7 Octobre – Louer une maison à Chiang Mai
Venant de passer presque une semaine complète à la recherche de notre future résidence, nous avons non seulement pu admirer l’infini patience dont ont su faire preuve nos filles (essayez de visiter une moyenne de 4 maisons par jour avec deux piles électriques de 10 et 12 ans !!), mais aussi acquérir une certaine expérience – je dirais même une expérience certaine – dans le domaine du marché immobilier locatif en Thaïlande.
Bien qu’ayant déjà fait nos “premières armes” dans ce domaine à Bangkok, nous avions cette fois décidé de prendre notre temps, et même en sachant pertinemment que la probabilité de trouver notre résidence idéale était très faible, nous voulions tout de même essayer de nous en approcher le plus possible. Notre objectif est, en effet, d’y rester au moins pour les 8 années à venir, c’est-à-dire jusqu’à la fin des études secondaires de Naomi, notre cadette.
Nous recherchions une maison disposant d’au moins 4 chambres à coucher de grande taille, en plus bien sûr d’un grand salon, d’un jardin et si possible partiellement meublée, dans une zone non inondable (facile à trouver en ce moment !!) et pour un budget maximum de 20 000 THB/mois (environ 500 Euros). En gros l’équivalent d’une 6 pièces – cuisine – salle de bain en France. Là où ça se compliquait c’est que nous ne souhaitons commencer le contrat de location qu’à partir du 1er mars 2012, il fallait donc pouvoir négocier avec le propriétaire. Mais l’offre étant nettement supérieure à la demande et les propriétaires, souvent investisseurs, souhaitant rentabiliser leur bien, le locataire se retrouve facilement en position de force dans la négociation.
Voulant tout de même mettre toutes les chances de notre côté, nous avons utilisé les 4 méthodes possibles :
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Les amis, le bouche à oreille
Pong avait passé le mot depuis plusieurs mois déjà et bien évidemment tout le monde connaissait quelqu’un qui a une maison à louer à Chiang Mai !!
Il faut savoir qu’en Thaïlande, il est d’usage pour celui ou celle qui met en relation deux personnes dans une affaire qui aboutit reçoit généralement une commission. J’avais constaté le même phénomène lorsque nous avions décidé de changer de voiture il y a presque 4 ans : des “amis” qui apparaissaient soudain en annonçant pouvoir obtenir un excellent prix auprès du concessionnaire local.
Après avoir passé plusieurs coups de fil le jour même de notre arrivée, nous avons très vite constaté que cette méthode n’aboutissait à rien, les “amis des amis des amis” n’ayant pas vraiment compris notre demande… -
Les petites annonces (très peu courant en Thaïlande)
Les Thaïlandais ont très peu l’habitude d’avoir recours aux petites annonces lorsqu’ils veulent vendre ou louer un bien, mais il existe tout de même quelques sites dont un très important site anglophone. Nous avions ainsi sélectionné quelques annonces et avions même trouvé une maison qui correspondait <presque> à notre critères. -
Les agences immobilières
Je consultais régulièrement quelques sites d’agences depuis plusieurs mois et j’ai finalement pris contact avec deux d’entre elles. La première nous a fait comprendre qu’elle ne voulait avoir à faire qu’à des locataires potentiels immédiats (et pas en mars de l’année prochaine) et la deuxième ne nous a présenté que des maisons à 20 000 THB, parfois plus malgré notre refus, mais une seule de 4 chambres, toutes les autres en faisant moins !!
Apparemment ils n’avaient retenu que le critère “20 000 THB maximum” et oublié les autres. Ça me rappelle il y a quelques années je voulais acheter un DVD, mais le seul disponible était seulement en langue Thaï. Le vendeur m’a sorti la moitié de son stock de DVD en version anglaise sans vraiment comprendre pourquoi je voulais un film bien précis… -
Le porte à porte
C’est la méthode traditionnellement utilisée par les Thaïs, c’est avec cette méthode que nous avions trouvé notre maison actuelle à Bangkok et c’est aussi avec cette méthode que nous venons de trouver notre future maison à Chiang Mai.
En gros, ça consiste à circuler dans le quartier où l’on souhaite trouver sa maison et à se renseigner auprès des gardiens de lotissement, des petits commerçants, etc. en plus des pancartes apposées directement sur les clôtures des maisons à louer.
C’est finalement par cette méthode que nous avons trouvé la maison qui se rapprochait le plus de ce que nous recherchions, avec même des atouts supplémentaires auxquels nous n’avions pas pensé au début.
Pour terminer, voici deux exemples de ce que nous avons pu rencontrer cette semaine :
Une maison immense – plus de 350 m² – avec un local séparé qui aurait pu faire un bureau très spacieux. Superbe mobilier en bois dans les 3 chambres à coucher du 1er étage, une chambre d’amis au rez-de-chaussée, une cheminée pour les fraîches soirées d’hiver, située pas très loin de l’école.
Le gag : pas de cuisine !!
Oui, vous avez bien lu : il n’y a pas de cuisine. Juste un évier en inox à l’extérieur et un gros réchaud à gaz (même pas une cuisinière). Bon, nous aurions éventuellement pu faire installer une cuisine intégrée, le propriétaire aurait été d’accord, mais il y a un autre inconvénient majeur : cette maison est en plein dans l’axe de piste de l’aéroport, à moins de 5 km de celui-ci. Avec en plus Pong qui m’a fait remarquer plusieurs fois qu’il y a beaucoup de surface à nettoyer (ben oui, il y a ça aussi !!) et ne voulant pas dépenser une fortune à la fois en boules Quiès et en produits de nettoyage, nous avons finalement renoncé.
L’une des maisons présentées par l’agence. Très belle vue sur le Doi Suthep, la montagne qui domine Chiang Mai, un beau petit jardin, une dépendance séparée qui aurait pu me servir de bureau.
Mais ce qu’ils nous ont présenté comme les 2 salles de bain ressemblait plus à des placards à balais dans lesquels on avait placé une bassine d’eau, avec en plus deux toute petites chambres à coucher seulement et un salon tout aussi minuscule, pas vraiment ce que nous avions demandé. Ah si : elle correspondait à UN critère : 20 000 THB/mois !!
En ajoutant à cela un inextricable enchevêtrement de ruelles plus étroites les unes que les autres pour y parvenir depuis la grande route (j’ai mis presque 1/2 heure pour retrouver la sortie !!), nous avons alors définitivement pris congé de la dame de l’agence qui nous a tout de même rappelé 3 fois pour nous annoncer qu’elle en avait trouvé une autre.
