Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

5 Décembre – Je suis zému (la suite !!)

Le 1er décembre, date de mon dernier billet, c’était la fête des pères à l’école. Aujourd’hui, 5 décembre, c’est le jour de la vraie fête des pères, Wan Pôô Heng Chat (le jour du père de la nation) en thaï, anniversaire de Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej.

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Cette fête majeure du calendrier thaïlandais, société résolument paternaliste, n’est pourtant pas aussi ancienne qu’il n’y paraît puisqu’elle n’a été instaurée qu’au début des années 80, soit il y a 30 ans à peine, dans le cadre d’une campagne de revalorisation de la monarchie menée à l’initiative du premier ministre de l’époque, Prem Tinsulanonda. Depuis, chaque année, les organisateurs successifs redoublent d’imagination et de créativité pour faire de cette journée une véritable éloge du monarque actuel et, plus largement, de l’institution royale thaïlandaise en général.

La Thaïlande est en effet une monarchie, constitutionnelle certes, mais surtout monarchique et tout voyageur de passage pourra très facilement constater à quel point les Thaïlandais aiment et respectent leur Roi. Il s’agit là d’une admiration qui peut parfois sembler démesurée, voire béatement naïve, mais qui n’en demeure pas moins des plus sincères et même sans les campagnes de propagande soigneusement orchestrées par les royalistes, je peux sans hésitation affirmer que le respect et l’amour du peuple Thaïlandais pour son souverain sont authentiques et je ne sais pas s’il existe au monde un autre chef d’état qui jouit d’une aussi grande popularité.

Le paradoxe ici est que la Thaïlande possède aussi l’une des lois les plus répressives au monde pour ce qui est des “crimes de lèse-majesté”. Je ne m’étendrai bien évidemment pas ici, pour des raisons évidentes, sur le bien-fondé de cette loi ni sur son utilisation catastrophiquement abusive au cours des récentes années avec pour résultat de faire plus de tort que de bien à l’institution qu’elle est supposée préserver des bassesses politiciennes. Un exemple récent est celui de ce sexagénaire condamné à 20 ans de prison pour 4 SMS jugés insultants (personne ne les a vu !) alors que des meurtriers ayant avoué leur crime peuvent sortir librement (et en souriant !!) de prison tout simplement en payant une caution.

Donc, en ce jour de la fête des pères, j’aurai tout abord une pensée émue pour tous ces “papas” qui sont en prison en Thaïlande – et aussi ailleurs dans le monde – tout simplement parce qu’ils ont osé exprimer leur opinion et que cette opinion a déplu à ceux qui tiennent le fusil. Quand à mon opinion personnelle à ce sujet, j’ai pour habitude de citer une phrase de l’un de mes maîtres à penser, le Docteur Isaac Asimov, qui dans l’un de ces ouvrages écrivait que si la démocratie consiste à enfermer 500 technocrates dans un hémicycle pour qu’ils débattent pendant des semaines avant d’arriver à une décision qu’un monarque clairvoyant aurait pu prendre en 10 minutes, alors rien ne vaut un BON roi ! (les majuscules sont volontaires)

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Un autre pensée émue sera pour notre ami Luchaye, professeur à l’école de Ban Huoi Haeng, qui a perdu son papa récemment dans des circonstances dramatiques. Je ne voulais tout d’abord pas en parler, mais après accord des principaux intéressés il s’agit ici aussi d’une forme d’hommage rendu aux papas qui ont été arrachés à leurs familles par des accidents de la vie ou, comme ici, par des faits de guerre.

Luchai fait partie de l’ethnie des Lahu, des chasseurs-cueilleurs qui vivent depuis des siècles dans les montagnes du Nord de la Thaïlande. Cette tradition de chasse et de cueillette est toujours très vivante et tous les montagnards, même les plus jeunes, connaissent la forêt comme leur poche. Le père de Luchaye et deux autres hommes du village étaient ainsi récemment sur les traces d’un gibier et ont eu la terrible malchance de croiser la route d’un groupe de gardes-frontière, des jeunes recrues manquant d’expérience et non originaires de la région qui ont paniqué en voyant ces trois montagnards ne parlant même pas leur langue et ont ouvert le feu sans sommation. Bilan : 2 morts, un blessé grave (les 3 montagnards chasseurs).

Version officielle parue dans la presse : les gardes-frontière ont tué des trafiquants de drogue.
L’armée a quand même reconnu une part de responsabilité et a donné 5000 Bahts (120 Euros) de dédommagement à la famille de chaque victime. Le prix du silence.

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Ma troisième pensée émue (désolé si je casse l’ambiance !!) sera pour les papas de l’état Shan dont les enfants ignorent ce qu’ils sont devenus. Les scénarios se répètent, toujours avec la même cruauté invraisemblable que l’on croit sortie d’un mauvais film : l’armée birmane, le SPDC, arrive un matin au village en accusant les habitants d’aider les rebelles. Ils emmènent les hommes valides, violent les femmes qui n’ont pas réussi à fuir et se servent des enfants comme d’esclaves pour leur quotidien. Sur les 850 élèves de l’école de Loi Tai Laeng auxquels j’ai encore rendu visite récemment, 250 sont orphelins et ne savent pas où est leur papa.

Mais une lueur d’espoir vient cependant de s’allumer et semble bien vouloir persister. Des accords ont récemment été conclus entre les dirigeants Shans et le gouvernement “civil” birman et, comme me le disait l’un de mes contacts, c’est maintenant que la VRAIE partie de football commence, avec des spectateurs !!

