Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

20 Novembre – Un engagement qui séduit

Suite de mon billet du 16 novembre au sujet de notre récent séjour en montagne.
Il va sans dire que la parenthèse du 18 concernant le pastis n’avait absolument rien à voir avec nos actions auprès des minorités ethniques !!

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Ci-dessus l’une des salles de classe que nous avions financées en 2009 et 2010

C’est donc devenu une habitude : nous essayons chaque année de mener à bien au moins un projet principal avec l’école de Ban Huoi Haeng, en plus de différentes petites actions annexes auprès d’autres écoles de la région et aussi auprès des Shans, ces cousins des Thaïlandais qui sont du mauvais côté de la frontière. Monsieur Pimook, le directeur de Ban Huoi Haeng, est plus que jamais engagé dans sa mission à la fois pédagogique et sociale auprès des 125 élèves de son établissement, un engagement qui n’est assurément pas étranger au phénomène d’émulation auquel nous pouvons assister depuis 2 ans environ sous la forme d’autres interventions, notamment d’une ONG suisse et des autorités locales (ben oui, quand même !!).

Un engagement doublé d’une honnêteté à toute épreuve qui a également séduit et surtout convaincu tous les visiteurs, sans exception, souvent des donateurs, à qui nous avons eu le plaisir de faire découvrir ‘pour de vrai’ les conditions assurément peu ordinaires dans lesquelles ces enfants de 4 à 15 étudient avec une motivation exemplaire et aussi dans lesquelles les enseignants, extraordinairement dévoués, doivent assurer leurs cours.

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Parmi ces visiteurs, il y a eu, fin décembre 2009, un groupe relativement conséquent duquel faisaient partie plusieurs “jeunes” du Rotary-Club, ou plus exactement du Club Interact de Brumath – Strasbourg Campagne. Ayant été immergés dans les projets humanitaires dès leur plus jeune âge, la participation à ce type d’action fait depuis toujours partie de leur quotidien et ils organisent chaque année, pendant la période estivale, une journée de festivités dont les bénéfices sont consacrés à certains projets choisis. Leur grande expérience du terrain, combinée ici à leur impression personnelle, leur permet d’avoir une vision relativement objective de la situation, un regard extérieur que nous apprécions toujours et qui nous conforte dans notre manière de mener les projets et, surtout, de gérer les fonds qui nous sont confiés.

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L’un des projets qu’ils avaient choisi de financer cette année est une coopérative scolaire pour l’école de Ban Huoi Haeng. Il s’agissait d’un projet indépendant du reste de l’école, au coût peu élevé, facile à maîtriser et dont l’aboutissement pourrait contribuer à améliorer considérablement le quotidien à la fois des élèves et des professeurs, puisque le petit village montagnard dans lequel se trouve l’école ne compte aucun, mais alors AUCUN magasin et qu’il faut parcourir 10 à 15 km d’une bande bitumée sinueuse pour acheter ne serait-ce qu’un crayon !!

L’idée était donc de créer ce que l’on trouve dans l’immense majorité des écoles du pays : une boutique où les élèves pourront se procurer des articles scolaires, mais aussi quelques friandises ainsi que du savon, du dentifrice, etc. pour les pensionnaires. Cette boutique sera gérée à la manière d’une coopérative, c’est-à-dire sans véritable but lucratif à part le petit bénéfice qui servira à l’entretien des locaux et qui permettra aussi de faire face aux inévitables augmentations de prix. Le Club Rotary Interact a ainsi envoyé les fonds nécessaires, soit 1500 Euros, directement sur le compte de l’école et nous avons pu constater lors de notre récent passage que Monsieur Pimook et son équipe, comme à leur habitude, avaient su utiliser au mieux le budget disponible.

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Les travaux n’étaient pas encore totalement terminés au moment de notre passage début octobre (c’était pendant les congés !), mais le local est prêt sous la forme d’une extension ajoutée à l’une des salles de classe que nous avions financées et les informations récentes me laissent penser que les premières marchandises devraient faire leur apparition très prochainement. Connaissant les habitudes thaïlandaises, je suppose qu’ils demanderont conseil auprès d’un moine ou d’un shaman local qui choisira la date la plus propice pour l’ouverture officielle.

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Monsieur Pimook a confié l’encadrement de ce projet à celui que l’on peut considérer comme son bras droit : Monsieur Lutchay, professeur à l’école depuis plusieurs années et lui-même originaire d’un village Lahu rouge de la région. Un choix qui est loin d’être anodin, car la future gestion de cette coopérative sera ainsi confiée à quelqu’un qui connaît parfaitement les particularités de la culture locale où les notions de vie en communauté et d’entraide entre villageois ont encore toute leur place. Habitant dans la vallée, il y descend en moyenne trois fois par semaine et pourra assurer l’approvisionnement en marchandises. Il prévoit même d’acheter plusieurs grandes glacières dans lesquelles il pourra conserver notamment des “Yakool”, ces yaourts à boire genre Actimel en flacons de 10 ml qui sont distribués à toutes les sorties d’école du pays, ainsi que d’autres produits qui doivent être tenus au frais et auxquels seuls quelques enfants privilégiés avaient accès jusqu’à présent (essayez d’imaginer un été sans manger une glace !!).

Un projet une nouvelle fois rondement mené dont l’aboutissement ouvre la voie au prochain : l’aménagement d’une cuisine digne de ce nom.

