Le blog de Thailsacien

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne

3 Avril – Arrêt obligatoire

J’y faisais allusion dans certains de mes billets précédents, ils sont omniprésents sur les routes que nous empruntons pour rendre visite aux montagnards et se reconnaissent généralement par leur couleur majoritairement kaki assortie d’une barrière rouge et blanche en travers de la route, je veux bien évidemment parler des points de contrôle de l’armée thaïlandaise.

Voyage nord (292)

La province de Mae Hong Son où nous intervenons s’étend le long de la frontière entre la Thaïlande et l’un des pays les plus fermés de la planète : la Birmanie (ou Myanmar, comme l’appelle la junte militaire au pouvoir).

mapCette frontière est plus ou moins bien matérialisée par des cours d’eau et des crêtes de montagnes, souvent au milieu d’une jungle épaisse, ce qui la rend difficilement contrôlable. Elle représente pour de nombreuses populations opprimées l’objectif à atteindre – et à franchir – pour trouver un semblant de liberté et son tracé est parsemé de villages de réfugiés, certains accueillant plusieurs milliers d’habitants. Mais elle est aussi depuis de nombreuses décennies le théâtre de trafics en tous genres : narcotiques, armes, animaux de contrebande, bois précieux, etc. sans oublier les êtres humains !!

Ces postes de contrôle militaires, certains permanents, d’autres mobiles, semblent donc parfaitement justifiés au vu de la situation et il faut souvent y présenter une pièce d’identité et indiquer sa destination. Sur les pistes de montagne et les routes qui se terminent en cul-de-sac ou mènent “de l’autre côté”, ils notent également les noms de toutes les personnes présentes dans le véhicule, le numéro d’immatriculation et demandent l’heure (ou le jour) du retour.

Salawin (5)

Comme d’autres, j’avais lu des récits et articles racontant des rencontres avec des “militaires corrompus” demandant un droit de passage aux volontaires individuels et aux organisations humanitaires (je ne citerai aucun nom pour éviter toute polémique) souhaitant se rendre auprès des réfugiés. À cela venaient se rajouter les histoires de certains voyageurs et autres aventuriers en mal de reconnaissance qui ont entendu parler de quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a vu un jour quelqu’un se faire rançonner par les militaires. Un peu l’histoire l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’éléphant blanc (il n’y a pas d’ours en Thaïlande !!).

Je n’ai pas la prétention d’affirmer qu’il s’agit ici de pure fiction, certaines des situations décrites sont peut-être bien réelles, mais en plus de quatre ans et des dizaines de passages à ces points de contrôle nous n’avons JAMAIS eu à verser le moindre droit de passage, bien au contraire.

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Je me souviens de l’un de nos premiers passages par l’un de ces postes, il y a presque 5 ans. La route entre Tam Lod et Ban Huoi Haeng n’existait pas encore et il fallait environ 1H30 en 4×4 pour parcourir les 10 km de piste défoncée. Au retour, nous avions bifurqué vers Yapanae et Mae Lana, un village Shan où recommençait une bande asphaltée qui rejoignait la route principale menant à Mae Hong Son (voici la carte Google pour vous donner une idée de l’endroit, le point bleu représente Ban Huoi Haeng et nous avions rejoint la route 1226 par les pistes). Peu après Mae Lana, surprise, nous nous trouvons nez à nez avec un barrage militaire !!

Je crois que le planton qui nous a vu arriver n’a jamais vraiment compris comment nous étions arrivés jusque là, d’autant plus que nous n’étions pas répertoriés dans son registre et que nous étions supposés passer par son poste de contrôle avant de nous aventurer dans ce qu’il nous a décrit comme étant une zone dangereuse. Mais il nous a finalement laissé passer – avec le sourire !! – lorsqu’il a appris l’objet de notre voyage, à savoir apporter des fournitures scolaires à une école isolée.

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2 autres expériences vécues :

  • Chiang Rai 2 (52)Route vers Doi Tai Laeng, état Shan, voiture chargée de fournitures scolaires et de matériel médical. Des militaires thaïlandais un peu hésitants au début en apprenant notre destination, qui observent notre cargaison avec suspicion, puis qui deviennent tout sourire et nous saluent d’un énergique ‘”Thank You!!” après avoir obtenu l’autorisation de nous laisser passer auprès de leurs chefs.
  • Point non officiel de passage de frontière au nord du village de Ban Rak Thai pour rejoindre le village de réfugiés de Kong Mung Mong, dans l’état Shan. Là aussi voiture chargée de fournitures scolaires et de médicaments avec en prime un médecin français à bord. Le chef de poste nous accompagne et discute avec mon épouse. En repartant le deuxième jour, elle veut lui donner 500 THB (12 Euros) pour lui et ses hommes, mais il refuse et va jusqu’à nous rattraper pour nous les rendre.

Deux anecdotes parfaitement représentatives des contacts toujours extrêmement conviviaux et coopératifs que nous avons eu avec les militaires thaïlandais en poste à ces points de contrôles depuis plus de 4 ans. J’ignore si esprit de coopération est spécifique à cette région, mais nous avons cette fois encore pu ressentir la même impression de solidarité et de compassion de la part des hommes en uniforme envers leurs “cousins du mauvais côté de la frontière”.

Une réalité du terrain qui pourra aussi contribuer à rassurer nos donateurs quant à l’usage des fonds qu’ils nous confient : il n’existe aucun prélèvement “imprévu” entre eux et les bénéficiaires de leur générosité, un sujet (l’usage et la gestion des fonds) qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain billet.

3 avril 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Loi Tai Laeng, Voyages | Laisser un commentaire

26 Mars – La semaine en vrac…

…et en images (cliquez sur les photos pour les agrandir).

