14 Août – Sortie à Safari World
Vendredi 12 étant férié, nous avions donc un weekend de 3 jours pendant lequel il fallait occuper les filles, une tâche qui n’est jamais très ardue au vu des innombrables possibilités offertes ici et de l’insatiable curiosité des principales intéressées, des principales intéressées qui avaient depuis plusieurs mois déjà exprimé le souhait de retourner à Safari World, un immense parc animalier au nord-est de Bangkok.
Le parc est divisé en deux parties : une “savane” que l’on visite au volant de sa voiture au milieu des animaux en liberté et une zone “attractions” que l’on parcourt à pieds et qui englobe des spectacles de dauphins, otaries, éléphants ainsi que des expositions plus ou moins pédagogiques, sans oublier les incontournables points de restauration.
Nous y étions allés une première fois en 2005, l’année après notre installation en Thaïlande. Je me suis amusé à reprendre une photo de Naomi au même endroit: c’est toujours le même crocodile !!
Voici quelques autres photos, les conditions de prise de vue étaient plutôt bonnes aujourd’hui.
Et ici un diaporama (cliquez pour le visionner)
12 Août – Bonne fête maman
Le Royaume de Thaïlande rend chaque année hommage à la “maman” de tous ses sujets, à savoir sa Majesté la Reine Sirikit dont c’est aujourd’hui l’anniversaire. Toutes les écoles du pays organisent des cérémonies pour cette occasion auxquelles sont invitées les mamans (enfin celles qui peuvent se libérer…), accessoirement les papas (pour prendre des photos…) ainsi que l’une ou l’autre personnalité locale généralement chargée de faire un discours (dans notre cas il s’agissait d’un moine du temple voisin).
Le 12 août étant un jour férié, toutes ces animations ont généralement lieu la veille avec présentation de spectacles divers et variés, souvent exécutés avec une certaine hésitation, mais toujours énormément de conviction par les enfants des plus petites classes qui, tout en dansant ou en chantant, s’observent les uns les autres du coin de l’œil pour essayer de rester dans le rythme.
Il y a eu cette année un intéressant mélange entre des chants en anglais, interprétés par les grandes classes, et des spectacles musicaux et dansants thaïlandais traditionnels présentés par les plus petits. Une excellente expression du caractère à la fois bilingue et biculturel de cet établissement comme il en existe de plus en plus dans le pays et qui, à mon sens, constitue le choix idéal pour les familles mixtes comme la notre qui ont fait le choix de vivre en Thaïlande.
Mais je reviendrai prochainement dans un autre billet sur l’éducation des enfants métis et sur nos propres choix. Pour l’instant, nous en sommes à la fête des mères et après les spectacles collectifs, place aux prestations individuelles, préparées ou improvisées …
En effet, l’école de nos filles a pour habitude de désigner une “maman de l’année” (et aussi – rappelez-vous – un “papa de l’année” à l’occasion de la fête des pères !!), avec pour particularité cette année que je connais la nominée personnellement et depuis de nombreuses années.
Vous l’aurez deviné, il s’agit de Pong a qui on avait demandé, ainsi qu’à nos filles, de préparer un discours non pas en Thaï, mais en anglais (le discours en Thaï a été prononcé par une autre maman). J’ai donc eu droit toute la semaine à des séances d’entraînement à la prononciation, à des recherches de vocabulaire, à des consultations du dictionnaire thaï/anglais – avec quelques incursions parasites d’un certain Google Translator dont les résultats me rassurent quotidiennement quant à l’avenir de ma profession – à des corrections syntaxiques et stylistiques pour finalement aboutir à un texte très élaboré de trois pages qui ne sera jamais lu en public, la feuille ayant été oubliée sur la table de la cuisine entre un bol de Korn Flakes et une tasse de thé…
La principale intéressée s’est donc lancée dans une brillante improvisation, après la lecture par nos filles (qui n’avaient pas oublié leur papier, elles !) de leurs compositions personnelles à la gloire des mamans.