Et finalement celle que nous avons choisie, après y être retourné pour une deuxième visite de confirmation. Une construction qui a 2 ans seulement dans un lotissement très récent et que son propriétaire, qui habite dans le centre du pays, a fait construire pour sa future retraite.
Le loyer est nettement – même très nettement – inférieur au maximum que nous nous étions fixé et les 3 grandes chambres à coucher du 1er étage feront le bonheur non seulement des parents, mais aussi de nos 2 futures pré-adolescentes qui ont déjà annoncé vouloir chacune la leur !! (ben oui, ça grandit encore à cet âge-là)
L’avantage incontestable est sa situation dans un lotissement “à l’américaine” dont l’accès est contrôlé, avec de larges rues dans lesquelles les enfants peuvent jouer sans crainte des voitures. De plus, ce “village”, qui se trouve au milieu des rizières à 10 km seulement du centre ville, est desservi par le minibus de ramassage de la future école des filles et elles y retrouveront donc plusieurs de leurs futur(e)s copains/copines de classe.
Un autre aspect est le “feeling” – ou ressenti – par rapport au propriétaire, mais aussi au voisinage. La majorité des échanges ayant eu lieu en Thaï, Pong s’est tout de suite sentie très à l’aise, contrairement à une autre maison, par exemple, dont le propriétaire sino-thaï affichait l’arrogance caractéristique des chinois de Bangkok en perpétuelle recherche du gain financier.
Bon, maintenant, il va falloir commencer à faire les cartons en rentrant à Bangkok.
Mais avant, il y a encore 2 semaines de montagne qui nous attendent, avec quelques prochains billets qui devraient être plutôt intéressants.
5 Octobre – Anniversaire
Après un mois de septembre des plus chargés, les préparatifs de notre voyage en montagne de la semaine prochaine et notre recherche d’une maison pour notre futur déménagement à Chiang Mai, je n’arrive plus à trouver le temps de rédiger des billets.
Alors voici quelques photos prises aujourd’hui pour un évènement très spécial : les 10 ans de Naomi, notre fille cadette. Ça a été une grosse surprise pour tout le monde, je n’avais rien à dit à personne, je leur avais simplement demandé d’être prêts pour 9H00 ce matin.
Devant l’engin. Notre pilote, très sympathique, est un ancien militaire qui a 30 ans de carrière et 9000 heures de vol sur différents hélicos (et seulement 40 heures de vol sur avion !!).
Check-list avant décollage : ça me rappelle des souvenirs.
Au-dessus des villages…
… et des rizières
Le barrage de Mae Kuang, au nord-est de Chiang Mai
C’est l’un de ceux qui a du être délesté la semaine dernière et qui a provoqué l’inondation du Night Market.
En cours de vol, les filles qui ont récemment étudié les nuages à l’école, ont eu envie d’aller voir les cumulus de plus près.
Mais à l’approche de la ville, nous sommes redescendus à 500 pieds-sol (env. 150 mètres). Ici, le périphérique et la route qui va vers Mae Rim, au nord.
Inimaginable en Europe où la règlementation impose une hauteur de survol minimale pour cause de nuisances sonores.
Survol du carré central, la partie historique de la ville.
Pour finir, un passage au-dessus de leur future école : Varee Chiang Mai School. Nous les avons inscrites lundi, un examen d’évaluation aura lieu le 26 novembre et confirmation de l’admission 2 semaines pus tard.
J’ai demandé poliment, mais ils n’ont pas voulu me donner les clés !!
Pour ceux qui souhaitent s’offrir ce genre de balade aérienne cliquez sur ce lien : Advanced Aviation. Ce sont des machines Eurocopter très récentes, pilotes formés en France (cocorico !!).
Pour le reste, nous avons – presque !! – trouvé une maison, encore 2-3 visites pour être sûrs, je devrais donc de nouveau trouver un peu de temps pour des billets plus réguliers.
21 Septembre – Lycée français de Bangkok, 3ème partie
Je devrais en fait modifier le titre de cette série de billets qui ont évolué vers le thème plus général de l’éducation des enfants métis, un sujet qui semble toujours intéresser autant au vu des questions qui me sont adressées. Je souhaite cependant préciser une nouvelle fois que je n’ai nullement la prétention de connaître la solution idéale ; il s’agit ici de notre propre démarche, de notre vécu personnel dans un environnement familial spécifique qui ne peut pas nécessairement être reconstitué à l’identique et qu’il ne faudrait surtout pas généraliser.
Il existe néanmoins une règle que l’on peut sans crainte qualifier d’universelle, applicable à tous les enfants métis, et qui résulte directement de ladite qualité de métis, c’est celle que j’avais indiquée dans mon dernier billet :
N’oubliez jamais le fait qu’il/elles sont métis(ses) et, dans la mesure du possible, intégrez ce facteur dans leur éducation !!
