Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

8 Octobre – Lycée français de Bangkok, 4ème partie…


…et vraisemblablement la dernière.

Oui, je sais. Il aura fallu le temps pour “pondre” cette 4ème partie. Enfin les idées étaient là depuis longtemps, la forme aussi, le seul problème était… le temps (toujours lui !!). J’avais commencé à rédiger ce billet il y a quelques temps déjà et j’en suis au troisième changement de date. Bon, il faut dire qu’il y a eu l’anniversaire de Naomi en cours de route !!

Le sujet continue cependant de susciter un intérêt certain aussi bien en Thaïlande qu’auprès d’autres migrants ‘Franco-Quelque chose’ qui rencontrent la même problématique (j’en profite pour saluer au passage Cédric, un alsacien qui vit à Taïwan et qui parle le mandarin*), au point que certains qui désespéraient de pouvoir lire la suite m’ont envoyé un courriel ou même directement téléphoné !!

Je précise donc une nouvelle fois que je n’ai nullement la prétention d’être un spécialiste et – surtout – je ne connais pas LA solution idéale pour chaque situation spécifique. Je ne suis pas non plus “consultant” en éducation/scolarisation et ne connais pas les tarifs de toutes les écoles bilingues de Bangkok et encore moins leurs conditions d’admission. Au travers de ces 4 billets, j’ai simplement essayé d’exposer notre propre démarche résultant de nos propres réflexions et, surtout, en l’absence de toute contrainte géographique résultant d’une activité professionnelle.

Pour relire les trois premiers articles, cliquez sur les liens ci-dessous :
1 – Ah bon, vos enfants ne vont pas au Lycée français ?
2 – Métisses et fières de l’être
3 – Bilinguisme, trilinguisme, etc.

Si les premiers billets concernaient surtout l’éducation proprement dite ainsi que la construction de la personnalité et l’acquisition des langues au cours des années maternelles et primaires de la scolarisation, je vais maintenant aborder un autre facteur auquel je n’avais pas du tout pensé au départ (je vous avais bien dit que je ne suis pas un spécialiste !!) et qui peut s’avérer extrêmement important pour l’avenir socio-professionnel de notre progéniture : les réseaux !!

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En clair : l’environnement humain au sein duquel se déroulent les études, le tissu relationnel que l’on construit pendant les années de lycée et d’université, les copains/copines que l’on retrouvera des années plus tard pendant sa vie professionnelle, ces amitiés plus ou moins durables, plus ou moins sincères, qui peuvent devenir très précieuses au cours de la future vie d’adulte. Et s’il est un endroit où le tissu relationnel est important, c’est bien la Thaïlande. Si l’on va à l’école avec des enfants de fonctionnaires, il y a de fortes chances pour que l’on devienne soit aussi fonctionnaire. Si ce sont des enfants de commerçants ou de médecins, on se sentira plutôt attiré par les carrières dans le secteur privé.

Si l’école actuelle est (presque) parfaite pour ce qui est du cycle primaire, nous avons constaté que les classes secondaires semblaient plus ou moins délaissées et qu’aucun effort n’était vraiment entrepris pour les développer. Avec une moyenne de 10 élèves par classe et aucun professeur thaïlandais à plein temps, elles nous font plutôt penser à une solution de secours pour ceux qui n’ont vraiment aucun autre choix. L’un des directeurs me l’avait d’ailleurs clairement conseillé : si vous souhaitez un enseignement secondaire de qualité, essayez de chercher ailleurs. En ajoutant à cela que certains élèves du secondaire mènent déjà leur propre carrière dans la chanson ou dans la mode et ne viennent que pour faire acte de présence, l’impression générale est plutôt du genre “nous avons des classes secondaires pour vous dépanner si vraiment vous n’avez pas d’autre solution !!”.

