27 Juillet – De la mer au fleuve
Au petit matin, le nuage qui nous a tenu compagnie pendant tout le weekend est toujours là, mais sachant que nous repartons aujourd’hui il commence à se dissiper.
Quelques heures de route et 3 arrêts shopping plus tard, nous voici au bord du Chao Praya pour un dîner dans l’un de nos restaurants préférés de Bangkok, le River Tree House à Nonthaburi. Cuisine style Thaïlande du centre très raffinée pour des prix que j’aurais presque tendance à qualifier de ridicules au vu de la qualité des plats et du cadre.
Voici un aperçu des plats servis.
Attention, éloignez votre clavier pour éviter de baver dessus !!
Oui, le ‘truc’ sombre qui flotte sur la photo en bas à droite est bien ce que vous pensez, à savoir le genre de “haricot magique” qui provoque sur la langue une réaction qui pourrait ressembler à celle d’un sachet de verre brisé et entraîne des séances de vocalise dignes des meilleurs concerts de la Castafiore.
Tout ceci, dégusté au coucher du soleil en regardant passer les bateaux qui remontent le fleuve vers Ayutthaya.
26 Juillet – Grotte et plage
Un coup d’oeil dehors nous permet de constater que LE nuage est toujours là, ce qui nous fait définitivement renoncer à la sortie en mer jusqu’à l’île d’en face, d’autant plus que ladite île n’est même pas visible.
Mais la région de Prachuap Khiri Khan étant très diversifiée et les filles très curieuses, il ne nous est pas très difficile de trouver une activité de substitution sous la forme de la visite d’une grotte, endroit qui présente l’immense avantage d’être abrité de la pluie !!
Plus qu’une simple grotte, il s’agit également d’un lieu de pèlerinage et de recueillement peuplé d’une multitude de statues de Bouddha de toutes les tailles et dans de multiples positions.
Direction ensuite une petite crique près d’un village de pêcheurs où une accalmie météorologique nous permet de déjeuner sur la plage et de profiter de quelques instants (quelques heures pour les filles !!) d’un bain de mer bien mérité.
Au menu : poisson grillé aux noix de cajou et limule, une espèce d’insecte marin de 30 cm de diamètre vieux de 500 millions d’années (rassurez-vous, celui que nous avons mangé avait été pêché la veille !!) et dont on déguste les oeufs.
25 Juillet – Rétrécissement
Au vu du temps gnamifique (!!) qui nous attend à notre réveil, la journée s’annonce disons … de saison (ben oui, fin juillet c’est la mousson).
Après avoir contemplé la plage le temps du petit déjeuner, direction un endroit très particulier sur la carte de la Thaïlande : un peu au sud de la ville de Prachuap Khiri Khan se trouve le point le plus étroit du pays, un peu plus de 10 km de largeur entre la mer et la frontière birmane.
Ce point de rétrécissement sur la carte de la Thaïlande peut sembler une curiosité, voire une singularité politico-historique, mais il correspond bel et bien à une réalité géographique, à savoir la montagne qui matérialise la frontière avec le voisin Birman. Et il existe bel et bien un poste de frontière, mais qui est semble-t-il strictement réservé aux populations locales.
Et comme à toute frontière, il existe un marché proposant divers produits en provenance “de l’autre côté” et dégageant de ce fait un parfum d’aventure, en plus de l’agréable odeur émanant des nombreuses orchidées sauvages sont la cueillette est strictement interdite en Thaïlande (mais pas “de l’autre côté”).
La météorologie du jour tenant ses promesses, une soudaine averse abrège notre flânerie entre les étals. Direction la cité des sciences de Waghor où se trouve un gigantesque aquarium ainsi qu’un musée de l’espace.
Il est vrai que la transition entre un poste de frontière avec la Birmanie où se trouve un marché de produits de contrebande et une cité de l’espace d’inspiration futuriste est des plus étranges et mérite quelques explications.
Prêts pour une petite leçon d’histoire ? Alors permettez-moi de vous présenter sa Majesté le Roi Rama IV, souverain du Siam de 1851 à 1868.
