3 Septembre – Je ressort de ma bulle !!
Une bulle de travail acharné propre au mois d’août, ce fameux mois de l’année où tout le monde semble être parti en vacance en ayant préalablement pris soin de confier les dossiers à rendre pour la rentrée au seul qui est resté bosser – suivez mon regard !!
Une rentrée des classes hexagonale qui, à quelques jours près, coïncidera avec la fin du premier semestre de l’année scolaire thaïlandaise et le mois de vacance bien mérité qui l’accompagne. Un mois que nous consacrerons de nouveau en partie aux différents projets que nous menons et avons menés avec les minorités ethniques du nord de la Thaïlande et aussi, depuis 2 ans maintenant, avec les Shans auprès de qui mon ami le Docteur Pilou et moi-même irons passer une dizaine de jours dans le cadre d’un programme de formation médical auquel nous avons été intégrés et aussi pour constater de visu la réalisation pratique de notre récent projet eau.
Mais ça, ce sera au mois d’octobre.
En attendant, septembre vient à peine de commencer et il reste encore du pain sur la planche (ou plutôt du riz dans l’autocuiseur !!) : préparer l’examen de fin de semestre, trier et ranger les vêtements et livres que l’on nous a confiés pour les montagnards, optimiser notre semaine à Chiang Mai début octobre (inscription à la nouvelle école, recherche de maison, etc.), organiser une fête d’anniversaire pour celle dont la tête dépasse dans la bulle ci-dessus, faire faire quelques menus travaux à notre maison de Nakhon Pathom, etc.
Bref, pas vraiment le temps de nous ennuyer ni de voir le temps passer. Mais j’essaierai quand même de faire une apparition périodique sur ce blog sous la forme d’un billet.
P.S. La photo ci-dessus a été prise hier soir pendant un spectacle auquel mes filles m’avaient convaincu de les emmener (j’avoue qu’elles n’ont pas eu besoin d’insister beaucoup !!) : un artiste canadien d’origine vietnamienne qui a su amener la bulle de savon à l’état d’œuvre d’art : Fan Yang.
14 Août – Sortie à Safari World
Vendredi 12 étant férié, nous avions donc un weekend de 3 jours pendant lequel il fallait occuper les filles, une tâche qui n’est jamais très ardue au vu des innombrables possibilités offertes ici et de l’insatiable curiosité des principales intéressées, des principales intéressées qui avaient depuis plusieurs mois déjà exprimé le souhait de retourner à Safari World, un immense parc animalier au nord-est de Bangkok.
Le parc est divisé en deux parties : une “savane” que l’on visite au volant de sa voiture au milieu des animaux en liberté et une zone “attractions” que l’on parcourt à pieds et qui englobe des spectacles de dauphins, otaries, éléphants ainsi que des expositions plus ou moins pédagogiques, sans oublier les incontournables points de restauration.
Nous y étions allés une première fois en 2005, l’année après notre installation en Thaïlande. Je me suis amusé à reprendre une photo de Naomi au même endroit: c’est toujours le même crocodile !!
Voici quelques autres photos, les conditions de prise de vue étaient plutôt bonnes aujourd’hui.
Et ici un diaporama (cliquez pour le visionner)
7 Août – L’eau monte
Beaucoup de pluie en ce moment, mousson oblige, mais il semble que cette année les inondations sont en avance. Plusieurs provinces ont déjà subit de gros dégâts, des routes sont coupées, des ponts emportés et les autorités ont commencé à distribuer des sacs de sable aux habitants du bord du Chao Praya, à Bangkok.
Voulant me rendre compte moi-même de la situation, j’avais choisi aujourd’hui comme destination de ma sortie bicyclettale dominicale le port fluvial de Nonthaburi, pas très loin de l’île de Koh Kret que j’avais évoquée récemment.
Les sacs de sable sont bien là, mais rien de bien inquiétant finalement. Le musée national de Nonthaburi est protégé, les navettes fluviales fonctionnent normalement, le marché connaît son animation habituelle et le marchand de Pla Ton Ghoo est fidèle à son poste, au bord du fleuve.
Les pompes sont elles aussi déjà installées, il ne reste plus qu’à brancher les câbles électriques !!
24 Juillet – La semaine en vrac
Un loooooooong weekend de 4 jours est, comme il se doit, suivi d’une loooooongue semaine de travail et donc de mise au repos de ce blog. Alors voici un résumé de la semaine.