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Toujours dans l’optimisme, le budget nécessaire aux 10 jours intenses passés récemment en montagne était exclusivement d’origine personnel – j’étais en vacance Rire – et un solde précédent, auquel sont venus se rajouter quelques dons récents reçus notamment par l’intermédiaire ce ce blog, nous a permis d’acheter 300 couvertures ainsi que 100 vestes coupe-vent avec doublure que nous allons faire parvenir très prochainement à ceux qui en auront besoin en prévision d’un hiver qui s’annonce de nouveau particulièrement froid.

Alors si vous aussi vous souhaitez participer et, dans une certaine mesure, rendre hommage aux papas présents ou absents, peut-être en offrant une couverture (ou même plusieurs !!) à leur progéniture, faites un don (cliquez ci-contre ou sur le bouton “Faire un don” dans la colonne de droite). Les projets ne manquent pas : encore des couvertures, mais aussi une cuisine et une cantine dignes de ce nom pour l’école de Ban Huoi Haeng.

Mais ça, ce sera pour un prochain billet…

5 décembre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Célébrations, Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

20 Novembre – Un engagement qui séduit

Suite de mon billet du 16 novembre au sujet de notre récent séjour en montagne.
Il va sans dire que la parenthèse du 18 concernant le pastis n’avait absolument rien à voir avec nos actions auprès des minorités ethniques !!

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Ci-dessus l’une des salles de classe que nous avions financées en 2009 et 2010

C’est donc devenu une habitude : nous essayons chaque année de mener à bien au moins un projet principal avec l’école de Ban Huoi Haeng, en plus de différentes petites actions annexes auprès d’autres écoles de la région et aussi auprès des Shans, ces cousins des Thaïlandais qui sont du mauvais côté de la frontière. Monsieur Pimook, le directeur de Ban Huoi Haeng, est plus que jamais engagé dans sa mission à la fois pédagogique et sociale auprès des 125 élèves de son établissement, un engagement qui n’est assurément pas étranger au phénomène d’émulation auquel nous pouvons assister depuis 2 ans environ sous la forme d’autres interventions, notamment d’une ONG suisse et des autorités locales (ben oui, quand même !!).

Un engagement doublé d’une honnêteté à toute épreuve qui a également séduit et surtout convaincu tous les visiteurs, sans exception, souvent des donateurs, à qui nous avons eu le plaisir de faire découvrir ‘pour de vrai’ les conditions assurément peu ordinaires dans lesquelles ces enfants de 4 à 15 étudient avec une motivation exemplaire et aussi dans lesquelles les enseignants, extraordinairement dévoués, doivent assurer leurs cours.

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Parmi ces visiteurs, il y a eu, fin décembre 2009, un groupe relativement conséquent duquel faisaient partie plusieurs “jeunes” du Rotary-Club, ou plus exactement du Club Interact de Brumath – Strasbourg Campagne. Ayant été immergés dans les projets humanitaires dès leur plus jeune âge, la participation à ce type d’action fait depuis toujours partie de leur quotidien et ils organisent chaque année, pendant la période estivale, une journée de festivités dont les bénéfices sont consacrés à certains projets choisis. Leur grande expérience du terrain, combinée ici à leur impression personnelle, leur permet d’avoir une vision relativement objective de la situation, un regard extérieur que nous apprécions toujours et qui nous conforte dans notre manière de mener les projets et, surtout, de gérer les fonds qui nous sont confiés.

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L’un des projets qu’ils avaient choisi de financer cette année est une coopérative scolaire pour l’école de Ban Huoi Haeng. Il s’agissait d’un projet indépendant du reste de l’école, au coût peu élevé, facile à maîtriser et dont l’aboutissement pourrait contribuer à améliorer considérablement le quotidien à la fois des élèves et des professeurs, puisque le petit village montagnard dans lequel se trouve l’école ne compte aucun, mais alors AUCUN magasin et qu’il faut parcourir 10 à 15 km d’une bande bitumée sinueuse pour acheter ne serait-ce qu’un crayon !!

L’idée était donc de créer ce que l’on trouve dans l’immense majorité des écoles du pays : une boutique où les élèves pourront se procurer des articles scolaires, mais aussi quelques friandises ainsi que du savon, du dentifrice, etc. pour les pensionnaires. Cette boutique sera gérée à la manière d’une coopérative, c’est-à-dire sans véritable but lucratif à part le petit bénéfice qui servira à l’entretien des locaux et qui permettra aussi de faire face aux inévitables augmentations de prix. Le Club Rotary Interact a ainsi envoyé les fonds nécessaires, soit 1500 Euros, directement sur le compte de l’école et nous avons pu constater lors de notre récent passage que Monsieur Pimook et son équipe, comme à leur habitude, avaient su utiliser au mieux le budget disponible.

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Les travaux n’étaient pas encore totalement terminés au moment de notre passage début octobre (c’était pendant les congés !), mais le local est prêt sous la forme d’une extension ajoutée à l’une des salles de classe que nous avions financées et les informations récentes me laissent penser que les premières marchandises devraient faire leur apparition très prochainement. Connaissant les habitudes thaïlandaises, je suppose qu’ils demanderont conseil auprès d’un moine ou d’un shaman local qui choisira la date la plus propice pour l’ouverture officielle.

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Monsieur Pimook a confié l’encadrement de ce projet à celui que l’on peut considérer comme son bras droit : Monsieur Lutchay, professeur à l’école depuis plusieurs années et lui-même originaire d’un village Lahu rouge de la région. Un choix qui est loin d’être anodin, car la future gestion de cette coopérative sera ainsi confiée à quelqu’un qui connaît parfaitement les particularités de la culture locale où les notions de vie en communauté et d’entraide entre villageois ont encore toute leur place. Habitant dans la vallée, il y descend en moyenne trois fois par semaine et pourra assurer l’approvisionnement en marchandises. Il prévoit même d’acheter plusieurs grandes glacières dans lesquelles il pourra conserver notamment des “Yakool”, ces yaourts à boire genre Actimel en flacons de 10 ml qui sont distribués à toutes les sorties d’école du pays, ainsi que d’autres produits qui doivent être tenus au frais et auxquels seuls quelques enfants privilégiés avaient accès jusqu’à présent (essayez d’imaginer un été sans manger une glace !!).