Autre règle, qui répond à certaines questions posées et qui concerne elle aussi les enfants métis et plus précisément les enfants qui ont eu la chance fabuleuse de naître dans une famille polyglotte :
Ne jamais déroger à la règle “1 parent = 1 langue” En effet, un enfant voudra instinctivement communiquer et dialoguer avec ses deux parents et si chacun de ses parents prend l’habitude de lui parler dans sa propre langue maternelle, c’est-à-dire celle qu’il/elle maîtrise le mieux et qu’il/elle parle sans trop d’accent (ou chuste hun bedi beu l’accent Halsacien !), l’enfant sera parfaitement bilingue. La même règle pourrait s’appliquer aux familles où l’un des parents possède une bonne maîtrise d’une deuxième langue (pas nécessairement sa langue maternelle) et qui font le choix du bilinguisme. Mais là aussi il est essentiel de TOUJOURS s’en tenir à la règle 1 parent = 1 langue et ne jamais opter, même ponctuellement, pour la solution de facilité consistant à donner des explications dans l’autre langue. En pratique, il aurait été très maladroit de ma part d’arrêter de parler le français à nos filles et d’essayer de leur baragouiner un Thaï hésitant par crainte que leur francophonie puisse les handicaper dans leur scolarité, d’autant plus que lorsqu’elles ont commencé à fréquenter l’école en Thaïlande, leurs maîtresses étaient très agréablement surprises de découvrir que même après avoir vécu respectivement 4 ans et 2-1/2 ans en France avec leur maman pour seule interlocutrice dans la langue Thaïlandaise, elles maîtrisaient mieux celle-ci que les autres enfants “locaux” monolingues. J’ai en fait constaté qu’en pratiquant couramment deux langues, l’enfant est beaucoup plus attentif à l’articulation et à la prononciation, parce qu’il/elle veut être sûr(e) de bien se faire comprendre par la personne à qui il/elle s’adresse. Bon, après cette “parenthèse” linguistique, revenons à nos propres choix et au parcours que nous avons suivi. J’en étais resté à nos premiers pas dans un environnement pédagogique biculturel et c’est au cours de mes réflexions en quête d’une autre solution de scolarisation que j’ai découvert le concept des écoles bilingues (aussi appelées “English Program”) que j’avais présenté rapidement dans mon premier billet. Il s’agit en fait d’écoles privées qui suivent le programme officiel de l’éducation nationale mais où toutes les matières générales (maths, science, géographie, etc.) sont enseignées en anglais par des natifs anglophones et les matières typiquement Thaïlandaises (la langue Thaïlandaise, éducation civique, etc.) par des professeurs Thaïlandais. Il y a donc 2 enseignants par classe et les enfants sont en immersion totale dans un environnement bilingue dès leur plus jeune âge, ce concept étant proposé dès la maternelle avec une moyenne de 70% des cours dispensés en anglais à l’école primaire. Le cerveau des enfants étant une véritable éponge à connaissances, ils n’éprouvent aucune difficulté particulière à assimiler ce qui n’est après tout qu’un nouveau moyen de communication, mais avec un avantage incontestable par rapport à un apprentissage simplement académique : l’utilisation pratique directe de la nouvelle langue acquise. En clair, il ne s’agit pas d’une banale matière comme une autre, mais d’un véritable support de communication utilisé au quotidien pour interagir avec leur environnement et pour emmagasiner de nouvelles connaissances. Bien sûr, on peut légitimement se poser la question de la raison du choix de l’école bilingue anglo-thaïe plutôt que franco-thaïe dans notre cas. La réponse est simple : ça n’existe pas !! Ceci ne nous empêche bien évidemment pas de continuer à parler en français à la maison, et même si elles se sentent pour l’instant plus à l’aise dans la langue de Walt Disney que dans celle de Franquin, leur francophonie est acquise et entretenue et elle pourra toujours être améliorée dans l’avenir en cas de besoin. Nous nous sommes donc mis à la recherche d’une école bilingue, mais toujours en gardant à l’esprit la règle énoncée ci-dessus concernant le métissage, ce qui voulait dire que notre école “idéale” devait être non seulement bilingue, mais aussi biculturelle ou, mieux encore, multiculturelle. Il existe, en effet, pléthore d’établissements qui profitent de l’engouement de la classe moyenne Thaïlandaise pour la formule “English Program” et qui excellent dans l’art de publier des brochures publicitaires vantant les mérites de “leur” méthode, mais en poursuivant toutes un seul et même but : le profit financier !! Il faut donc rester extrêmement vigilant, et même si la recherche du profit financier ne s’effectue pas nécessairement au détriment de la pédagogie, ce n’est pas parce que le bâtiment est tout beau et tout neuf avec des frais de scolarité en rapport que l’éducation sera forcément meilleure que dans une école plus modeste dont l’ancienneté peut aussi être synonyme d’expérience. L’établissement que nous recherchions devait accueillir une proportion non négligeables d’autres enfants métis (et pas seulement des sino-thaïs pourris-gâtés que leurs familles ont placé là pour garder la face !!) et présenter un taux de renouvèlement des enseignants étrangers le plus faible possible, c’est-à-dire employer une majorité de vrais professeurs, pas seulement des routards de passage qui veulent juste avoir un visa d’un an et qui servent de caution à l’école pour leur argumentaire commercial : “Vous voyez, nous avons beaucoup de professeurs Farangs !!”. Entre les châteaux façon “Harry Potter” qui sentent encore la peinture fraîche et les écoles anciennement 100% Thaïe qui viennent soudainement de se découvrir une vocation bilingue ($ $ $) mais où personne (ou presque) ne parle l’anglais, il n’existe en fait qu’une petite poignée d’établissements sur Bangkok qui remplissaient réellement les critères que nous nous étions fixés. Nos filles fréquentent maintenant pour la quatrième année consécutive l’école Daroonpat, un établissement aux dimensions humaines qui compte environ 250 élèves dont 20% de métis, pour un coût de l’ordre de 3000 Euros par an et par enfant, cantine scolaire et sorties incluses. Et même si nous allons changer l’année prochaine pour le passage en secondaire de Maeva, notre aînée, nous ne regrettons absolument pas ce choix et irions même jusqu’à le conseiller aux autres parents qui souhaitent comme nous voir leur descendance évoluer dans un environnement pluriculturel, avec de vrais professeurs anglophones (certains sont là depuis plus de 5 ans) qui donnent de vraies notes (pas des résultats gonflés pour faire bien !!) et qui n’hésitent pas à demander le redoublement d’un élève dont le niveau est jugé insuffisant (même si les parents dudit élève le changent ensuite pour un établissement qui donne des notes proportionnelles à leur générosité lors de l’inscription). Bon, je constate que je me suis une nouvelle fois laissé emporté par mon inspiration – il est vrai qu’il y a de quoi. Je vous avais bien dit que j’allais essayer de résumer… Il faudra donc patienter jusqu’à mon prochain billet consacré à ce sujet pour découvrir que certains enfants issus d’un milieu très aisé ne sont toujours pas capables de lacer seuls leurs chaussures à l’âge de 12 ans alors que les petits montagnards de 5 ans à peine font leur propre vaisselle et même parfois leur lessive, ou encore pour intégrer dans l’éducation un autre aspect auquel je n’avais pas vraiment pensé jusqu’à présent, mais qui peut pourtant lui aussi devenir une composante déterminante de l’avenir de notre progéniture : les réseaux !! (non, pas Facebook).
Étant originaire d’une région où la langue régionale est encore très présente (on s’en serait douté !!), j’ai moi-même eu la chance d’évoluer dans un environnement bilingue et de rencontrer différents cas de figure. Un point très important qui mérite d’être souligné : il ne faut surtout pas faire l’erreur de croire que ce bilinguisme risque d’entraîner un retard scolaire, notre propre expérience tend plutôt à démontrer le contraire. De même, il ne faut pas non plus commettre l’erreur d’arrêter de pratiquer “l’autre” langue une fois que les enfants commencent à fréquenter l’école (un parent qui change soudainement de langue d’expression a plutôt de quoi dérouter !!).
Et en toute honnêteté, c’est une question qui ne m’a même pas effleuré l’esprit. Je rappelle en effet que nous sommes des migrants et je considère que la connaissance de la langue anglaise – première langue parlée dans le monde – est nettement plus utile dans l’environnement dans lequel nous avons choisi d’éduquer notre progéniture.
18 Septembre – Bientôt le 24 !!
Un titre plutôt insolite, je vous l’accorde, voire même déroutant pour ceux qui attendent la suite de mes billets sur l’éducation en Thaïlande (Rappel : Partie 1 – Partie 2). Qu’ils se rassurent, le troisième sera bientôt publié.
