Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

18 Septembre – Bientôt le 24 !!

Un titre plutôt insolite, je vous l’accorde, voire même déroutant pour ceux qui attendent la suite de mes billets sur l’éducation en Thaïlande (Rappel : Partie 1Partie 2). Qu’ils se rassurent, le troisième sera bientôt publié.

Pour l’instant, parlons du 24 !!

Affiche24Il s’agit bien évidemment du 24 septembre, date à laquelle se tiendra un évènement majeur dont tout le Kochersberg parle depuis des semaines et dont l’information commence maintenant à se répandre dans le Pays de Hanau, en Outre-Forêt et même dans les régions de l’extrême Sud de l’Alsace (vous savez, après Sélestat !!).

C’est en effet à cette date que mon ami le Docteur Pilou tiendra une nouvelle conférence – projection sur le thème de la Birmanie, les deux facettes du miroir.

Il vous présentera dans un premier temps une série de photos des endroits ouverts au tourisme et mis en scène par la junte pour soigner son image auprès du monde extérieur. Il vous fera ensuite passer “de l’autre côté du miroir” et vous fera partager quelques-unes de ses missions auprès de la résistance armée Shan (pour en savoir plus : http://www.freeshan.org).

Adresse du jour : Centre culturel, Rue de la Zorn, 67270 Schwindratzheim
Carte pour y accéder : http://g.co/maps/p28v

En attendant, et pour vous mettre dans l’ambiance, voici une série de 3 vidéos que j’ai découvertes récemment sur le Web et qui donnent une petite idée de ce que peut être l’Absurdistan. Prenez le temps de les regarder, c’est édifiant et autrement plus intéressant que Loana dans le pré !!

 

 

18 septembre 2011 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | 2 Commentaires

11 Septembre – Lycée français de Bangkok, la suite…

Des statistiques de consultation du blog qui explosent, plusieurs messages/avis de lecteurs ainsi que des questions plus spécifiques : il semble que l’éducation des enfants en général et la scolarisation des métis en particulier soit un sujet qui intéresse. Et c’est tant mieux !!

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Je vais donc essayer de résumer (on ne ris pas !!) notre propre expérience en décrivant le cheminement que nous avons suivi depuis la première – et la seule – rentrée des classes en France jusqu’à la situation actuelle et notre prochain re-changement d’école, en soulignant certains aspects spécifiques aux enfants métis auxquels je n’avais pas pensé initialement et qu’il serait maladroit de négliger.

Je n’ai bien évidemment aucune prétention d’expertise “ès pédagogie” et encore moins de détention de la vérité absolue, chaque cas est spécifique et je jouis en outre de l’immense privilège de n’être soumis à aucune contrainte géographique professionnelle, ce qui nous laisse une liberté de choix totale pour l’école et nous permet d’adopter une démarche inverse : à savoir choisir l’école et ensuite rechercher un logement à proximité.

Il est vrai qu’en France la question ne se pose en général pas vraiment, on scolarise les enfants tout simplement à l’école du village ou du quartier avec éventuellement une option école privée pour ceux qui en ont les moyens et qui l’estiment nécessaire. C’est un peu le raisonnement que nous avions nous aussi suivi initialement après nous être assuré de la présence d’une école de bonne qualité à proximité de notre future maison.

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Il s’agissait d’une école privée comme il en existe des milliers à travers le pays, avec une moyenne de 20 à 25 élèves par classe en maternelle tout comme en primaire et aussi – très important à mes yeux – un “vrai” enseignement de l’anglais dès le plus jeune âge. La maternelle, non obligatoire en Thaïlande, ayant surtout un rôle de sociabilisation et d’apprentissage de la vie en communauté, l’établissement scolaire choisi remplissait parfaitement sa mission à ce niveau là, et même plus encore puisque tous les élèves savaient lire et écrire aussi bien le Thaï que l’alphabet latin à la fin de leurs 3 années de maternelle !!

Et cerise sur le gâteau : cette école possède sa propre piscine et tous les enfants suivent des cours de natation avec un professeur diplômé dès l’âge de 4 ans. À titre indicatif, le coût de la scolarisation était de l’ordre de 700 à 800 Euros par an et par enfant, en incluant les fournitures, les uniformes, la cantine et le ramassage à domicile par un minibus de l’école.

Par comparaison, l’école publique du village comptait une moyenne de 35-40 élèves par classe en primaire et “tout le monde en vrac” en maternelle, une maternelle qui s’avérait en fait plus être une garderie améliorée dont le rôle essentiel était d’assurer la surveillance des enfants pendant la journée de travail des parents. Un environnement pas vraiment favorable à une construction structurée de la personnalité et – très important – au développement d’un esprit studieux.

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Tous semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais nous avions tout de même oublié un petit détail : nos filles sont métisses !!!

Le métissage est une caractéristique très appréciée par les Thaïs en perpétuelle quête d’occidentalisation de leur aspect, mais qui peut parfois présenter certains inconvénients, notamment lorsque lesdites métisses sont considérées comme privilégiées et traitées comme telles. Nos filles étaient en fait les seules métisses présentes dans cette école fréquentée essentiellement par des enfants de commerçants et de cadres de l’administration et certaines anecdotes – plutôt amusantes au début – ont commencé à éveiller mon attention.

Exemple : un jour, notre cadette rentre à la maison et nous annonce que sa meilleure copine ne veut plus qu’elle vienne jouer chez elle. Bon, ce sont des petites histoires de maternelle mais nous essayons tout de même d’en savoir plus. Il s’est en fait avéré que Naomi avait raconté notre récent weekend à Kuala Lumpur, en plus de toutes les autres sorties et voyages que nous faisons régulièrement, et qu’à de rares exceptions près, aucun des autres enfants de l’école n’avait jamais voyagé et la principale occupation du weekend se limitait à aller manger une glace au supermarché du coin. 