Un projet une nouvelle fois rondement mené dont l’aboutissement ouvre la voie au prochain : l’aménagement d’une cuisine digne de ce nom.

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Mais ça, ce sera l’objet d’un prochain billet. Pour l’instant, je vous laisse imaginer au vu de la photo ci-dessus les conditions “exemplaires” dans lesquelles sont préparés les 3 repas quotidiens des 80 pensionnaires, auxquels viennent s’ajouter 45 déjeuners des élèves qui ont la chance de pouvoir regagner leurs foyers tous les soirs mais qui restent tout de même manger à l’école.

20 novembre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng | Laisser un commentaire

16 Novembre – Des nouvelles du front

ou plutôt du mont et des dons !!

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Cela fait en effet près d’un mois que nous sommes rentrés de notre dernier voyage en montagne, mais entre les routes coupées, les affaires de notre maison de Bangkok à mettre en lieu sûr et l’organisation de notre vie de “réfugiés” à Nakhon Pathom, j’avoue que je n’avais pas vraiment le temps de mettre un semblant d’ordre dans la pléthore d’idées, de projets et autres émotions qui agitent mon esprit, comme à chaque fois depuis plus de 5 ans maintenant que nous venons dans cette région (voir ci-dessus, l’onglet “Nos projets”).

Nous avions donc passé 10 jours intenses (c’était d’ailleurs le titre d’un billet écrit sur le vif), mais aussi quelques jours avant et quelques jours après à constater la progression et l’aboutissement des projets en cours auprès de l’école de Ban Huoi Haeng, que mes lecteurs réguliers commencent à bien connaître, et d’une autre école qui nous avait été recommandée et que nous suivions “à distance” depuis quelques mois : l’école de Pang Tong, dans la région de Khun Yuam, quelque part entre Mae Hong Son et Mae Sariang. Monsieur Pimook connaît son directeur, un homme qui est lui aussi admirablement dévoué à sa tâche et qui a volontairement choisi de faire sa carrière au milieu des populations Karens dont les enfants constituent la majorité des effectifs de son établissement.

Mais commençons par l’école de Ban Huoi Haeng, étape incontournable de chacun de nos voyages en montagne et dont nous avons pu suivre l’évolution au cours des dernières années. Lors de nos tous premiers contacts, entre 2006 et 2008, nous avions le sentiment d’être les seuls à apporter une aide, aussi modeste soit-elle, à ce qui est tout de même un établissement scolaire officiel de l’éducation nationale. Les conditions d’accès étaient très difficiles – en moyenne 1H30 de piste défoncée jusqu’au village le plus proche – et il n’était pas rare que le village reste inaccessible plusieurs jours pendant les fortes pluies de mousson.

Fin 2008, nous avions alors participé à la construction d’un dortoir, équipé ce même dortoir, installé des panneaux solaires, etc. (vous pourrez retrouver le détail de nos différents projets dans l’onglet du même nom en haut de cette page). Nous avions l’habitude de passer en moyenne 2 fois par an et Mr Pimook, le directeur, ainsi que les autres professeurs savaient que notre engagement avec leur école était sur le long terme. La seule autre “intervention” extérieure que nous avions pu constater à ce moment était la construction d’une route et d’un pont, ce qui facilitait considérablement l’accès au village, mais aussi les communications entre ce même village et la vallée et ainsi le “monde extérieur”.

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Début 2009, j’étais présent le jour de la rentrée des classes et j’ai constaté que plusieurs élèves d’autres écoles des environs étaient venus à Ban Huoi Haeng pour s’y faire inscrire. Il semblait, en effet, que les quelques actions que nous avions menées, auxquelles il fallait ajouter l’admirable engagement de Monsieur Pimook et de son équipe d’enseignants, avaient donné à cette école une certaine notoriété et en avaient fait l’école de référence de la région.

Un an plus tard, nous avions eu l’agréable surprise d’apprendre qu’une autre ONG, suisse, s’était intéressée à l’école de Ban Huoi Haeng et avait elle aussi financé la construction d’un dortoir. Parallèlement à cela, Mr Pimook nous disait qu’il recevait occasionnellement la visite de l’une ou l’autre personnalité locale ou nationale qui avait entendu parler de cette école pas comme les autres mais qui restait pourtant tellement démunie en comparaison des établissements de même catégorie près des grandes villes.

Aujourd’hui, l’école de Ban Huoi Haeng possède la lumière pendant la nuit, l’eau courante (un véritable luxe), des installations confortables pour l’hébergement des 80 enfants qui restent dormir sur place 10 mois sur 12, des salles de classe toute neuves (à l’exception de 2 – bureaucratie oblige !!) et l’école vient d’être sélectionnée parmi plusieurs autres établissements de la province pour devenir un centre d’enseignement de l’informatique avec, à la clé, la dotation d’un équipement complet et – cerise sur le gâteau – l’installation d’une mini centrale solaire qui fournira de l’électricité en permanence.

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Il semblerait donc qu’il existe un phénomène d’émulation non seulement auprès d’autres ONG (les suisses sont revenus entre temps pour installer un groupe de purification pour produire de l’eau potable), mais aussi auprès des autorités de tutelle qui se sont finalement réveillées (enfin pas trop vite, hein !!) et que l’idée de Pimook d’afficher partout les noms – étrangers – des donateurs commence à porter ses fruits.

En attendant, un autre projet est sur le point d’aboutir et d’autres sont à l’étude. Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain billet.

16 novembre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

11 Octobre – Mardi, jour du marché

Comme tous les mardis, marché montagnard à Pang Mapha, un véritable bonheur pour les photographes.