_DSC2093Dimanche 20 :

Arrivée au Cavelodge, les filles trépignaient d’impatience depuis plusieurs jours à l’idée de retrouver leur lieu de vacance favori ainsi que leurs amis Homsin et Chocolate (le petit garçon sur la photo), Tam et Doy (les chiens qui cachent les chaussures), les fourmis dans le lit, le Nam Plik Oup (euh… non, ça c’est pour moi !), le swimming hole (il faut venir sur place pour comprendre)…

Enfin bref, toute l’atmosphère et la convivialité de ce lieu très particulier, je dirais presque unique, qui a su conserver le même esprit depuis sa création, en 1984.

_DSC2103Lundi 21 : Dans la grotte

Cave en anglais, Tam en thaïlandais, d’où le nom du village : Tam Lod.

Il s’agit en fait d’un enchaînement de 3 grottes dont la dernière contient ce qui peut s’apparenter à des sarcophages dans lesquels, au moment de leur découverte, reposaient des corps momifiés. Ces derniers se trouvent maintenant à l’abri dans un musée et les “cercueils” en bois dur (tek ?), âgés de plus de 2500 ans, ont été laissés sur place.

Au coucher du soleil, la sortie de la grotte devient le théâtre d’un ballet aérien présenté par les hirondelles et les chauves souris, les habitants de ce lieu.

_DSC2174Mardi 22 : À l’école de Ban Huoi Haeng

Le sujet de mon billet précédent et un lieu incontournable à chaque fois que nous passons dans la région.

Nous sommes toujours autant sous le charme de cette école de montagne et de son directeur décidément pas comme les autres dont le dévouement et l’engagement ne sont plus à prouver. De nouveaux projets, petits et grands, sont en cours ou accomplis à chacune de nos visites et l’amélioration globale des conditions de vie et d’éducation des enfants dont nous avons été les témoins depuis plus de 4 ans ne peut que nous encourager à poursuivre sur la même voie.

Je viens d’ailleurs de créer sur ce blog une nouvelle page “Projets” (cliquez sur l’onglet correspondant en haut de la page) sur laquelle je dresse un récapitulatif des différents projets menés depuis fin 2006 et à partir de laquelle vous pouvez télécharger le récit détaillé de certains d’entre eux.

_DSC2342Mercredi 23 : Sortie Kayak

Départ au petit matin, une heure de route et on nous “lâche” sur un pont sous lequel passe une rivière (pour le kayak, c’est plus pratique qu’une voie ferrée…).

Au total, 5 heures à pagayer, à se laisser entraîner par le courant, parfois à essayer de rattraper le bateau après être tombé dans l’eau entre rochers et troncs d’arbre, le tout au milieu d’une nature somptueuse dans un cours d’eau au niveau relativement bas en cette saison. Pause déjeuner à proximité d’un centre d’étude sur les gibbons, une espèce protégée qui a ici la chance de vivre dans un environnement relativement préservé et classé “réserve naturelle”. Cette réserve compte également de nombreuses grottes dont la majorité ont été découvertes et explorées par John, le fondateur du Cavelodge qui a même servi de guide à une équipe de la BBC venue tourner un documentaire sur les poissons aveugles pour leur série “Planète Terre” (je viens de me commander un exemplaire).

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Une expédition en famille, puisque seul un couple d’australiens, des amis de John, nous accompagnaient et que nos guides étaient l’épouse et le fils de John ainsi que deux de ses beaux-frères.

Jeudi 24 et vendredi 25 : Visite chez les Shans

Un voyage très particulier qui nous entraîne de l’autre côté de la frontière sur un territoire à l’accès très règlementé et qui est théoriquement interdit aux étrangers. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter mon autre blog consacré aux Shans (freeshan) ou encore les quelques billets de celui-ci en sélectionnant la catégorie “Les Shans”.

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Un voyage très particulier puisque cette fois-ci, nous y sommes allés en famille !!

En effet, Pong, mon épouse, avait eu plusieurs fois l’occasion de discuter au téléphone avec nos différents contacts et voulait se rendre compte par elle-même des conditions de vie, ou plutôt de survie, de ses “cousins du mauvais côté de la frontière”.

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L’occasion aussi de déposer des médicaments à l’hôpital (ou plutôt la clinique, voir ici le témoignage) et, à l’école, le fruit de notre collecte de livres. Une expérience fabuleusement enrichissante aussi pour les filles qui ont de plus en plus conscience de la chance qu’elles ont de pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité dans un environnement pacifique.

Accessoirement, nous avons aussi vécu la curieuse expérience d’un tremblement de terre à 1400 mètres d’altitude, heureusement sans victimes ni dégâts là où nous étions.

Pour mes lecteurs qui vivent en Alsace et qui souhaitent en savoir un peu plus, je vous invite à venir assister à la conférence qui sera donnée le 13 avril prochain à Brumath par mon ami le Docteur Olland (cliquez ICI pour télécharger la brochure au format PDF).

Samedi 26 : Repos au Cavelodge

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Après une semaine très riche en évènements et en émotions, journée détente en compagnie d’un phylium, ou phasme feuille.

Très prochainement, l’histoire de l’eau à Ban Huoi Haeng…

Restez à l’écoute (stay tuned, comme disent les anglophones).

26 mars 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Loi Tai Laeng, Voyages | 2 Commentaires

30 Janvier – Il fait toujours aussi froid

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Lors de notre séjour en pays Shan, en octobre dernier, les montagnards avaient prédit un hiver exceptionnellement froid et long. La saison qui vient de s’écouler – et qui n’est pas encore terminée ! – leur a largement donné raison, et même à Bangkok la période fraîche a été particulièrement longue.

Cette vague de froid persistant a touché l’ensemble du pays, puisque 35 provinces ont été déclarées “zone sinistrée” pour la période du 5 novembre au 9 janvier (soit plus de 2 mois !!) et les dernières prévisions pour la région qui nous intéresse plus particulièrement, à savoir Tam Lod, n’annoncent pas vraiment un réchauffement : Prévisions semaine du 30/01 au 05/02. Celles-ci concernent essentiellement Pang Mapha – Tam Lod, à environ 700 mètres d’altitude, mais le village de Ban Huoi Haeng se situe 200 m plus haut et Loi Tai Laeng, du sommet de ses 1400 m, et exposé à tous les vents.

