31 Octobre – Waterworld
Ça y est !! Après plus d’un mois que nous sommes sur les routes – et aussi sur les pistes – nous voici de retour à Bangkok, Bangkok sous les eaux… ou presque ?
Fin septembre, lorsque nous avons quitté Bangkok pour Chiang Mai, notre entourage nous faisait part de son inquiétude affolée : “Mais pourquoi vous n’annulez pas ? Chiang Mai est sous les eaux !!
Et puis les deux nouveaux typhons qui sont en train d’arriver vont provoquer un véritable déluge sur les provinces du nord. “
Si, si, ils l’ont dit à la TV !!
Nous avions pris la route malgré ces prévisions apocalyptiques et… rien !! Pas de déluge aux proportions bibliques, pas de ville dévastée, pas d’invasion des birmans, c’est à peine si l’on pouvait encore entrapercevoir, dans certains quartiers, les résidus non nettoyés de la crue de la rivière qui a eu lieu quelques jours avant.
Un mois plus tard, suite aux prévisions catastrophiques diffusées par les médias : Bangkok submergée, les autorités vont ouvrir toutes les écluses pour laisser l’eau filer vers la mer, certains quartiers vont se retrouver sous 1 m d’eau (je rappelle au passage que ça faisait plus d’un mois – deux mois dans certaines régions – que les habitants des plaines centrales étaient sous 1 m d’eau !! Ça représente tout de même un million de personnes !!) et aussi le fait que les routes menant à Bangkok depuis le nord étaient presque toutes coupées, nous avions décidé de rester une semaine de plus à Chiang Mai. Nous étions bien évidemment restés en contact avec nos amis et voisins de Bangkok, dont le gardien à qui nous avions laissé les clés de la maison et qui avait déjà monté toutes nos affaires au 1er étage. À chacun de nos coups de téléphone quotidien il répondait avec le même rire : “Mai Mi Nam Tuam” (Pas d’inondation).
Certaines routes étant redevenues praticables, notre décision était prise : retour à Bangkok pendant le long weekend de 5 jours annoncé férié par le gouvernement, puis éventuellement quelques jours dans notre maison de Nakhon Pathom, puisque de toute façon la reprise de l’école a été décalée au 15 novembre. Là aussi incompréhension de notre entourage : mais pourquoi vous allez à Bangkok, la ville est inondée, le routes sont impraticables, on n’y trouve rien à manger.
Si, si, ils l’ont dit à la TV !!
Avant de prendre la route, direction le supermarché afin de charger notre voiture de provisions pour plusieurs jours. Il semblerait, en effet, que les magasins de la capitale aient été complètement vidés et qu’il soit devenu très difficile, voire impossible, de trouver certaines denrées de base comme de l’eau en bouteille, du sucre, de l’huile, du papier toilette, etc. Direction donc une grande enseigne de Chiang Mai et effectivement nous constatons que les médias avaient raison : plus d’eau en bouteille, plus de lait, plus de nouilles déshydratées, etc. Il manquait exactement les produits annoncés manquants, alors qu’ils étaient disponibles à foison quelques jours avant dans ce même magasin et, comme annoncé, le prix des œufs avait quasiment doublé. Même phénomène dans 3 autres supermarchés. Mais comment diable les médias ont-ils su 3 jours à l’avance que ces produits allaient manquer ??
Par curiosité, je vais tout de même faire un tour dans une superette (Rimping, les médias n’en ont pas parlé) qui vend essentiellement des produits occidentaux, un peu comme Paris Store en France mais à l’envers, et là surprise : non seulement les produits manquants ailleurs sont disponibles sans aucune trace de début de pénurie, mais ils sont au prix normal et certains sont même en promotion !! Mais c’est vrai que ce magasin n’est pas très fréquenté par les Thaïs !!
Nous prenons donc la route, passons une nuit à Nakhon Sawan, la grande ville du centre qui avait été inondée et qui a décrété un “Big Cleaning Day” (Journée du grand nettoyage). Là aussi, nous redoutions qu’il soit très difficile de trouver une chambre, les Bangkokiens ayant fuit la capitale par dizaines de milliers pour échapper au désastre annoncé : “Tous les hôtels des grandes villes de province sont complets, il est quasiment impossible de trouver une cambre”
Si, si, ils l’ont dit à la TV !!