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Voyons, 2 kg de patates douces à 25 Bahts et 3 kg de tomates à 30 Bahts, ça fait…

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Vacances scolaires : beaucoup d’enfants accompagnent leurs parents.

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Vous avez vu mes belles dents ?

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Et bien sûr l’incontournable visite à l’école de Ban Huoi Haeng dont les élèves sont eux aussi supposés être en vacance, mais dont ceux qui habitent au village n’ont pas voulu manquer l’occasion de venir nous saluer en nous présentant leur nouvelle coopérative scolaire qui devrait être opérationnelle pour le deuxième semestre, à partir du mois de novembre.

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Nous avions appris il y a quelques mois qu’une immense statue de Bouddha avait été construite dans un village à quelques kilomètres de Ban Huoi Haeng. Les pistes étant praticables et disposant d’un peu de temps, nous avons décidé d’aller découvrir cette curiosité locale qui fait un peu figure d’anachronisme au milieu des montagnes sauvages et des villages aux maisons en chaume et en bambou.

Nous avons rencontré le moine (il n’y en a qu’un seul !!) qui vit à côté. Il s’agit d’un moine ermite qui avait choisi de vivre dans la forêt et qui a eu un jour une révélation lui demandant de faire construire une grande statue de Bouddha à l’endroit où il était en train de méditer. Comme beaucoup de moines, il a eu une vie “civile” avant de rejoindre les ordres et il a alors téléphoné à son ancien patron, un riche industriel, pour lui parler de sa révélation et lui demander s’il accepterait de participer à son financement. Bien lui en a pris, puisqu’il a accepté de participer à hauteur de 90 % de l’ensemble, le reste ayant été assuré par la classique voie des dons.

Demain, changement de décor, nous passons de l’autre côté du miroir… Silence radio pendant une bonne semaine .

11 octobre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans | Laisser un commentaire

10 Octobre – C’est parti !!

Ça y est, après une semaine pas vraiment de tout repos, nous avons accueilli notre ami le Docteur Pilou à l’aéroport de Chiang Mai samedi soir (heureusement qu’il est venu en avion, car toutes les routes sont inondées !!) et prenons ce matin la route de Tam Lod, dans la province de Mae Hong Son, pour une nouvelle mission quelque part en montagne.

Les filles trépignent d’impatience depuis plusieurs jours à l’idée de retourner au Cavelodge, il est vrai que c’est l’endroit de Thaïlande où nous avons passé les plus longues et les meilleures périodes de vacance et que c’est devenu un peu notre deuxième “chez nous”.

Tam Lod (74)

Si vous voulez avoir un avant-goût du paradis, c’est là qu’il faut commencer. Il existe depuis peu un groupe Facebook qui a été créé par John, le fondateur du Cavelodge qui vit en Thaïlande depuis 30 ans, et où chacun peut poster ses photos et ses meilleurs souvenirs.

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Aucun séjour dans cette guest-house mythique ne peut être envisagé sans une visite à l’école de Ban Huoi Haeng, d’autant plus qu’un nouveau projet vient d’y être réalisé avec l’aide de l’association Action Rotary Est et les jeunes de l’Interact. Nous devrions le découvrir dans les jours qui viennent, je le présenterai bien évidemment dans un prochain billet.

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En attendant, nous allons savourer la route aux 1500 virages avec ses paysages fabuleux, ses marchés montagnards et ses rencontres inattendues…

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10 octobre 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Voyages | 2 Commentaires

21 Mai – DSK remplace Ben Laden

J’imagine les points d’interrogation qui apparaissent au-dessus de la tête des habitués de ce blog à la lecture de ce titre pour le moins…. abracadabrantesque !!

La raison est toute simple : se servir des mots-clés parmi ceux les plus fréquemment tapés dans les moteurs de recherche, actualité oblige, pour faire découvrir ce blog à un maximum de nouveaux lecteurs et multiplier ainsi les chances d’aboutissement de notre actuel projet EAU.

Alors avant d’aller plus loin, si vous venez ici pour la première fois suite à une recherche sur “DSK” ou sur “Ben Laden” ou encore sur “FMI”, je vous souhaite la bienvenue. J’espère que vous me pardonnerez ce petit subterfuge “Googlien” et que vous consacrerez quelques instants de votre précieux temps à la lecture de ce billet. Et qui sait, peut-être serez-vous vous aussi intéressé et/ou séduit par les différentes actions et les nombreux projets que nous menons depuis plusieurs années auprès des minorités ethniques du Nord-Ouest de la Thaïlande et aurez envie de participer activement ?

Pour en savoir un peu plus, je vous invite à cliquer sur l’onglet “Nos Projets” en haut à droite de cette page.

Nous menons actuellement un nouveau projet EAU dont les bénéficiaires seront principalement les 800 élèves de l’école des réfugiés Shans de Loi Tai Laeng (pour en savoir un peu plus sur les Shans et leur histoire : http://www.freeshan.org).

Le budget nécessaire est de 3500 Euros et aujourd’hui, samedi 21 mai, nous avons déjà réuni plus de 2000 Euros !!

Le samedi 21 mai est la date anniversaire de la résistance des Shans contre l’envahisseur birmans et la date butoir pour réunir la somme nécessaire à la réalisation de ce projet est elle aussi une date qui est elle aussi hautement symbolique pour tout français : le 18 juin !!

Vous souhaitez participer activement en cliquant sur le lien <Faire un don> à droite, paiement totalement sécurisé.