Lundi 18 Saison des pluies
Cette vue de Bangkok depuis la tour Baiyoke est des plus explicites. Ayant pris connaissance des conditions météorologiques française qui sont “au-dessous des normales saisonnières” (comme ils disent à la télé !), nous apprécions d’autant plus les quelques épisodes pluvieux tropicaux qui apportent une fraîcheur très agréable, surtout au petit matin.
Mardi 19 Nouvelle prof d’anglais à Ban Huoi Haeng
Nous avons accueilli en fin de semaine dernière la fille d’amis, une étudiante qui a choisi de consacrer 6 semaines de ses vacances d’été à enseigner bénévolement l’anglais aux élèves de Ban Hoi Haeng.
Après quelques jours d’acclimatation à Bangkok (c’était son premier voyage en Asie !!), train de nuit pour Chiang Mai, prise en charge par Mr Pimook, le directeur de l’école, puis immersion totale avec découverte de la vie quotidienne d’un village montagnard et de son école. Effet changement de planète garanti !!
Au dernières nouvelles, il semble qu’elle a réussi à survivre à la première semaine…
Mercredi 20 Le Petit Prince
Dans la série des grands classiques littéraires de notre enfance (et même après !), une œuvre indémodable qui a été traduite dans plusieurs langues dont le thaïlandais.
Je pense que tout le monde connaît plus ou moins l’histoire du Petit Prince qui arrive sur Terre pour rencontrer successivement un serpent, un renard et finalement un aviateur, aviateur qui n’est nul autre qu’Antoine de Saint-Exupéry.
Le personnage du Petit Prince est né de l’imagination du célèbre pilote alors que son avion s’était écrasé dans le désert de Lybie pendant un vol entre Paris et Saïgon (ça, c’est pour le rapport avec l’Asie !!).
Les filles ont eu l’air d’apprécier aussi bien la version purement manuscrite que la version en bande dessinée illustrée qui est également disponible en anglais.
C’est vrai que les histoires d’aviateur, de prince et d’avion restent indémodables…
Jeudi 21 Lettre de Nicolas Sarkozy – la suite
Vous vous souvenez peut-être de la lettre que mon épouse avait reçu de la part du Président de la République :
Ce jeudi, nous avions rendez-vous à l’Ambassade pour une nouvelle étape : la signature du projet d’acte de naissance.
Pong étant maintenant française, il faut enregistrer son acte de naissance auprès de l’état civil française en vérifiant de préférence que tous les renseignements qui vont y figurer sont corrects, ce qui était la raison essentielle de notre visite du jour à l’Ambassade (en plus de profiter du passage dans le quartier pour nous offrir un déjeuner français !!).
Toute erreur constatée ultérieurement imposera en effet, pour être corrigée, des démarches dont la complexité et la durée sont l’apanage de notre chère administration et font la fortune des marchands d’aspirine !
Vendredi 22 Examens
Plus précisément examens de milieu de semestre, puisque nous sommes en plein milieu du premier semestre de l’année scolaire qui en compte deux. Toutes les classes passent de contrôle des connaissances le même jours et la réunion des parents a généralement lieu 2 semaines plus tard.
Impressions générales à la sortie en milieu d’après-midi : C’ÉTAIT FACIIIIIILE !! (bon, juste les maths je n’ai pas pu finir…).
Pour le calendrier scolaire thaïlandais ainsi que les équivalences entre les classes en France et en Thaïlande, je vous invite à visiter mon autre blog Les écoles en Thaïlande.
Samedi 23 Nakhon Pathom
C’est ce samedi que le locataire de notre propriété nous a rendu les clés et que nous sommes allés vérifier l’état des lieux. Bon, il faudrait peut-être que je m’occupe d’en trouver un nouveau…
Si vous connaissez quelqu’un qui cherche une maison de 400 m² avec piscine à un peu plus d’une heure de route de Bangkok, faites-moi signe !
Dimanche 24 Pause café
Pour bien finir la semaine, un vendeur ambulant comme il en existe des milliers en Thaïlande et qui est passé maître dans l’art de la préparation du café “boran” (traditionnel), également surnommé “café chaussette” au Viêtnam, on comprendra aisément pourquoi.