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Mais ça, ce sera l’objet d’un prochain billet. Pour l’instant, je vous laisse imaginer au vu de la photo ci-dessus les conditions “exemplaires” dans lesquelles sont préparés les 3 repas quotidiens des 80 pensionnaires, auxquels viennent s’ajouter 45 déjeuners des élèves qui ont la chance de pouvoir regagner leurs foyers tous les soirs mais qui restent tout de même manger à l’école.

20 novembre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng | Laisser un commentaire

18 Novembre – Cette année, c’est Pastis

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Ça, c’était il y a… euh…  ou là !! Déjà !!
Je ne sais pas si je réussirai à en trouver une plus ancienne.

18 novembre 2011 Publié par | Vie quotidienne | 4 Commentaires

16 Novembre – Des nouvelles du front

ou plutôt du mont et des dons !!

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Cela fait en effet près d’un mois que nous sommes rentrés de notre dernier voyage en montagne, mais entre les routes coupées, les affaires de notre maison de Bangkok à mettre en lieu sûr et l’organisation de notre vie de “réfugiés” à Nakhon Pathom, j’avoue que je n’avais pas vraiment le temps de mettre un semblant d’ordre dans la pléthore d’idées, de projets et autres émotions qui agitent mon esprit, comme à chaque fois depuis plus de 5 ans maintenant que nous venons dans cette région (voir ci-dessus, l’onglet “Nos projets”).

Nous avions donc passé 10 jours intenses (c’était d’ailleurs le titre d’un billet écrit sur le vif), mais aussi quelques jours avant et quelques jours après à constater la progression et l’aboutissement des projets en cours auprès de l’école de Ban Huoi Haeng, que mes lecteurs réguliers commencent à bien connaître, et d’une autre école qui nous avait été recommandée et que nous suivions “à distance” depuis quelques mois : l’école de Pang Tong, dans la région de Khun Yuam, quelque part entre Mae Hong Son et Mae Sariang. Monsieur Pimook connaît son directeur, un homme qui est lui aussi admirablement dévoué à sa tâche et qui a volontairement choisi de faire sa carrière au milieu des populations Karens dont les enfants constituent la majorité des effectifs de son établissement.

Mais commençons par l’école de Ban Huoi Haeng, étape incontournable de chacun de nos voyages en montagne et dont nous avons pu suivre l’évolution au cours des dernières années. Lors de nos tous premiers contacts, entre 2006 et 2008, nous avions le sentiment d’être les seuls à apporter une aide, aussi modeste soit-elle, à ce qui est tout de même un établissement scolaire officiel de l’éducation nationale. Les conditions d’accès étaient très difficiles – en moyenne 1H30 de piste défoncée jusqu’au village le plus proche – et il n’était pas rare que le village reste inaccessible plusieurs jours pendant les fortes pluies de mousson.

Fin 2008, nous avions alors participé à la construction d’un dortoir, équipé ce même dortoir, installé des panneaux solaires, etc. (vous pourrez retrouver le détail de nos différents projets dans l’onglet du même nom en haut de cette page). Nous avions l’habitude de passer en moyenne 2 fois par an et Mr Pimook, le directeur, ainsi que les autres professeurs savaient que notre engagement avec leur école était sur le long terme. La seule autre “intervention” extérieure que nous avions pu constater à ce moment était la construction d’une route et d’un pont, ce qui facilitait considérablement l’accès au village, mais aussi les communications entre ce même village et la vallée et ainsi le “monde extérieur”.

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Début 2009, j’étais présent le jour de la rentrée des classes et j’ai constaté que plusieurs élèves d’autres écoles des environs étaient venus à Ban Huoi Haeng pour s’y faire inscrire. Il semblait, en effet, que les quelques actions que nous avions menées, auxquelles il fallait ajouter l’admirable engagement de Monsieur Pimook et de son équipe d’enseignants, avaient donné à cette école une certaine notoriété et en avaient fait l’école de référence de la région.

Un an plus tard, nous avions eu l’agréable surprise d’apprendre qu’une autre ONG, suisse, s’était intéressée à l’école de Ban Huoi Haeng et avait elle aussi financé la construction d’un dortoir. Parallèlement à cela, Mr Pimook nous disait qu’il recevait occasionnellement la visite de l’une ou l’autre personnalité locale ou nationale qui avait entendu parler de cette école pas comme les autres mais qui restait pourtant tellement démunie en comparaison des établissements de même catégorie près des grandes villes.

Aujourd’hui, l’école de Ban Huoi Haeng possède la lumière pendant la nuit, l’eau courante (un véritable luxe), des installations confortables pour l’hébergement des 80 enfants qui restent dormir sur place 10 mois sur 12, des salles de classe toute neuves (à l’exception de 2 – bureaucratie oblige !!) et l’école vient d’être sélectionnée parmi plusieurs autres établissements de la province pour devenir un centre d’enseignement de l’informatique avec, à la clé, la dotation d’un équipement complet et – cerise sur le gâteau – l’installation d’une mini centrale solaire qui fournira de l’électricité en permanence.

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Il semblerait donc qu’il existe un phénomène d’émulation non seulement auprès d’autres ONG (les suisses sont revenus entre temps pour installer un groupe de purification pour produire de l’eau potable), mais aussi auprès des autorités de tutelle qui se sont finalement réveillées (enfin pas trop vite, hein !!) et que l’idée de Pimook d’afficher partout les noms – étrangers – des donateurs commence à porter ses fruits.

