particulièrement difficiles, voire impraticables en certaines saisons. Par temps sec, il faut près de 2 heures pour parcourir les 30 km jusqu’à la petite ville thaïlandaise la plus proche dont le marché hebdomadaire est la principale source d’approvisionnement en nourriture des 10 000 personnes présentes sur le site de Loi Tai Laeng. Il va sans dire que la quête de solutions visant à l’auto-suffisance alimentaire est incessante, et le projet d’irrigation que nous avons contribué à mener à bien s’inscrit parfaitement dans cette politique globale des responsables Shans.
Voilà pour le contexte général.
Je vous parlerai plus précisément du projet lui-même dans un projet billet, en attendant je vous invite à découvrir ci-dessous ce qui peut être le quotidien de la cantine scolaire de Loi Tai Laeng (ça, c’est pour ceux qui se plaignent régulièrement de la rareté des feuilles de laitue dans la salade de limaces servie à leur propre cantine scolaire !!) :