Pour l’instant, parlons du 24 !!
Il s’agit bien évidemment du 24 septembre, date à laquelle se tiendra un évènement majeur dont tout le Kochersberg parle depuis des semaines et dont l’information commence maintenant à se répandre dans le Pays de Hanau, en Outre-Forêt et même dans les régions de l’extrême Sud de l’Alsace (vous savez, après Sélestat !!).
C’est en effet à cette date que mon ami le Docteur Pilou tiendra une nouvelle conférence – projection sur le thème de la Birmanie, les deux facettes du miroir.
Il vous présentera dans un premier temps une série de photos des endroits ouverts au tourisme et mis en scène par la junte pour soigner son image auprès du monde extérieur. Il vous fera ensuite passer “de l’autre côté du miroir” et vous fera partager quelques-unes de ses missions auprès de la résistance armée Shan (pour en savoir plus : http://www.freeshan.org).
Adresse du jour : Centre culturel, Rue de la Zorn, 67270 Schwindratzheim
Carte pour y accéder : http://g.co/maps/p28v
En attendant, et pour vous mettre dans l’ambiance, voici une série de 3 vidéos que j’ai découvertes récemment sur le Web et qui donnent une petite idée de ce que peut être l’Absurdistan. Prenez le temps de les regarder, c’est édifiant et autrement plus intéressant que Loana dans le pré !!
15 Septembre – Voyage à Kalasin
Après Roi-Et la semaine dernière, poursuivons notre tour de l’Issan avec sa voisine Kalasin (N° 26 sur la carte ci-contre).
Je viens d’ailleurs de me rendre compte que ce sera la dernière province de l’Issan sur laquelle j’écrirai un billet (enfin pour l’instant…), puisque je n’évoque que les provinces dans lesquelles nous avons passé au moins une nuit et/ou visité l’un ou l’autre endroit et non pas celles où nous nous sommes simplement arrêtés pour déjeuner (j’applique en fait les mêmes critères que le “200 Countries Club”).
Mais il m’en reste encore beaucoup en réserve dans les 3 autres grandes régions de la Thaïlande (Nord, Sud et Centre) et nous avons bien l’intention de repartir un de ces jours (enfin un de ces mois…) à la découverte des zones blanches sur la carte.
Nous nous étions en fait arrêtés dans la province de Kalasin tout à fait par hasard, après avoir découvert d’étranges signaux le long des routes, certains déjà dans la province précédents de Roi-Et. De beaux panneaux flambants neufs annonçant ce que nous pensions tout d’abord être un quelconque parc d’attraction mais qui s’est finalement avéré être un site des plus intéressants, même s’il était encore en chantier au moment où nous y étions passés.
À quelques kilomètre du lieu en question, un nouvel avertissement hautement insolite éveille encore plus notre curiosité :
Soyez prudent, des dinosaures risquent de traverser la route !!
Effectivement, quelques centaines de mètres plus loin nous en apercevons tout un troupeau !!
En suivant les panneaux, nous finissons par arriver à ce qui s’avère finalement être un ancien site de fouilles archéologiques que les autorités ont eu l’excellente idée de transformer en un parc à la fois ludique et pédagogique après le départ des archéologues, paléontologues, dinosaurologues et autres scientifiques…
Le grand bâtiment principal n’était accessible que partiellement pour cause de travaux non terminés, mais les filles ont tout de même pu examiner de près quelques spécimens grandeur nature le long du parcours extérieur aménagé, notamment une espèce typiquement locale dont le nom ne laisse aucun doute quant à l’origine.
Tiens, je suis curieux de savoir s’il existe un “Francotyrannus Alsaciensis” ??
Il faudra que nous allions visiter l’un ou l’autre site archéologique alsacien lors de notre prochain passage en France…
Et comme très souvent en Thaïlande où l’apparence (la face) est toujours plus importante que le contenu (le fond), toute la “décoration” était déjà prête : panneaux, kiosques à souvenirs, brochures publicitaires et même des lampadaires thématique le long de la route qui mène au site, et ce même si ledit site ressemblait encore à un immense chantier !!
11 Septembre – Lycée français de Bangkok, la suite…
Des statistiques de consultation du blog qui explosent, plusieurs messages/avis de lecteurs ainsi que des questions plus spécifiques : il semble que l’éducation des enfants en général et la scolarisation des métis en particulier soit un sujet qui intéresse. Et c’est tant mieux !!
Je vais donc essayer de résumer (on ne ris pas !!) notre propre expérience en décrivant le cheminement que nous avons suivi depuis la première – et la seule – rentrée des classes en France jusqu’à la situation actuelle et notre prochain re-changement d’école, en soulignant certains aspects spécifiques aux enfants métis auxquels je n’avais pas pensé initialement et qu’il serait maladroit de négliger.
Je n’ai bien évidemment aucune prétention d’expertise “ès pédagogie” et encore moins de détention de la vérité absolue, chaque cas est spécifique et je jouis en outre de l’immense privilège de n’être soumis à aucune contrainte géographique professionnelle, ce qui nous laisse une liberté de choix totale pour l’école et nous permet d’adopter une démarche inverse : à savoir choisir l’école et ensuite rechercher un logement à proximité.
Il est vrai qu’en France la question ne se pose en général pas vraiment, on scolarise les enfants tout simplement à l’école du village ou du quartier avec éventuellement une option école privée pour ceux qui en ont les moyens et qui l’estiment nécessaire. C’est un peu le raisonnement que nous avions nous aussi suivi initialement après nous être assuré de la présence d’une école de bonne qualité à proximité de notre future maison.
Il s’agissait d’une école privée comme il en existe des milliers à travers le pays, avec une moyenne de 20 à 25 élèves par classe en maternelle tout comme en primaire et aussi – très important à mes yeux – un “vrai” enseignement de l’anglais dès le plus jeune âge. La maternelle, non obligatoire en Thaïlande, ayant surtout un rôle de sociabilisation et d’apprentissage de la vie en communauté, l’établissement scolaire choisi remplissait parfaitement sa mission à ce niveau là, et même plus encore puisque tous les élèves savaient lire et écrire aussi bien le Thaï que l’alphabet latin à la fin de leurs 3 années de maternelle !!
Et cerise sur le gâteau : cette école possède sa propre piscine et tous les enfants suivent des cours de natation avec un professeur diplômé dès l’âge de 4 ans. À titre indicatif, le coût de la scolarisation était de l’ordre de 700 à 800 Euros par an et par enfant, en incluant les fournitures, les uniformes, la cantine et le ramassage à domicile par un minibus de l’école.