En attendant, un autre projet est sur le point d’aboutir et d’autres sont à l’étude. Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain billet.

16 novembre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

13 Novembre – La semaine des filles

Cette semaine, les filles…

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…ont profité de la piscine,

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…ont fait des devoirs de vacance (ben oui, quand même !!),

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… ont dessiné,

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… ont lu (elle est née en 2001 et je l’ai lu quand j’avais à peu près son âge),

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… se sont fait faire des timbres poste à leur image (une idée originale de la Poste Thaïlandaise pour venir en aide aux victimes des inondations, une planche de 12 timbres officiels était imprimée sur place),

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… ont fait du bateau sur le gazon (une première !!),

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… ont fêté l’anniversaire de leur maman,

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… ont été au Kristindelsmärik version Nakhon Pathom,

 

et plein d’autres choses encore. Et la semaine prochaine, ça devrait être à peu près le même genre de programme (sauf l’anniversaire qui sera celui de quelqu’un d’autre !!), avant notre retour à Bangkok prévu vers le 20 novembre, l’ouverture de l’école étant confirmée pour le 28.

Entre temps, nous nous serons rendus à Chiang Mai où elles passerons l’examen d’évaluation de leur nouvelle école.

13 novembre 2011 Publié par | Vie quotidienne | 4 Commentaires

11 Novembre – Kristkindelsmärik

Ou presque !!

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Nous sommes en effet dans la semaine de Loy Krathong, l’une des plus belles fêtes de Thaïlande qui a lieu tous les ans à la pleine lune de novembre et qui est également surnommée la fête des lumières ou fête des lanternes.

Cette tradition remonte à l’époque du Bouddha et les explications relatives à sa véritable origine sont relativement floues. Mélange de coutumes hindouistes, animistes et bouddhistes, elle présente cependant un dénominateur commun : l’hommage aux esprits des eaux. Dans la Thaïlande actuelle, les deux explications qui reviennent le plus souvent sont le pardon à la déesse des eaux pour tous les déchets que l’on y a déversé au cours de l’année ou encore l’évacuation au fil de l’eau de tous les soucis et désagréments de l’année qui vient de s’écouler.

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Dans la majorité du pays, les gens confectionnent (ou achètent !!) des Krathong, un objet flottant généralement constitué d’une tranche de tronc de bananier soigneusement décorée de feuilles, de fleurs et au centre de laquelle sont placés trois bâtonnets d’encens et une bougie. Certains modèles sont extrêmement élaborés et des concours du plus beau Krathong sont même organisés.

Après la tombée de la nuit, on “Loy” (fait flotter) son Krathong sur un cours d’eau ou un plan d’eau où il va rejoindre les dizaines d’autres qui s’y trouvent déjà. Il se dégage alors de ces dizaines, parfois centaines, de petites lumières qui se déplacent lentement au fil d’eau une atmosphère féérique à laquelle la pleine lune, accompagnée de quelques verres d’alcool de riz, ajoute même un côté mystique pour la plus grande joie des amateurs de l’une des grandes spécialités Thaïlandaise : les esprits !!

Dans les régions montagneuses, le Krathong sur l’eau est souvent remplacé par sa version aérienne, appelée en Europe la lanterne chinoise et qui provoque parfois une belle pagaille auprès des contrôleurs aériens lorsqu’elles sont lâchées par des voyageurs de retour d’Asie !!. Il s’agit ici de rendre hommage à Uppakutta, l’un des disciples du Bouddha. En pratique, il s’agit surtout de “lâcher” un Krathong dans un fluide, l’air remplaçant ici l’eau qui est plus rare dans les montagnes, ou alors, lorsqu’elle est présente, c’est sous la forme d’un torrent dont la violence du courant ne permet pas vraiment d’obtenir l’effet à la fois féérique et mystique de la lente procession de lumières…

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Des festivités sont bien évidemment organisées un peu partout, notamment autour des lieux de “lâché” des Krathong, souvent des endroits spécialement aménagés pour l’occasion au bord d’un cours d’eau. Feux d’artifice, concerts, kermesses et autres marchés en tous genres.

À Nakhon Pathom où nous sommes en ce moment a lieu tous les ans pendant 10 jours le “marché de Loy Krathong” autour du Phra Pathom Chedi, la plus grande pagode de Thaïlande. Pong y venait déjà quand elle était enfant et certains stands sont toujours au même endroit avec les mêmes produits. Un peu comme le Kristkindelsmärik à Strasbourg, mais sans le vin chaud !!

Anecdote : depuis que nous vivons en Thaïlande, je crois bien que c’est l’un des premiers Loy Krathong où il en pleut pas !! En effet, bien que la saison des pluies soit terminée depuis longtemps, il n’était pas rare qu’une petite averse vienne perturber le lâcher de Krathong sur la rivière ou le canal. Mais nous avons heureusement été épargnés cette année, il faut dire que les énormes masses d’eau qui sont tombées sur le pays au cours des derniers mois sont toujours en train d’assiéger la capitale, Bangkok, et même si notre maison et aussi notre quartier ont été épargnés, la situation est de loin d’être réglée et la circulation qui est déjà chaotique en temps normal est devenue un véritable casse-tête.