Vous le connaissez peut-être sous les traits de Yul Brynner ou, plus récemment, sous ceux de Chow Yun Fat puisqu’il s’agit du Roi du Siam du célèbre roman de Margaret Landon “Anna et le roi”.
Passionné de science et de technologie, il avait calculé avec précision la date et l’heure de l’éclipse solaire du 18 août 1868 ainsi que la position d’observation optimale, à l’endroit précis où a maintenant été construit cette cité des sciences, quelques kilomètres au sud de la ville de Prachuap Khiri Khan. Il y avait invité de nombreux dignitaires étrangers, en faisant ainsi une formidable opération de communication qui consolida la position du Siam parmi les nations modernes, mais aussi face aux deux puissances coloniales qui se massaient à ses frontières : la France et l’Angleterre.
Ce voyage lui fut malheureusement fatal, puisqu’il contracta un paludisme mortel qui mit fin à son règnes quelques semaines plus tard. Mais son fils, Rama V, repris le flambeau et est devenu l’un des souverains les plus respectés, mais aussi l’un des plus modernisateurs de l’histoire du Siam.
Après cette leçon d’histoire, place à la religion avec la visite d’un magnifique temple perché sur une colline dominant la mer.
Chose rare : les différents événements marquants de la vie du Bouddha sont illustrés par des vitraux et non des fresques murales comme dans la majorité des temples qu’il m’a été donné de visiter jusqu’à présent en Asie. La partie chapelle qui se trouve à l’intérieur est magnifique et très richement décorée, mais les photos y sont malheureusement interdites.
La vue depuis le toit est superbe et doit être encore plus belle quand il fait beau…
Bon, demain sera un autre jour, avec ou sans soleil.
23 Juillet – Voyages et voyage
Veille d’un long weekend de 4 jours, nous nous apprêtons à prendre la route pour la province de Prachuap Khiri Khan, une province tout en longueur dans laquelle se trouve Hua Hin.
Comme ce blog est en grande partie consacré aux voyages, il m’a semblé judicieux de créer une page spécialement dédié à ce thème avec des liens vers les différents billets consacrés aux régions de Thaïlande que nous avons visitées. D’où le changement que vous aurez pu constater dans l’en-tête (pour ceux qui sont observateurs !!).
Je profite également de cette occasion pour vous présenter la dernière vidéo réalisée par notre amie Ute, une adorable suissesse qui, avec son mari thaï, propose des excursions individuelles sur mesure dans le nord du pays, plus précisément dans les provinces de Chiang Mai et Mae Hong Son. Nous croisons d’ailleurs régulièrement les véhicules Scorpion Adventure lorsque nous rendons visite aux écoles.
Si ce weekend est prolongé, c’est en raison des fêtes bouddhistes de Asalaha Bucha et de Kao Pansa.
Asalaha Bucha commémore le premier sermon du Bouddha après son illumination, suivi par la première ordination d’un moine. Il s’agit d’un jour en l’honneur des moines bouddhistes et il est d’usage d’aller leur apporter des offrandes aux temples.
Kao Pansa, le lendemain, marque le premier jour du carême bouddhiste qui dure 3 mois lunaires pendant lesquels les moines ne sont pas autorisés à sortir de leur temple, sauf pour leur quête matinale au cours de laquelle ils reçoivent des offrandes de la population. Cet usage a été instauré par le Bouddha lui-même pour éviter que les moines parcourent les campagnes et marchent dans les champs pendant la saison des pluies, période de l’année pendant laquelle les pousses de riz sont encore très jeunes et risqueraient d’être écrasées par inadvertance.
18 Juillet – Sports d’hiver
Dimanche, Maeva est partie en camp avec l’école pendant 2 jours et Naomi fait du ski dans le salon.
17 Juillet – Marché flottant
Tous les tour-opérateurs qui proposent des voyages/séjours en Thaïlande incluent dans leurs circuits le fameux marché flottant de Damnoen Saduak qui est en réalité devenu une véritable usine à touristes. Il l’était d’ailleurs déjà lorsque j’y suis passé pour la première fois, en août 1988 !!