Vous aurez noté (enfin ceux qui suivent !) que la fête des mères coïncide avec l’anniversaire de Sa Majesté la Reine. Je me suis donc posé la question de l’ancienneté de cette tradition et du choix de cette date. J’ai ainsi découvert que la fête des mères, après avoir été instaurée une première fois le 10 mars 1943 pour ensuite être abandonnée après la fin de la deuxième guerre mondiale, avait été fixée le 15 avril en 1950. Mais là aussi, la tradition a été abandonnée pour des raisons de j’ignore et l’actuelle date du 12 août, à savoir le jour de l’anniversaire de la reine, a été déclarée jour férié pour la première fois en 1976 pour devenir l’évènement majeur que l’on connaît aujourd’hui dans les années 80, à l’initiative du premier ministre de l’époque, Prem Tinsulanonda, très proche des valeurs monarchiques.
7 Août – L’eau monte
Beaucoup de pluie en ce moment, mousson oblige, mais il semble que cette année les inondations sont en avance. Plusieurs provinces ont déjà subit de gros dégâts, des routes sont coupées, des ponts emportés et les autorités ont commencé à distribuer des sacs de sable aux habitants du bord du Chao Praya, à Bangkok.
Voulant me rendre compte moi-même de la situation, j’avais choisi aujourd’hui comme destination de ma sortie bicyclettale dominicale le port fluvial de Nonthaburi, pas très loin de l’île de Koh Kret que j’avais évoquée récemment.
Les sacs de sable sont bien là, mais rien de bien inquiétant finalement. Le musée national de Nonthaburi est protégé, les navettes fluviales fonctionnent normalement, le marché connaît son animation habituelle et le marchand de Pla Ton Ghoo est fidèle à son poste, au bord du fleuve.
Les pompes sont elles aussi déjà installées, il ne reste plus qu’à brancher les câbles électriques !!
31 Juillet – Le jour du thaï
Ou plus exactement : le jour de la langue thaïlandaise.
Cette journée consacrée à une langue dont les subtilités nous semblent souvent, à nous occidentaux, aussi inaccessibles et impénétrables que l’environnement culturel dans lequel elle est employée, je veux parler de la société thaïlandaise, a été instaurée en 1999 pour marquer les 6 cycles de 12 ans de sa Majesté le Roi Rama IX. Elle a été fixée le 29 juillet (je n’ai pas réussi à connaître la raison du choix de cette date, mais je n’ai pas fouillé sur Google !!) et donne chaque année lieu à diverses activité, notamment dans les écoles.
Pour ce qui nous concerne, l’école des filles avait également choisi le même jour pour honorer la mémoire de l’un des plus grands poètes et écrivains Thaïlandais : Sunthorn Phu. Il existe en réalité une journée qui lui est consacrée : le 26 juin, date de son anniversaire (là, j’avoue, j’ai demandé à Wikipedia), mais les professeurs de thaïlandais avaient décidé de consacrer cette journée de la langue thaïlandaise à l’étude de quelques-uns de ses textes, dont certains font partie intégrante du programme scolaire, un peu comme nos Molière, Corneille et autre Stendhal !! (vous vous souvenez, les histoires des Fourberies du Cid en rouge et en noir)
Daroonpat étant une école bilingue, nous avons eu droit à une version traduite de deux d’entre eux qui traitent des règles de conduite que se doivent de respecter un homme civilisé et une épouse dévouée. En voici quelques extraits ; je rappelle que ces textes ont été écrits il y a environ 200 ans !!
Règles pour être une bonne épouse
Si votre mari vous aime, ne lui résistez pas ; rendez-lui hommage chaque jour, ne soyez pas têtue. Quand la nuit tombe, vous ne devez pas vous éloigner, mais allumer la lampe et aller dans la chambre à coucher pour faire et nettoyer le lit, balayer la poussière. Chaque nuit, quand il se retirera dans son lit, accroupissez-vous à ses pieds et rendez-lui hommage. Si son corps est encore raide et douloureux de sa longue journée de labeur, détendez-le avec un massage apaisant. Lorsque vous allez dormir à votre tour, soyez décente et veillez à ce que vos mains et vos pieds ne viennent pas errer sur lui pendant que vous dormez. Votre bonté doit continuer de briller pendant votre sommeil.