Par comparaison, l’école publique du village comptait une moyenne de 35-40 élèves par classe en primaire et “tout le monde en vrac” en maternelle, une maternelle qui s’avérait en fait plus être une garderie améliorée dont le rôle essentiel était d’assurer la surveillance des enfants pendant la journée de travail des parents. Un environnement pas vraiment favorable à une construction structurée de la personnalité et – très important – au développement d’un esprit studieux.
Tous semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais nous avions tout de même oublié un petit détail : nos filles sont métisses !!!
Le métissage est une caractéristique très appréciée par les Thaïs en perpétuelle quête d’occidentalisation de leur aspect, mais qui peut parfois présenter certains inconvénients, notamment lorsque lesdites métisses sont considérées comme privilégiées et traitées comme telles. Nos filles étaient en fait les seules métisses présentes dans cette école fréquentée essentiellement par des enfants de commerçants et de cadres de l’administration et certaines anecdotes – plutôt amusantes au début – ont commencé à éveiller mon attention.
Exemple : un jour, notre cadette rentre à la maison et nous annonce que sa meilleure copine ne veut plus qu’elle vienne jouer chez elle. Bon, ce sont des petites histoires de maternelle mais nous essayons tout de même d’en savoir plus. Il s’est en fait avéré que Naomi avait raconté notre récent weekend à Kuala Lumpur, en plus de toutes les autres sorties et voyages que nous faisons régulièrement, et qu’à de rares exceptions près, aucun des autres enfants de l’école n’avait jamais voyagé et la principale occupation du weekend se limitait à aller manger une glace au supermarché du coin.
J’avais aussi constaté une baisse de l’assiduité et des résultats de notre aînée après son passage en primaire. Bien que toujours dans le peloton de tête, Maeva semblait moins enthousiaste à l’idée d’aller à l’école et n’avais pas l’air très suivie par sa maîtresse. Il s’est en fait avéré que cette dernière ne s’intéressait pas vraiment à elle tout simplement parce qu’elle la considérait comme une privilégiée qui n’avait pas besoin de bien travailler à l’école pour assurer son avenir. Un raisonnement qui peut sembler plutôt curieux de la part d’une enseignante, mais qui est très courant en Thaïlande où les classes moyennes et aisées se considèrent comme des “clients” de l’école qu’elles ont choisie peur leur progéniture et attendent que ladite progéniture reçoive (pas forcément obtienne !!) des notes en rapport avec les frais de scolarisation. En clair, si l’enfant ne reçoit pas de bonnes notes, c’est que l’enseignant n’est pas compétent. Un phénomène très courant à Bangkok et qui oblige à redoubler d’attention – j’en parlerai plus dans un prochain billet.
À cela venait s’ajouter un mode de vie totalement différent de celui des autres enfants du village auxquels nos filles ne parvenaient pas vraiment à s’identifier. Un peu le syndrome du vilain petit canard, mais à l’envers !!
J’ai donc commencé à réfléchir à une solution et, dans un premier temps, les ai inscrites aux cours de français prodigués tous les samedis matins à l’Alliance française de Bangkok.
Outre le perfectionnement dans l’une de leurs langues maternelles, l’objectif était aussi – et surtout – d’élargir leur horizon au travers d’un contact avec des enfants métis comme elles dans un environnement pédagogique totalement différent de leur quotidien. Je venais en fait de franchir un premier pas vers la biculturalité de l’enseignement sans encore connaître le principe des écoles bilingues (et, dans un certain sens, biculturelles).
Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain billet. Pour l’instant, je me contenterai de donner un conseil aux familles mixtes qui, comme nous, vivent en Thaïlande et peut-être aussi ailleurs en Asie et qui sont confrontées au problème du choix de l’école pour leurs enfants :
N’oubliez jamais le fait qu’il/elles sont métis(ses) et, dans la mesure du possible, intégrez ce facteur dans leur éducation !!
Cette caractéristique de métissage fait partie intégrante de leur personnalité et j’estime qu’il est nettement préférable, pour ceux qui en ont la possibilité, d’offrir à leurs enfants l’occasion d’épanouir et de valoriser leur métissage dans un environnement propice plutôt que de vouloir les cantonner dans l’une ou l’autre culture.
En grandissant en tant que métis, ils/elles assumeront pleinement leur biculturalité et se sentiront autant à l’aise d’un côté que de l’autre. Au contraire, en les cantonnant dans l’une ou l’autre de leurs origines, ils/elles risquent de se sentir étrangers de l’autre et même, dans certains cas, étrangers aussi dans la monoculture au sein de laquelle ils/elles grandissent (exemple : voir mon billet précédent, l’anecdote Farang).
Après toutes ces réflexions ‘”migrainigènes” et pour vous faire patienter jusqu’à la semaine prochaine et mon troisième billet à ce sujet, voici un petit problème qui faisait partie des devoirs de Maeva ce weekend :
David drove from Town P to Town Q at a speed of 105 km/h. Bala drove from Town Q to Town P at a speed of 80 km/h, but he started 1 hour earlier than David. After driving for 2 hours, David met Bala on the road. What is the distance between Town P and Town Q?
Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec la langue de Rick et Alvin, voici la traduction en français. Mais l’énoncé du problème reste identique !!
David a circulé de la ville P à la ville Q à une vitesse de 105 km/h. Bala a circulé de la ville Q à la ville P à une vitesse de 80 km/h, mais en étant parti 1 heure plus tôt que David. Après avoir conduit pendant 2 heures, David a rencontré Bala sur la route. Quelle est la distance entre les deux villes P et Q?
7 Septembre – Voyage à Roi-Et
Dans le cadre de nos voyages en Thaïlande, je vous propose aujourd’hui une escapade dans la province dite “101” (Roi-Et en thaïlandais).
J’en profite aussi pour rappeler brièvement le contexte de ces billets périodiques sur le thème de nos voyages en Thaïlande, à savoir un court descriptif de chacune des provinces dans lesquelles je suis allé soit seul (il y a longtemps…), soit en famille depuis que nous vivons au Pays du Tom Yam et des Salapao
, avec si possible l’une des premières photos prises dans ladite province (si elle est présentable !) ainsi que d’éventuelles anecdotes. Vous trouverez un récapitulatif de toutes les provinces déjà traitées en cliquant sur l’onglet “Voyages en Thaïlande” ci-dessus.