Il n’en demeure pas moins que celui servi dans ces petites gargotes est souvent excellent, sans parler du spectacle de la préparation qui à lui seul vaut souvent le prix ridiculement faible du verre.
3 Juillet – Élections en Thaïlande
Voila plusieurs semaines que la campagne électorale a été lancée et que des affiches ont commencé à garnir les murs. Chaque liste compte 6 membres qui déploient des trésors d’imagination pour séduire leurs électeurs potentiels. Entre ceux qui proposent une journée “free style” au cours de laquelle l’uniforme sera facultatif, ceux qui souhaitent plus de diversité dans les repas de la cantine ou d’autres encore qui voudraient des sacs à roulettes pour tout le monde, qui saura réunir la majorité des votes parmi les 250 électeurs de 6 à 18 ans ?
Réponse en fin de semaine prochaine !!
Vous l’aurez compris, il s’agit ici des élections du comité des élèves de l’école des filles qui se déroulent en parallèle avec les “vraies” élections pour lesquelles plus de 40 millions de Thaïlandais sont appelés aujourd’hui aux urnes.
Un scrutin sous très haute surveillance en raison du contexte particulier et des vives tensions qui existent au sein d’une population encore peu habituée aux règles du jeu démocratique et du débat contradictoire (il n’y a pas eu de rencontre télévisée entre les deux principaux candidats).
Il s’agit aujourd’hui d’élections dites générales au cours desquelles la population élit ses représentants au parlement. Le parlement se compose de 500 membres : 375 issus des 375 circonscriptions et 125 appartenant au parti majoritaire. Le parlement devra ensuite élire un premier ministre qui aura la charge de former un gouvernement.
Le vote est obligatoire en Thaïlande : celui ou celle qui ne vote pas ne peut pas se présenter à un emploi dans la fonction publique et ne peut pas être élu, pas même maire d’un village. Il n’y a pas de carte d’électeur : les gens votent au bureau rattaché à leur domicile officiel sur présentation de leur carte nationale d’identité et après vérification de l’inscription de leur nom sur la liste électorale. Il s’agit d’un vote à bulletin secret où les électeurs cochent la case correspondant à leur choix sur un bulletin qu’ils déposent ensuite dans l’urne.
Le scrutin se déroule en un seul tour au cours duquel les électeurs doivent exprimer deux votes : un premier pour élire leur député (les 375 sièges associés aux 375 circonscriptions et qui représentent environ 170 000 personnes chacun) et un deuxième pour élire leur parti préférentiel (les 125 sièges restants). En pratique, il n’est donc pas impossible que quelqu’un vote pour un député d’un parti donné du fait de ses réalisations passées dans la circonscription concernée et choisisse ensuite un autre parti politique qu’il souhaite voir majoritaire au parlement.
Nous sommes, ou plus exactement Pong est allée voter à Ban Luang, là où nous avons notre maison, l’occasion aussi de voir quelques amis. L’ambiance était sérieuse mais restait détendue dans ce milieu rural où tout le monde se connaît et où certains taquinaient leurs voisins en lui demandant, en levant l’index, s’il/elle avait bien voté. Le tableau ci-dessous se trouve à l’entrée du bureau de vote et affiche les candidats de la circonscription ainsi que la liste des électeurs.
Le bureau de vote est tenu par les élus locaux, avec la présence du policier du village et de quelques observateurs extérieurs. Chaque électeur présente sa carte d’identité, on vérifie si son nom est bien inscrit sur la liste qu’il/elle émarge alors, avant de recevoir les deux bulletins de vote prépliés qu’il/elle emporte ensuite dans l’isoloir pour cocher sur chacun la case correspondant à son choix. Le bulletin est ensuite replié à l’original puis déposé dans une urne scellée. Le décompte a lieu à partir de 15H00, heure de la fermeture officielle des bureaux.
Je crois qu’il y a plus de 40 partis qui se présentent à ces élections, dont deux qui occupent nettement le devant de la scène : les démocrates représentés par l’actuel premier ministre, à tendance plutôt conservatrice et très proches de l’aristocratie traditionnelle et de la bureaucratie, et le Pue Thai représenté par une femme qui n’est autre que la sœur de l’ancien premier ministre Thaksin Shinawat (que j’avais présenté succinctement dans le contexte des violences d’il y a deux ans), à tendance nettement réformatrice (un peu trop aux yeux de certains !!). Les autres partis en liste ne représentent qu’un faible pourcentage des voies, mais peuvent chercher des alliances juteuses avec l’un des deux gros qui n’obtiendrait pas la majorité des sièges, ce qui s’est notamment passé avec le gouvernement démocrate actuel.