J’avais aussi constaté une baisse de l’assiduité et des résultats de notre aînée après son passage en primaire. Bien que toujours dans le peloton de tête, Maeva semblait moins enthousiaste à l’idée d’aller à l’école et n’avais pas l’air très suivie par sa maîtresse. Il s’est en fait avéré que cette dernière ne s’intéressait pas vraiment à elle tout simplement parce qu’elle la considérait comme une privilégiée qui n’avait pas besoin de bien travailler à l’école pour assurer son avenir. Un raisonnement qui peut sembler plutôt curieux de la part d’une enseignante, mais qui est très courant en Thaïlande où les classes moyennes et aisées se considèrent comme des “clients” de l’école qu’elles ont choisie peur leur progéniture et attendent que ladite progéniture reçoive (pas forcément obtienne !!) des notes en rapport avec les frais de scolarisation. En clair, si l’enfant ne reçoit pas de bonnes notes, c’est que l’enseignant n’est pas compétent. Un phénomène très courant à Bangkok et qui oblige à redoubler d’attention – j’en parlerai plus dans un prochain billet.

À cela venait s’ajouter un mode de vie totalement différent de celui des autres enfants du village auxquels nos filles ne parvenaient pas vraiment à s’identifier. Un peu le syndrome du vilain petit canard, mais à l’envers !!

J’ai donc commencé à réfléchir à une solution et, dans un premier temps, les ai inscrites aux cours de français prodigués tous les samedis matins à l’Alliance française de Bangkok.

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Outre le perfectionnement dans l’une de leurs langues maternelles, l’objectif était aussi – et surtout – d’élargir leur horizon au travers d’un contact avec des enfants métis comme elles dans un environnement pédagogique totalement différent de leur quotidien. Je venais en fait de franchir un premier pas vers la biculturalité de l’enseignement sans encore connaître le principe des écoles bilingues (et, dans un certain sens, biculturelles).

Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain billet. Pour l’instant, je me contenterai de donner un conseil aux familles mixtes qui, comme nous, vivent en Thaïlande et peut-être aussi ailleurs en Asie et qui sont confrontées au problème du choix de l’école pour leurs enfants :

N’oubliez jamais le fait qu’il/elles sont métis(ses) et, dans la mesure du possible, intégrez ce facteur dans leur éducation !!

Cette caractéristique de métissage fait partie intégrante de leur personnalité et j’estime qu’il est nettement préférable, pour ceux qui en ont la possibilité, d’offrir à leurs enfants l’occasion d’épanouir et de valoriser leur métissage dans un environnement propice plutôt que de vouloir les cantonner dans l’une ou l’autre culture.

En grandissant en tant que métis, ils/elles assumeront pleinement leur biculturalité et se sentiront autant à l’aise d’un côté que de l’autre. Au contraire, en les cantonnant dans l’une ou l’autre de leurs origines, ils/elles risquent de se sentir étrangers de l’autre et même, dans certains cas, étrangers aussi dans la monoculture au sein de laquelle ils/elles grandissent (exemple : voir mon billet précédent, l’anecdote Farang).

Après toutes ces réflexions ‘”migrainigènes” et pour vous faire patienter jusqu’à la semaine prochaine et mon troisième billet à ce sujet, voici un petit problème qui faisait partie des devoirs de Maeva ce weekend :

David drove from Town P to Town Q at a speed of 105 km/h. Bala drove from Town Q to Town P at a speed of 80 km/h, but he started 1 hour earlier than David. After driving for 2 hours, David met Bala on the road. What is the distance between Town P and Town Q?

Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec la langue de Rick et Alvin, voici la traduction en français. Mais l’énoncé du problème reste identique !!

David a circulé de la ville P à la ville Q à une vitesse de 105 km/h. Bala a circulé de la ville Q à la ville P à une vitesse de 80 km/h, mais en étant parti 1 heure plus tôt que David. Après avoir conduit pendant 2 heures, David a rencontré Bala sur la route. Quelle est la distance entre les deux villes P et Q?

11 septembre 2011 Publié par | L'école des filles | 2 Commentaires

4 Septembre – Le Lycée français de Bangkok

La question de la scolarisation des enfants, sans pour autant être obsessionnelle, n’en demeure pas moins un sujet que nous abordons régulièrement aussi bien avec certains parents des copains/copines de classe des filles qu’avec d’autres familles franco-françaises ou franco-thaïes que nous sommes amenés à rencontrer. En effet, quoi de plus naturel, j’aurais presque envie de dire quoi de plus instinctif, que d’essayer de trouver la meilleure voie pédagogique possible, celle qui permettra à notre progéniture de s’épanouir et de valoriser pleinement son potentiel intellectuel et créatif ?

Or, j’ai constaté un phénomène des plus curieux lorsque nous évoquons cet aspect avec d’autres français, et pas seulement des “vrais” expatriés*. Ça donne à peu près ça :

  • Ah bon ? Vos enfant ne vont pas au Lycée français ?
    (avec une expression faciale à mi-chemin entre la première
    tentative de dégustation du durian et un saut à l’élastique)

Depuis peu, lorsque nous évoquons notre futur déménagement à Chiang Mai, il y a aussi ça :

  • Mais comment vous allez faire pour le Lycée français ?
    (là, c’est plutôt le visage en mode “yeux ronds” avec une
    bouffée de points d’interrogation au-dessus de la tête)

Et j’ai définitivement abandonné toute tentative de décrire la tête que font ces mêmes personnes lorsque nous leur expliquons ensuite que c’est justement l’éducation de nos enfants qui a été l’une des principales raisons de notre déménagement, ou plutôt de notre migration en Thaïlande.