Pour vous donner une petite idée de ce que peut être la vie, ou plutôt la survie des Shans sous le régime d’occupation birman, je vous invite à lire ce nouveau témoignage qui m’a été remis récemment par une jeune fille de la petite ville de Wiang Haeng, au nord de Chiang Mai. Nous avons participé financièrement à l’organisation d’une classe verte pendant les vacances scolaires en avril dernier, c’est à dire les “grandes vacances”. Ces enfants ont maintenant la chance de fréquenter une école publique thaïlandaise et suivent pendant les vacances d’été des cours de culture et de langue Shan afin de préserver leurs traditions malgré tous les efforts de “birmanisation” engagés par la junte :

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Le rêve d’une enfant migrante (texte traduit de l’anglais)

Nous vous souhaitons la bienvenue à l’école de Wiang Heng et vous remercions d’être venus nous rendre visite, vous-même et votre famille.

J’ai été volontaire parmi tous les élèves pour vous lire ce texte que nous avons préparé pendant nos cours d’été. Nous sommes tous des enfants Shans (ou Tai Yai) réfugiés de l’état Shan (Birmanie). Lorsque je vivais dans l’état Shan, j’étais une fille de la campagne et j’habitais un petit village très loin de la ville. Il n’y avait pas d’école et je n’avais aucune chance de recevoir une éducation.

Le 27 mai 2003, mon père a été tué par les militaires birmans. J’étais alors âgée de 5 ans. Les soldats du SPDC (armée birmane) sont venus dans notre village pendant la nuit après avoir combattu contre la SSA (Shan State Army). Tous les hommes du village ont été faits prisonniers, dont mon frère et mon père, et environ 20 femmes et enfants, dont moi, ont réussi à fuir dans la jungle. Mon frère a réussi à s’échapper de la prison du SPDC après plusieurs semaines et il est vivant. Il nous a dit que le SPDC avait tué presque tous les hommes du village en les accusant d’aider la SSA et ont jeté leurs corps dans la rivière Num Tiang. Le 1er juillet de la même année, les soldats sont revenus pour forcer les villageois à quitter leurs maisons et les emmener dans la ville de Khun Hiang. Ils ont ensuite brûlé toutes les maisons du village.

Plusieurs personnes du village qui ne voulaient pas aller en ville ont quand même réussi à s’enfuir. Nous avons marché plusieurs semaines dans la jungle et nous sommes finalement arrivés en Thaïlande. Ici, nous sommes considérés comme des migrants, pas comme des réfugiés. Nous (les enfants) pouvons aller à l’école thaïlandaise, mais très peu peuvent continuer au-delà du collège par manque d’argent.

C’est la première fois cette année que nous avons une classe verte pendant les vacances d’été. Cela faisait très longtemps que nous l’attendions et nous sommes tous très heureux de pouvoir apprendre ainsi notre culture et notre langue. Dans notre pays, ce n’est pas possible car le SPDC a brûlé beaucoup d’écoles et nous interdit d’apprendre notre culture.

Ici, nous pouvons apprendre librement, aller à l’école librement et nous vous sommes très reconnaissants d’avoir aidé notre professeur, Monsieur Kwangkham, dans l’organisation de cette classe verte. Nous vous remercions aussi pour les équipements de sport que vous nous avez apportés et nous espérons que nous vous reverrons l’année prochaine.

Note : les grandes vacances scolaires en Thaïlande vont de mi-mars à mi-mai et cette classe verte avait été organisée à l’initiative de mon ami Kwangkham du 8 avril au 8 mai.

21 mai 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Divers, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

3 Avril – Arrêt obligatoire

J’y faisais allusion dans certains de mes billets précédents, ils sont omniprésents sur les routes que nous empruntons pour rendre visite aux montagnards et se reconnaissent généralement par leur couleur majoritairement kaki assortie d’une barrière rouge et blanche en travers de la route, je veux bien évidemment parler des points de contrôle de l’armée thaïlandaise.

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La province de Mae Hong Son où nous intervenons s’étend le long de la frontière entre la Thaïlande et l’un des pays les plus fermés de la planète : la Birmanie (ou Myanmar, comme l’appelle la junte militaire au pouvoir).

mapCette frontière est plus ou moins bien matérialisée par des cours d’eau et des crêtes de montagnes, souvent au milieu d’une jungle épaisse, ce qui la rend difficilement contrôlable. Elle représente pour de nombreuses populations opprimées l’objectif à atteindre – et à franchir – pour trouver un semblant de liberté et son tracé est parsemé de villages de réfugiés, certains accueillant plusieurs milliers d’habitants. Mais elle est aussi depuis de nombreuses décennies le théâtre de trafics en tous genres : narcotiques, armes, animaux de contrebande, bois précieux, etc. sans oublier les êtres humains !!

Ces postes de contrôle militaires, certains permanents, d’autres mobiles, semblent donc parfaitement justifiés au vu de la situation et il faut souvent y présenter une pièce d’identité et indiquer sa destination. Sur les pistes de montagne et les routes qui se terminent en cul-de-sac ou mènent “de l’autre côté”, ils notent également les noms de toutes les personnes présentes dans le véhicule, le numéro d’immatriculation et demandent l’heure (ou le jour) du retour.

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Comme d’autres, j’avais lu des récits et articles racontant des rencontres avec des “militaires corrompus” demandant un droit de passage aux volontaires individuels et aux organisations humanitaires (je ne citerai aucun nom pour éviter toute polémique) souhaitant se rendre auprès des réfugiés. À cela venaient se rajouter les histoires de certains voyageurs et autres aventuriers en mal de reconnaissance qui ont entendu parler de quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a vu un jour quelqu’un se faire rançonner par les militaires. Un peu l’histoire l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’éléphant blanc (il n’y a pas d’ours en Thaïlande !!).

Je n’ai pas la prétention d’affirmer qu’il s’agit ici de pure fiction, certaines des situations décrites sont peut-être bien réelles, mais en plus de quatre ans et des dizaines de passages à ces points de contrôle nous n’avons JAMAIS eu à verser le moindre droit de passage, bien au contraire.