Ces petits partis rivalisent eux aussi d’imagination pour attirer les électeurs indécis, l’un d’eux propose 100 000 Bahts de remise à quiconque achète une voiture neuve, l’autre annonce clairement que quel que soit le résultat il veut rester dans l’opposition. Un groupe appelle également au vote nul, considérant que toute la classe politique est corrompue (il n’a pas tout à fait tort, mais le vote nul est compté comme… nul !).
Parmi les deux gros, l’un a articulé l’essentiel de sa campagne autour d’un argument imparable : “votez pour nous parce que les autres sont méchants”. L’autre, bien qu’inexpérimentée en politique (ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose !!) a présenté un programme avec des objectifs concrets qui, si elle suit la ligne de son frère, devraient tous être réalisés.
Attendons maintenant les résultats officiels…
26 Juin – Après le sport, la douche !!
Nous avons la chance d’habiter un quartier de Bangkok relativement calme, à vocation essentiellement résidentielle et disposant de nombreux espaces verts. Et même si nous sommes engloutis dans les légendaires et interminables embouteillages de la capitale dès que nous quittons le périmètre, nos filles jouissent d’un privilège extrêmement rare ici : elles peuvent se rendre à l’école à pieds !!
Bon, c’est vrai que la marche à pieds n’est pas – et de loin – l’activité favorite des Thaïs pour qui le moyen de déplacement doit refléter le niveau social (pas socio-culturel !!). Quelqu’un qui marche est donc forcément plus pauvre que quelqu’un qui se déplace en scooter qui est lui-même forcément moins riche que celui qui conduit ou fait conduire sa voiture. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir quelqu’un prendre son véhicule juste pour faire une course au coin de la rue, même s’il/elle mettra 3x plus de temps qu’en y allant à pieds !!
Il va sans dire que nous, qui accompagnons quotidiennement nos filles à l’école à pieds et qui avons même décliné plusieurs fois des invitations à monter dans la voiture d’un voisin, faisons véritablement figure d’extra-terrestres !!
Les filles ne s’en plaignent cependant pas, bien au contraire, elles semblent même fières de cette habitude qui est en phase avec certains sujets enseignés à l’école tels que l’hygiène de vie (Télé et Mc Donald !!) ou encore la préservation de l’environnement.
L’école se trouve à côté d’un stade municipal dont les aménagements ont été récemment rénovés. En plus d’une piscine ouverte tous les après-midis, nous disposons depuis peu d’une série d’instruments de torture que les filles ont absolument tenu à essayer et auxquels elles ont pris goût.
C’est maintenant devenu une habitude tous les dimanches matins : réveil à l’aube, petit déjeuner léger puis direction le stade tant que le soleil est encore suffisamment bas pour que les températures soient compatibles avec une activité physique.
Au retour, nous avons l’immense privilège de pouvoir prendre une douche tout simplement en ouvrant un robinet.
Oui, vous avez bien lu :
il suffit ici d’ouvrir un simple robinet pour que l’eau coule à flots.
Étonnant, non ?
Tout le monde ne peut malheureusement pas profiter de ce même confort et, en réalité, seule une minorité d’être humains de notre planète a accès à l’eau courante. Ceci m’amène bien évidemment à évoquer notre actuel projet EAU qui est sur le point d’aboutir et auquel je consacrerai de prochains billets.
Il manque moins de 400 Euros pour que les 800 élèves (dont plus de 300 orphelins !!) de l’école de Loi Tai Laeng puissent eux aussi prendre une douche dans des conditions décentes et, surtout, puissent irriguer leurs potagers et acquérir ainsi un niveau d’autonomie supplémentaire dans leur quotidien.
Vous pouvez très facilement apporter votre contribution en cliquant sur le lien <Faire un don> ci-contre. La procédure est totalement sécurisée !!
23 Juin – Lettre de Nicolas Sarkozy
Fin de la semaine dernière, coup de téléphone de l’Ambassade de France à Bangkok :
- Bonjour, pourriez-vous venir prochainement avec votre épouse ?