Revenons-en maintenant à la province de Roi-Et (se prononce “Roye – ète”), le N° 30 sur la carte ci-contre (cliquez pour agrandir). Notre premier passage dans cette province centrale de la région Issan remonte à fin 2005. C’était alors notre premier voyage dans cette grande région Nord-Est et Roi-Et était notre étape après la province de Korat. Si je mentionne cette dernière, c’est rapport avec l’anecdote de la carte (voir la fin du billet sur Korat) et aussi de l’Auvergne des années 50…
En fait, les souvenirs que j’ai de la province de Roi-Et se rapportent pour l’essentiel à des situations plutôt anecdotiques, dans la plus pure tradition “Amazing Thailand”. En voici trois exemples :
Farang !!
Nous nous étions “posés” dans un hôtel près du centre ville de Roi-Et (la ville) après plusieurs heures de route et Pong était allée se détendre dans un salon de coiffure. C’est d’ailleurs l’une de ses activités prioritaires lorsque nous arrivons dans un endroit nouveau : tester le salon de coiffure du coin, et ce même si le dernier passage chez le coiffeur date de… la veille !!
Naomi était restée avec elle et j’avais profité de cette absence temporaire des deux membres de la famille les moins amatrices de marche à pieds pour partir en balade exploratrice avec Maeva. Nous flânions autour du grand plan d’eau au centre ville dont les aménagements m’avaient très agréablement surpris : de grands espaces verts, un terrain de jeu pour les enfants, des pédalos et, bien évidemment, les incontournables échoppes de nourriture, et je m’étais écarté pour prendre des photos pendant que Maeva faisait la connaissance d’un groupe d’enfants.
Soudain, elle revient vers moi en courant et en ayant l’air contrarié :
- Papa, Papa, ils ont dit que je suis une Farang* !!
- Ben réponds-leur que tu n’es pas une Farang, mais une métisse.
Ni une, ni deux, elle retourne vers eux et dans son meilleur Thai leur crie :
- Je ne suis pas une Farang, je suis métisse !!
Résultat : un grand éclat de rire de tous les côtés et une bonne histoire à raconter à la maman à la sortie du salon de coiffure.
Cette différence n’est toutefois pas sans conséquences, j’en parlerai dans mon prochain billet sur l’éducation (la suite du Lycée français…)
Vous parlez anglais ?
Deuxième anecdote assez amusante et qui souligne certaines différences linguistiques régionales rencontrées en Thaïlande au même titre qu’en France, un peu comme entre l’Alsace (au hasard !!) et Marseille (toujours au hasard !!).
Nous nous étions arrêtés dans un petit resto de bord de route comme on en trouve en moyenne tous les 10 km partout en Thaïlande (sauf en montagne où c’est tous les 20 km !!).
La serveuse nous apporte les menus et se tient à côté de nous armée d’un carnet et d’un crayon pour noter notre commande. Nous faisons notre choix et Pong commence à lui énoncer la liste des plats, mais sans quitter la carte des yeux. À la fin, elle lève ses yeux vers la serveuse et termine sa commande par “2 bouteilles d’eau et 4 verres de glaçons”. Celle-ci, qui n’avait rien noté, s’éloigne et revient une bonne dizaine de minutes plus tard avec un seau de glaçons et les deux bouteilles d’eau. Elle reprend ensuite sa position attentiste à côté de la table, toujours armée du même carnet et du même crayon. Devant notre regard interrogateur et voyant que nous ne consultions plus la carte des menus, elle ose un timide “Vous avez choisi ?” auquel Pong répond avec étonnement qu’elle lui avait passé la commande juste avant.
En fait, comme Pong lui avait passé la commande en Thaï du centre et que la langue majoritaire dans la région Issan est plus proche du Laotien, la serveuse, peu habituée aux voyageurs, croyait que Pong était en train de me parler en anglais et n’avait tout simplement rien noté !!
Le temple sur la carte
Quiconque a voyagé en Thaïlande a très certainement été amené à se rendre compte que l’immense majorité des Thaïlandais est totalement incapable de lire une carte. Ils n’en voient d’ailleurs pas vraiment l’utilité, puisque lorsqu’ils se déplacent ils font généralement appel à un chauffeur et où qu’ils aillent il y aura toujours quelqu’un pour les renseigner. C’est l’une des différences fondamentales entre l’indépendance occidentale et l’interdépendance asiatique.
Nous nous reposions en fin d’après-midi autour de la piscine à l’hôtel, les filles faisaient des concours de plongeons et Pong, comme à son habitude, avait lié connaissance avec une famille de Thaïs originaire de la région. Il s’agissait d’un couple de professeurs de lycée venus en vacance à Roi-Et, d’où ils sont originaires, et qui étaient venus profiter de la piscine de l’hôtel. Pong leur racontait les différents endroits que nous avions visités et évoquait aussi de la suite de notre programme. Ils nous ont alors parlé d’un temple très connu de la province de Roi-Et, un lieu qu’il ne fallait en aucun cas manquer. Devant l’imprécision de leurs explications, je vais chercher mon atlas routier Michelin et leur demande de me situer l’endroit.
Mais quelle idée avais-je eu !!
Je les vois prendre un air embarrassé, leurs doigts se promènent au hasard sur la carte qui est pourtant bilingue, ils tournent les pages sans vraiment avoir l’air de savoir ce qu’ils cherchent et, finalement, ils s’excusent et prennent congé après avoir dit que la carte n’était pas assez détaillée. En fait, sans le savoir, je leur avais fait perdre la face parce que malgré leur situation de professeur de lycée, ils étaient eux aussi incapables de lire et de comprendre une carte !!
Et du coup, nous n’avons jamais su à quel temple ils faisaient allusion.
Je ne saurais terminer ce billet sur la province de Roi-Et sans évoquer l’inspecteur Prik, ou inspecteur des rizières, tout droit sorti de l’imagination fertile de Jeff de Pangkhan, le Farang des rizières lui aussi qui a élu domicile dans la province de Roi-Et il y a une dizaine d’années.
Il s’agit d’un polar dont le principal personnage se nomme Prik, un ancien inspecteur de police de père français et de mère thaïe qui, après avoir démissionné de la brigade des mœurs parisienne, revient s’installer dans son petit village de l’Issan dans le but de mener une vie paisible. Mais il y a un os dans le riz…. Lire le roman.
* Farang est le nom employé par les thaïs pour désigner tous les européens. Il n’y a rien de péjoratif, on ne se fait pas traiter de Farang, il s’agit simplement d’une description physique. N’en déplaise aux journaleux sensationnalistes en mal d’inspiration et autres amateurs du “politiquement correct”, il n’y a rien de discriminatoire à qualifier (pas à traiter !!) un noir de noir, un arabe d’arabe ou encore un européen de blanc.