Certes, la température monte allègrement à 25-30 °C dans la journée grâce au soleil, mais ceux qui ont eu l’occasion de séjourner en montagne pendant cette période ont pu apprécier par eux-même la froideur vivifiante de l’air matinal après une nuit passée à greloter malgré les couvertures et l’environnement privilégié d’une construction en dur.

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Il est vrai que les habitations locales ne sont pas vraiment conçues pour de telles conditions et si le feu de camp allumé au milieu du salon par les montagnards peut sembler sympathique et convivial aux voyageurs de passage, il ne représente pas une source de chaleur particulièrement efficace et dans tous les cas à durée très limitée (à moins de veiller toute la nuit !!).

Vient ensuite les matins brumeux, surtout à 1400 mètres d’altitude, avec son cortège de nez qui coule et d’articulations qui grincent, pas vraiment l’idéal lorsqu’il faut aller à l’école ou, moins drôle, lorsqu’il faut essayer de guérir d’un paludisme ou d’une tuberculose !

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Nous avions organisé une collecte de vêtements chauds et, surtout, une collecte de fonds pour ce qui nous semble être la solution la plus rationnelle, à savoir acheter directement sur place les vêtements qui sont généralement fabriqués… sur place !!

_DSC1365Un premier lot, constitué pour l’essentiel de vêtements collectés auprès de notre entourage, avait été envoyé début novembre, un deuxième chargement à la mi-décembre (voir ici) et nous venons aujourd’hui d’expédier une troisième cargaison (ci-contre) que nous avons pu constituer d’une part grâce à plusieurs voyageurs qui ont profité de leur passage à Bangkok pour nous apporter des sacs, mais surtout grâce à la vente des cartes de voeux et calendriers et à d’autres dons reçus récemment.

(pour info, le sac jaune au sommet de la pile contient des chaussures, elles aussi très appréciées)._DSC0341_01

Nous avons ainsi “raflé” le restant du stock de la marchande de blousons qui, sa saison terminée, nous a fait un prix pour l’ensemble en ramenant ainsi le coupe-vent avec sa doublure et son capuchon à moins de 1,50 Euro !! (il en restait plus d’une centaine)

Un nouveau voyage est prévu fin mars, juste avant les grandes vacances qui commenceront un peu plus tard chez les montagnards que pour les écoles de Bangkok, ce qui nous permettra de revoir les enfants avant leur départ de l’école. Une étape chez les Shans est également prévue, notamment pour leur apporter certains médicaments de base ainsi que des médicaments contre le paludisme que des voyageurs de passage m’ont récemment confiés.

Je vous en dirai plus à ce sujet prochainement.

30 janvier 2011 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

12 Janvier – La confusion de la diversification…

… ou comment se diversifier en évitant la confusion.

Je fais ici allusion aux différents blogs/sites que j’ai créés depuis notre migration en Thaïlande en juin 2004 et aussi à mes centres d’intérêt que j’essaie de partager un maximum en évitant le plus possible de tomber dans le répétitif ennuyeux.

L’Internet est un outil de communication fabuleux auquel je me suis connecté pour la première fois vers 1994 ou 1995 (ma première adresse électronique – que je possède toujours ! – date de cette époque) et c’est en grande partie grâce à cet outil que nous avons pu, ma famille et moi-même, nous expatrier en 2004, le même Internet ayant rendu l’exercice de ma profession totalement indépendant géographiquement.

Un autre intérêt de l’Internet pour les émigrés, immigrés, expatriés et autres voyageurs ponctuels ou chroniques (oui oui, ça existe aussi des voyageurs chroniques), en résumé pour tout ceux qui se retrouvent pendant des périodes plus ou moins longues éloignés de leurs familles et de leurs proches, est qu’il permet de rester en contact très facilement (je ne compte plus le nombre de cartes postales jamais arrivées à destination) et aussi d’envoyer régulièrement à tante Adèle une photo des premières dents du petit dernier ou même une vidéo des vacances à la plage (ou sous in igloo, tout dépend du lieu d’expatriation !).

J’ai donc moi aussi étendu l’usage presque exclusivement professionnel que je faisais de l’Internet à une première ébauche de site à vocation essentiellement familiale en utilisant un éditeur simple mis à disposition par mon fournisseur d’accès originel Wanadoo, devenu par la suite Orange. D’une sobriété exemplaire, “Bienvenue chez nous” se voulait avant tout une vitrine de notre nouvel environnement de vie, mais cette solution a très vite atteint ses limites.

J’ai ensuite fait une tentative de site un peu plus sophistiqué en utilisant un éditeur local (Frontpage) et en téléchargeant ensuite les pages composées vers un serveur. Le résultat >ICI<. L’objectif de ce site était totalement différent : il s’agissait initialement d’une simple page de présentation de notre premier projet avec les montagnards (Fichier PDF). Le site a ensuite évolué avec les projets et là aussi cette forme d’espace de communication s’est très vite avérée inadaptée, à moins d’opter pour un éditeur sophistiqué pour l’apprentissage duquel le temps me manquait.

J’ai finalement démarré mon premier blog “La vie quotidienne d’une famille thailsacienne” en juillet 2007 et suis resté fidèle à cette plate-forme pendant 2 ans 1/2, jusqu’à ce que de petits soucis techniques me décident à rechercher une solution plus fiable, recherche qui a abouti à l’actuel www.thailsacien.org, hébergé par WordPress, l’un des leaders mondiaux des éditeurs/publieurs de blog.