Rendez-vous est alors fixé ce mercredi 22 juin vers 11H45 (vendredi ça n’allait pas et jeudredi non plus !!).
Nous voici donc rendus au bord du Chao Praya,
Avec une heure d’avance comme il se doit,
Ce qui nous laisse assez de temps pour déguster,
En face de l’ambassade, un succulent café.
Ouaaaah !! C’est de moi ? C’est sorti spontanément !!
Bon, la suite…
Nous avions beau faire durer le café en discutant avec notre voisin de table, un thaï qui travaille pour une agence de visas qui a cru constater que les visas pour l’Europe sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les asiatiques alors que les “islams” (je cite !) peuvent l’avoir très facilement, pour ensuite flâner entre les bâtiments de l’ancien poste de douane de la fin du XIXème siècle qui sert régulièrement de décor pour des séances de photographie et qui fait aujourd’hui encore office de logements de fonction pour les membres de la police fluviale (cliquez sur la photo), la vitesse relative d’écoulement du temps, comme souvent dans des cas similaires, restait désespérément inversement proportionnelle à l’importance de l’information que nous allions recevoir à l’Ambassade.
En effet, mon épouse était convoquée pour recevoir une lettre du président de la République Française !!
Il s’agissait en fait de l’aboutissement de plusieurs mois de démarches et d’une demande que nous avions déposée en octobre de l’année dernière avec pour résultat aujourd’hui que Pong a officiellement acquis la nationalité française.
Elle a ainsi reçu un dossier complet dans lequel se trouve cette fameuse lettre du Président de la République (cliquez pour agrandir !), un courrier dans lequel il évoque les droits inhérents à citoyenneté, mais aussi les devoirs qui en découlent.
En effet, si on entend très souvent, à mon avis trop souvent, les gens de tous bords revendiquer leurs droits, je n’ai pas souvenir avoir vu un seul manifestant, aussi légitime que puisse être la cause de son mécontentement, évoquer ses devoirs. Je vous invite à lire à ce sujet le billet “J’ai le droit” sur le blog de mon cousin Marc.
Le dossier contenait également un certificat de nationalité française ainsi qu’une copie de la constitution de la Vème République, un petit guide de la citoyenneté et quelques strophes de la Marseillaise (vous savez, l’hymne national français qui a été composé en Alsace !!).
Mais revenons à présent à la procédure de naturalisation dans le cadre d’un mariage, une démarche qui devrait certainement intéresser plusieurs de mes lecteurs qui sont dans notre cas.
Avant d’aller plus loin il me semble très important de casser certaines légendes urbaines et de préciser un aspect crucial de la législation thaïlandaise : aucun article du code thaïlandais de la nationalité n’interdit à un citoyen thaïlandais de posséder une autre nationalité ni n’impose de renoncer à sa citoyenneté thaïlandaise pour pouvoir conserver et/ou acquérir une autre nationalité !!
Mais comme le précise le guide que nous avons reçu : à l’extérieur du territoire national, le droit qui s’applique est celui de la protection diplomatique, sauf pour les doubles nationaux dans le pays de leur autre nationalité. En clair, Pong ne pourra se prévaloir de sa nationalité française qu’à l’extérieur de la Thaïlande, ce qui me semble tout à fait logique.
La procédure en elle-même n’est pas très compliquée, il s’agit de réunir un certain nombre de documents relatifs à l’état civil (acte de mariage, actes de naissance des époux, mais aussi des enfants et des parents afin de prouver la nationalité française du conjoint). Pour ceux qui résident à l’étranger, la demande peut être déposée après 5 ans de mariage (contre 4 ans en France) en produisant également tous les justificatifs de vie commune appropriés (compte commun, avis d’imposition, etc.). Les personnels de l’Ambassade sont très professionnels et apportent une aide précieuse dans l’établissement du dossier.
Une fois le dossier complet, il faut le déposer à l’Ambassade et c’est la date de dépôt du dossier qui est retenue comme date de déclaration de la nationalité française par la demanderesse / le demandeur. Un rendez-vous est alors pris pour une évaluation de la connaissance de la langue française. Je dois avouer que c’est ce point qui nous inquiétait le plus, car nous vivons en Thaïlande depuis presque 7 ans et que les occasions de pratiquer la langue de Serge sont plutôt rares. De plus, même pendant les 5 années en France, nous avions toujours gardé l’habitude de dialoguer en anglais qui était aussi la langue de travail de Pong au moment où je l’ai connue alors qu’elle travaillait pour une société…. française !!