[…]
Ne restez pas couchée une fois que le soleil a réapparu dans le ciel. Vous devez vous lever avant votre mari et préparer de l’eau pour lui laver le visage. Faites ensuite la cuisine et préparez le plateau de son repas en lui donnant le plus bel aspect. Apportez-le lui avec son crachoir, poli et brillant, et assurez-vous que l’eau que vous lui servez ne contienne pas la moindre poussière.
[…]
Soyez agréable avec votre mari, il vous aimera tendrement. Ne manquez jamais de faire les tâches ménagères. Et s’il devait tomber malade, ne le dérangez pas mais gardez le sourire, consolez-le, soyez agréable comme avant ; ne lui parlez que lorsqu’il sera de nouveau guéri et veillez à vous plier à ses besoins et à son humeur. Quoi qu’il n’aime pas, vous ne devez pas le faire. Gardez vis conseils pour vous, n’extériorisez pas vos sentiments.
etc.
À titre comparatif, voici un extrait d’un manuel scolaire d’économie domestique qui était utilisé dans certaines écoles catholiques en… 1960 en France !! (cliquez pour agrandir – certains l’ont peut-être déjà reçu par courriel).
28 Juillet – Voyages à Nonthaburi
Nonthaburi (N° 59 sur la carte ci-contre – cliquez pour agrandir) :
Une petite province nichée au nord-ouest de Bangkok, si petite que l’on a souvent tendance à la confondre avec sa grande voisine, d’autant plus que l’urbanisation frénétique et incessante de ces dernières années rend quasiment impossible de distinguer une quelconque délimitation entre les deux communes.
un peu comme Souffelweyersheim et Hoenheim ou encore Illkirch-Graffenstaden et Geispolsheim, pour prendre des exemples que tout le monde connaît ![]()
Si notre premier “voyage” à Nonthaburi remonte à 1999, cette province revêt cependant pour nous un caractère particulier, puisque nous y avions habité pendant presque un an, au début de la scolarisation de nos filles à Bangkok (à partir de 2008).
Nous sommes donc allés à Nonthaburi, ou “Nonne” comme disent les locaux, pour la première fois en 1999, et plus précisément dans un endroit qui peut sembler plutôt anachronique au milieu des autoroutes et des centres commerciaux, à savoir l’île de Koh Kret.
À gauche, une diapo numérisé de 1999, prise depuis le fleuve ; à droite une photo plus récente du même endroit, mais prise depuis la terre ferme.
Il s’agit d’une petite île du fleuve Chao Praya qui n’est accessible qu’en bateau. Des navettes partent de plusieurs temples qui bordent le fleuve et la traversée aller/retour coûte la somme totalement surréaliste de… 2 Bahts !! (environ 5 cents), comptez 2 Bahts de plus pour emmener votre propre vélo.
Koh Kret est également surnommée l’île des potiers, un artisanat encore très pratiqué par de nombreuses familles Môn de l’île (à ne pas confondre avec les Hmong) qui sont venues s’installer ici au XVIIIème siècle après les guerres entre le Siam et la Birmanie. Les trois quarts de l’île sont recouverts de cultures maraîchères et arboricoles accessibles par des passerelles en béton surélevées dont l’une fait le tour de l’île et constitue la voie de circulation principale. Aucune voiture, quelques moto-taxis et possibilité de louer des vélos.