Et là aussi aucun problème : la premier hôtel de Nakhon Sawan que nous avons appelé avait des chambres disponibles, et il ne s’agit nullement d’un hôtel de grand luxe ni d’un hôtel uniquement destiné aux touristes occidentaux. Mais c’est vrai que les médias n’avaient pas annoncé que les inondations à Nakhon Sawan était terminées !!
Dimanche matin, direction Bangkok après nous être renseigné au bureau de la police routière à la sortie de la ville : “C’est dégagé, vous pouvez y aller !!”. Les premiers champs inondés apparaissent à hauteur de Chai Nat. Nous constatons qu’il y a globalement beaucoup moins de réfugiés au bord des routes que le mois dernier quand nous sommes passés en sens inverse et ceux qui sont encore présents sont pour la plupart en train de se préparer à rentrer dans leurs villages.
En route de route, nous constatons la “pénurie” d’eau en bouteille dans une superette au bord de la route.
Plus loin, près d’Ayutthaya, l’une des régions les plus touchées avec presque 2 mois sous les eaux, plusieurs portions de route son encore sous 20-30 cm d’eau. Mas nous passons sans aucune difficultés, les postes de police auprès desquels nous nous étions renseignés précédemment nous l’avait d’ailleurs confirmé : aucun problème avec un véhicule haut comme un 4×4.
À l’entrée de Bangkok, la circulation devient beaucoup plus compliquée et nous roulons au pas dans 10 à 50 cm d’eau sur une bonne vingtaine de kilomètres. La circulation sur l’Asia Highway, le principal axe routier qui relie Bangkok au nord du pays, ne se fait que sur deux voies et au milieu des zones inondées. Imaginez un peu la même chose en France sur l’autoroute du soleil fin juin ou début juillet !!
L’entrée dans Bangkok s’effectue par la “Don Muang Tollway”, autrement dit l’autoroute surélevée qui dessert l’ancien aéroport international, au nord de la capitale. Les pistes sont inondées (1m50 d’eau en moyenne) et tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à une route ou une plate-forme surélevée fait maintenant office de parking. Idem sur l’autoroute où la circulation s’effectue sur une seule voie : les 2 ou 3 voies de gauche servant de parking pour les habitants qui ont eu la sagesse de mettre leur voiture au sec avant la montée des eaux.
Arrivée dans notre quartier, la vie s’y déroule tout à fait normalement, aucun problème d’approvisionnement, les commerces et restaurants sont ouverts et même si tout est plus calme qu’à l’accoutumée – long weekend oblige – rien à part quelques maisons barricadées ci et là ne laisse imaginer les drames qui se jouent à quelques kilomètres à peine.
Vous aurez certainement noté mes allusions plus ou moins sarcastiques aux médias. Il s’agit bien évidemment des médias officiels, les grandes chaînes de TV et les journaux qui, tout comme leurs confrères occidentaux, ont depuis longtemps déjà cessé de remplir leur rôle premier, à savoir la diffusion d’informations, pour accorder la préférence au spectacle et au spectaculaire. Un chroniqueur d’un grand journal anglophone parlait récemment de sa propre expérience lorsqu’il s’est rendu auprès d’un centre de préparation de sacs de sable. Les politiciens, vedettes de la TV et autres “people” locaux faisaient la queue pour se faire prendre en photo ou filmer avec une pelle à la main. Bien évidemment, l’endroit où ils se trouvaient étaient abondamment approvisionné en sacs vide et en sable et il y avait assez de pelles pour tout le monde. Un peu plus loin, hors du champ des caméras, les VRAIS bénévoles se débrouillaient comme ils le pouvaient avec les moyens du bord.
Si l’on ajoute à cette mise en scène les informations contradictoires diffusées en permanence par les “autorités”, vous comprenez que je n’accorde pas beaucoup de crédibilité à une information dont la seule source et
Si, si, ils l’ont dit à la TV !!