Mais ce test n’est pas éliminatoire et si les connaissances sont jugées insuffisantes au moment du premier entretien, un deuxième rendez-vous est fixé quelques mois plus tard. Pour notre part, Pong avait suivi des cours intensifs de français pendant notre séjour à Chiang Mai et les progrès réalisés ont été appréciés à leur juste valeur par la personne de l’Ambassade chargée de faire passer les entretiens.
Le dossier est ensuite transmis au Ministère de l’intérieur et la décision est rendue dans un délai d’un an à compter de la date de dépôt de la déclaration (dans notre cas, nous l’avions déposée en octobre et nous avons eu la réponse en juin, soit 8 mois plus tard).
Résultat : il faudra trimballer 7 passeports pendant notre prochain voyage !!
16 Juin – Matinée littéraire
En thaïlandais, les personnes qui ont souvent le nez fourré dans un livre sont surnommées “Non Nang Sue”, ou vers à livre, en français on parle plutôt de rats de bibliothèque. Mais il est vrai que les rats trouvent en Thaïlande suffisamment de nourriture toute l’année pour ne pas être obligés de se farcir l’intégrale de Molière en guise de dîner et que les bibliothèques sont ici plutôt rares.
La lecture a toujours été l’une de mes occupations favorites et je pense avoir réussi à transmette cette passion, ou plutôt ce centre d’intérêt à mes filles (je n’aime pas trop le terme “passion” qui possède une connotation d’obsession, d’exclusivité) qui sont toujours ravies de découvrir de nouveaux livres et qui ne s’endorment jamais sans avoir lu quelques pages. Mon principal sujet de lecture depuis quelques années déjà est bien évidemment la Thaïlande et, plus largement, tout ce qui touche à l’Asie du Sud-Est, et je souhaite aujourd’hui une nouvelle fois vous faire partager et vous encourager à acquérir un roman que j’avais découvert il y a quelques mois et duquel je viens d’entamer la deuxième lecture.
Il s’agit d’un roman de voyage, j’irais même jusqu’à dire une autobiographie romancée construite en deux histoires imbriquées l’une dans l’autre qui se passent à des époques différentes. Un mélange subtil d’ambiance bourgeoise dans l’Extrême-Orient post-colonial et de voyage “à la routard” à une époque plus récente dans l’une de mes régions de prédilection : la frontière thaïlando-birmane. Une lecture indispensable pour quiconque s’intéresse de près ou de loin à la Thaïlande et souhaite aller au-delà des clichés vendus par les marchands de voyages ou colportés par des émissions télévisées en mal d’auditeurs.
L’une des raisons pour laquelle je parle de ce roman est que j’ai eu le privilège et le plaisir de rencontrer son auteur qui vit une partie de l’année à Chiang Mai. Une rencontre par un hasard provoqué (en suivant des indices laissés çà et là sur son blog) avec Michèle Jullian qui reverse l’intégralité de ses droits d’auteur aux Karens, une autre minorité ethnique persécutée par la junte birmane. Shans, Karens, même combat : je crois que tout le monde aura ici compris la raison pour laquelle je recommande certaines lectures.
Le roman est disponible chez Amazon (cliquez sur la couverture du livre) et aussi à la FNAC. Pour ceux qui habitent en Thaïlande, vous pouvez le trouver chez Carnets d’Asie (dans l’enceinte de l’Alliance française), possibilité de vente par correspondance.
J’ai d’ailleurs passé une partie de la matinée d’aujourd’hui à cette librairie Carnet d’Asie à l’occasion de la sortie d’autres livres dont je parlerai un peu plus tard, lorsque je les aurai lus, et cette escapade en ville m’a permis de constater de visu la popularité du roman Théâtre d’ombres :
Alors surtout ne tardez plus à commander le votre !!
30 Avril – Retour à Bangkok
Après un mois passé à Chiang Mai pour “ressentir”
la ville au quotidien…
… retour à Bangkok.
Mais pour 11 mois seulement
Notre décision est prise : la rose du Nord nous a séduit, fuyons les embouteillages et les “chinois” !!




