En fait, en tant que migrants (et non pas expatriés*), il ne nous serait jamais venu à l’idée de déménager en Thaïlande pour envoyer nos filles au Lycée français et il m’arrive même de retourner la question à certaines familles franco-thaïes : si vous habitiez en France, mettriez-vous vos enfants au Lycée thaïlandais de Paris ? (pour peu qu’il existe !!)

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C’est vrai que notre choix peut avoir de quoi surprendre, surtout au vu du niveau catastrophiquement faible de l’enseignement public thaïlandais. Les méthodes pédagogiques se résument ici à l’apprentissage par cœur qui consiste à faire répéter pendant des heures des successions de mots, de phrases ou de chiffres, suivant la matière enseignée, avec pour résultat des générations de perroquets totalement dépourvus de tout sens de l’analyse et de tout esprit critique. Pour caricaturer à l’extrême, j’irais jusqu’à dire que l’élève moyen en sortie de primaire saura que 4 x 8 = 32, mais sera incapable de dire combien font 8 x 4 parce qu’il ne l’aura pas appris par cœur. Et cette situation est d’autant plus paradoxale qu’avec plus de 98 % des élèves de 15 ans qui savent lire et écrire, la Thaïlande possède l’un des meilleurs taux d’alphabétisation d’Asie du Sud-Est. Mais il est vrai que ce n’est parce que l’on sait lire que l’on comprend ce qu’on lit !!  

Alors pourquoi cette démarche qui semble en totale contradiction avec notre recherche de l’éducation optimale ?

En fait, nous avions le choix : soit démarrer leur scolarité en France, dans quel cas il nous aurait encore fallu attendre une vingtaine d’années avant de pouvoir “prendre notre retraite sous les cocotiers” (cliché !), soit sauter le pas dès maintenant et nous engager dans le circuit scolaire thaïlandais. J’avoue que je ne connaissais pas vraiment la situation réelle au début, mais fréquentant depuis longtemps les cultures asiatiques j’ai toujours été séduit par leur sociabilité, leur discipline et le très faible taux de délinquance qui y règne. Un environnement plutôt accueillant qui me semblait être le résultat direct de l’éducation, et c’est cet environnement éducatif que nous souhaitons offrir à nos filles.

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Il s’agit ensuite de faire le bon choix, car l’offre ici est immense, d’autant plus qu’il n’existe pas de carte scolaire, même dans l’enseignement public, et les parents ont donc une totale liberté de choix de l’établissement dans lequel ils veulent envoyer leur progéniture, en ajoutant à cela que certains paient des dessous de table pour faire entrer leur descendance dans les écoles qui n’ont plus de prestigieux que le nom, il faut réellement rester très vigilant. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le système scolaire thaïlandais, je vous invite à lire mon blog sur les écoles en Thaïlande dans lequel j’essaie d’expliquer l’éventail des possibilités offertes et qui contient aussi un tableau d’équivalence des classes entre le système français et le système thaïlandais.

Pour revenir à notre propre situation, nous avons opté pour une scolarité dans une école dite bilingue (ou “English Program”) où les matières générales sont enseignées en anglais par des natifs anglophones et les matières spécifiquement thaïlandaises en thaïlandais par des enseignants thaïlandais. Il y a donc 2 professeurs par classe avec une moyenne de 25 élèves, une taille humaine particulièrement propice à un enseignement de qualité et où il existe une réelle interaction avec les élèves. Nous considérons en outre que la qualité de l’éducation n’est pas forcément proportionnelle au coût de l’école (nous ne payons pas pour que nos filles aient de bonnes notes !!) et aussi que l’école n’est que l’une des composantes qui interviennent dans ladite éducation, mais assurément pas la seule.

Je dois avouer que nous sommes jusqu’à présent plutôt satisfaits de nos choix, nos filles sont parfaitement trilingues et même si elles utilisent de préférence le Thaï lorsqu’elles dialoguent entre elles, elles passent sans difficulté d’une langue à l’autre et ont même tendance à préférer regarder les films en version française plutôt qu’en thaï ou en anglais (bon, c’est vrai que Astérix et Cléopâtre en Thaï ça ne passe pas vraiment !!). De plus, leur ouverture d’esprit et leur curiosité n’ont rien à envier aux petits européens de leur âge, nous avons pu nous en rendre compte encore récemment, avec en plus la discipline “intelligente” et le respect d’un certain ordre moral propre aux sociétés asiatiques.

Alors non, n’en déplaise aux expatriés purs et durs qui vivent en vase clos dans le quartier gaulois de l’hyper-centre de Bangkok : Nos enfants ne vont pas au Lycée français !!

* Je fais volontairement la différence entre l’expatrié pur, qui vit à l’étranger pour des raisons essentiellement professionnelles, et le “migrant”, la catégorie à laquelle je considère appartenir et dont les principales motivations sont plutôt d’ordre socio-culturelles, familiales, financières, etc. mais dont la vie à l’étranger est avant tout un choix personnel et non pas une opportunité de carrière. 

4 septembre 2011 Publié par | L'école des filles | 12 Commentaires

12 Août – Bonne fête maman

Le Royaume de Thaïlande rend chaque année hommage à la “maman” de tous ses sujets, à savoir sa Majesté la Reine Sirikit dont c’est aujourd’hui l’anniversaire. Toutes les écoles du pays organisent des cérémonies pour cette occasion auxquelles sont invitées les mamans (enfin celles qui peuvent se libérer…), accessoirement les papas (pour prendre des photos…) ainsi que l’une ou l’autre personnalité locale généralement chargée de faire un discours (dans notre cas il s’agissait d’un moine du temple voisin).