Parallèlement à ça et dans le cadre des projets de plus en plus nombreux que nous menions avec les écoles, j’avais décidé de créé un blog spécifiquement consacré aux Écoles en Thaïlande, mais avec un autre hébergeur, cette-fois ci blog4ever, qui offrait des possibilités d’édition intéressantes et bien adaptées à ce que je souhaitais réaliser. Bien alimenté au début, je l’ai ensuite laissé plus ou moins à l’abandon après la réalisation de l’un de nos projets majeurs : les salles de classe. À cette série déjà conséquente est venu se rajouter un autre blog, lui aussi sur blog4ever, mais essentiellement consacré aux Shans. C’était suite à mon premier séjour à Loi Tai Laeng en Mai 2009.

Il va sans dire que tout cela commence à faire beaucoup et que cette éparpillement dans le cyberespace n’est pas pour faciliter la mise à jour et la maintenance de ces différents sites. J’ai donc décidé de rationnaliser tout ça sous la forme de trois blogs/sites distincts, bien évidemment avec des renvois/liens des uns vers les autres.

EN RÉSUMÉ :

BLOG PRINCIPAL
Celui que vous êtes en train de lire qui restera mon lieu d’expression central où se retrouveront, pèle-mêle, nos voyages en famille, les aventures scolaires de Maeva et Naomi, la recette de la salade aux fourmis ou encore les tribulations administratives de l’européen au pays du sourire.

LES SHANS
_DSC9236Un autre, créé récemment, sera exclusivement consacré aux Shans. Plus étoffé que ma première ébauche, mentionnée ci-dessus et qui devrait disparaitre à terme, il a pour ambition de regrouper un maximum de ressources francophones (quasiment inexistantes actuellement) et de fournir de nombreuses informations sur ce qui pourrait bien un jour devenir un pays indépendant.

Il sera actualisé régulièrement par des informations, parfois exclusives, qui me sont communiquées par mes différents contacts auprès des Shans et j’y parlerai aussi des divers projets que nous avons engagé depuis quelques temps avec les écoles et les hôpitaux/dispensaires de cette région officiellement interdite aux étrangers.

LES ÉCOLES

_DSC3740Ma troisième plate-forme d’expression sera toujours consacrée aux écoles, j’hésite cependant entre conserver l’hébergeur actuel, dont l’éditeur n’est pas très performant et qui présente parfois quelques petits problèmes techniques, et un basculement sur Blogger qui m’obligerais à transférer manuellement l’intégralité des billets/articles mais qui présenterait ensuite l’énorme avantage de pouvoir être actualisé localement.

En attendant, pour vous remercier de la patience dont vous avez fait preuve en lisant jusqu’ici mes réflexions, voici une nouvelle série de photos de nos récentes vacances à Koh Chang.

Le diaporama est réalisé avec une fonction très intéressant de mon éditeur de blog Windows Live Writer : l’insertion d’album photo. C’est ce genre de détail qui me fera certainement opter pour Blogger ou WordPress comme hébergeur de blog sur les écoles, car blog4ever ou d’autres hébergeurs franco-français ne donnent pas accès à ces fonctions.

12 janvier 2011 Publié par | Divers, Les écoles, Les Shans, Vie quotidienne | 2 Commentaires

10 Janvier – Jour des enfants

Une preuve supplémentaire que les Shans sont réellement les cousins des Thaïlandais : comme eux, ils fêtent le jour des enfants le deuxième samedi de janvier.

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Et cette année, le jour des enfants a été particulièrement heureux pour les 70 élèves de l’école de Kong Mung Mong auxquels ont été remis les survêtements neufs que nous leur avons envoyé récemment.

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Les photos viennent de me parvenir, très rassurantes quand je pense que ce même village a subit des tirs de l’armée birmane il y a moins d’un mois (information ICI). Je suis toujours admiratif devant la faculté des asiatiques et des Thaïs en particulier à profiter pleinement de l’instant présent sans vraiment se soucier (en apparence !) de ce qui a bien pu se passer 1 semaine avant ou ce qui se passera une semaine après.

Et de me remettre à réfléchir à ce qu’avait répondu le Dalaï Lama à quelqu’un qui lui demandait ce qui le surprenait le plus dans l’humanité. Sa réponse :

« Les hommes, parce qu’ils perdent leur santé pour accumuler de l’argent et ensuite ils perdent leur argent pour retrouver la santé, sans jamais profiter de l’instant présent »

10 janvier 2011 Publié par | Les écoles, Les Shans | Laisser un commentaire

12 Décembre – Cartes et calendriers, c’est fait !

J’avais lancé il y a 3 semaines environ une opération Cartes de voeux et Calendriers et il faut dire que j’ai été agréablement surpris du résultat.

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Les calendriers sont en effet partis comme des… calendriers !!, il ne m’en reste que 2 en anglais et près de la moitié des lots de cartes de voeux a trouvé acquéreur. Si vous souhaitez vous aussi envoyer vos voeux sur des cartes SERGE (à la place des cartes UNICEF) et participer ainsi activement à nos projets, la procédure est décrite en détail ici : (Fichier PDF).

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Les bénéfices de cette opération ont servi à acheter des blousons coupe-vent avec doublure que nous faisons parvenir aujourd’hui même à nos amis les Shans qui viennent de fêter leur nouvel an (qui était le 6 décembre cette année). Leur contact à Bangkok vient d’ailleurs de tourner le coin de la rue avec son chargement au moment même où j’écris ce billet. En plus de 300 kg de vêtements de couvertures, deux cartons de médicaments dont une partie a été achetée sur place par nous-mêmes (j’ai trouvé les grossistes qui approvisionnent tous les hôpitaux de Bangkok), le reste m’étant parvenu ce samedi par un ami en visite qui a aimablement accepté de transporté le colis que lui avait remis le Docteur Pilou.