L’école des filles ayant décalé la reprise des cours d’un mois, nous avons donc préféré nous retirer dans notre “maison à la campagne” où le réseau téléphonique mobile me permet de disposer de l’Internet et donc de bosser (et aussi, occasionnellement, d’écrire un billet sur mon blog !!).

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Mais même là les traces des inondations sont visibles, notre gazon étant sous 30 cm d’eau depuis presque un mois. Les tigres ont été mis à l’abri, la girafe a les pieds dans l’eau et le mouton lance le regard interrogateur de celui qui voudrait bien savoir combien de temps tout cela va encore durer.

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11 novembre 2011 Publié par | Célébrations, Vie quotidienne | 1 Commentaire

31 Octobre – Waterworld

Ça y est !! Après plus d’un mois que nous sommes sur les routes – et aussi sur les pistes – nous voici de retour à Bangkok, Bangkok sous les eaux… ou presque ?

Fin septembre, lorsque nous avons quitté Bangkok pour Chiang Mai, notre entourage nous faisait part de son inquiétude affolée : “Mais pourquoi vous n’annulez pas ? Chiang Mai est sous les eaux !!
Et puis les deux nouveaux typhons qui sont en train d’arriver vont provoquer un véritable déluge sur les provinces du nord. “

Si, si, ils l’ont dit à la TV !!

Nous avions pris la route malgré ces prévisions apocalyptiques et… rien !! Pas de déluge aux proportions bibliques, pas de ville dévastée, pas d’invasion des birmans, c’est à peine si l’on pouvait encore entrapercevoir, dans certains quartiers, les résidus non nettoyés de la crue de la rivière qui a eu lieu quelques jours avant.

Un mois plus tard, suite aux prévisions catastrophiques diffusées par les médias : Bangkok submergée, les autorités vont ouvrir toutes les écluses pour laisser l’eau filer vers la mer, certains quartiers vont se retrouver sous 1 m d’eau (je rappelle au passage que ça faisait plus d’un mois – deux mois dans certaines régions – que les habitants des plaines centrales étaient sous 1 m d’eau !! Ça représente tout de même un million de personnes !!) et aussi le fait que les routes menant à Bangkok depuis le nord étaient presque toutes coupées, nous avions décidé de rester une semaine de plus à Chiang Mai. Nous étions bien évidemment restés en contact avec nos amis et voisins de Bangkok, dont le gardien à qui nous avions laissé les clés de la maison et qui avait déjà monté toutes nos affaires au 1er étage. À chacun de nos coups de téléphone quotidien il répondait avec le même rire : “Mai Mi Nam Tuam” (Pas d’inondation).

Certaines routes étant redevenues praticables, notre décision était prise : retour à Bangkok pendant le long weekend de 5 jours annoncé férié par le gouvernement, puis éventuellement quelques jours dans notre maison de Nakhon Pathom, puisque de toute façon la reprise de l’école a été décalée au 15 novembre. Là aussi incompréhension de notre entourage : mais pourquoi vous allez à Bangkok, la ville est inondée, le routes sont impraticables, on n’y trouve rien à manger.

Si, si, ils l’ont dit à la TV !!

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Avant de prendre la route, direction le supermarché afin de charger notre voiture de provisions pour plusieurs jours. Il semblerait, en effet, que les magasins de la capitale aient été complètement vidés et qu’il soit devenu très difficile, voire impossible, de trouver certaines denrées de base comme de l’eau en bouteille, du sucre, de l’huile, du papier toilette, etc. Direction donc une grande enseigne de Chiang Mai et effectivement nous constatons que les médias avaient raison : plus d’eau en bouteille, plus de lait, plus de nouilles déshydratées, etc. Il manquait exactement les produits annoncés manquants, alors qu’ils étaient disponibles à foison quelques jours avant dans ce même magasin et, comme annoncé, le prix des œufs avait quasiment doublé. Même phénomène dans 3 autres supermarchés. Mais comment diable les médias ont-ils su 3 jours à l’avance que ces produits allaient manquer ??

Par curiosité, je vais tout de même faire un tour dans une superette (Rimping, les médias n’en ont pas parlé) qui vend essentiellement des produits occidentaux, un peu comme Paris Store en France mais à l’envers, et là surprise : non seulement les produits manquants ailleurs sont disponibles sans aucune trace de début de pénurie, mais ils sont au prix normal et certains sont même en promotion !! Mais c’est vrai que ce magasin n’est pas très fréquenté par les Thaïs !!

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Nous prenons donc la route, passons une nuit à Nakhon Sawan, la grande ville du centre qui avait été inondée et qui a décrété un “Big Cleaning Day” (Journée du grand nettoyage). Là aussi, nous redoutions qu’il soit très difficile de trouver une chambre, les Bangkokiens ayant fuit la capitale par dizaines de milliers pour échapper au désastre annoncé : “Tous les hôtels des grandes villes de province sont complets, il est quasiment impossible de trouver une cambre”

Si, si, ils l’ont dit à la TV !!

Et là aussi aucun problème : la premier hôtel de Nakhon Sawan que nous avons appelé avait des chambres disponibles, et il ne s’agit nullement d’un hôtel de grand luxe ni d’un hôtel uniquement destiné aux touristes occidentaux. Mais c’est vrai que les médias n’avaient pas annoncé que les inondations à Nakhon Sawan était terminées !!