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Le 12 août étant un jour férié, toutes ces animations ont généralement lieu la veille avec présentation de spectacles divers et variés, souvent exécutés avec une certaine hésitation, mais toujours énormément de conviction par les enfants des plus petites classes qui, tout en dansant ou en chantant, s’observent les uns les autres du coin de l’œil pour essayer de rester dans le rythme.

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Il y a eu cette année un intéressant mélange entre des chants en anglais, interprétés par les grandes classes, et des spectacles musicaux et dansants thaïlandais traditionnels présentés par les plus petits. Une excellente expression du caractère à la fois bilingue et biculturel de cet établissement comme il en existe de plus en plus dans le pays et qui, à mon sens, constitue le choix idéal pour les familles mixtes comme la notre qui ont fait le choix de vivre en Thaïlande.

Mais je reviendrai prochainement dans un autre billet sur l’éducation des enfants métis et sur nos propres choix. Pour l’instant, nous en sommes à la fête des mères et après les spectacles collectifs, place aux prestations individuelles, préparées ou improvisées …

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En effet, l’école de nos filles a pour habitude de désigner une “maman de l’année” (et aussi – rappelez-vous – un “papa de l’année” à l’occasion de la fête des pères !!), avec pour particularité cette année que je connais la nominée personnellement et depuis de nombreuses années.

Vous l’aurez deviné, il s’agit de Pong a qui on avait demandé, ainsi qu’à nos filles, de préparer un discours non pas en Thaï, mais en anglais (le discours en Thaï a été prononcé par une autre maman). J’ai donc eu droit toute la semaine à des séances d’entraînement à la prononciation, à des recherches de vocabulaire, à des consultations du dictionnaire thaï/anglais – avec quelques incursions parasites d’un certain Google Translator dont les résultats me rassurent quotidiennement quant à l’avenir de ma profession – à des corrections syntaxiques et stylistiques pour finalement aboutir à un texte très élaboré de trois pages qui ne sera jamais lu en public, la feuille ayant été oubliée sur la table de la cuisine entre un bol de Korn Flakes et une tasse de thé…

La principale intéressée s’est donc lancée dans une brillante improvisation, après la lecture par nos filles (qui n’avaient pas oublié leur papier, elles !) de leurs compositions personnelles à la gloire des mamans.

Vous aurez noté (enfin ceux qui suivent !) que la fête des mères coïncide avec l’anniversaire de Sa Majesté la Reine. Je me suis donc posé la question de l’ancienneté de cette tradition et du choix de cette date. J’ai ainsi découvert que la fête des mères, après avoir été instaurée une première fois le 10 mars 1943 pour ensuite être abandonnée après la fin de la deuxième guerre mondiale, avait été fixée le 15 avril en 1950. Mais là aussi, la tradition a été abandonnée pour des raisons de j’ignore et l’actuelle date du 12 août, à savoir le jour de l’anniversaire de la reine, a été déclarée jour férié pour la première fois en 1976 pour devenir l’évènement majeur que l’on connaît aujourd’hui dans les années 80, à l’initiative du premier ministre de l’époque, Prem Tinsulanonda, très proche des valeurs monarchiques.

12 août 2011 Publié par | Célébrations, Histoire et tradition, L'école des filles | Laisser un commentaire

31 Juillet – Le jour du thaï

Ou plus exactement : le jour de la langue thaïlandaise.

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Cette journée consacrée à une langue dont les subtilités nous semblent souvent, à nous occidentaux, aussi inaccessibles et impénétrables que l’environnement culturel dans lequel elle est employée, je veux parler de la société thaïlandaise, a été instaurée en 1999 pour marquer les 6 cycles de 12 ans de sa Majesté le Roi Rama IX. Elle a été fixée le 29 juillet (je n’ai pas réussi à connaître la raison du choix de cette date, mais je n’ai pas fouillé sur Google !!) et donne chaque année lieu à diverses activité, notamment dans les écoles.

Pour ce qui nous concerne, l’école des filles avait également choisi le même jour pour honorer la mémoire de l’un des plus grands poètes et écrivains Thaïlandais : Sunthorn Phu. Il existe en réalité une journée qui lui est consacrée : le 26 juin, date de son anniversaire (là, j’avoue, j’ai demandé à Wikipedia), mais les professeurs de thaïlandais avaient décidé de consacrer cette journée de la langue thaïlandaise à l’étude de quelques-uns de ses textes, dont certains font partie intégrante du programme scolaire, un peu comme nos Molière, Corneille et autre Stendhal !! (vous vous souvenez, les histoires des Fourberies du Cid en rouge et en noir)

Daroonpat étant une école bilingue, nous avons eu droit à une version traduite de deux d’entre eux qui traitent des règles de conduite que se doivent de respecter un homme civilisé et une épouse dévouée. En voici quelques extraits ; je rappelle que ces textes ont été écrits il y a environ 200 ans !!

Règles pour être une bonne épouse

Si votre mari vous aime, ne lui résistez pas ; rendez-lui hommage chaque jour, ne soyez pas têtue. Quand la nuit tombe, vous ne devez pas vous éloigner, mais allumer la lampe et aller dans la chambre à coucher pour faire et nettoyer le lit, balayer la poussière. Chaque nuit, quand il se retirera dans son lit, accroupissez-vous à ses pieds et rendez-lui hommage. Si son corps est encore raide et douloureux de sa longue journée de labeur, détendez-le avec un massage apaisant. Lorsque vous allez dormir à votre tour, soyez décente et veillez à ce que vos mains et vos pieds ne viennent pas errer sur lui pendant que vous dormez. Votre bonté doit continuer de briller pendant votre sommeil.