Dans la partie nord de l’île se trouve un village artisanal dont les centaines de boutiques proposent de la nourriture, des spécialités gastronomiques, des petits plats à emporter ainsi que des menus à consommer sur place. Ah, j’oubliais : il y a aussi 2 ou 3 marchands de T-shirts et de souvenirs…
Vous l’aurez compris, l’essentiel des activités tourne autour de la préparation et du conditionnement de denrées alimentaires en tous genres, une préparation qui est souvent habilement mise en scène au point de transformer la quasi-totalité du village en salle de spectacle permanente. Voici quelques exemples de friandises typiquement thaïes qui sont confectionnées devant les yeux des acheteurs potentiels :
En réalité, il y a aussi plusieurs temples ainsi qu’un musée qui présente pour l’essentiel les différents types de poteries produites sur l’île, mais le plus intéressant à mon sens reste le côté typiquement “vieux Bangkok du bord de fleuve” avec ses maisons sur pilotis et ses ruelles très étroites où l’on a du mal à passer même en poussant son vélo.
Nonthaburi ne se limite cependant pas à l’île de Koh Kret, vous pouvez découvrir d’autres aspects de cette petite ville et notamment les fameux tricycles à pédales sur le blog de mon ami Philippe : Photos de Nonthaburi.
24 Juillet – La semaine en vrac
Un loooooooong weekend de 4 jours est, comme il se doit, suivi d’une loooooongue semaine de travail et donc de mise au repos de ce blog. Alors voici un résumé de la semaine.
Lundi 18 Saison des pluies
Cette vue de Bangkok depuis la tour Baiyoke est des plus explicites. Ayant pris connaissance des conditions météorologiques française qui sont “au-dessous des normales saisonnières” (comme ils disent à la télé !), nous apprécions d’autant plus les quelques épisodes pluvieux tropicaux qui apportent une fraîcheur très agréable, surtout au petit matin.
Mardi 19 Nouvelle prof d’anglais à Ban Huoi Haeng
Nous avons accueilli en fin de semaine dernière la fille d’amis, une étudiante qui a choisi de consacrer 6 semaines de ses vacances d’été à enseigner bénévolement l’anglais aux élèves de Ban Hoi Haeng.
Après quelques jours d’acclimatation à Bangkok (c’était son premier voyage en Asie !!), train de nuit pour Chiang Mai, prise en charge par Mr Pimook, le directeur de l’école, puis immersion totale avec découverte de la vie quotidienne d’un village montagnard et de son école. Effet changement de planète garanti !!
Au dernières nouvelles, il semble qu’elle a réussi à survivre à la première semaine…
Mercredi 20 Le Petit Prince
Dans la série des grands classiques littéraires de notre enfance (et même après !), une œuvre indémodable qui a été traduite dans plusieurs langues dont le thaïlandais.
Je pense que tout le monde connaît plus ou moins l’histoire du Petit Prince qui arrive sur Terre pour rencontrer successivement un serpent, un renard et finalement un aviateur, aviateur qui n’est nul autre qu’Antoine de Saint-Exupéry.
Le personnage du Petit Prince est né de l’imagination du célèbre pilote alors que son avion s’était écrasé dans le désert de Lybie pendant un vol entre Paris et Saïgon (ça, c’est pour le rapport avec l’Asie !!).
Les filles ont eu l’air d’apprécier aussi bien la version purement manuscrite que la version en bande dessinée illustrée qui est également disponible en anglais.
C’est vrai que les histoires d’aviateur, de prince et d’avion restent indémodables…
Jeudi 21 Lettre de Nicolas Sarkozy – la suite
Vous vous souvenez peut-être de la lettre que mon épouse avait reçu de la part du Président de la République :
Ce jeudi, nous avions rendez-vous à l’Ambassade pour une nouvelle étape : la signature du projet d’acte de naissance.
Pong étant maintenant française, il faut enregistrer son acte de naissance auprès de l’état civil française en vérifiant de préférence que tous les renseignements qui vont y figurer sont corrects, ce qui était la raison essentielle de notre visite du jour à l’Ambassade (en plus de profiter du passage dans le quartier pour nous offrir un déjeuner français !!).
Toute erreur constatée ultérieurement imposera en effet, pour être corrigée, des démarches dont la complexité et la durée sont l’apanage de notre chère administration et font la fortune des marchands d’aspirine !