Un Docteur Pilou qui, comme je n’annonçais dans un billet précédent, a fait récemment l’objet d’un article dans le quotidien régional “Les Dernières Nouvelles d’Alsace” dont je vous livre ici le contenu :

Au chevet des rebelles shans

imageMédecin généraliste en Alsace, Pierre-Louis Olland est l’un des rares à avoir été admis au chevet de la résistance shan. Une ethnie engagée dans une guerre sans fin contre la junte birmane. Il est rentré peu avant des élections redoutées des rebelles.
Impressions d’un franc-tireur médical.

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Près des frontières de la Thaïlande, Pierre-Louis Olland a passé plusieurs jours à examiner des soldats rebelles après avoir gagné la confiance des chefs shans, toujours en lutte contre la junte birmane au lendemain des récentes élections. (Photo Serge Israel).

Là-bas, son nom est « le docteur ». Sans plus. Aucun risque de le confondre avec un autre médecin. Il n’y en a pas. Le premier toubib que certains ont vu de leur vie, c’est lui. Généraliste établi habituellement à Mommenheim. Happé presque par hasard par la guérilla des Shans.

Le décor n’est pas reluisant, fait de dénuement et de boue,
« d’une simplicité extrême »

Il ne pouvait s’y attendre, lorsque l’un de ses anciens patients, établi depuis 2004 en Thaïlande, l’a invité à le rejoindre. Et pourtant, ce premier voyage fin 2008 va l’emmener bien loin des plages de rêve et des hôtels de luxe.

Sur place, Serge Israel, traducteur technique marié à une Thaïlandaise, conduit le praticien bas-rhinois jusqu’à un lieu un peu paumé. Là se trouve une école qu’il a prise sous son aile, à 1 400 m d’altitude, pour y installer un dortoir, des commodités. Pierre-Louis Olland découvre le revers de la carte postale. Proche de situations aperçues lors de précédentes missions au Sénégal ou au Cambodge. Il ouvre sa mallette de docteur et devient une personnalité : « Aucun médecin ne se rend dans ces endroits. En cas de besoin les habitants doivent se déplacer vers des hôpitaux ou des dispensaires ». Du coup, il est jugé tellement précieux que le chef du village s’agace de le voir s’éloigner dans la jungle : pas digne de son rang. L’aventure l’y attend, pourtant. De rencontres en recommandations, d’un périple au suivant, Pierre-Louis Olland a fini par atterrir dernièrement du côté de la frontière birmane, en pays Shan. Un secteur de repli pour une guérilla opposée au régime de la junte birmane. Inspirant visiblement confiance à cet État clandestin, il est accepté par le Commandeur shan dans sa capitale militaire et politique. Officiellement, un lieu interdit aux étrangers. Le décor n’est pas vraiment reluisant. Panorama fait de dénuement et de boue. « D’une simplicité extrême », résume le Dr Olland. La plus haute autorité médicale est une infirmière. Dans ces contrées, la médecine est administrée par des aides paramédicaux. Des moyens très sommaires, quoique « d’une grande efficacité sur les pathologies qui leur sont connues ».

Le contraste est rude, avec la pratique de la médecine en Alsace

Le sous-Etat Shan connaît un évident sous-développement sanitaire. Pour le Dr Olland, retour à la mallette de soins. Dans des conditions épiques. Des lits pleins de bon matin, avec en prime des poules ou un chat perdus. Peu de médicaments (et pas toujours très récents). Le casse-tête des fièvres à causes multiples, et celui de la langue. Sans autre soutien que son ami, le médecin de campagne retrouve un exercice de base. Loin de toute logistique hospitalière. Un franc-tireur de la médecine, au sein d’une armée rebelle. Joli cas d’école, pour les facultés de médecine et les passionnés d’humanitaire, sur fond de malaria, de tuberculose, de parasitoses et de gale. Dans ce monde de militaires, où la vie nocturne n’offre qu’obscurité et pluie, le Dr Olland côtoie des ministres et un chef de guerre plutôt affables. Préoccupés. Les dernières élections birmanes risquent, selon eux, de légitimer une répression que le médecin alsacien a pu mesurer : dans une école, sur 650 élèves, près de la moitié sont orphelins. Le contraste est rude, avec la pratique de la médecine en Alsace. Mais Pierre-Louis Olland retournera en Thaïlande, pour la quatrième fois, l’an prochain. D’autres projets pour des écoles, d’autres soins l’attendent. Peut-être, à nouveau, auprès de l’armée des Shans. « Il reste tellement de choses à faire ». L’une au moins s’annonce ambitieuse : parvenir à convaincre les Shans incrédules que l’occidental à casquette qui vient les soigner durant ses congés, dormant sur le sol, mangeant du riz et se douchant au baquet, a vraiment l’âge qu’il prétend, canonique pour eux, de 60 ans. (Didier Rose – D.N.A.)

12 décembre 2010 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | 2 Commentaires

7 Novembre – Élections en Birmanie

Ou plus exactement obligation de se rendre au bureau de vote pour confirmer la position des guignols en uniforme (ayant pour l’occasion tombé leurs uniformes !!) qui dirigent d’une main de fer l’un des régimes les plus répressifs de la planète. Tout ceci avec la bénédiction de la World Company aux yeux bridés, vous savez, celle qui a accepté que la France lui rembourse sa dette sous forme d’Airbus et autres centrales nucléaires. Mais bon…

Nous nous étions rendus récemment au village de réfugiés de Kong Mung Mong, à l’extrême nord de la province de Mae Hong Son, mais de l’autre côté de la frontière. Ce village a été monté de toutes pièces en 2007 par l’armée Shan pour y accueillir les civils fuyant les exactions de ceux qui veulent aujourd’hui faire croire que la population va voter pour eux. Il compte environ 250 habitants, un temple (avec un moine !!), un dispensaire médical et une école fréquentée par 70 enfants.

Un camp militaire de la SSA est installé sur la colline qui le surplombe et la colline en face cache un camp retranché de l’armée birmane. Seule une rivière les sépare au fond de la vallée.