[…]

Ne restez pas couchée une fois que le soleil a réapparu dans le ciel. Vous devez vous lever avant votre mari et préparer de l’eau pour lui laver le visage. Faites ensuite la cuisine et préparez le plateau de son repas en lui donnant le plus bel aspect. Apportez-le lui avec son crachoir, poli et brillant, et assurez-vous que l’eau que vous lui servez ne contienne pas la moindre poussière.

[…]

Soyez agréable avec votre mari, il vous aimera tendrement. Ne manquez jamais de faire les tâches ménagères. Et s’il devait tomber malade, ne le dérangez pas mais gardez le sourire, consolez-le, soyez agréable comme avant ; ne lui parlez que lorsqu’il sera de nouveau guéri et veillez à vous plier à ses besoins et à son humeur. Quoi qu’il n’aime pas, vous ne devez pas le faire. Gardez vis conseils pour vous, n’extériorisez pas vos sentiments.

etc.

À titre comparatif, voici un extrait d’un manuel scolaire d’économie domestique qui était utilisé dans certaines écoles catholiques en… 1960 en France !! (cliquez pour agrandir – certains l’ont peut-être déjà reçu par courriel).

Manuel scolaire

31 juillet 2011 Publié par | Histoire et tradition, L'école des filles | 3 Commentaires

14 Juillet – Encore une goutte…

Une goutte d’eau, bien évidemment, et même plusieurs puisque je vous propose aujourd’hui de découvrir la suite de notre dernier projet dont j’avais commencé la présentation dans mon billet du 6 juillet.

Nous en étions donc restés sur des images des plus explicites de ce qui est le quotidien alimentaire des 800 élèves du plus important établissement scolaire d’un pays ayant une surface approximativement égale à un quart de la France (ça, c’est juste pour rappeler quelques fondamentaux !!). En complément, voici d’autres photos des dortoirs, très spacieux, et de la salle de bain “écologique” à ciel ouvert avec murs végétaux, un peu à l’image de celles qui sont proposées par certains hôtels de luxe ayant fait du retour à la nature un argument commercial à l’attention d’une clientèle en quête de tout ce qui est “green” (vert).

Imaginez ce qui se passe lorsque tout le monde fait la queue pour aller se brosser les dents !!

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À titre d’information, le budget disponible pour l’alimentation quotidienne est de l’ordre de 20 000 Bahts (environ 480 Euros) par jour pour l’ensemble de l’école, soit environ 0,60 Euro par jour et par élève.
Il va sans dire qu’il n’y a généralement pas beaucoup de reste dans les assiettes !!

Voilà plusieurs années déjà que les responsables essaient de développer certaines cultures dans les vallées voisines, mais la population de ce qui est maintenant devenu une véritable ville ne cesse de croître, et avec elle les besoins en tous genres, notamment alimentaires. De plus, situation de protection stratégique oblige, l’école et la petite ville qui l’entoure sont installées sur des crêtes montagneuses dont le relief ne favorise pas vraiment l’irrigation, même s’il existe çà et là plusieurs sources.

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Des pans de montagne entiers ont donc été déboisés et préparés en vue d’étendre les surfaces cultivées, chaque zone ayant été affectée à un secteurs spécifique : hôpital, école, population civile, etc. Le projet qui nous intéresse plus particulièrement et pour lequel nous sommes intervenus concerne l’irrigation des flancs de colline qui entourent une ébauche de potager, fruit de l’initiative du directeur de l’école à qui ont été attribués plusieurs hectares de jungle.

Celui-ci a, dans un premier temps, réalisé quelques essais de plantation pour finalement sélectionner une série de fruits et légumes ayant donné des résultats prometteurs et qu’il souhaite à présent cultiver à grande échelle avec le secret espoir de réussir à en produire suffisamment pour tous les élèves de l’école, et même plus.

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Principal problème : l’irrigation.

Si plusieurs sources sont présentes sur les collines qui entourent cette petite vallée encaissée, leur débit est relativement irrégulier et l’eau qui s’en écoule obéit bien évidemment aux lois fondamentales de la physique, à savoir rechercher le chemin le plus court vers le bas. Et comme il se doit, ledit chemin le plus court vers le bas passe à des centaines de mètres de l’endroit où le terrain a pu être aménagé et donc à plusieurs centaines de mètres des futures plantations où l’eau sera nécessaire.

Il existe cependant un avantage : la position de ces sources. Elles sont toutes plus hautes que la vallée elle-même, mais aussi plus hautes que les collines qui l’entourent. Le projet consiste donc à créer un petit bassin de retenue depuis lequel sera posé un tuyau qui servira à remplir une série de réservoirs placés à des endroits appropriés au sommet des flancs de montagne qui ont été déboisés. L’irrigation contrôlée s’effectuera ensuite à partir de ces réservoirs tout simplement en utilisant la même énergie que celle qui a servi à les remplir : la gravité !!

Le projet a été élaboré avec l’aide des villageois de Ban Huoi Haeng (notre projet de l’année dernière) qui ont été très heureux de partager leur expérience. Le budget total a été de 140 000 Bahts (environ 3500 Euros), nettement inférieur à celui de Ban Huoi Haeng pour deux raisons : d’une part parce qu’il ne fallait que 1000 mètres de tuyaux (contre 4000 à Ban Huoi Haeng) et d’autre part parce qu’ici, la main d’œuvre est gratuite puisque composée essentiellement de militaires de l’armée Shan qui réaliseront les travaux pendant leurs périodes de permission.