Mais il existe encore de nombreux marchés flottants qui ont gardés un cachet d’authenticité et l’un des plus intéressants qu’il m’ait été donné de découvrir se trouve tout à côté de l’ancienne capitale du Siam : Ayutthaya.
Ayutthaya est une ville chargée d’histoire et je recommande vivement la lecture de la trilogie Le Faucon du Siam pour s’imprégner de l’atmosphère de la cour du Roi Narai, atmosphère que l’on peut toujours ressentir en parcourant les canaux.
Et c’est justement au détour de l’un de ces canaux que l’on découvre ce marché flottant.
Des dizaines d’embarcations qui proposent un choix immense de plats traditionnels, préparés devant vous, à la demande, et essentiellement d’inspiration plaine centrale.
La créativité est aussi au rendez-vous et il est alors difficile de résister à la tentation de certaines “boutiques-embarcations”.
Ici, café, chocolat ou thé, chaud ou glacé, préparé à l’ancienne et servi dans un gobelet en bambou que l’on peut ensuite garder (nous avons toujours les nôtres).
Pour ceux qui ne veulent pas consommer sur place, plein de choses à emporter comme ici, par exemple, la version locale de la crème brûlée, mais à base de coco et couverte de lamelles d’échalote.
14 Juillet – La fête à ????
“Han ce chour tu gadorze chouyé….”
C’est ainsi que le maire de notre village alsacien avait l’habitude de commencer son discours (avec l’accent !!) d’ouverture de l’apéritif communal organisé chaque année à l’occasion de la fête nationale française. Je crois savoir que cette tradition est restée bien ancrée et que la commune de Hohfrankenheim offre toujours un apéritif à ses concitoyens, accompagné du “14-juillet Maennele” pour les enfants, ceci bien évidemment après le discours du maire et après avoir, tous en cœur, entonné La Marseillaise (en observant ses voisins du coin de l’œil pour voir qui connaît réellement les paroles ou encore pour essayer soi-même de les connaître !!).
En 1999, cette cérémonie a aussi été le premier contact de Pong avec la France, puisqu’elle était arrivée la veille, et l’occasion de lui faire découvrir une petite tranche de l’histoire de notre pays (au besoin, en complétant avec l’ouvrage ci-contre).
Une tranche d’histoire – la fin de la monarchie absolue – qui est perçue avec une certaine réserve et énormément de points d’interrogation par les citoyens d’un pays où la Monarchie constitue l’une des institutions les plus respectées et dont le Roi actuel est celui dont le règne a été le plus long de l’histoire (64 ans cette année). Un pays sans roi et qui, de plus est, a guillotiné le dernier est à leurs yeux aussi étrange que peut l’être aux nôtres l’omniprésence des esprits dans la vie quotidienne des Thaïlandais.
Et paradoxalement, les relations franco-siamoise ont commencé il y a environ 350 ans sur une initiative royale, celle du monarque siamois de l’époque, le Roi Narai, qui était un fervent admirateur de Louis XIV. Autre paradoxe, le Roi Rama V, l’un des souverains les plus respectés et initiateur de la modernisation du royaume du Siam à la fin du XIXème siècle, a déclaré lors de son premier voyage officiel en Europe en 1897 que le pays où il avait été le mieux reçu a été la France, le seul pays européen visité qui ne soit pas un royaume.
Il existe en fait une longue histoire commune entre nos deux pays et une autre facette qui m’intéresse plus particulièrement est celle de l’aviation : la Thaïlande a été le premier pays d’Asie à avoir son propre programme aéronautique, à l’initiative du Roi Rama VI, et les 3 premiers pilotes thaïlandais ont obtenu leur licence en 1911 à … l’Aéroclub de France !!