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Voici le témoignage de l’un des enfants de l’école, traduit depuis le Shan avec l’aide de Kwangkham, le professeur d’anglais.

J’ai été obligé de quitter mon village dans l’état Shan lorsque j’avais 6 ans. Nous n’avions pas d’école dans notre village, et comme les autres enfants je gardais les buffles avec mes frères et soeurs. Mon village s’appelait Koong Moung, il était dans les champs très loin de la ville de Muong Nai. En décembre de l’année dernière, les militaires birmans sont soudain arrivés et ont attaché tous les garçons aux arbres et emmené les filles dans la forêt. Les filles avaient 8 ou 10 ans, les plus grandes avaient réussi à s’enfuir. Nous les entendions crier, mais nous étions attachés aux arbres et nous ne pouvions pas bouger. Les soldats birmans nous ont dit qu’ils nous tueraient si on essayait de s’échapper.

Nous sommes restés attachés pendant trois jours, puis des villageois nous ont trouvé. Ils nous ont demandé où étaient les filles, mais nous ne savions pas. Nous leur avons dit qu’elles avaient été emmenées par les militaires birmans dans la forêt. Leurs familles étaient très tristes.

Deux jours plus tard, les militaires sont revenus et ont brûlé le village. Certains villageois ont été tués, les autres ont réussi à s’enfuir dans la forêt. Il fallait faire très attention, car si les soldats nous voyaient ils nous tueraient immédiatement. Ma famille et moi sommes restés presque deux mois dans la jungle, loin du village. Nous ne pouvions pas allumer de feu ni faire de bruit, sinon les soldats nous auraient trouvés.

Nous n’avions pas à manger tous les jours et mon père essayait de trouver des racines et des fruits. Mon petit frère est mort parce qu’il n’avait pas assez à manger et parce qu’il est tombé malade. Les moustiques nous piquaient tous les jours et moi aussi j’ai été malade. Il n’y avait pas de médicaments dans la jungle.

Nous avons alors marché pendant un mois et nous sommes arrivés en Thaïlande, dans le village de réfugiés Karens de Na Soi près de Mae Hong Son. Nous avons alors entendu parler du village de Kong Mung Mong où je vis aujourd’hui avec ce qu’il reste de ma famille. Je suis content parce que je peux aller à l’école et nous pouvons manger tous les jours.”

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7 novembre 2010 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

15 Octobre – Au pays Shan

Suite de notre périple avec une visite de 2 jours dans un petit village Shan créé il y a un peu plus de 3 ans est dont les 250 habitants sont tous des réfugiés ayant fuit la junte birmane. Nous avons recueilli quelques témoignages édifiants.

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Passage de frontière non officiel après enregistrement auprès des militaires thaïlandais très coopératifs. Nous sommes alors en pays Shan, comme l’indique le drapeau qui côtoie ici celui des Wa. La troisième ethnie présente dans le village est celle des Pa-O et les premiers postes Karens sont à quelques kilomètres à peine.

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Direction l’école où nous retrouvons notre ami Kwangkham, le professeur d’anglais avec qui je suis resté en contact régulier depuis plus d’un an et qui partage maintenant son temps entre Kong Mung Mong, où nous avons passé 2 jours, et Loi Sam Sip, une autre école pour laquelle nous avons également apporté des ressources.

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Au programme : remise d’une caisse de fournitures scolaires (cahiers, crayons, etc.) et examen médical des 70 enfants dont 20 sont orphelins ou ignorent où sont leurs parents. L’état général des enfants est nettement moins bon qu’à Ban Huoi Haeng et plusieurs souffrent de retard intellectuel, certainement liés aux différents traumatismes et autres déracinements subits en fuyant leurs villages, parfois en perdant leurs familles.

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Une petite fille présente même un handicap majeur sous la forme d’un pied atrophié et l’autre déformé, ce qui l’oblige à se déplacer à genoux ou en étant portée par un autre élève de l’école. Une intervention chirurgicale est possible, nous allons essayer de trouver les fonds nécessaires en présentant un dossier le plus complet possible auprès de diverses ONG. Si vous connaissez un donateur généreux, n’hésitez pas à me faire signe.

Clinic (4) Clinic (2)

Autre visite incontournable : la clinique du village, deux infirmières et deux aides soignants qui s’avèrent être extrêmement compétents malgré des moyens plus que limités. Nous pouvons constater ici à la fois l’efficacité de la formation dispensée par l’équipe de Loi Tai Laeng et la mise en pratique de l’une des facettes de la politique des dirigeants Shans qui se préoccupent de très près de la santé et de l’éducation des populations civiles.

Village (1)   Village (2)

Village (3)  temple (2)

Après toutes ces émotions, un peu de détente par une visite du village qui ressemble à n’importe quel autre village montagnard, avec ses boutiques qui attirent les filles amatrices de shopping, ses grands mères aux dents noircies par le bétel et son temple où avait lieu aujourd’hui une cérémonie funéraire en l’honneur de l’ancien chef de la communauté Wa.

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Là aussi, des images plein la tête, des projets plein les cahiers de notes et des regards qui resteront gravés à jamais dans nos mémoires.

15 octobre 2010 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | Laisser un commentaire

13 Octobre – Des images plein la tête

Presque une semaine passée auprès du Q.G. de la rébellion Shan, de l’autre côté de la frontière. Un peuple qui s’est vu confisquer son pays et qui, depuis 1947, résiste à l’envahisseur birman avec des moyens très limités mais avec un courage et un engagement admirables. Nous sommes en contact régulier avec eux depuis 2 ans maintenant et c’est la deuxième fois que nous allons leur rendre visite. Bien évidemment, rien d’officiel, mais une région qui commence très timidement à s’ouvrir à une forme un peu aventureuse, mais oh combien passionnante d’écotourisme.