Les travaux sont en cours, même pendant la mousson actuelle, et avec un peu de chance les premiers légumes devraient être arrivés à maturité pour mon prochain voyage en pays Shan programmé en octobre prochain.

D’ici là, d’autres volailles seront vraisemblablement venues compléter l’ébauche de basse-cour et LE cochon devrait partager son enclos avec quelques congénères.

 

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14 juillet 2011 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

6 Juillet – Un tour en montagne

Voici plusieurs mois que j’en parle, il a été évoqué çà et là au détour de mes billets, il est maintenant sur le point d’aboutir et j’irais même jusqu’à dire qu’il a abouti puisque les matériaux ont été livrés à leur destination il y presque 2 semaines.

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Je veux bien entendu parler de notre nouveau projet EAU qu’il me semble à présent opportun de décrire plus en détail, notamment en exposant le contexte.

Mais je souhaite avant de continuer, au nom des 800 élèves (dont 300 orphelins) et de tous les autres bénéficiaires de cette nouvelle réalisation, adresser mes plus sincères remerciements à nos généreux donateurs pour la confiance qu’ils nous ont une nouvelle fois accordée, certains étant à nos côtés depuis le début de cette aventure en octobre 2006 (cliquez sur l’onglet “Nos Projet” en haut de cette page pour un récapitulatif de nos principaux accomplissements).

Alors, de quoi s’agit-il exactement ?

Ce nouveau projet, conçu sur le modèle désormais éprouvé de Ban Huoi Haeng que nous avions réalisé l’année dernière (cliquez ICI pour le descriptif au format PDF), a pour principal objectif d’assurer l’irrigation régulière d’un ensemble de cultures maraichères à flanc de montagne, cultures maraichères dont les produits viendront compléter et – assurément – améliorer le quotidien des 800 élèves de l’école de Loi Tai Laeng, capitale non officielle de l’état Shan. Les Shans sont l’une des minorités ethniques persécutées par la junte militaire birmane et ont ceci de particulier qu’ils sont très proches des Thaïlandais, aussi bien du point de vue culturel que linguistique. Le terme Shan est en fait une déformation birmane du nom “Siam”, ancien nom de la Thaïlande, et les Shans se nomment eux-mêmes “Tai Yai” (les Thaïs hauts). Si vous souhaitez en savoir plus sur cette ethnie trop peu connue mais dont la population compte tout de même plusieurs millions de personnes, je vous invite à consulter mon autre blog http://www.freeshan.org/.

Entrés en résistance depuis plus de 50 ans, les Shans ont bâti leur quartier général près de la frontière Thaïlandaise, dans la même région que les écoles de Ban Huoi Haeng et de Tam Lod avec qui nous sommes en contact régulier. Près de la moitié des enfants de l’école de Ban Huoi Haeng sont d’ailleurs des Shans réfugiés en Thaïlande et le village de Tam Lod est à dominante Shan. Ces populations ont vu leurs écoles et leurs villages brûlés par le SPDC (les militaires birmans) et essaient tant bien que mal de recréer ici, près de la frontière et avec le soutien non officiel mais bien réel de la Thaïlande, un semblant de vie normale en accordant une importance toute particulière à l’éducation et à la santé. L’école accueille ainsi plus de 800 élèves, de 5 à 18 ans, les meilleurs ayant ensuite la possibilité d’aller poursuivre leurs études en Thaïlande. Ces élèves sont en réalité des réfugiés dans leur propre pays (des “IDP” – Internally Displaced People selon la désignation officielle de l’ONU), tout comme les milliers de personnes civiles présentes sur ce site, et il faut bien évidemment les héberger et les nourrir !!

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Les Shans sont extrêmement dépendants de la Thaïlande pour leur approvisionnement et les pistes de montagne qui mènent aux marchés les plus proches sont particulièrement difficiles, voire impraticables en certaines saisons. Par temps sec, il faut près de 2 heures pour parcourir les 30 km jusqu’à la petite ville thaïlandaise la plus proche dont le marché hebdomadaire est la principale source d’approvisionnement en nourriture des 10 000 personnes présentes sur le site de Loi Tai Laeng. Il va sans dire que la quête de solutions visant à l’auto-suffisance alimentaire est incessante, et le projet d’irrigation que nous avons contribué à mener à bien s’inscrit parfaitement dans cette politique globale des responsables Shans.

Voilà pour le contexte général.

Je vous parlerai plus précisément du projet lui-même dans un projet billet, en attendant je vous invite à découvrir ci-dessous ce qui peut être le quotidien de la cantine scolaire de Loi Tai Laeng (ça, c’est pour ceux qui se plaignent régulièrement de la rareté des feuilles de laitue dans la salade de limaces servie à leur propre cantine scolaire !!) :

 

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6 juillet 2011 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

3 Juillet – Élections en Thaïlande

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Voila plusieurs semaines que la campagne électorale a été lancée et que des affiches ont commencé à garnir les murs. Chaque liste compte 6 membres qui déploient des trésors d’imagination pour séduire leurs électeurs potentiels. Entre ceux qui proposent une journée “free style” au cours de laquelle l’uniforme sera facultatif, ceux qui souhaitent plus de diversité dans les repas de la cantine ou d’autres encore qui voudraient des sacs à roulettes pour tout le monde, qui saura réunir la majorité des votes parmi les 250 électeurs de 6 à 18 ans ?

Réponse en fin de semaine prochaine !!