4 Septembre – Le Lycée français de Bangkok
La question de la scolarisation des enfants, sans pour autant être obsessionnelle, n’en demeure pas moins un sujet que nous abordons régulièrement aussi bien avec certains parents des copains/copines de classe des filles qu’avec d’autres familles franco-françaises ou franco-thaïes que nous sommes amenés à rencontrer. En effet, quoi de plus naturel, j’aurais presque envie de dire quoi de plus instinctif, que d’essayer de trouver la meilleure voie pédagogique possible, celle qui permettra à notre progéniture de s’épanouir et de valoriser pleinement son potentiel intellectuel et créatif ?
Or, j’ai constaté un phénomène des plus curieux lorsque nous évoquons cet aspect avec d’autres français, et pas seulement des “vrais” expatriés*. Ça donne à peu près ça :
-
Ah bon ? Vos enfant ne vont pas au Lycée français ?
(avec une expression faciale à mi-chemin entre la première
tentative de dégustation du durian et un saut à l’élastique)
Depuis peu, lorsque nous évoquons notre futur déménagement à Chiang Mai, il y a aussi ça :
(là, c’est plutôt le visage en mode “yeux ronds” avec une
bouffée de points d’interrogation au-dessus de la tête)
Et j’ai définitivement abandonné toute tentative de décrire la tête que font ces mêmes personnes lorsque nous leur expliquons ensuite que c’est justement l’éducation de nos enfants qui a été l’une des principales raisons de notre déménagement, ou plutôt de notre migration en Thaïlande.
En fait, en tant que migrants (et non pas expatriés*), il ne nous serait jamais venu à l’idée de déménager en Thaïlande pour envoyer nos filles au Lycée français et il m’arrive même de retourner la question à certaines familles franco-thaïes : si vous habitiez en France, mettriez-vous vos enfants au Lycée thaïlandais de Paris ? (pour peu qu’il existe !!)
C’est vrai que notre choix peut avoir de quoi surprendre, surtout au vu du niveau catastrophiquement faible de l’enseignement public thaïlandais. Les méthodes pédagogiques se résument ici à l’apprentissage par cœur qui consiste à faire répéter pendant des heures des successions de mots, de phrases ou de chiffres, suivant la matière enseignée, avec pour résultat des générations de perroquets totalement dépourvus de tout sens de l’analyse et de tout esprit critique. Pour caricaturer à l’extrême, j’irais jusqu’à dire que l’élève moyen en sortie de primaire saura que 4 x 8 = 32, mais sera incapable de dire combien font 8 x 4 parce qu’il ne l’aura pas appris par cœur. Et cette situation est d’autant plus paradoxale qu’avec plus de 98 % des élèves de 15 ans qui savent lire et écrire, la Thaïlande possède l’un des meilleurs taux d’alphabétisation d’Asie du Sud-Est. Mais il est vrai que ce n’est parce que l’on sait lire que l’on comprend ce qu’on lit !!
Alors pourquoi cette démarche qui semble en totale contradiction avec notre recherche de l’éducation optimale ?
En fait, nous avions le choix : soit démarrer leur scolarité en France, dans quel cas il nous aurait encore fallu attendre une vingtaine d’années avant de pouvoir “prendre notre retraite sous les cocotiers” (cliché !), soit sauter le pas dès maintenant et nous engager dans le circuit scolaire thaïlandais. J’avoue que je ne connaissais pas vraiment la situation réelle au début, mais fréquentant depuis longtemps les cultures asiatiques j’ai toujours été séduit par leur sociabilité, leur discipline et le très faible taux de délinquance qui y règne. Un environnement plutôt accueillant qui me semblait être le résultat direct de l’éducation, et c’est cet environnement éducatif que nous souhaitons offrir à nos filles.
Il s’agit ensuite de faire le bon choix, car l’offre ici est immense, d’autant plus qu’il n’existe pas de carte scolaire, même dans l’enseignement public, et les parents ont donc une totale liberté de choix de l’établissement dans lequel ils veulent envoyer leur progéniture, en ajoutant à cela que certains paient des dessous de table pour faire entrer leur descendance dans les écoles qui n’ont plus de prestigieux que le nom, il faut réellement rester très vigilant. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le système scolaire thaïlandais, je vous invite à lire mon blog sur les écoles en Thaïlande dans lequel j’essaie d’expliquer l’éventail des possibilités offertes et qui contient aussi un tableau d’équivalence des classes entre le système français et le système thaïlandais.
Pour revenir à notre propre situation, nous avons opté pour une scolarité dans une école dite bilingue (ou “English Program”) où les matières générales sont enseignées en anglais par des natifs anglophones et les matières spécifiquement thaïlandaises en thaïlandais par des enseignants thaïlandais. Il y a donc 2 professeurs par classe avec une moyenne de 25 élèves, une taille humaine particulièrement propice à un enseignement de qualité et où il existe une réelle interaction avec les élèves. Nous considérons en outre que la qualité de l’éducation n’est pas forcément proportionnelle au coût de l’école (nous ne payons pas pour que nos filles aient de bonnes notes !!) et aussi que l’école n’est que l’une des composantes qui interviennent dans ladite éducation, mais assurément pas la seule.
Je dois avouer que nous sommes jusqu’à présent plutôt satisfaits de nos choix, nos filles sont parfaitement trilingues et même si elles utilisent de préférence le Thaï lorsqu’elles dialoguent entre elles, elles passent sans difficulté d’une langue à l’autre et ont même tendance à préférer regarder les films en version française plutôt qu’en thaï ou en anglais (bon, c’est vrai que Astérix et Cléopâtre en Thaï ça ne passe pas vraiment !!). De plus, leur ouverture d’esprit et leur curiosité n’ont rien à envier aux petits européens de leur âge, nous avons pu nous en rendre compte encore récemment, avec en plus la discipline “intelligente” et le respect d’un certain ordre moral propre aux sociétés asiatiques.
Alors non, n’en déplaise aux expatriés purs et durs qui vivent en vase clos dans le quartier gaulois de l’hyper-centre de Bangkok : Nos enfants ne vont pas au Lycée français !!
* Je fais volontairement la différence entre l’expatrié pur, qui vit à l’étranger pour des raisons essentiellement professionnelles, et le “migrant”, la catégorie à laquelle je considère appartenir et dont les principales motivations sont plutôt d’ordre socio-culturelles, familiales, financières, etc. mais dont la vie à l’étranger est avant tout un choix personnel et non pas une opportunité de carrière.
3 Septembre – Je ressort de ma bulle !!
Une bulle de travail acharné propre au mois d’août, ce fameux mois de l’année où tout le monde semble être parti en vacance en ayant préalablement pris soin de confier les dossiers à rendre pour la rentrée au seul qui est resté bosser – suivez mon regard !!