Vendredi 22 Examens
Plus précisément examens de milieu de semestre, puisque nous sommes en plein milieu du premier semestre de l’année scolaire qui en compte deux. Toutes les classes passent de contrôle des connaissances le même jours et la réunion des parents a généralement lieu 2 semaines plus tard.
Impressions générales à la sortie en milieu d’après-midi : C’ÉTAIT FACIIIIIILE !! (bon, juste les maths je n’ai pas pu finir…).
Pour le calendrier scolaire thaïlandais ainsi que les équivalences entre les classes en France et en Thaïlande, je vous invite à visiter mon autre blog Les écoles en Thaïlande.
Samedi 23 Nakhon Pathom
C’est ce samedi que le locataire de notre propriété nous a rendu les clés et que nous sommes allés vérifier l’état des lieux. Bon, il faudrait peut-être que je m’occupe d’en trouver un nouveau…
Si vous connaissez quelqu’un qui cherche une maison de 400 m² avec piscine à un peu plus d’une heure de route de Bangkok, faites-moi signe !
Dimanche 24 Pause café
Pour bien finir la semaine, un vendeur ambulant comme il en existe des milliers en Thaïlande et qui est passé maître dans l’art de la préparation du café “boran” (traditionnel), également surnommé “café chaussette” au Viêtnam, on comprendra aisément pourquoi.
Il n’en demeure pas moins que celui servi dans ces petites gargotes est souvent excellent, sans parler du spectacle de la préparation qui à lui seul vaut souvent le prix ridiculement faible du verre.
18 Juillet – Weekend bouddhiste (la suite…)
Le “carême” bouddhiste commence le lendemain d’Asalaha Bucha et le premier jour de cette période de trois mois, ou plus exactement trois lunes, a pour nom Kao Pansa.
Il ne s’agit en fait pas vraiment d’un carême au sens judéo-chrétien du terme, avec privations/restrictions alimentaires en tous genres, mais plutôt d’une période de retraite au cours de laquelle les moines se doivent de passer toutes leurs nuits au temple qu’il auront choisi comme résidence au début de ce trimestre.
L’explication historique à cet usage est en fait des plus simples : défense de marcher sur les plates-bandes !!
Un peu plus sérieusement, les moines avaient et ont toujours pour habitude d’aller à la rencontre des populations afin de diffuser les enseignements du Bouddha. Pour ce faire, ils parcourent le pays et changent régulièrement de temple. Or, la mousson correspond aussi à la saison pendant laquelle les paysans ensemencent les rizières en préparation des nouvelles récoltes et il arrivait assez fréquemment que les moines écrasent les jeunes pousses de riz en marchant dessus par mégarde (les routes étaient inexistantes il y a 2600 ans !!). Les paysans sont donc allés trouver le Bouddha pour se plaindre des dégâts ainsi provoqués, lequel a alors demandé aux moines de respecter ces trois cycles lunaires de “vie sédentaire”.
En réalité, les moines peuvent très bien sortir du temple tous les matins pour leur quête quotidienne, ils prennent leurs repas comme le reste de l’année, peuvent se rendre auprès de telle ou telle famille qui souhaite leur présence pour un évènement important (mariage, nouvelle maison, etc.), participer à des cérémonies, mais ils doivent obligatoirement regagner le même temple en fin de journée et y passer leurs nuits pendant ces trois mois.
Pour marquer cet évènement, les fidèles ont pour habitude d’aller offrir au temple une bougie qui restera allumée pendant toute la période du carême, ou plus exactement de la retraite saisonnière de la mousson. Il s’agit généralement d’une bougie sculptée, parfois magnifiquement, dont les dimensions peuvent être imposantes et le poids conséquent. Cette bougie géante est souvent offerte collectivement par une entreprise locale, un club du village, une école, etc. dont les membres font trois fois le tour du temple en portant (à plusieurs !) la bougie en question.
Tout le monde entre ensuite dans la chapelle du temple où attendent les moines, des soutras sont récités (les soutras sont les écrits qui retranscrivent la parole du Bouddha), le moine supérieur donne sa bénédiction à l’ensemble de l’assemblée puis invite le Farang qui essaie de se cacher à venir allumer la bougie !!