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Vous l’aurez compris, il s’agit ici des élections du comité des élèves de l’école des filles qui se déroulent en parallèle avec les “vraies” élections pour lesquelles plus de 40 millions de Thaïlandais sont appelés aujourd’hui aux urnes.

Un scrutin sous très haute surveillance en raison du contexte particulier et des vives tensions qui existent au sein d’une population encore peu habituée aux règles du jeu démocratique et du débat contradictoire (il n’y a pas eu de rencontre télévisée entre les deux principaux candidats).

Il s’agit aujourd’hui d’élections dites générales au cours desquelles la population élit ses représentants au parlement. Le parlement se compose de 500 membres : 375 issus des 375 circonscriptions et 125 appartenant au parti majoritaire. Le parlement devra ensuite élire un premier ministre qui aura la charge de former un gouvernement.

Le vote est obligatoire en Thaïlande : celui ou celle qui ne vote pas ne peut pas se présenter à un emploi dans la fonction publique et ne peut pas être élu, pas même maire d’un village. Il n’y a pas de carte d’électeur : les gens votent au bureau rattaché à leur domicile officiel sur présentation de leur carte nationale d’identité et après vérification de l’inscription de leur nom sur la liste électorale. Il s’agit d’un vote à bulletin secret où les électeurs cochent la case correspondant à leur choix sur un bulletin qu’ils déposent ensuite dans l’urne.

Le scrutin se déroule en un seul tour au cours duquel les électeurs doivent exprimer deux votes : un premier pour élire leur député (les 375 sièges associés aux 375 circonscriptions et qui représentent environ 170 000 personnes chacun) et un deuxième pour élire leur parti préférentiel (les 125 sièges restants). En pratique, il n’est donc pas impossible que quelqu’un vote pour un député d’un parti donné du fait de ses réalisations passées dans la circonscription concernée et choisisse ensuite un autre parti politique qu’il souhaite voir majoritaire au parlement.

Nous sommes, ou plus exactement Pong est allée voter à Ban Luang, là où nous avons notre maison, l’occasion aussi de voir quelques amis. L’ambiance était sérieuse mais restait détendue dans ce milieu rural où tout le monde se connaît et où certains taquinaient leurs voisins en lui demandant, en levant l’index, s’il/elle avait bien voté. Le tableau ci-dessous se trouve à l’entrée du bureau de vote et affiche les candidats de la circonscription ainsi que la liste des électeurs. 

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Le bureau de vote est tenu par les élus locaux, avec la présence du policier du village et de quelques observateurs extérieurs. Chaque électeur présente sa carte d’identité, on vérifie si son nom est bien inscrit sur la liste qu’il/elle émarge alors, avant de recevoir les deux bulletins de vote prépliés qu’il/elle emporte ensuite dans l’isoloir pour cocher sur chacun la case correspondant à son choix. Le bulletin est ensuite replié à l’original puis déposé dans une urne scellée. Le décompte a lieu à partir de 15H00, heure de la fermeture officielle des bureaux.

Je crois qu’il y a plus de 40 partis qui se présentent à ces élections, dont deux qui occupent nettement le devant de la scène : les démocrates représentés par l’actuel premier ministre, à tendance plutôt conservatrice et très proches de l’aristocratie traditionnelle et de la bureaucratie, et le Pue Thai représenté par une femme qui n’est autre que la sœur de l’ancien premier ministre Thaksin Shinawat (que j’avais présenté succinctement dans le contexte des violences d’il y a deux ans), à tendance nettement réformatrice (un peu trop aux yeux de certains !!). Les autres partis en liste ne représentent qu’un faible pourcentage des voies, mais peuvent chercher des alliances juteuses avec l’un des deux gros qui n’obtiendrait pas la majorité des sièges, ce qui s’est notamment passé avec le gouvernement démocrate actuel.

Ces petits partis rivalisent eux aussi d’imagination pour attirer les électeurs indécis, l’un d’eux propose 100 000 Bahts de remise à quiconque achète une voiture neuve, l’autre annonce clairement que quel que soit le résultat il veut rester dans l’opposition. Un groupe appelle également au vote nul, considérant que toute la classe politique est corrompue (il n’a pas tout à fait tort, mais le vote nul est compté comme… nul !).

Parmi les deux gros, l’un a articulé l’essentiel de sa campagne autour d’un argument imparable : “votez pour nous parce que les autres sont méchants”. L’autre, bien qu’inexpérimentée en politique (ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose !!) a présenté un programme avec des objectifs concrets qui, si elle suit la ligne de son frère, devraient tous être réalisés.

Attendons maintenant les résultats officiels…

3 juillet 2011 Publié par | Administration, L'école des filles | 3 Commentaires

21 Mai – DSK remplace Ben Laden

J’imagine les points d’interrogation qui apparaissent au-dessus de la tête des habitués de ce blog à la lecture de ce titre pour le moins…. abracadabrantesque !!

La raison est toute simple : se servir des mots-clés parmi ceux les plus fréquemment tapés dans les moteurs de recherche, actualité oblige, pour faire découvrir ce blog à un maximum de nouveaux lecteurs et multiplier ainsi les chances d’aboutissement de notre actuel projet EAU.

Alors avant d’aller plus loin, si vous venez ici pour la première fois suite à une recherche sur “DSK” ou sur “Ben Laden” ou encore sur “FMI”, je vous souhaite la bienvenue. J’espère que vous me pardonnerez ce petit subterfuge “Googlien” et que vous consacrerez quelques instants de votre précieux temps à la lecture de ce billet. Et qui sait, peut-être serez-vous vous aussi intéressé et/ou séduit par les différentes actions et les nombreux projets que nous menons depuis plusieurs années auprès des minorités ethniques du Nord-Ouest de la Thaïlande et aurez envie de participer activement ?