Une rentrée des classes hexagonale qui, à quelques jours près, coïncidera avec la fin du premier semestre de l’année scolaire thaïlandaise et le mois de vacance bien mérité qui l’accompagne. Un mois que nous consacrerons de nouveau en partie aux différents projets que nous menons et avons menés avec les minorités ethniques du nord de la Thaïlande et aussi, depuis 2 ans maintenant, avec les Shans auprès de qui mon ami le Docteur Pilou et moi-même irons passer une dizaine de jours dans le cadre d’un programme de formation médical auquel nous avons été intégrés et aussi pour constater de visu la réalisation pratique de notre récent projet eau.
Mais ça, ce sera au mois d’octobre.
En attendant, septembre vient à peine de commencer et il reste encore du pain sur la planche (ou plutôt du riz dans l’autocuiseur !!) : préparer l’examen de fin de semestre, trier et ranger les vêtements et livres que l’on nous a confiés pour les montagnards, optimiser notre semaine à Chiang Mai début octobre (inscription à la nouvelle école, recherche de maison, etc.), organiser une fête d’anniversaire pour celle dont la tête dépasse dans la bulle ci-dessus, faire faire quelques menus travaux à notre maison de Nakhon Pathom, etc.
Bref, pas vraiment le temps de nous ennuyer ni de voir le temps passer. Mais j’essaierai quand même de faire une apparition périodique sur ce blog sous la forme d’un billet.
P.S. La photo ci-dessus a été prise hier soir pendant un spectacle auquel mes filles m’avaient convaincu de les emmener (j’avoue qu’elles n’ont pas eu besoin d’insister beaucoup !!) : un artiste canadien d’origine vietnamienne qui a su amener la bulle de savon à l’état d’œuvre d’art : Fan Yang.
18 Août – Voyage à Ubon Ratchathani
Dans la série des nos voyages en Thaïlande, je vous propose aujourd’hui une escapade dans la province située le plus à l’est du Pays du sourire avec, en prime, une prolongation jusqu’au point le plus à l’est de ladite province et, par voie de conséquence, l’endroit plus oriental de Thaïlande.
Un peu comme l’Alsace qui est la région le plus à l’est de la France et Lauterbourg qui est la commune la plus à l’est d’Alsace (désolé, je n’ai pas pu me retenir
).
Pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, il s’agit de la province d’Ubon Ratchathani, en abrégé “Ubon”, qui porte le N° 36 sur la carte ci-contre (cliquez pour agrandir) et qui se trouve dans la continuité des 3 provinces Khmères que je vous avais déjà proposé de découvrir au cours de billets précédentes sur le même thème, à savoir Buriram, Surin et Sri Saket. Nous l’avions d’ailleurs visitée à la suite des trois précédentes, c’était en mars 2006.
Je profite aussi de cette occasion pour vous présenter le blog d’un ami qui habite dans la province de Sri Saket et dont les activités multiples et variées du retraité qu’il est lui laissent un peu (beaucoup !!) de temps libre pour aller à la découverte de sa région d’accueil.
Mais revenons à présent à notre propre voyage à Lauterbourg – euh pardon – au parc national de Pha Taem, point le plus à l’est de la province d’Ubon et donc de la Thaïlande, avec vue imprenable sur le Laos de l’autre côté du Mékong. Cette province étant très grande, les centres d’intérêts y sont aussi nombreux que diversifiés même si, comme nous, vous commettez l’erreur de vous y rendre fin mars et que toutes, mais alors TOUTES les cascades que vous aviez décidé de voir sont à sec comme la saison du même nom !!
Un peu plus au sud de ce parc se trouve la petite ville de Khong Chiam à côté de laquelle il existe ce que certains n’hésitent pas à classer parmi les 7 merveilles de Thaïlande : la rivière aux deux couleurs. Il s’agit en fait de l’endroit où l’eau claire de la rivière Mun se jette dans les eaux plus boueuses du Mékong. Là aussi, saison sèche oblige, seul une stèle nous a permis de savoir que nous nous trouvions au bon endroit, ladite rivière étant quasiment à sec.
La route qui mène d’Ubon Ratchathani (la ville) à Khon Chiam est bordée d’ateliers spécialisés dans la fabrication artisanale de gongs et autres instruments de percussion essentiellement destinés aux temples. Cette route porte le numéro 2222, ce qui conduira immanquablement tout électronicien (je sais qu’il y en a qui me lisent) à rechercher – sans succès – une route portant le numéro 2907 !!
Poursuivant notre route vers le sud, nous apercevons des panneaux indiquant la direction d’un site nommé “Emerald triangle”. L’explication vient un peu plus loin : il s’agit de l’endroit où se rejoignent les trois pays Thaïlande, Laos et Cambodge et l’appellation Triangle d’émeraude a été attribuée par analogie au triangle d’or qui se trouve au nord et qui désigne le point de rencontre de la Thaïlande, du Laos et du Myanmar.
Nous suivons donc une looooooongue bande asphaltée toute neuve à travers la forêt, route au bord de laquelle certains signes rappellent que la région n’a pas toujours été très accueillante et qu’il est fortement conseillé d’attendre le prochain village pour satisfaire un éventuel besoin naturel plutôt que de s’arrêter derrière un arbre !!
La route se poursuit jusqu’à une stèle qui a été érigée à l’endroit concerné et, un peu plus loin, nous apercevons un poste de garde militaire à côté d’une barrière qui marque à la fois la fin de la superbe route goudronnée (elle s’arrête net au pied de la barrière !!) et la frontière avec le Cambodge voisin. Renseignements pris, il existe effectivement un projet de développement touristique de cet endroit et, comme souvent en Thaïlande, des panneaux indicateurs tous neufs sont en place avant même le début des travaux d’aménagement de l’attraction qu’ils signalent. Comme c’était en mars 2006, je suppose qu’ils ont du trouver le temps (et aussi le budget) pour poser au moins la première pierre !!
Pour terminer, c’est aussi dans la province d’Ubon Ratchathani que se trouve le seul passage de frontière entre la Thaïlande et le Laos qui soit réellement terrestre, c’est-à-dire où il n’est pas nécessaire de franchir le Mékong, celui-ci bifurquant vers l’est au niveau de la fameuse rivière aux deux couleurs (non visibles en saison sèche !!) pour ensuite rejoindre Paksé.
Après toutes ces cascades à sec et autres lieux touristiques dont l’aménagement n’a pas encore commencé, nous nous sommes finalement arrêtés dans un parc zoologique portant le nom de “Tiger Zoo” et où nous avons vu des dromadaires, des tortues, des autruches, des ours, des serpents, des poissons, des crocodiles, des daims, des cerfs et… oui, vous l’aurez deviné, pas de tigres !!