La période de la retraite bouddhiste est également celle choisie par de nombreux jeunes hommes pour se faire ordonner. Chaque garçon/homme thaïlandais a le devoir d’être moine pendant quelques jours/semaines/mois/années (au choix !) de sa vie, la raison essentielle étant la reconnaissance à sa mère. En effet, les femmes ne peuvent pas devenir moines et le fils permet ainsi à sa mère d’acquérir des mérites en entrant dans les ordres pour une période donnée. Certains le restent pendant les trois mois, d’autres y prennent goût et restent moine pendant plusieurs années, d’autres enfin se limitent au minimum imposé de 7 jours, peut-être tout simplement parce qu’ils ont déjà une vie professionnelle et ils ont pris un congé de 7 jours spécialement à cette occasion.
17 Juillet – Weekend bouddhiste
La pleine lune de juillet marque deux évènements particulièrement importants du calendrier bouddhiste : Asalaha Bucha et Kao Pansa.
Le calendrier bouddhiste étant régi par le cycle lunaire, le premier est en relation direct avec la pleine lune et le deuxième est plus en rapport avec les conditions météorologiques spécifiques à la zone tropicale où se trouve l’Inde (pays d’origine du Bouddhisme) et l’Asie du Sud Est, à savoir le “vrai” début de la saison des pluies, même si depuis quelques années nous avons droit à quelques… disons fantaisies du calendrier !!
Asalaha Bucha (se prononce Asala-Ha-Poutchââ) coïncide avec le jour de la pleine lune de juillet et marque l’anniversaire du premier sermon effectué par le Bouddha après son illumination. Cette année 2011 (2554 de l’ère bouddhiste) est particulièrement importante puisqu’elle correspond au 2600ème anniversaire de l’illumination et, par voie de conséquence, au 2600ème anniversaire du premier sermon du Bouddha.
En résumé, après avoir reçu son illumination, c’est-à-dire après avoir achevé sa quête de la vérité (sur la vie, l’univers et tout le reste…) et réussi ainsi à rompre le cycle de ses réincarnations en devenant un éclairé (non, pas un “illuminé” !!), le Bouddha a passé un peu plus de 7 semaines (2 cycles lunaires) à méditer sous son arbre, après quoi il a réuni ses 5 premiers disciples pour leur délivrer son premier sermon sous la forme des quatre nobles vérités. Une interprétation plutôt légère, j’en conviens, mais n’étant pas un spécialiste du Bouddhisme, seulement un curieux touche à tout qui essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui, je préfère laisser aux experts en théologie le soin d’expliquer les détails dans un style un peu plus soporifique formel.
Au cours de cette journée, les populations sont invitées à observer les cinq préceptes du Bouddhisme et à faire des offrandes aux moines, un peu comme pendant le reste de l’année, mais les offrandes effectuées ce jour là ont une valeur toute particulière. Il est également d’usage de se rendre au temple pour y apporter des dons et prendre part à la procession aux bougies.
À la tombée de la nuit, les moines récitent des soutras à l’attention des fidèles rassemblés à l’intérieur de la chapelle et, bien souvent, aussi à l’extérieur. Chacun tient en main une bougie allumée et trois bâtonnets d’encens et fait essaie (je dis bien essaie !!) de ne pas f… le feu aux cheveux ou à la chemise de son voisin… La procession commence une fois les prières terminées. Les moines sortent alors de la chapelle et font trois fois le tour de celle-ci, suivis par les fidèles.
Pourquoi trois fois ?
Pour être honnête, je n’ai pas réussi à obtenir une explication réellement concrète, mais le chiffre trois se retrouve dans plusieurs rituels et aussi dans les fondamentaux du Bouddhisme :
Lorsque l’on rend hommage au Bouddha ou après un rituel accompli en présence d’un moine, on se frappe (pas trop fort !!) le front contre le sol à trois reprises à la fin de l’entretien et/ou de la prière. Il est aussi d’usage d’allumer trois bâtonnets d’encens pour les évènements heureux (un seul bâtonnet pour un hommage aux morts). Il existe trois caractéristiques de l’existence (impersonnalité, impermanence, insatisfaction). Il y a trois poisons pour l’esprit (le foot, la télé et… euh pardon ! l’ignorance, l’avidité et la colère), etc.