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Au bout de 10 km de piste en pente très raide, un gros bourg avec des familles, des enfants, des petits commerces, des jardins potagers et tout ce qu’on peut s’attendre à trouver dans un village montagnards perché à 1400 m d’altitude, hors de portée de l’armée birmane.

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Une école accueille plus de 800 enfants, plus de la moitié viennent de l’intérieur de l’état Shan et dorment dans des dortoirs dans des conditions comparées auxquelles l’école de Ban Huoi Haeng est un véritable palace. Les écoles de leurs villages ont été brûlées par l’armée birmane qui veut garder une population dans l’ignorance et qui engage de force les garçons à partir de 9-10 ans pour servir de porteur ou pour construire des campements.

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Ici, ils peuvent recevoir 3 repas par jour (riz, nouilles, un peu de légumes et de la viande une fois par semaine, si tout va bien…). Bien évidemment ils préparent leurs repas eux-mêmes et leur motivation, leur enthousiasme à étudier ne peut que forcer l’admiration. Un point extrêmement positif et encourageant est l’ouverture (non officielle !!) de la Thaïlande qui permet aux meilleurs de poursuivre des études universitaires.

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Un autre aspect de notre “mission” se situait dans le domaine médical avec une quantité impressionnante de médicaments et autres matériels apportés par mon ami le Docteur Pilou.

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Avec une journaliste française et un photoreporter américain qui nous accompagnaient, nous avons ensuite passé 2 jours avec une équipe de paramédicaux formés sur place et dont le rôle consistera à apporter les premiers secours aux militaires en mission dans la jungle, mais aussi aux populations à l’intérieur de l’état Shan pour lesquelles les soins médicaux même les plus élémentaires font partie de l’inaccessible.

Ceci était un premier résumé “brut de décoffrage”. Nous sommes rentrés avec des milliers de photos, des heures de vidéo qui donneront, nous l’espérons, lieu à plusieurs émissions télévisées, et une vision approfondie de la situation géopolitique d’un pays de la taille des Pays-Bas, habité par une population qui est ignorée de la communauté internationale et qui a été envahi il a plus de 60 ans par l’un des régimes les plus répressifs de la planète.

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Demain, nous nous rendons dans une autre école qui se situe elle aussi du “mauvais côté” de la frontière. 60 enfants qui bénéficieront, certains pour la première fois de leur vie, d’un examen médical de base. Bientôt d’autres photos…

13 octobre 2010 Publié par | Les Shans, Loi Tai Laeng | 2 Commentaires

9 Juillet – Des sous !!

J’ai demandé à Robert (le petit), et il m’a répondu :
Sou : Monnaie de billon, de nickel valant le vingtième de la livre. Vient du bas latin solidus. En langage courant, désigne l’argent en général.

50baths

Ce billet (billet = article de blog) sera consacré à ce qui est – malheureusement – devenu le seul et unique moyen de reconnaissance des humains entre eux, à savoir le contenu de leur portefeuille. Et ce bien évidemment au détriment de l’intelligence, de la créativité, de la sociabilité et d’autres qualités représentatives d’une espèce qui a su évoluer jusqu’à pouvoir quitter sa planète natale mais qui n’a pas encore réussi à maîtriser totalement les réactions primitives de son cerveau reptilien et qui continue à vouloir marquer son territoire en “pissant” le long de ses frontières et en jugeant son prochain uniquement en fonction de la valeur inscrite sur un morceau de papier. Mais je m’éloigne du sujet…

Pour aller droit au but, il s’agit aujourd’hui de l’aspect financier des différents projets que nous menons avec les écoles des minorités ethniques, le dernier en date étant le projet “eau” avec l’école de Ban Huoi Haeng (petit rappel, cliquez ici). Ce qui était à l’origine une simple initiative ponctuelle a pris une ampleur non négligeable et ce sont près de 1 400 000 Bahts que nous avons reçus en un peu plus de 3 ans. C’est volontairement que je n’indique pas ici l’équivalent en Euros, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin. En attendant, je vais essayer de répondre à certaines questions légitimes que les donateurs, mais aussi les autres peuvent se poser, surtout en considération des différents scandales et autres affaires de détournement qui entachent régulièrement le milieu des ONG (associations à but humanitaire).

Comment cet argent est-il géré ?
Et bien tout bonnement par moi-même dans un simple tableau Excel où j’inscris les recettes et les dépenses. Il existe des projets majeurs (dortoir, panneaux solaires, salles de classe, etc.) qui sont les éléments porteurs des appels aux dons, mais ceux-ci ne représentent qu’une partie de nos actions et il existe plein de petits projets secondaires annexes, en plus des victuailles que nous apportons à chaque fois que nous rendons visite au village. Les projets majeurs sont gérés et réalisés directement par les intéressés, à savoir les écoles à qui je transfère les fonds directement. Pour les actions ponctuelles annexes, je connais en gros la somme des dons reçus et je complète en conséquence. L’avantage de ce fonctionnement autonome est que je n’ai pas forcément besoin de justificatifs pour un comptable ou une quelconque administration fiscale et je peux donc effectuer des achats un peu n’importe où et, le plus important, en fonction des besoins réels et directement en collaboration avec les destinataires. En effet, tous les bénéficiaires de nos actions ne sont pas en mesure de nous remettre un reçu !! (exemple : les Shans)
Voir ici mes réflexions sur la création d’une association.

Et pour les frais de fonctionnement ?
Il n’existe pas de frais de fonctionnement au sens “comptable” ou  bureaucratique du terme. Lorsque nous nous rendons en montagne, nous le faisons volontairement parce que nous en avons envie, dans le cadre de nos vacances et avec le budget correspondant. Certains attendent avec impatience le moment de pouvoir se prélasser sur une plage (voir ici), personnellement j’éprouve tout autant de satisfaction à participer activement à la concrétisation de projets dans le cadre d’un passionnant échange humain et culturel. Et il va sans dire que nous n’avons jamais utilisé le moindre centime des dons reçus pour nous payer ne serait-ce qu’un plein d’essence pour aller chez les montagnards.