Ils sont ensuite rentrés en Thaïlande pour créer la première division aérienne au sein de l’armée. Ils s’étaient installés sur un champ qui leur avait été mis gracieusement à disposition par les habitants d’un petit village au nord de Bangkok qui portait le nom de Don Muang.
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Pour notre part, nous avions célébré le premier 14 juillet français de Pong en nous envoyant en l’air…
Cette année, petit stage citoyen pour Pong qui s’apprête à demander sa naturalisation, notamment en assistant aux cérémonies en direct sur un site dont je viens de prendre connaissance :
12 Juillet – Petits métiers de rue
Après la pomme que l’on mange avant que l’arbre n’ait poussé (cf. billet précédent), voici un sujet un peu plus léger consacré aux petits métiers de rue et aux innombrables services de proximité qui font que la vie en Thaïlande extraordinairement facile.
Il existe dans toutes les villes, grandes et moyennes, ceux que l’on désigne par le terme générique de “moto-taxi”. Ils stationnent généralement près des magasins, des temples, aux intersections et autres endroits stratégiques et sont reconnaissables à leurs gilets sans manches numérotés. Chacun est rattaché à un point de stationnement précis et, contrairement aux taxis, ils ne peuvent pas emmener de passagers n’importe où au bord de la route. Si le transport de passagers est leur fonction première, ils peuvent aussi rendre des dizaines de petits services très utiles au quotidien, par exemple chercher un colis à la poste, aller faire quelques courses à la superette ou même effectuer quelques menus travaux dans la maison.
Exemple pratique : Maeva qui appelle vers midi pour dire qu’elle a oublié son maillot de bain pour la piscine de l’après-midi. Un coup de téléphone et le moto-taxi apporte l’objet de l’oubli à l’école pour 20 Baths (50 cents).
Lui, nous le connaissons depuis que nous habitons près de l’école des filles et nous lui demandons même de garder la maison lorsque nous nous absentons plusieurs jours. Il dort alors sur place dans une pièce spécialement aménagée à cet effet. Pour anecdote, c’est aussi à lui que nous avions demandé d’aller fermer la bouteille de gaz (rappelez-vous).
Je lui avais posé la question de l’enregistrement de son activité, il faut en fait s’inscrire au bureau des transports du district et acheter un gilet numéroté (environ 200 Bahts, soit 5 Euros). Mais les places sont limitées et se revendent parfois très cher, un peu comme un fond de commerce. Lui a choisi le point moto-taxi devant le journal Matichon, à côté de l’école des filles, où la place coûte environ 5-6000 Bahts (125 à 150 Euros). Un peu plus loin, il y a le Wat Samien Nari, un temple très fréquenté où les places peuvent aller jusqu’à 100 000 Bahts (2 500 Euros). Avec une course moyenne à 40 Bahts (1 Euro), il faut parfois plusieurs années avant de récupérer son investissement.
9 Juillet – Des sous !!
J’ai demandé à Robert (le petit), et il m’a répondu :
Sou : Monnaie de billon, de nickel valant le vingtième de la livre. Vient du bas latin solidus. En langage courant, désigne l’argent en général.
Ce billet (billet = article de blog) sera consacré à ce qui est – malheureusement – devenu le seul et unique moyen de reconnaissance des humains entre eux, à savoir le contenu de leur portefeuille. Et ce bien évidemment au détriment de l’intelligence, de la créativité, de la sociabilité et d’autres qualités représentatives d’une espèce qui a su évoluer jusqu’à pouvoir quitter sa planète natale mais qui n’a pas encore réussi à maîtriser totalement les réactions primitives de son cerveau reptilien et qui continue à vouloir marquer son territoire en “pissant” le long de ses frontières et en jugeant son prochain uniquement en fonction de la valeur inscrite sur un morceau de papier. Mais je m’éloigne du sujet…
Pour aller droit au but, il s’agit aujourd’hui de l’aspect financier des différents projets que nous menons avec les écoles des minorités ethniques, le dernier en date étant le projet “eau” avec l’école de Ban Huoi Haeng (petit rappel, cliquez ici). Ce qui était à l’origine une simple initiative ponctuelle a pris une ampleur non négligeable et ce sont près de 1 400 000 Bahts que nous avons reçus en un peu plus de 3 ans. C’est volontairement que je n’indique pas ici l’équivalent en Euros, vous comprendrez pourquoi un peu plus loin. En attendant, je vais essayer de répondre à certaines questions légitimes que les donateurs, mais aussi les autres peuvent se poser, surtout en considération des différents scandales et autres affaires de détournement qui entachent régulièrement le milieu des ONG (associations à but humanitaire).