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Je me souviens de l’un de nos premiers passages par l’un de ces postes, il y a presque 5 ans. La route entre Tam Lod et Ban Huoi Haeng n’existait pas encore et il fallait environ 1H30 en 4×4 pour parcourir les 10 km de piste défoncée. Au retour, nous avions bifurqué vers Yapanae et Mae Lana, un village Shan où recommençait une bande asphaltée qui rejoignait la route principale menant à Mae Hong Son (voici la carte Google pour vous donner une idée de l’endroit, le point bleu représente Ban Huoi Haeng et nous avions rejoint la route 1226 par les pistes). Peu après Mae Lana, surprise, nous nous trouvons nez à nez avec un barrage militaire !!

Je crois que le planton qui nous a vu arriver n’a jamais vraiment compris comment nous étions arrivés jusque là, d’autant plus que nous n’étions pas répertoriés dans son registre et que nous étions supposés passer par son poste de contrôle avant de nous aventurer dans ce qu’il nous a décrit comme étant une zone dangereuse. Mais il nous a finalement laissé passer – avec le sourire !! – lorsqu’il a appris l’objet de notre voyage, à savoir apporter des fournitures scolaires à une école isolée.

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2 autres expériences vécues :

  • Chiang Rai 2 (52)Route vers Doi Tai Laeng, état Shan, voiture chargée de fournitures scolaires et de matériel médical. Des militaires thaïlandais un peu hésitants au début en apprenant notre destination, qui observent notre cargaison avec suspicion, puis qui deviennent tout sourire et nous saluent d’un énergique ‘”Thank You!!” après avoir obtenu l’autorisation de nous laisser passer auprès de leurs chefs.
  • Point non officiel de passage de frontière au nord du village de Ban Rak Thai pour rejoindre le village de réfugiés de Kong Mung Mong, dans l’état Shan. Là aussi voiture chargée de fournitures scolaires et de médicaments avec en prime un médecin français à bord. Le chef de poste nous accompagne et discute avec mon épouse. En repartant le deuxième jour, elle veut lui donner 500 THB (12 Euros) pour lui et ses hommes, mais il refuse et va jusqu’à nous rattraper pour nous les rendre.

Deux anecdotes parfaitement représentatives des contacts toujours extrêmement conviviaux et coopératifs que nous avons eu avec les militaires thaïlandais en poste à ces points de contrôles depuis plus de 4 ans. J’ignore si esprit de coopération est spécifique à cette région, mais nous avons cette fois encore pu ressentir la même impression de solidarité et de compassion de la part des hommes en uniforme envers leurs “cousins du mauvais côté de la frontière”.

Une réalité du terrain qui pourra aussi contribuer à rassurer nos donateurs quant à l’usage des fonds qu’ils nous confient : il n’existe aucun prélèvement “imprévu” entre eux et les bénéficiaires de leur générosité, un sujet (l’usage et la gestion des fonds) qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain billet.

3 avril 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Loi Tai Laeng, Voyages | Laisser un commentaire

29 Mars – Soirée dansante

Nous avons passé notre dernière soirée au Cavelodge et le moment est venu de reprendre la route. Depuis plus de 4 ans que nous venons ici en moyenne deux fois par an, nous apprécions toujours autant cet endroit, l’atmosphère toute particulière qui y règne, la convivialité du lieu, la gentillesse des villageois et tout un tas d’autres petits détails à priori insignifiants mais non moins marquants (genre fourmis dans le lit, chaussures réchauffées par le chien pendant la nuit, la célèbre pizza du Cavelodge, etc.). Et cette appréciation est partagée, puisque les filles trouvent que l’on repart trop tôt et demandent déjà à quel moment nous reviendrons (alors qu’après trois jours de plage elles commencent à trouver le temps long…).

Nous avions en fait prolongé notre séjour de 2 jours pour assister à un spectacle donné par les enfants de Ban Huoi Haeng à l’initiative de deux étudiantes anglaises qui viennent de passer 6 semaines à l’école à titre de volontaires bénévoles en assistance du professeur d’anglais.

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Des affichettes avaient été postées un peu partout jusqu’à la ville voisine de Pai et une bonne vingtaine de personnes ainsi qu’une petite équipe de télévision locale étaient présentes pour assister à l’évènement. L’objectif était de collecter des fonds pour la bibliothèque de l’école, notamment pour des livres en anglais autres que des manuels scolaires.

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Danses, chants et même une séance de maniement de hula-oop, les enfants, qui avaient revêtu les costumes des différentes ethnies présente à l’école, se sont véritablement surpassés pendant près d’une heure. Une prestation qui a su séduire l’assistance et a permis de collecter près de 5000 Bahts (125 Euros), en plus de l’enveloppe que nous avons remise directement à Pimook et d’un billet remis individuellement à chacun des enfants présents.

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Nous leur avons ensuite offert le dîner : poulet au four “façon Cavelodge”, avec pommes de terre sautées ou riz et légumes, un menu qui devrait rappeler des souvenir à ceux qui ont eu le plaisir de passer un réveillon de nouvel an en ce lieu. Un menu qui est en outre en parfaite adéquation avec les températures exceptionnellement fraîches qui règnent sur la Thaïlande, notamment le nord, depuis plusieurs jours.

Nous reprenons aujourd’hui la route vers Chiang Mai où nous devrions arriver vendredi après deux autres nuits passées au hasard des chemins détournés que nous avons prévu d’emprunter.

30 mars 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Voyages | Laisser un commentaire

27 Mars – Le miracle de l’eau

Imaginez :
Vous vous réveillez le matin, partez faire votre jogging comme à l’accoutumée, revenez en sueur et impatient de prendre une bonne douche, ouvrez le robinet et… rien !
Pas une goutte d’eau ! (oui, je sais, ça sent le vécu !!)