Dimanche matin, direction Bangkok après nous être renseigné au bureau de la police routière à la sortie de la ville : “C’est dégagé, vous pouvez y aller !!”. Les premiers champs inondés apparaissent à hauteur de Chai Nat. Nous constatons qu’il y a globalement beaucoup moins de réfugiés au bord des routes que le mois dernier quand nous sommes passés en sens inverse et ceux qui sont encore présents sont pour la plupart en train de se préparer à rentrer dans leurs villages.

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En route de route, nous constatons la “pénurie” d’eau en bouteille dans une superette au bord de la route.

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Plus loin, près d’Ayutthaya, l’une des régions les plus touchées avec presque 2 mois sous les eaux, plusieurs portions de route son encore sous 20-30 cm d’eau. Mas nous passons sans aucune difficultés, les postes de police auprès desquels nous nous étions renseignés précédemment nous l’avait d’ailleurs confirmé : aucun problème avec un véhicule haut comme un 4×4.

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À l’entrée de Bangkok, la circulation devient beaucoup plus compliquée et nous roulons au pas dans 10 à 50 cm d’eau sur une bonne vingtaine de kilomètres. La circulation sur l’Asia Highway, le principal axe routier qui relie Bangkok au nord du pays, ne se fait que sur deux voies et au milieu des zones inondées. Imaginez un peu la même chose en France sur l’autoroute du soleil fin juin ou début juillet !!

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L’entrée dans Bangkok s’effectue par la “Don Muang Tollway”, autrement dit l’autoroute surélevée qui dessert l’ancien aéroport international, au nord de la capitale. Les pistes sont inondées (1m50 d’eau en moyenne) et tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à une route ou une plate-forme surélevée fait maintenant office de parking. Idem sur l’autoroute où la circulation s’effectue sur une seule voie : les 2 ou 3 voies de gauche servant de parking pour les habitants qui ont eu la sagesse de mettre leur voiture au sec avant la montée des eaux.

Arrivée dans notre quartier, la vie s’y déroule tout à fait normalement, aucun problème d’approvisionnement, les commerces et restaurants sont ouverts et même si tout est plus calme qu’à l’accoutumée – long weekend oblige – rien à part quelques maisons barricadées ci et là ne laisse imaginer les drames qui se jouent à quelques kilomètres à peine.

Vous aurez certainement noté mes allusions plus ou moins sarcastiques aux médias. Il s’agit bien évidemment des médias officiels, les grandes chaînes de TV et les journaux qui, tout comme leurs confrères occidentaux, ont depuis longtemps déjà cessé de remplir leur rôle premier, à savoir la diffusion d’informations, pour accorder la préférence au spectacle et au spectaculaire. Un chroniqueur d’un grand journal anglophone parlait récemment de sa propre expérience lorsqu’il s’est rendu auprès d’un centre de préparation de sacs de sable. Les politiciens, vedettes de la TV et autres “people” locaux faisaient la queue pour se faire prendre en photo ou filmer avec une pelle à la main. Bien évidemment, l’endroit où ils se trouvaient étaient abondamment approvisionné en sacs vide et en sable et il y avait assez de pelles pour tout le monde. Un peu plus loin, hors du champ des caméras, les VRAIS bénévoles se débrouillaient comme ils le pouvaient avec les moyens du bord.

Si l’on ajoute à cette mise en scène les informations contradictoires diffusées en permanence par les “autorités”, vous comprenez que je n’accorde pas beaucoup de crédibilité à une information dont la seule source et

Si, si, ils l’ont dit à la TV !! 

31 octobre 2011 Publié par | Non classé | 7 Commentaires

23 Octobre – 10 jours intenses

Je vous parlais de “silence radio” et de “l’autre côté du miroir” dans mon dernier billet, nous voilà de retour !!

Mais avant d’aller plus loin, j’ose espérer qu’entre la naissance de Sarkozy junior et la mort de Kadhafi les médias français ont réussi à trouver un peu de place pour parler des inondations catastrophiques qui touchent la Thaïlande depuis plusieurs semaines et qui sont maintenant sur le point d’envahir Bangkok.

Voici un site d’information fiable et régulièrement mis à jour (en anglais) : http://www.thaitravelblogs.com/

En français, il y le très intéressant blog de Michèle qui livre une vision un peu plus analytique des évènements et de certains débordements politiques : http://michjuly.typepad.com/blog/

Pour les d’informations en français, il y a le site du Gavroche qui semble être mis à jour régulièrement http://www.gavroche-thailande.com/ ou encore le site Thailande-Info http://www.thailande-infos.net/ qui a mis en place une Veille informative.

Pour notre part, l’école des filles ayant décalé la rentrée d’au moins une semaine et moi-même ayant (une prémonition ?) emmené avec moi tout ce qu’il faut pour travailler à peu près normalement, nous avons décidé de rester une semaine de plus à Chiang Mai. Non pas que notre maison de Bangkok soit touchée – elle se trouve dans l’un des quartiers épargnés pour l’instant – mais la circulation dans la capitale est encore plus chaotique qu’à l’accoutumée (ce qui n’est pas peu dire !!) et les rayons des supermarchés ont été vidés de tout ce qui se mange et peut se stocker. Inutile donc d’aller “camper” dans un quartier où l’électricité risque d’être coupée, nous retournerons vers le centre du pays en fin de semaine, avec pour option de nous installer quelques jours dans notre maison de Nakhon Pathom si l’école n’est toujours pas ouverte la semaine prochaine.