Comment cet argent est-il géré ?
Et bien tout bonnement par moi-même dans un simple tableau Excel où j’inscris les recettes et les dépenses. Il existe des projets majeurs (dortoir, panneaux solaires, salles de classe, etc.) qui sont les éléments porteurs des appels aux dons, mais ceux-ci ne représentent qu’une partie de nos actions et il existe plein de petits projets secondaires annexes, en plus des victuailles que nous apportons à chaque fois que nous rendons visite au village. Les projets majeurs sont gérés et réalisés directement par les intéressés, à savoir les écoles à qui je transfère les fonds directement. Pour les actions ponctuelles annexes, je connais en gros la somme des dons reçus et je complète en conséquence. L’avantage de ce fonctionnement autonome est que je n’ai pas forcément besoin de justificatifs pour un comptable ou une quelconque administration fiscale et je peux donc effectuer des achats un peu n’importe où et, le plus important, en fonction des besoins réels et directement en collaboration avec les destinataires. En effet, tous les bénéficiaires de nos actions ne sont pas en mesure de nous remettre un reçu !! (exemple : les Shans)
Voir ici mes réflexions sur la création d’une association.
Et pour les frais de fonctionnement ?
Il n’existe pas de frais de fonctionnement au sens “comptable” ou bureaucratique du terme. Lorsque nous nous rendons en montagne, nous le faisons volontairement parce que nous en avons envie, dans le cadre de nos vacances et avec le budget correspondant. Certains attendent avec impatience le moment de pouvoir se prélasser sur une plage (voir ici), personnellement j’éprouve tout autant de satisfaction à participer activement à la concrétisation de projets dans le cadre d’un passionnant échange humain et culturel. Et il va sans dire que nous n’avons jamais utilisé le moindre centime des dons reçus pour nous payer ne serait-ce qu’un plein d’essence pour aller chez les montagnards.
Recettes et dépenses
La majorité de nos recettes, à savoir les dons que nous recevons, nous sont versés en Euros. Toutes nos dépenses, à de rares exception près, sont en Bahts. Entre 2006, l’année où nous avons commencé, et fin 2009, le taux de change était stabilisé aux alentours de 48 Bahts pour 1 Euro, à +/-5 %, et c’est sur cette base que nous basions tous nos budgets. Aujourd’hui, il a chuté à moins de 40 Bahts pour 1 Euro et je crains que ça ne soit pas fini. Un Baht trop fort et un Euro trop faible, rien de tel pour remettre totalement en question un projet tel que le
Le budget nécessaire pour l’ensemble du matériel et de la main d’oeuvre est de 220 000 Bahts. La soirée organisée au cours de notre voyage en France en mai dernier nous avait permis de récolter près de 4500 Euros et j’avais effectué un virement de 5000 Euros quelques jours plus tard. Il y a 6 mois, ces 5000 Euros auraient “produit” plus de 230 000 Bahts, mais le 20 mai ce sont moins de 200 000 Bahts qui sont arrivés sur le compte de l’école.
N’ayant pas trouvé le courage d’expliquer aux enfants qu’ils ne pourraient pas encore avoir d’eau cette année pour d’obscures raisons de finance mondiale gérée en dépit de tout bon sens par des gens qui n’y comprennent rien mais qui en détiennent le pouvoir et trouvant totalement absurde d’arrêter la pose des tuyaux à 500 mètres à peine du village, j’ai apporté le complément et devrais bientôt être en mesure de publier les premières photos.