Pour revenir au facteur relationnel, aux fameux “réseaux” que se construisent les lycéens, il nous a donc semblé nettement préférable d’essayer de trouver pour nos filles un établissement à la fois à la taille plus conséquente, avec un cycle secondaire digne de ce nom et offrant plusieurs options pour le secondaire supérieur (science, littéraire, etc.), toujours avec une forte proportion de métis (un aspect évoqué dans mon 2ème billet à ce sujet), toujours avec de VRAIS professeurs anglophones, le tout dans un environnement à la fois studieux et ludique qui offrira à nos filles les bases nécessaires à la construction d’un tissu relationnel intéressant. De plus, lorsqu’on leur demande quelle école elles fréquentent, elles peuvent ressentir une certaine fierté à annoncer le nom d’un établissement qui les identifie à un milieu donné.

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Un autre aspect, qui rejoint un peu ce que j’évoquais déjà à la fois au sujet de leur caractère métis et de la pratique de plusieurs langues, concerne la multiplication des expériences sociales et l’élargissement de leur champ de vision. En clair, leur offrir l’occasion de côtoyer un éventail social le plus large possible afin qu’elles se sentent à l’aise partout où elles iront sans jamais éprouver le moindre complexe et optimiser ainsi leur faculté d’adaptation. Il faut donc éviter un cloisonnement excessif dans un milieu socio-culturel donné, du genre ne fréquenter que des enfants des classes aisées, que des occidentaux, que des thaïs, que des francophones, etc. Leur future réussite socio-professionnelle sera d’autant plus favorisée qu’elle pourront naviguer avec aisance d’un milieu à l’autre, de manière quasi-instinctive puisque c’est ce qu’elles auront connu pendant leurs années d’école et de lycée.

Je vais citer ici deux anecdotes assez significatives, chacune concernant des enfants/adolescents issus de milieux sociaux très différents.

La maman d’une copine de classe discutait un jour avec Pong au sujet de nos filles et lui faisait part de son admiration devant leur débrouillardise et leur autonomie. Elle s’est ensuite mise à parler de son propre neveu, âgé de 12 ans, qui ne savait toujours pas lacer seul ses chaussures et qui, lorsqu’il veut chercher une boisson au réfrigérateur, se tient debout devant de celui-ci et appelle la bonne pour qu’elle vienne lui ouvrir la porte. Il faut dire que les parents sont quasiment absents de sa vie, toujours en train de travailler, et qu’il a son propre chauffeur et sa bonne à sa disposition depuis son plus jeune âge.

C’est la progéniture type d’une famille aisée sino-thaïe qui recevra (pas qui “obtiendra”) tous les diplômes qu’il souhaite (enfin tant qu’il reste à l’intérieur de la Thaïlande où l’argent de papa pourra les lui payer), son avenir professionnel est vraisemblablement tout tracé et il n’aura besoin d’aucune compétence particulière à part celle de savoir aboyer des ordres pour reprendre la tête de la société familiale.

Autre ambiance, autre univers : Lorsque de nouveaux élèves arrivent à l’école de Ban Huoi Haeng (voir l’onglet “Nos projets” ci-dessus), Mr Pimook et les professeurs désignent des élèves plus âgés pour s’en occuper et leur montrer le fonctionnement de l’école. On peut ainsi assister à des scènes extraordinaires où l’on voit des bambins de 5 ans à peine faire preuve d’un niveau d’autonomie hors du commun en allant laver leur gamelle après leur déjeuner ou encore des enfants de 8 ou 9 ans laver à tour de rôle le linge des plus petits. Un apprentissage de la vie très précoce qui sert aussi, quelque part, de sélection naturelle puisque les petites écoles de montagne en font pas la course aux résultats.

Bien évidemment, il y aurait encore beaucoup à dire et le débat reste entièrement ouvert. L’éducation reste un sujet passionnant et qui exigence une grande vigilance de la part des parents, surtout dans les sociétés ultra-libérales comme en Thaïlande où c’est le gain financier qui prime avant toute chose.

J’ai essayé au travers de ces quatre billets d’aborder les points les plus importants propres à l’éducation des enfants métis et en résumant présentant notre propre expérience, une expérience qui va se poursuivre à la prochaine rentrée scolaire dans une ville de taille moyenne, nettement plus saine et plus sécuritaire que Bangkok pour les adolescentes que seront bientôt nos filles :

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VAREE CHIANGMAI SCHOOL

An Education Beyond Tomorrow

 

 

 

* Non, le mandarin n’est pas le mâle de la mandarine.

8 octobre 2011 - Publié par | Non classé

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