Bon j’arrête là, j’en vois qui commencent à dormir. Je vous propose donc de revenir demain pour la suite, à savoir la deuxième fête que nous avons célébré ce weekend, Kao Pansa.
14 Juillet – Encore une goutte…
Une goutte d’eau, bien évidemment, et même plusieurs puisque je vous propose aujourd’hui de découvrir la suite de notre dernier projet dont j’avais commencé la présentation dans mon billet du 6 juillet.
Nous en étions donc restés sur des images des plus explicites de ce qui est le quotidien alimentaire des 800 élèves du plus important établissement scolaire d’un pays ayant une surface approximativement égale à un quart de la France (ça, c’est juste pour rappeler quelques fondamentaux !!). En complément, voici d’autres photos des dortoirs, très spacieux, et de la salle de bain “écologique” à ciel ouvert avec murs végétaux, un peu à l’image de celles qui sont proposées par certains hôtels de luxe ayant fait du retour à la nature un argument commercial à l’attention d’une clientèle en quête de tout ce qui est “green” (vert).
Imaginez ce qui se passe lorsque tout le monde fait la queue pour aller se brosser les dents !!
À titre d’information, le budget disponible pour l’alimentation quotidienne est de l’ordre de 20 000 Bahts (environ 480 Euros) par jour pour l’ensemble de l’école, soit environ 0,60 Euro par jour et par élève.
Il va sans dire qu’il n’y a généralement pas beaucoup de reste dans les assiettes !!
Voilà plusieurs années déjà que les responsables essaient de développer certaines cultures dans les vallées voisines, mais la population de ce qui est maintenant devenu une véritable ville ne cesse de croître, et avec elle les besoins en tous genres, notamment alimentaires. De plus, situation de protection stratégique oblige, l’école et la petite ville qui l’entoure sont installées sur des crêtes montagneuses dont le relief ne favorise pas vraiment l’irrigation, même s’il existe çà et là plusieurs sources.
Des pans de montagne entiers ont donc été déboisés et préparés en vue d’étendre les surfaces cultivées, chaque zone ayant été affectée à un secteurs spécifique : hôpital, école, population civile, etc. Le projet qui nous intéresse plus particulièrement et pour lequel nous sommes intervenus concerne l’irrigation des flancs de colline qui entourent une ébauche de potager, fruit de l’initiative du directeur de l’école à qui ont été attribués plusieurs hectares de jungle.
Celui-ci a, dans un premier temps, réalisé quelques essais de plantation pour finalement sélectionner une série de fruits et légumes ayant donné des résultats prometteurs et qu’il souhaite à présent cultiver à grande échelle avec le secret espoir de réussir à en produire suffisamment pour tous les élèves de l’école, et même plus.
Principal problème : l’irrigation.
Si plusieurs sources sont présentes sur les collines qui entourent cette petite vallée encaissée, leur débit est relativement irrégulier et l’eau qui s’en écoule obéit bien évidemment aux lois fondamentales de la physique, à savoir rechercher le chemin le plus court vers le bas. Et comme il se doit, ledit chemin le plus court vers le bas passe à des centaines de mètres de l’endroit où le terrain a pu être aménagé et donc à plusieurs centaines de mètres des futures plantations où l’eau sera nécessaire.
Il existe cependant un avantage : la position de ces sources. Elles sont toutes plus hautes que la vallée elle-même, mais aussi plus hautes que les collines qui l’entourent. Le projet consiste donc à créer un petit bassin de retenue depuis lequel sera posé un tuyau qui servira à remplir une série de réservoirs placés à des endroits appropriés au sommet des flancs de montagne qui ont été déboisés. L’irrigation contrôlée s’effectuera ensuite à partir de ces réservoirs tout simplement en utilisant la même énergie que celle qui a servi à les remplir : la gravité !!