Cette volatilité monétaire a entraîné quelques réflexions, notamment autour de l’idée générale selon laquelle “la technologie est maîtrisée par des gens qui ne la contrôlent pas et contrôlée par des gens qui ne la maîtrisent pas” et je me suis amusé à dresser un parallèle entre ce phénomène et la thèse de biochimie défendue par l’un de mes maîtres à penser, le Docteur Issac Asimov, thèse dont le thème était Les propriétés endochroniques de la thiotimoline resublimée. Il s’agissait en fait d’une thèse totalement fantaisiste rédigée par son auteur dans l’unique but de démontrer l’incompétence des comités de “doyens” chargés de délivrer les doctorats dans divers domaines scientifiques.
Pour faire simple, la thiotimoline est une substance imaginaire qui a la particularité de se dissoudre dans l’eau une fraction de seconde avant d’entrer en contact avec cette eau. La thèse tournait autour de ce qui pourrait se passer si quelqu’un enlevait l’eau juste après la dissolution, mais avant le contact qui provoque ladite dissolution. Vous imaginez aisément les noeuds cérébraux qui en résultent.
Mais quel rapport avec l’argent ?
Et bien c’est tout simple : la volatilité des monnaies qui, à mon sens, est la conséquence directe du plus grand fléau de notre société actuelle : le crédit !!
Nous sommes conditionnés pour vivre à crédit. La majorité de nos achats importants (maison, voiture, etc.) est effectuée à crédit et tout le monde fonctionne ainsi, à tout les niveaux, jusqu’aux états qui, comble de l’absurdité, annoncent joyeusement des budgets prévisionnels déficitaires. En clair, nous consommons des ressources que nous ne possédons pas encore et que nous ne posséderons peut-être jamais. Un peu comme la thiotimoline qui s’est dissoute malgré la disparition de l’eau. Que se passe-t-il si les hypothétiques richesses sur lesquelles se basent ces crédits ne sont jamais produites ? Où sont passés les milliards d’Euros volatilisés dans les « bulles boursières » et autres méandres spéculatives ? Pourquoi une monnaie perd/gagne-t-elle autant de sa valeur par rapport à une autre ?
Ou, plus simplement : pourrait-on manger une pomme alors que l’arbre sur laquelle elle va mûrir n’est pas encore sorti de terre ?
Il faudrait demander aux experts financiers auto-proclamés et autres “responsables” politiques, vous savez ceux qui passent leurs temps à faire des réunions dont le principal objectif semble être de décider de la date de la prochaine réunion. Je suis sûr qu’ils sauront apporter des explications aussi décourageantes que soporifiques qui ne réussiraient même pas à inspirer un scénario à Tim Burton.
Sans aller jusqu’à l’attitude paranoïaque de l’omniprésence du complot, j’en reviens à ma réflexion première, à savoir « la technologie est maîtrisée par des gens qui ne la contrôlent pas et contrôlée par des gens qui ne la maîtrisent pas« , et j’ai depuis longtemps acquis l’intime conviction que personne n’est capable d’expliquer quoi que ce soit pour la bonne et simple raison qu’il n’y rien d’explicable. Il s’agit d’un monde totalement virtuel où évoluent des gens définitivement déconnecté de la réalité mais qui, pour notre plus grand malheur, influent directement sur la réalité, en clair sur la VRAIE VIE.
Si vous avez tout compris, c’est que je me suis mal exprimé quelque part.
En attendant, nous allons essayer de poursuivre nos VRAIES actions avec un Euro à 40 Bahts et je remercie encore une fois tous nos donateurs pour leur générosité, parce qu’un mètre de tuyau sera toujours un mètre de tuyau, et ça c’est aussi la réalité.
Vous pouvez faire un don soit par Paypal (voir aussi le bouton en haut à droite de cette page) soit directement par un virement sur mon compte en France :
Crédit Agricole d’Alsace
67670 MOMMENHEIM
Compte 50090976010 41
IBAN FR76 1720 6001 2350 0909 7601 041
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