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Réflexion personnelle : quelque part je me dis que nous avons quand même une chance insolente, j’irais presque jusqu’à dire indécente. Des milliers de personnes autour de nous ont tout – mais alors TOUT – perdu (il y a très peu d’assurance habitation en Thaïlande). Nous venons une nouvelle fois de passer 10 jours avec des gens dont certains ont vu leurs parents assassinés sous leurs yeux et qui survivent plus qu’ils ne vivent dans un pays sous occupation birmane. Nous avons visité des écoles où les enfants viennent en pension pour 5 mois avec une seule paire de chaussures et dont les directeurs doivent se débrouiller pour leur trouver un repas chaque matin et chaque soir.

Une chance qui nous motive d’autant plus à poursuivre nos actions, car je me dis que si des gens comme nous, qui n’ont après tout rien de bien exceptionnel, ont accès à tout ce que la société moderne et la technologie peuvent offrir, c’est pour pouvoir le partager et essayer d’en faire bénéficier le plus grand nombre. Ce que je souhaite dans l’immédiat, c’est de réussir à disposer d’assez de temps pour pouvoir poursuivre notre collecte de fonds, car les besoins sont vraiment immenses.

Bon, assez de bavardages, voici quelques photos des 10 derniers jours passés “de l’autre côté du miroir”.

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Après une mousson exceptionnellement longue et abondante, il vaut mieux être bien équipé pour parcourir les 10 km de piste qui mènent à notre destination.

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Lever de soleil magnifique sur les montagnes du Pays Shan à 1400 mètres d’altitude.

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La prochaine fois, promis, je lui apporte un cure-dents.

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Mon ami le Docteur Pilou en plein examen. La présence d’un “vrai” médecin, surtout occidental, passe rarement inaperçue et plusieurs patients en profitent pour se soumettre à un examen plus approfondi. Il va sans dire que le concept de tirer au flanc est inexistant ici et que personne n’essaie de se faire mettre en arrêt maladie pour aller à la pêche !!

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Les équipes paramédicales parcourent le pays Shan pour apporter des médicaments et prodiguer les premiers soins aux populations démunies de tout. Ils suivent un programme de formation de 6 mois, puis repartent dans la jungle et reviennent l’année suivante pour 6 nouveaux mois de formation. J’ai volontairement masqué leurs visages, il faut qu’ils restent incognito car seules les autorités birmanes sont <officiellement> autorisées à fournir des médicaments aux populations.

Ici, le Docteur Pilou en pleine démonstration de l’examen initial d’un patient.

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Déjeuner quotidien avec un autre médecin – américain – arrivé 2 jours après nous. Retraité, il a choisi de consacrer son temps aux populations réfugiées. Il est à Loi Tai Laeng pour 2 mois, à droite son épouse qui l’accompagne et la jeune femme à sa gauche est une prof d’anglais qui a volontairement choisi d’enseigner 6 mois en pays Shan !!

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Les étudiants sont avides de connaissances et chaque livre est pour eux un véritable trésor. Petit bémol : prolifération de livres sur “Jésus” distribués à tous vents par des missionnaires de passage. J’ai joué au candide et ai demandé s’ils avaient aussi des livres sur Mahomet, Shiva, Bouddha, etc.

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Plus loin à l’intérieur du pays Shan, une succession de petites vallées extraordinairement fertiles où poussent fruits et légumes en abondance, à condition d’avoir suffisamment d’eau…

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Je n’ai pas réussi à savoir comment se dit “Schnaps” en Shan !!

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De jeunes moines près de l’école. La fraîcheur des lieux explique les robes doublées.

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Une population extraordinairement accueillante et toujours souriante, malgré tout ce qu’elle a pu subir.

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C’est peut-être banal, mais ne dit-on pas qu’après la pluie vient le beau temps ?

23 octobre 2011 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng, Voyages | 5 Commentaires

11 Octobre – Mardi, jour du marché

Comme tous les mardis, marché montagnard à Pang Mapha, un véritable bonheur pour les photographes.

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Voyons, 2 kg de patates douces à 25 Bahts et 3 kg de tomates à 30 Bahts, ça fait…

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Vacances scolaires : beaucoup d’enfants accompagnent leurs parents.

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Vous avez vu mes belles dents ?

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Et bien sûr l’incontournable visite à l’école de Ban Huoi Haeng dont les élèves sont eux aussi supposés être en vacance, mais dont ceux qui habitent au village n’ont pas voulu manquer l’occasion de venir nous saluer en nous présentant leur nouvelle coopérative scolaire qui devrait être opérationnelle pour le deuxième semestre, à partir du mois de novembre.

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Nous avions appris il y a quelques mois qu’une immense statue de Bouddha avait été construite dans un village à quelques kilomètres de Ban Huoi Haeng. Les pistes étant praticables et disposant d’un peu de temps, nous avons décidé d’aller découvrir cette curiosité locale qui fait un peu figure d’anachronisme au milieu des montagnes sauvages et des villages aux maisons en chaume et en bambou.