Recettes et dépenses
La majorité de nos recettes, à savoir les dons que nous recevons, nous sont versés en Euros. Toutes nos dépenses, à de rares exception près, sont en Bahts. Entre 2006, l’année où nous avons commencé, et fin 2009, le taux de change était stabilisé aux alentours de 48 Bahts pour 1 Euro, à +/-5 %, et c’est sur cette base que nous basions tous nos budgets. Aujourd’hui, il a chuté à moins de 40 Bahts pour 1 Euro et je crains que ça ne soit pas fini. Un Baht trop fort et un Euro trop faible, rien de tel pour remettre totalement en question un projet tel que le

Projet Eau 2010

Le budget nécessaire pour l’ensemble du matériel et de la main d’oeuvre est de 220 000 Bahts. La soirée organisée au cours de notre voyage en France en mai dernier nous avait permis de récolter près de 4500 Euros et j’avais effectué un virement de 5000 Euros quelques jours plus tard. Il y a 6 mois, ces 5000 Euros auraient “produit” plus de 230 000 Bahts, mais le 20 mai ce sont moins de 200 000 Bahts qui sont arrivés sur le compte de l’école.

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N’ayant pas trouvé le courage d’expliquer aux enfants qu’ils ne pourraient pas encore avoir d’eau cette année pour d’obscures raisons de finance mondiale gérée en dépit de tout bon sens par des gens qui n’y comprennent rien mais qui en détiennent le pouvoir et trouvant totalement absurde d’arrêter la pose des tuyaux à 500 mètres à peine du village, j’ai apporté le complément et devrais bientôt être en mesure de publier les premières photos.

Cette volatilité monétaire a entraîné quelques réflexions, notamment autour de l’idée générale selon laquelle “la technologie est maîtrisée par des gens qui ne la contrôlent pas et contrôlée par des gens qui ne la maîtrisent pas” et je me suis amusé à dresser un parallèle entre ce phénomène et la thèse de biochimie défendue par l’un de mes maîtres à penser, le Docteur Issac Asimov, thèse dont le thème était Les propriétés endochroniques de la thiotimoline resublimée. Il s’agissait en fait d’une thèse totalement fantaisiste rédigée par son auteur dans l’unique but de démontrer l’incompétence des comités de “doyens” chargés de délivrer les doctorats dans divers domaines scientifiques.

Pour faire simple, la thiotimoline est une substance imaginaire qui a la particularité de se dissoudre dans l’eau une fraction de seconde avant d’entrer en contact avec cette eau. La thèse tournait autour de ce qui pourrait se passer si quelqu’un enlevait l’eau juste après la dissolution, mais avant le contact qui provoque ladite dissolution. Vous imaginez aisément les noeuds cérébraux qui en résultent.

Mais quel rapport avec l’argent ?
Et bien c’est tout simple : la volatilité des monnaies qui, à mon sens, est la conséquence directe du plus grand fléau de notre société actuelle : le crédit !!
Nous sommes conditionnés pour vivre à crédit. La majorité de nos achats importants (maison, voiture, etc.) est effectuée à crédit et tout le monde fonctionne ainsi, à tout les niveaux, jusqu’aux états qui, comble de l’absurdité, annoncent joyeusement des budgets prévisionnels déficitaires. En clair, nous consommons des ressources que nous ne possédons pas encore et que nous ne posséderons peut-être jamais. Un peu comme la thiotimoline qui s’est dissoute malgré la disparition de l’eau. Que se passe-t-il si les hypothétiques richesses sur lesquelles se basent ces crédits ne sont jamais produites ? Où sont passés les milliards d’Euros volatilisés dans les “bulles boursières” et autres méandres spéculatives ? Pourquoi une monnaie perd/gagne-t-elle autant de sa valeur par rapport à une autre ?
Ou, plus simplement : pourrait-on manger une pomme alors que l’arbre sur laquelle elle va mûrir  n’est pas encore sorti de terre ?
Il faudrait demander aux experts financiers auto-proclamés et autres “responsables” politiques, vous savez ceux qui passent leurs temps à faire des réunions dont le principal objectif semble être de décider de la date de la prochaine réunion. Je suis sûr qu’ils sauront apporter des explications aussi décourageantes que soporifiques qui ne réussiraient même pas à inspirer un scénario à Tim Burton.

Sans aller jusqu’à l’attitude paranoïaque de l’omniprésence du complot, j’en reviens à ma réflexion première, à savoir “la technologie est maîtrisée par des gens qui ne la contrôlent pas et contrôlée par des gens qui ne la maîtrisent pas“, et j’ai depuis longtemps acquis l’intime conviction que personne n’est capable d’expliquer quoi que ce soit pour la bonne et simple raison qu’il n’y rien d’explicable. Il s’agit d’un monde totalement virtuel où évoluent des gens définitivement déconnecté de la réalité mais qui, pour notre plus grand malheur, influent directement sur la réalité, en clair sur la VRAIE VIE.

Si vous avez tout compris, c’est que je me suis mal exprimé quelque part.
En attendant, nous allons essayer de poursuivre nos VRAIES actions avec un Euro à 40 Bahts et je remercie encore une fois tous nos donateurs pour leur générosité, parce qu’un mètre de tuyau sera toujours un mètre de tuyau, et ça c’est aussi la réalité.

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Vous pouvez faire un don soit par Paypal (voir aussi le bouton en haut à droite de cette page) soit directement par un virement sur mon compte en France :
Crédit Agricole d’Alsace
67670 MOMMENHEIM
Compte 50090976010 41
IBAN FR76 1720 6001 2350 0909 7601 041
BIC (ou SWIFT) AGRIFRPP872

9 juillet 2010 Publié par | Ban Huoi Haeng, Les écoles, Les Shans | 2 Commentaires

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