Imaginez :
C’est dimanche, tante Agathe et les cousins ne vont pas tarder, il faut préparer le repas et faire bouillir de l’eau pour le riz, mais gros problème : cela fait plus de 3 mois qu’il n’a pas plu et le puits est à sec !

Imaginez :
Comme tous les soirs, vous vous apprêtez à arroser les quelques légumes qui peinent à sortir de la terre durcie par la canicule. Vous manœuvrez a pompe à bras sans résultat, essayez la citerne de récupération des eaux pluviales, mais en vain : toutes les réserves d’eau sont épuisées !

Imaginez :
La journée de labeur touche à sa fin, l’heure est venue d’emmener les bêtes se désaltérer dans le ruisseau, mais le mince filet qui peine à se frayer un chemin entre les pierres en cette période de sècheresse a été souillé en amont et l’eau et devenue impropre à la consommation, même pour les animaux.

Ces quelques exemples de scénarios, pas si improbables que cela et ayant volontairement lieu dans des environnements différents, pour parler de “l’évènement exceptionnel” que j’évoquais dans mon billet du 22 mars.

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Nous étions sur le point de déjeuner à l’école de Ban Huoi Haeng quand une dame du village est venue nous apporter un bouquet de légumes fraîchement cueillis dans son jardin. Quoi de plus banal que de cueillir des légumes dans son jardin me direz-vous ?
Et bien tout dépend du contexte !!

Comme tous les villages Lahu, Ban Huoi Haeng a été bâti au sommet d’une colline au pied de laquelle s’écoule un cours d’eau. C’est volontairement que je ne donne aucun nom précis à ce dernier, puisque sa taille – et ainsi sa dénomination – varie au fil des saisons. De torrent et même parfois rivière abondante pendant la mousson, il devient ruisseau en janvier pour finir mince filet les meilleures années seulement.

DSC08024 Ban Huoi Haeng (130)

Les deux photos ci-dessus ont été prises à peu près du même endroit, mais, vous vous en doutez bien, pas à la même période. Les réserves constituées pendant la saison des pluies arrivent généralement à épuisement dès fin janvier et les villageois, ainsi que les enfants de l’école, sont obligés de descendre jusqu’à ce qui est alors un ruisseau pour se laver. Ce même ruisseau devient alors également la source d’eau pour le bétail dont les déjections le rendent très vite inutilisable.

Il va sans dire que s’il n’y a pas assez d’eau pour la toilette des humains et à peine suffisamment pour la consommation des animaux, il faut oublier toute idée de faire pousser un quelconque végétal dans son jardin !!

Nous avions alors, avec Pimook, développé et réalisé un projet d’alimentation en eau pour tout le village (descriptif au format PDF), projet réalisé avec le soutien du Rotary Club de Brumath Strasbourg – Campagne. Nous avions déjà pu constater son efficacité lors de notre précédente visite en octobre dernier, à la fin de la mousson, et nous étions maintenant impatients de savoir si le débit serait toujours suffisant après plus de 3 mois sans pluie.

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Et bien oui !!

Non seulement le débit est encore largement suffisant pour alimenter l’ensemble du village – et par conséquent l’école – mais les habitants de Ban Huoi Haeng peuvent en plus s’offrir le luxe de faire pousser des légumes dans leur jardin en pleine saison sèche. Un évènement exceptionnel puisque c’est la première fois de sa vie (et certainement aussi de celle de ses parents) que cette dame ainsi que les autres familles du village voient quelque chose de comestible sortir de terre en plein mois de mars.

_DSC2172L’eau apporte ainsi à ces populations montagnardes un niveau de confort qui leur était inconnu jusqu’alors et qui va bien au-delà des impératifs hygiéniques de la douche matinale et du brossage des dents.

Cette eau sert aussi depuis peu à alimenter une autre citerne en passant par un filtre qui la rend potable, ce qui permet aux enfants de se désaltérer à volonté et de se brosser les dents dans des conditions totalement nouvelles pour eux.

Là aussi, l’installation a été entièrement conçue et réalisée par Pimook et son équipe et le financement a été assuré en partie par un reste des fonds que nous lui avions confiés pour le projet principal, complété par la participation d’une autre ONG.

Autre amélioration notable : la vaisselle !!

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Les photos ci-dessus (avant – après) parlent d’elles-mêmes. Mais rassurez-vous : les poules et les cochons ont toujours droit aux restes Clignement d'œil

Cette présence permanente de l’eau constitue également un point de départ pour de nouveaux projets avec l’école de Ban Huoi Haeng qui pourra d’une part s’en servir pour appuyer une demande chère à Pimook, à savoir l’ouverture de 3 nouvelles classes accueillant les élèves jusqu’à l’âge de 15 ans, et d’autre part améliorer encore plus le quotidien alimentaire des enfants en s’essayant à l’élevage de poissons (un bassin a été construit) et en produisant des légumes toutes l’année.

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Nous avons présenté à ce sujet à Pimook un modèle de “plantations en terrasse” remarqué lors d’un voyage récent et très facile à mettre en œuvre à moindre coût.

Cette présence de l’eau constitue une véritable révolution dans la région et le village de Ban Huoi Haeng est en train de devenir un exemple pour d’autres communautés montagnardes qui rencontrent les mêmes problèmes de pénurie saisonnière.

Un nouveau projet est d’ores et déjà à l’étude avec un village de réfugiés de l’autre côté de la frontière, projet qui devrait même être moins coûteux que celui de Banh Huoi Haeng puisqu’il faudra 3 fois moins de tuyaux. Pimook et son équipe sont ravis de servir de conseillers aux Shans et ce “miracle de l’eau” est ainsi en train de devenir un véritable trait d’union entre les communautés montagnardes pour qui le mot solidarité a encore tout son sens.