Nous avons rencontré le moine (il n’y en a qu’un seul !!) qui vit à côté. Il s’agit d’un moine ermite qui avait choisi de vivre dans la forêt et qui a eu un jour une révélation lui demandant de faire construire une grande statue de Bouddha à l’endroit où il était en train de méditer. Comme beaucoup de moines, il a eu une vie “civile” avant de rejoindre les ordres et il a alors téléphoné à son ancien patron, un riche industriel, pour lui parler de sa révélation et lui demander s’il accepterait de participer à son financement. Bien lui en a pris, puisqu’il a accepté de participer à hauteur de 90 % de l’ensemble, le reste ayant été assuré par la classique voie des dons.

Demain, changement de décor, nous passons de l’autre côté du miroir… Silence radio pendant une bonne semaine .

11 octobre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans | Laisser un commentaire

10 Octobre – C’est parti !!

Ça y est, après une semaine pas vraiment de tout repos, nous avons accueilli notre ami le Docteur Pilou à l’aéroport de Chiang Mai samedi soir (heureusement qu’il est venu en avion, car toutes les routes sont inondées !!) et prenons ce matin la route de Tam Lod, dans la province de Mae Hong Son, pour une nouvelle mission quelque part en montagne.

Les filles trépignent d’impatience depuis plusieurs jours à l’idée de retourner au Cavelodge, il est vrai que c’est l’endroit de Thaïlande où nous avons passé les plus longues et les meilleures périodes de vacance et que c’est devenu un peu notre deuxième “chez nous”.

Tam Lod (74)

Si vous voulez avoir un avant-goût du paradis, c’est là qu’il faut commencer. Il existe depuis peu un groupe Facebook qui a été créé par John, le fondateur du Cavelodge qui vit en Thaïlande depuis 30 ans, et où chacun peut poster ses photos et ses meilleurs souvenirs.

Ban Huoi Haeng (107)

Aucun séjour dans cette guest-house mythique ne peut être envisagé sans une visite à l’école de Ban Huoi Haeng, d’autant plus qu’un nouveau projet vient d’y être réalisé avec l’aide de l’association Action Rotary Est et les jeunes de l’Interact. Nous devrions le découvrir dans les jours qui viennent, je le présenterai bien évidemment dans un prochain billet.

Tam Lod (29)

En attendant, nous allons savourer la route aux 1500 virages avec ses paysages fabuleux, ses marchés montagnards et ses rencontres inattendues…

Chiang Mai (365)

10 octobre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Voyages | 2 Commentaires

8 Octobre – Lycée français de Bangkok, 4ème partie…

…et vraisemblablement la dernière.

Oui, je sais. Il aura fallu le temps pour “pondre” cette 4ème partie. Enfin les idées étaient là depuis longtemps, la forme aussi, le seul problème était… le temps (toujours lui !!). J’avais commencé à rédiger ce billet il y a quelques temps déjà et j’en suis au troisième changement de date. Bon, il faut dire qu’il y a eu l’anniversaire de Naomi en cours de route !!

Le sujet continue cependant de susciter un intérêt certain aussi bien en Thaïlande qu’auprès d’autres migrants ‘Franco-Quelque chose’ qui rencontrent la même problématique (j’en profite pour saluer au passage Cédric, un alsacien qui vit à Taïwan et qui parle le mandarin*), au point que certains qui désespéraient de pouvoir lire la suite m’ont envoyé un courriel ou même directement téléphoné !!

Je précise donc une nouvelle fois que je n’ai nullement la prétention d’être un spécialiste et – surtout – je ne connais pas LA solution idéale pour chaque situation spécifique. Je ne suis pas non plus “consultant” en éducation/scolarisation et ne connais pas les tarifs de toutes les écoles bilingues de Bangkok et encore moins leurs conditions d’admission. Au travers de ces 4 billets, j’ai simplement essayé d’exposer notre propre démarche résultant de nos propres réflexions et, surtout, en l’absence de toute contrainte géographique résultant d’une activité professionnelle.

Pour relire les trois premiers articles, cliquez sur les liens ci-dessous :
1 – Ah bon, vos enfants ne vont pas au Lycée français ?
2 – Métisses et fières de l’être
3 – Bilinguisme, trilinguisme, etc.

Si les premiers billets concernaient surtout l’éducation proprement dite ainsi que la construction de la personnalité et l’acquisition des langues au cours des années maternelles et primaires de la scolarisation, je vais maintenant aborder un autre facteur auquel je n’avais pas du tout pensé au départ (je vous avais bien dit que je ne suis pas un spécialiste !!) et qui peut s’avérer extrêmement important pour l’avenir socio-professionnel de notre progéniture : les réseaux !!

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En clair : l’environnement humain au sein duquel se déroulent les études, le tissu relationnel que l’on construit pendant les années de lycée et d’université, les copains/copines que l’on retrouvera des années plus tard pendant sa vie professionnelle, ces amitiés plus ou moins durables, plus ou moins sincères, qui peuvent devenir très précieuses au cours de la future vie d’adulte. Et s’il est un endroit où le tissu relationnel est important, c’est bien la Thaïlande. Si l’on va à l’école avec des enfants de fonctionnaires, il y a de fortes chances pour que l’on devienne soit aussi fonctionnaire. Si ce sont des enfants de commerçants ou de médecins, on se sentira plutôt attiré par les carrières dans le secteur privé.

