Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

4 Septembre – Le Lycée français de Bangkok

La question de la scolarisation des enfants, sans pour autant être obsessionnelle, n’en demeure pas moins un sujet que nous abordons régulièrement aussi bien avec certains parents des copains/copines de classe des filles qu’avec d’autres familles franco-françaises ou franco-thaïes que nous sommes amenés à rencontrer. En effet, quoi de plus naturel, j’aurais presque envie de dire quoi de plus instinctif, que d’essayer de trouver la meilleure voie pédagogique possible, celle qui permettra à notre progéniture de s’épanouir et de valoriser pleinement son potentiel intellectuel et créatif ?

Or, j’ai constaté un phénomène des plus curieux lorsque nous évoquons cet aspect avec d’autres français, et pas seulement des “vrais” expatriés*. Ça donne à peu près ça :

  • Ah bon ? Vos enfant ne vont pas au Lycée français ?
    (avec une expression faciale à mi-chemin entre la première
    tentative de dégustation du durian et un saut à l’élastique)

Depuis peu, lorsque nous évoquons notre futur déménagement à Chiang Mai, il y a aussi ça :

  • Mais comment vous allez faire pour le Lycée français ?
    (là, c’est plutôt le visage en mode “yeux ronds” avec une
    bouffée de points d’interrogation au-dessus de la tête)

Et j’ai définitivement abandonné toute tentative de décrire la tête que font ces mêmes personnes lorsque nous leur expliquons ensuite que c’est justement l’éducation de nos enfants qui a été l’une des principales raisons de notre déménagement, ou plutôt de notre migration en Thaïlande.

En fait, en tant que migrants (et non pas expatriés*), il ne nous serait jamais venu à l’idée de déménager en Thaïlande pour envoyer nos filles au Lycée français et il m’arrive même de retourner la question à certaines familles franco-thaïes : si vous habitiez en France, mettriez-vous vos enfants au Lycée thaïlandais de Paris ? (pour peu qu’il existe !!)

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C’est vrai que notre choix peut avoir de quoi surprendre, surtout au vu du niveau catastrophiquement faible de l’enseignement public thaïlandais. Les méthodes pédagogiques se résument ici à l’apprentissage par cœur qui consiste à faire répéter pendant des heures des successions de mots, de phrases ou de chiffres, suivant la matière enseignée, avec pour résultat des générations de perroquets totalement dépourvus de tout sens de l’analyse et de tout esprit critique. Pour caricaturer à l’extrême, j’irais jusqu’à dire que l’élève moyen en sortie de primaire saura que 4 x 8 = 32, mais sera incapable de dire combien font 8 x 4 parce qu’il ne l’aura pas appris par cœur. Et cette situation est d’autant plus paradoxale qu’avec plus de 98 % des élèves de 15 ans qui savent lire et écrire, la Thaïlande possède l’un des meilleurs taux d’alphabétisation d’Asie du Sud-Est. Mais il est vrai que ce n’est parce que l’on sait lire que l’on comprend ce qu’on lit !!  

Alors pourquoi cette démarche qui semble en totale contradiction avec notre recherche de l’éducation optimale ?

En fait, nous avions le choix : soit démarrer leur scolarité en France, dans quel cas il nous aurait encore fallu attendre une vingtaine d’années avant de pouvoir “prendre notre retraite sous les cocotiers” (cliché !), soit sauter le pas dès maintenant et nous engager dans le circuit scolaire thaïlandais. J’avoue que je ne connaissais pas vraiment la situation réelle au début, mais fréquentant depuis longtemps les cultures asiatiques j’ai toujours été séduit par leur sociabilité, leur discipline et le très faible taux de délinquance qui y règne. Un environnement plutôt accueillant qui me semblait être le résultat direct de l’éducation, et c’est cet environnement éducatif que nous souhaitons offrir à nos filles.

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Il s’agit ensuite de faire le bon choix, car l’offre ici est immense, d’autant plus qu’il n’existe pas de carte scolaire, même dans l’enseignement public, et les parents ont donc une totale liberté de choix de l’établissement dans lequel ils veulent envoyer leur progéniture, en ajoutant à cela que certains paient des dessous de table pour faire entrer leur descendance dans les écoles qui n’ont plus de prestigieux que le nom, il faut réellement rester très vigilant. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le système scolaire thaïlandais, je vous invite à lire mon blog sur les écoles en Thaïlande dans lequel j’essaie d’expliquer l’éventail des possibilités offertes et qui contient aussi un tableau d’équivalence des classes entre le système français et le système thaïlandais.

Pour revenir à notre propre situation, nous avons opté pour une scolarité dans une école dite bilingue (ou “English Program”) où les matières générales sont enseignées en anglais par des natifs anglophones et les matières spécifiquement thaïlandaises en thaïlandais par des enseignants thaïlandais. Il y a donc 2 professeurs par classe avec une moyenne de 25 élèves, une taille humaine particulièrement propice à un enseignement de qualité et où il existe une réelle interaction avec les élèves. Nous considérons en outre que la qualité de l’éducation n’est pas forcément proportionnelle au coût de l’école (nous ne payons pas pour que nos filles aient de bonnes notes !!) et aussi que l’école n’est que l’une des composantes qui interviennent dans ladite éducation, mais assurément pas la seule.

Je dois avouer que nous sommes jusqu’à présent plutôt satisfaits de nos choix, nos filles sont parfaitement trilingues et même si elles utilisent de préférence le Thaï lorsqu’elles dialoguent entre elles, elles passent sans difficulté d’une langue à l’autre et ont même tendance à préférer regarder les films en version française plutôt qu’en thaï ou en anglais (bon, c’est vrai que Astérix et Cléopâtre en Thaï ça ne passe pas vraiment !!). De plus, leur ouverture d’esprit et leur curiosité n’ont rien à envier aux petits européens de leur âge, nous avons pu nous en rendre compte encore récemment, avec en plus la discipline “intelligente” et le respect d’un certain ordre moral propre aux sociétés asiatiques.

Alors non, n’en déplaise aux expatriés purs et durs qui vivent en vase clos dans le quartier gaulois de l’hyper-centre de Bangkok : Nos enfants ne vont pas au Lycée français !!

* Je fais volontairement la différence entre l’expatrié pur, qui vit à l’étranger pour des raisons essentiellement professionnelles, et le “migrant”, la catégorie à laquelle je considère appartenir et dont les principales motivations sont plutôt d’ordre socio-culturelles, familiales, financières, etc. mais dont la vie à l’étranger est avant tout un choix personnel et non pas une opportunité de carrière. 

4 septembre 2011 Publié par | L'école des filles | 12 Commentaires

   

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