Pour en savoir un peu plus, je vous invite à cliquer sur l’onglet “Nos Projets” en haut à droite de cette page.

Nous menons actuellement un nouveau projet EAU dont les bénéficiaires seront principalement les 800 élèves de l’école des réfugiés Shans de Loi Tai Laeng (pour en savoir un peu plus sur les Shans et leur histoire : http://www.freeshan.org).

Le budget nécessaire est de 3500 Euros et aujourd’hui, samedi 21 mai, nous avons déjà réuni plus de 2000 Euros !!

Le samedi 21 mai est la date anniversaire de la résistance des Shans contre l’envahisseur birmans et la date butoir pour réunir la somme nécessaire à la réalisation de ce projet est elle aussi une date qui est elle aussi hautement symbolique pour tout français : le 18 juin !!

Vous souhaitez participer activement en cliquant sur le lien <Faire un don> à droite, paiement totalement sécurisé.

Pour vous donner une petite idée de ce que peut être la vie, ou plutôt la survie des Shans sous le régime d’occupation birman, je vous invite à lire ce nouveau témoignage qui m’a été remis récemment par une jeune fille de la petite ville de Wiang Haeng, au nord de Chiang Mai. Nous avons participé financièrement à l’organisation d’une classe verte pendant les vacances scolaires en avril dernier, c’est à dire les “grandes vacances”. Ces enfants ont maintenant la chance de fréquenter une école publique thaïlandaise et suivent pendant les vacances d’été des cours de culture et de langue Shan afin de préserver leurs traditions malgré tous les efforts de “birmanisation” engagés par la junte :

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Le rêve d’une enfant migrante (texte traduit de l’anglais)

Nous vous souhaitons la bienvenue à l’école de Wiang Heng et vous remercions d’être venus nous rendre visite, vous-même et votre famille.

J’ai été volontaire parmi tous les élèves pour vous lire ce texte que nous avons préparé pendant nos cours d’été. Nous sommes tous des enfants Shans (ou Tai Yai) réfugiés de l’état Shan (Birmanie). Lorsque je vivais dans l’état Shan, j’étais une fille de la campagne et j’habitais un petit village très loin de la ville. Il n’y avait pas d’école et je n’avais aucune chance de recevoir une éducation.

Le 27 mai 2003, mon père a été tué par les militaires birmans. J’étais alors âgée de 5 ans. Les soldats du SPDC (armée birmane) sont venus dans notre village pendant la nuit après avoir combattu contre la SSA (Shan State Army). Tous les hommes du village ont été faits prisonniers, dont mon frère et mon père, et environ 20 femmes et enfants, dont moi, ont réussi à fuir dans la jungle. Mon frère a réussi à s’échapper de la prison du SPDC après plusieurs semaines et il est vivant. Il nous a dit que le SPDC avait tué presque tous les hommes du village en les accusant d’aider la SSA et ont jeté leurs corps dans la rivière Num Tiang. Le 1er juillet de la même année, les soldats sont revenus pour forcer les villageois à quitter leurs maisons et les emmener dans la ville de Khun Hiang. Ils ont ensuite brûlé toutes les maisons du village.

Plusieurs personnes du village qui ne voulaient pas aller en ville ont quand même réussi à s’enfuir. Nous avons marché plusieurs semaines dans la jungle et nous sommes finalement arrivés en Thaïlande. Ici, nous sommes considérés comme des migrants, pas comme des réfugiés. Nous (les enfants) pouvons aller à l’école thaïlandaise, mais très peu peuvent continuer au-delà du collège par manque d’argent.

C’est la première fois cette année que nous avons une classe verte pendant les vacances d’été. Cela faisait très longtemps que nous l’attendions et nous sommes tous très heureux de pouvoir apprendre ainsi notre culture et notre langue. Dans notre pays, ce n’est pas possible car le SPDC a brûlé beaucoup d’écoles et nous interdit d’apprendre notre culture.

Ici, nous pouvons apprendre librement, aller à l’école librement et nous vous sommes très reconnaissants d’avoir aidé notre professeur, Monsieur Kwangkham, dans l’organisation de cette classe verte. Nous vous remercions aussi pour les équipements de sport que vous nous avez apportés et nous espérons que nous vous reverrons l’année prochaine.

Note : les grandes vacances scolaires en Thaïlande vont de mi-mars à mi-mai et cette classe verte avait été organisée à l’initiative de mon ami Kwangkham du 8 avril au 8 mai.

21 mai 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Divers, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

12 Mai – Patience …

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Un peu à la bourre en ce moment, mais avec un nouveau projet EAU sous le coude, sur le modèle désormais exemplaire de celui qui avait été réalisé l’année dernière >Fichier PDF<.

Je dispose maintenant de toutes les informations : le budget de ce nouveau projet n’est que de 3500 Euros (contre 5500 pour le précédent) et il contribuera à améliorer le quotidien de 800 enfants et adolescents, tous des réfugiés de l’état Shan qui ont fuit la répression de la junte birmane.

Objectif : réunir les fonds avant la mi-juin pour pouvoir acheminer les matériels nécessaires avant que ne commencent les grosses pluies de mousson qui rendront les pistes impraticables.

Si vous souhaitez participer activement en faisant un don, il vous suffit de cliquer sur le lien à droite.

Je rédigerai un descriptif complet très prochainement. En attendant, je vous invite aussi à découvrir ce que pourrait être le résultat >ICI<.

12 mai 2011 Publié par | Divers, Loi Tai Laeng | 2 Commentaires

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