Je vous présenterai ce projet dès que j’aurai reçu les documents nécessaires, en attendant mon prochain billet sera consacré à un autre sujet lui aussi en rapport avec nos actions : le “droit de passage” aux points de contrôle des militaires.

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27 mars 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng | 4 Commentaires

26 Mars – La semaine en vrac…

…et en images (cliquez sur les photos pour les agrandir).

_DSC2093Dimanche 20 :

Arrivée au Cavelodge, les filles trépignaient d’impatience depuis plusieurs jours à l’idée de retrouver leur lieu de vacance favori ainsi que leurs amis Homsin et Chocolate (le petit garçon sur la photo), Tam et Doy (les chiens qui cachent les chaussures), les fourmis dans le lit, le Nam Plik Oup (euh… non, ça c’est pour moi !), le swimming hole (il faut venir sur place pour comprendre)…

Enfin bref, toute l’atmosphère et la convivialité de ce lieu très particulier, je dirais presque unique, qui a su conserver le même esprit depuis sa création, en 1984.

_DSC2103Lundi 21 : Dans la grotte

Cave en anglais, Tam en thaïlandais, d’où le nom du village : Tam Lod.

Il s’agit en fait d’un enchaînement de 3 grottes dont la dernière contient ce qui peut s’apparenter à des sarcophages dans lesquels, au moment de leur découverte, reposaient des corps momifiés. Ces derniers se trouvent maintenant à l’abri dans un musée et les “cercueils” en bois dur (tek ?), âgés de plus de 2500 ans, ont été laissés sur place.

Au coucher du soleil, la sortie de la grotte devient le théâtre d’un ballet aérien présenté par les hirondelles et les chauves souris, les habitants de ce lieu.

_DSC2174Mardi 22 : À l’école de Ban Huoi Haeng

Le sujet de mon billet précédent et un lieu incontournable à chaque fois que nous passons dans la région.

Nous sommes toujours autant sous le charme de cette école de montagne et de son directeur décidément pas comme les autres dont le dévouement et l’engagement ne sont plus à prouver. De nouveaux projets, petits et grands, sont en cours ou accomplis à chacune de nos visites et l’amélioration globale des conditions de vie et d’éducation des enfants dont nous avons été les témoins depuis plus de 4 ans ne peut que nous encourager à poursuivre sur la même voie.

Je viens d’ailleurs de créer sur ce blog une nouvelle page “Projets” (cliquez sur l’onglet correspondant en haut de la page) sur laquelle je dresse un récapitulatif des différents projets menés depuis fin 2006 et à partir de laquelle vous pouvez télécharger le récit détaillé de certains d’entre eux.

_DSC2342Mercredi 23 : Sortie Kayak

Départ au petit matin, une heure de route et on nous “lâche” sur un pont sous lequel passe une rivière (pour le kayak, c’est plus pratique qu’une voie ferrée…).

Au total, 5 heures à pagayer, à se laisser entraîner par le courant, parfois à essayer de rattraper le bateau après être tombé dans l’eau entre rochers et troncs d’arbre, le tout au milieu d’une nature somptueuse dans un cours d’eau au niveau relativement bas en cette saison. Pause déjeuner à proximité d’un centre d’étude sur les gibbons, une espèce protégée qui a ici la chance de vivre dans un environnement relativement préservé et classé “réserve naturelle”. Cette réserve compte également de nombreuses grottes dont la majorité ont été découvertes et explorées par John, le fondateur du Cavelodge qui a même servi de guide à une équipe de la BBC venue tourner un documentaire sur les poissons aveugles pour leur série “Planète Terre” (je viens de me commander un exemplaire).

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Une expédition en famille, puisque seul un couple d’australiens, des amis de John, nous accompagnaient et que nos guides étaient l’épouse et le fils de John ainsi que deux de ses beaux-frères.

Jeudi 24 et vendredi 25 : Visite chez les Shans

Un voyage très particulier qui nous entraîne de l’autre côté de la frontière sur un territoire à l’accès très règlementé et qui est théoriquement interdit aux étrangers. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter mon autre blog consacré aux Shans (freeshan) ou encore les quelques billets de celui-ci en sélectionnant la catégorie “Les Shans”.

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Un voyage très particulier puisque cette fois-ci, nous y sommes allés en famille !!

En effet, Pong, mon épouse, avait eu plusieurs fois l’occasion de discuter au téléphone avec nos différents contacts et voulait se rendre compte par elle-même des conditions de vie, ou plutôt de survie, de ses “cousins du mauvais côté de la frontière”.

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L’occasion aussi de déposer des médicaments à l’hôpital (ou plutôt la clinique, voir ici le témoignage) et, à l’école, le fruit de notre collecte de livres. Une expérience fabuleusement enrichissante aussi pour les filles qui ont de plus en plus conscience de la chance qu’elles ont de pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité dans un environnement pacifique.

Accessoirement, nous avons aussi vécu la curieuse expérience d’un tremblement de terre à 1400 mètres d’altitude, heureusement sans victimes ni dégâts là où nous étions.

Pour mes lecteurs qui vivent en Alsace et qui souhaitent en savoir un peu plus, je vous invite à venir assister à la conférence qui sera donnée le 13 avril prochain à Brumath par mon ami le Docteur Olland (cliquez ICI pour télécharger la brochure au format PDF).

Samedi 26 : Repos au Cavelodge

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Après une semaine très riche en évènements et en émotions, journée détente en compagnie d’un phylium, ou phasme feuille.

Très prochainement, l’histoire de l’eau à Ban Huoi Haeng…

Restez à l’écoute (stay tuned, comme disent les anglophones).

26 mars 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Loi Tai Laeng, Voyages | 2 Commentaires

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