Le projet a été élaboré avec l’aide des villageois de Ban Huoi Haeng (notre projet de l’année dernière) qui ont été très heureux de partager leur expérience. Le budget total a été de 140 000 Bahts (environ 3500 Euros), nettement inférieur à celui de Ban Huoi Haeng pour deux raisons : d’une part parce qu’il ne fallait que 1000 mètres de tuyaux (contre 4000 à Ban Huoi Haeng) et d’autre part parce qu’ici, la main d’œuvre est gratuite puisque composée essentiellement de militaires de l’armée Shan qui réaliseront les travaux pendant leurs périodes de permission.
Les travaux sont en cours, même pendant la mousson actuelle, et avec un peu de chance les premiers légumes devraient être arrivés à maturité pour mon prochain voyage en pays Shan programmé en octobre prochain.
D’ici là, d’autres volailles seront vraisemblablement venues compléter l’ébauche de basse-cour et LE cochon devrait partager son enclos avec quelques congénères.
10 Juillet – Voyage à Rayong
Après la montagne et les temples Khmers de mes derniers billets consacrés aux voyages en Thaïlande, je vous propose aujourd’hui une escapade en bord de mer et plus précisément dans la province de Rayong (le N° 46 sur la carte ci-contre, cliquez pour agrandir).
Mon premier voyage dans cette province marquait la fin de ce qui était aussi mon premier voyage en Thaïlande (et non pas NOTRE, puisque ça se passait en 1988 et que le concept de famille faisait encore pour moi partie d’un avenir des plus hypothétiques).
Après presque 3 semaines à sillonner le Nord et l’Ouest de ce pays, dont une semaine de randonnée en montagne en dormant dans un village ethnique différent chaque soir, les organisateurs avaient judicieusement prévu quelques jours de farniente sur une plage histoire de reprendre quelques forces et aussi une bonne douche pour éviter de trop sentir le fauve dans l’avion du retour !!
Oui je l’avoue, mon premier voyage en Thaïlande était un voyage organisé !!
Un voyage organisé que j’avais choisi d’une part pour des raisons de coût, mais surtout pour la semaine dans la jungle à la découverte des minorités ethniques, une activité qui cadrait parfaitement avec ma période “Crocodile Dundee” de la fin des années 80.
Mais revenons maintenant à la province et Rayong et à ce séjour de récupération à Ban Phe, en face d’une île qui est devenue très prisée des Bangkokois : Koh Samet.
Je n’ai pas encore pris le temps d’y retourner depuis, mais j’imagine qu’il y a du y avoir quelques changements notables, d’autant plus que Koh Samet est maintenant devenue un parc national.
Nous y avions d’ailleurs passé une journée à lézarder sur la plage, avant de retourner à Ban Phe où l’activité essentielle était … de lézarder sur la plage. Pour ma part, je me souviens avoir loué un vélo pour parcourir la petite route qui longe le littoral. À l’époque déjà, j’avais été frappé par l’omniprésence des panneaux publicitaires pour certaines incontournables boissons gazeuses et, ignorant tout de l’écriture Thaïe, je me demandais pourquoi ils appelaient le Coca Fân (regardez le logo en bas à droite sur la photo !!).
Tiens dans la série des anecdotes et de l’internationalisation de la “bouffe”, j’avais gardé et je possède toujours le menu du seul restaurant où, au cours de ce voyage, j’avais réussi à trouver des produits laitiers.
C’était en août 1988, l’insouciance d’un bord de plage à quelques dizaines de kilomètres d’un pays qui s’appelait à l’époque le Kampuchéa démocratique et dont la population était en train de subir l’un des pires génocides de l’histoire de l’humanité. C’était aussi en août 1988 qu’un peu plus loin à l’ouest, un autre pays venait de fermer ses frontières et d’expulser tous les étrangers suite à des élections remportées par une certaine Aung San Suu Kyi…




