Si l’école actuelle est (presque) parfaite pour ce qui est du cycle primaire, nous avons constaté que les classes secondaires semblaient plus ou moins délaissées et qu’aucun effort n’était vraiment entrepris pour les développer. Avec une moyenne de 10 élèves par classe et aucun professeur thaïlandais à plein temps, elles nous font plutôt penser à une solution de secours pour ceux qui n’ont vraiment aucun autre choix. L’un des directeurs me l’avait d’ailleurs clairement conseillé : si vous souhaitez un enseignement secondaire de qualité, essayez de chercher ailleurs. En ajoutant à cela que certains élèves du secondaire mènent déjà leur propre carrière dans la chanson ou dans la mode et ne viennent que pour faire acte de présence, l’impression générale est plutôt du genre “nous avons des classes secondaires pour vous dépanner si vraiment vous n’avez pas d’autre solution !!”.

Pour revenir au facteur relationnel, aux fameux “réseaux” que se construisent les lycéens, il nous a donc semblé nettement préférable d’essayer de trouver pour nos filles un établissement à la fois à la taille plus conséquente, avec un cycle secondaire digne de ce nom et offrant plusieurs options pour le secondaire supérieur (science, littéraire, etc.), toujours avec une forte proportion de métis (un aspect évoqué dans mon 2ème billet à ce sujet), toujours avec de VRAIS professeurs anglophones, le tout dans un environnement à la fois studieux et ludique qui offrira à nos filles les bases nécessaires à la construction d’un tissu relationnel intéressant. De plus, lorsqu’on leur demande quelle école elles fréquentent, elles peuvent ressentir une certaine fierté à annoncer le nom d’un établissement qui les identifie à un milieu donné.

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Un autre aspect, qui rejoint un peu ce que j’évoquais déjà à la fois au sujet de leur caractère métis et de la pratique de plusieurs langues, concerne la multiplication des expériences sociales et l’élargissement de leur champ de vision. En clair, leur offrir l’occasion de côtoyer un éventail social le plus large possible afin qu’elles se sentent à l’aise partout où elles iront sans jamais éprouver le moindre complexe et optimiser ainsi leur faculté d’adaptation. Il faut donc éviter un cloisonnement excessif dans un milieu socio-culturel donné, du genre ne fréquenter que des enfants des classes aisées, que des occidentaux, que des thaïs, que des francophones, etc. Leur future réussite socio-professionnelle sera d’autant plus favorisée qu’elle pourront naviguer avec aisance d’un milieu à l’autre, de manière quasi-instinctive puisque c’est ce qu’elles auront connu pendant leurs années d’école et de lycée.

Je vais citer ici deux anecdotes assez significatives, chacune concernant des enfants/adolescents issus de milieux sociaux très différents.

La maman d’une copine de classe discutait un jour avec Pong au sujet de nos filles et lui faisait part de son admiration devant leur débrouillardise et leur autonomie. Elle s’est ensuite mise à parler de son propre neveu, âgé de 12 ans, qui ne savait toujours pas lacer seul ses chaussures et qui, lorsqu’il veut chercher une boisson au réfrigérateur, se tient debout devant de celui-ci et appelle la bonne pour qu’elle vienne lui ouvrir la porte. Il faut dire que les parents sont quasiment absents de sa vie, toujours en train de travailler, et qu’il a son propre chauffeur et sa bonne à sa disposition depuis son plus jeune âge.

C’est la progéniture type d’une famille aisée sino-thaïe qui recevra (pas qui “obtiendra”) tous les diplômes qu’il souhaite (enfin tant qu’il reste à l’intérieur de la Thaïlande où l’argent de papa pourra les lui payer), son avenir professionnel est vraisemblablement tout tracé et il n’aura besoin d’aucune compétence particulière à part celle de savoir aboyer des ordres pour reprendre la tête de la société familiale.

Autre ambiance, autre univers : Lorsque de nouveaux élèves arrivent à l’école de Ban Huoi Haeng (voir l’onglet “Nos projets” ci-dessus), Mr Pimook et les professeurs désignent des élèves plus âgés pour s’en occuper et leur montrer le fonctionnement de l’école. On peut ainsi assister à des scènes extraordinaires où l’on voit des bambins de 5 ans à peine faire preuve d’un niveau d’autonomie hors du commun en allant laver leur gamelle après leur déjeuner ou encore des enfants de 8 ou 9 ans laver à tour de rôle le linge des plus petits. Un apprentissage de la vie très précoce qui sert aussi, quelque part, de sélection naturelle puisque les petites écoles de montagne en font pas la course aux résultats.

Bien évidemment, il y aurait encore beaucoup à dire et le débat reste entièrement ouvert. L’éducation reste un sujet passionnant et qui exigence une grande vigilance de la part des parents, surtout dans les sociétés ultra-libérales comme en Thaïlande où c’est le gain financier qui prime avant toute chose.

J’ai essayé au travers de ces quatre billets d’aborder les points les plus importants propres à l’éducation des enfants métis et en résumant présentant notre propre expérience, une expérience qui va se poursuivre à la prochaine rentrée scolaire dans une ville de taille moyenne, nettement plus saine et plus sécuritaire que Bangkok pour les adolescentes que seront bientôt nos filles :

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VAREE CHIANGMAI SCHOOL

An Education Beyond Tomorrow

 

 

 

* Non, le mandarin n’est pas le mâle de la mandarine.

8 octobre 2011 Publié par | Non classé | Laisser un commentaire

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